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Le Cannabis, le Chanvre ou le Chanvre cultivé (Cannabis sativa L.) est une espèce de plantes annuelles de la famille des Cannabaceae.

C’est l’unique représentant du genre Cannabis. Il est parfois appelé Chènevis, comme le nom de la graine de chanvre, et Zamal à La Réunion.
L’espèce Cannabis sativa L. a été divisée en plusieurs sous-espèces. Cette division est discutable : certains ne considèrent pas les différences entre les sous-espèces comme suffisamment importantes pour les rappeler. On peut néanmoins différencier quatre phénotypes bien distincts.
Le chanvre bio fut très largement utilisé par le passé et il côtoie l’être humain depuis le Néolithique. Il a toutefois peu à peu été interdit ou fortement réglementé au cours du xxe siècle en raison de ses propriétés psychotropes. Cela est dû à la propagande puritaine de l’époque aux États-Unis, qui en voyant l’échec de la prohibition, s’intéressa au cannabis, aidé par différents lobbys industriels (coton, papier, pétrole, nylon) et en réglementant très durement l’usage.
Le chanvre bio connaît de multiples utilisations, telles les tissus, la construction, les cosmétiques, l’isolation phonique et thermique, la fabrication d’huiles, de cordages, de litières, l’utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, comme biocarburants, pour des usages médicamenteux, pour un usage récréatif ou comme matériaux composites en association avec des matières plastiques. La filière chanvre bio trouve un regain d’intérêt avec l’augmentation du prix du pétrole et la prise de conscience environnementale. Les pays européens et les collectivités locales de ces pays tentent ainsi de favoriser à nouveau la culture du chanvre bio.
Le cannabis est considéré comme étant une drogue douce notamment du fait de l’impossibilité de faire une overdose de THC en fumant, mais cette notion est trompeuse selon certains auteurs. En effet une dépendance psychique au cannabis, mais non physique comme dans le cas des drogues dites dures, reste possible. Par ailleurs des effets métaboliques néfastes ont été observés.

Sativa

Cannabis sativa subsp. sativa, ou chanvre bio cultivé, est la sous-espèce type de Cannabis sativa L.
Elle provient des régions équatoriales. Elle atteint en quelques mois une hauteur de plusieurs mètres (jusqu’à plus de 6 mètres). Les folioles de ses feuilles sont fines. Cette sous-espèce est connue pour ses propriétés psychotropes. On peut observer chez Cannabis sativa L. subsp. sativa les concentrations en THC les plus élevées. Ce type de plante donne un effet euphorisant lorsqu’elle est séchée, et prête à être consommée. Elle motive, excite, ne donne pas un effet narcotique [réf. nécessaire] comme le Cannabis indica. Cette sous-espèce est également réputée pour ses fibres, elle a largement été utilisée dans le passé et l’est encore à l’époque actuelle pour les multiples applications qu’elle permet (tissus, construction, cosmétique, isolation phonique et isolation thermique, huiles, cordages, litières, combustibles, papeterie, alimentation humaine, alimentation animale, agrocarburants, usage médicamenteux, usage récréatif, matériaux composites en association avec des matières plastiques…). Les semenciers de l’Union européenne travaillent à la création de cultivars sélectionnés génétiquement et qui constituent le chanvre bio cultivé légalement en France. Le but est de réhabiliter la filière chanvre bioafin de répondre aux nouveaux défis énergétiques et environnementaux. Ces cultivars font l’objet d’un programme de sélection génétique intensif afin de minimiser leur teneur en THC. Son cycle de vie est plus long que celui des autres sous-espèces, sans doute à cause de la photopériode des régions équatoriales. Sa tige est souple et creuse.

Indica

La sous-espèce Cannabis sativa subsp. indica, ou chanvre indien, est synonyme de Cannabis indica Lam. Elle est originaire des régions himalayennes du nord de l’Inde.
Le chanvre indien est réputé essentiellement pour ses propriétés psychotropes mais également dans une moindre mesure pour sa fibre. Une rumeur populaire prétend à tort que c’est la seule sous-espèce qui se fume. Certains prétendent que, comme psychotrope, elle procure davantage un effet « stoned » comparé au Cannabis sativa .
Sa concentration en principes actifs dépend du climat et de l’environnement dans lesquels la plante a évolué.
Elle se caractérise physiquement par des pales larges, une stature moyenne (ne dépasse jamais les 3 mètres) et sa floraison est plus précoce que Cannabis sativa L. subsp. sativa (raison pour laquelle elle est davantage appréciée en culture récréative).
Sa tige est souple et presque solide.

Spontanea

Le Cannabis sativa subsp. spontanea, ou chanvre sauvage bio, est synonyme de Cannabis ruderalis Janisch.
Cette sous-espèce pousse à l’état sauvage dans des régions de l’Europe de l’Est et de la Russie. Elle est caractérisée par sa floraison précoce, certains de ses représentants fleurissent même indépendamment de la photopériode. Elle supporte des climats plus froid et des conditions environnementales difficiles. Comme Cannabis sativa L. subsp. afghanica, sa stature est petite.
Entre dans la création d’hybrides pour le chanvre bio récréatif. Il ne possède en lui-même que de très faibles effets psychotropes. La teneur en THC n’excède pas les 0,5 %.
Le chanvre sauvage bio pousse à l’état sauvage en Europe centrale et en Europe de l’Est où il est considéré comme une « mauvaise herbe ». On le rencontre fréquemment en bordure des routes, des champs et des rivières.
Le chanvre sauvage bio poussait à l’origine dans le Sud-Est de l’ancienne Russie. On pense que ce sont les Scythes qui l’ont diffusé en Asie notamment en Mongolie. Actuellement, il pousse naturellement depuis l’Europe centrale jusqu’en Chine.

Kafiristanica

Le Cannabis sativa subsp. kafiristanica, ou chanvre afghan est synonyme de Cannabis afghanica
Le Kafiristan, nom d’une province afghane, signifie littéralement « pays des infidèles ». Le Kafiristan est une province isolée dans les montagnes de l’Hindu Kush qui a récemment été renommée Nurestân. Elle est appelée ainsi car d’autres sous-espèces poussent en Afghanistan, souvent dérivées du chanvre indien, et sont souvent appelées abusivement chanvre afghan. R.C. Clarke, J.M. McPartland et D.P. Watson mettent d’ailleurs en garde, dans leur Hemp Diseases and Pests, contre cette confusion.
Le chanvre afghan est cultivé essentiellement dans les montagnes du Pakistan et de l’Afghanistan.
Elle ne dépasse jamais les 1,50 m de hauteur alors que la C. S. sativa peut atteindre 6 mètres et le C. s. indica 3 mètres. Le C. s. afghanica est donc nettement plus petite et est adaptée aux milieux montagneux. Elle est à peine plus grande que le Cannabis ruderalis mais contrairement à cette dernière, elle possède un important taux de THC. Elle est cultivée exclusivement pour la production de haschich, sa très petite taille rendant impossible une utilisation pour les fibres.
Cette sous-espèce possède de nombreuses branches comme le chanvre indien mais la distance entre les nœuds est beaucoup plus faible.
À maturité ses feuilles sont beaucoup plus longues que le C. s. indica, elles sont de la taille de celles de la C. s. sativa mais plus large, avec le même ratio longueur/largeur que le C. ruderalis.
C’est la seule sous-espèce de cannabis à avoir un tronc nervuré et solide.

Lexique du chanvre

Le chanvrier ou la chanvrière est la personne qui travaille le chanvre, chanvrière peut aussi désigner une coopérative de producteurs de chanvre.
La chènevière, ou « canebière » dans le sud de la France, désigne un champ de chanvre,
Le chènevis désigne la graine de chanvre
La chènevotte désigne la tige centrale de chanvre dépourvue de son écorce
Un ferrandier est un peigneur de chanvre
Un four à chanvre est un four utilisé jadis afin de le sécher
Le haschich désigne la résine issue du chanvre femelle préparée sous forme de savonnettes et destinée à être fumée. Appelée aussi shit en langage familier lorsqu’il est coupé avec d’autres substances alors que le haschich est « pur ».
La « culture guérilla », traduction littérale de l’expression anglaise guerilla grow désigne le fait de cultiver clandestinement du chanvre en pleine nature à l’abri des regards. Les auteurs d’une culture guérilla sont appelés « guerilleros » et le lieu de la guerilla est appelé le « spot guerilla ».
Remarque : pour désigner couramment le chanvre et ses sous-espèces, les différents acteurs de la filière chanvre à usage industriel non récréatif préfèrent employer les appellations en français (ou autre langue locale): chanvre, chanvre cultivé, chanvre agricole, chanvre d’œuvre – ou d’ouvrage, chanvre indien, chanvre afghan ou chanvre sauvage par contre, les cultivateurs à usage récréatif emploient plutôt la terminologie latine de la nomenclature botanique : Cannabis, sativa, indica, afghanica ou ruderalis.

Histoire du chanvre

Le chanvre bio est une des premières plantes domestiquées par l’homme, au Néolithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagné migrations et conquêtes pour se répandre sur tous les continents.
Jadis, le Canabis sativa, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.
Si le chanvre permet la confection de toiles solides, il est également utilisé dans les rituels funéraires. La fumée de l’herbe séchée et brûlée sur des pierres ardentes en présence du défunt, déconnecte du réel et permettrait de parler aux esprits…

Ses fibres servaient à confectionner des vêtements en Chine 600 ans avant J.-C., en Europe au Moyen Âge. Les vêtements royaux occidentaux étaient souvent constitués de mélanges de chanvre et de lin. La première Bible imprimée par Gutenberg l’aurait été sur papier de chanvre. Le papier de chanvre est utilisé jusqu’au xixe siècle. Au début du xxe siècle, en Europe, les fibres de chanvre furent remplacées par le coton, originaire des États-Unis. Plus récemment, ces fibres résistantes et à portée de main, ont servi à fabriquer des vêtements militaires lors des deux guerres mondiales. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles furent remplacées par des fibres synthétiques, au tissage plus régulier. Les fibres ont longtemps été utilisées pour fabriquer les billets de banque avant d’être remplacées par de l’ortie. Elles sont également utilisées pour les cordes et cordages, et ont été utilisées pendant longtemps pour les voilures des bateaux.

Séchage de fibres de chanvre bio
Séchage de fibres de chanvre bio

Travail du chanvre bio

Utilisation des fibres

Les fibres les plus travaillées sont issues de la partie périphérique de la tige. Les fibres de la chènevotte, tige centrale dépourvue de son écorce, ont une grande capacité d’absorption.

Cordage

Les fibres de chanvre bio servent à faire des cordes naturelles.
En 1661 Colbert fait construire la Corderie royale de Rochefort pour pouvoir fabriquer en France les lourds cordages des navires. La partie centrale du bâtiment permettait de confectionner des cordages de chanvre d’une encablure de long, soit près de 200 m. Leur diamètre pouvait dépasser 20 cm.
Une corde de chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture d’environ 1 100 kg.
Cette fibre permet aussi de confectionner tout simplement de la ficelle.

Tissage

Avant de pouvoir être tissé, le chanvre devait subir toute une préparation : le rouissage, le broyage, le teillage et le peignage.
Une fois récolté, il était roui, séjournant dans l’eau une dizaine de jours pour que les fibres se détachent. Ensuite, on le broyait sous la « broie » et on le passait au seran qui séparait ce qui pourra être filé au rouet et l’étoupe qui ne pourra pas l’être. Au xviiie siècle, ce travail préliminaire du chanvre bio était effectué par les agriculteurs qui trouvaient là une source de revenu supplémentaire. C’étaient avant tout les femmes qui filaient. Il faut différencier cette production familiale de l’activité des tisserands. Bon nombre d’entre eux recevaient le fil d’un marchand-lissier qui récupérait ensuite la toile de chanvre pour la vendre en France et à l’étranger, ramenant en échange épices ou produits divers.
Aujourd’hui, le défibrage du chanvre est mécanisé.

Papier

Le chanvre bio est ou a été utilisé dans la fabrication de divers papiers. Le chanvre bio est utilisé notamment dans les billets de banque, le papier bible et le papier à cigarette.

Agriculture

La chènevotte sert à la fabrication de litières absorbantes pour animaux. Au potager, séchée et concassée, elle constitue un mulch qui a la réputation de présenter l’avantage de bloquer efficacement les limaces.

Construction

On peut fabriquer les murs ou les dalles en béton de chanvre bio (mélange de chaux et de chenevotte). La laine de chanvre bio est aussi un très bon isolant thermique, concurrentiel des laines minérales (laine de verre) parce qu’elle ne pose pas de problème sanitaire (amiante et laine de verre sont cancérigènes parce que constituées de fibres extrêmement petites, capables de pénétrer très loin dans les bronches). Des productions de blocs de chanvre se développent en Isère et en Champagne-Ardenne (première région productrice européenne), notamment.

Transport

Vers 1940, Ford expérimente une voiture avec une carrosserie en chanvre. L’idée est reprise dans les années 2010 par un constructeur canadien de véhicules électriques.
Diesel utilisait l’huile de chanvre bio (ainsi que d’autres huiles végétales) comme carburant pour son moteur.
Pare-chocs de la Mercedes Classe A.

Utilisation des graines

La graine de chanvre bio est appelée chenevis. On tire des chènevis de nombreux produits alimentaires.
On l’utilise pour ses propriétés nutritives, sous forme d’huile ou de graines. Ces deux éléments du chanvre ont été consommés couramment jusqu’au xixe siècle en France. Ils commencent depuis peu à y être redistribués.
Le chènevis contient entre autres :
32 % de glucides, dont 83 % de fibres
32 % de lipides
23 % de protéines, sources des 8 acides aminés essentiels
De plus, ces proportions sont idéales pour l’alimentation humaine et animale.

Huile

Alimentation : l’huile obtenue par pressage des chènevis jouit d’une excellente réputation diététique, en raison de sa teneur en acides gras de type oméga 3 (dont des oméga 3 SDA) et oméga 6 GLA (Acides Gamma Linoléique) ainsi qu’une faible teneur en Acides Gras Saturés. Non-filtrée, elle a une couleur verte plus ou moins foncée selon les variétés. Elle a un goût de noisette pour certains. On la trouve en vente dans les boutiques bio ou naturelles et des boutiques spécialisées de vente d’huile, producteurs et revendeurs et depuis peu certains supermarchés. En 2010, son prix de vente moyen est proche de vingt-cinq à quarante euros, rapportée au litre. Les contenants trouvés sont de vingt-cinq centilitres.
Combustible pour moteur (utilisé notamment par Rudolf Diesel, lors de la création de son moteur diesel, le gazole arrivera bien plus tard). En 1937, Henry Ford a créé la Hemp Body Car (en), une voiture en grande partie faite de chanvre bio et alimenté par l’éthanol de chanvre bio.
Peintures, vernis, encres et autres produits techniques : l’huile tirée de la graine du chanvre est siccative, à l’instar de l’huile de lin.
Cosmétiques : en raison de son équilibre en acides gras poly-insaturés, l’huile de chanvre est très nourrissante pour la peau. La présence d’oméga 3 lui confère des propriétés anti-inflammatoires, anti-desquamantes (peaux très sèches). Non commédogène, elle renforce le film hydro-lipidique de l’épiderme et contribue à diminuer les pertes d’eau transcutanées. Elle renforce la cohésion entre les différentes couches de kératinocytes. L’utilisation d’une huile raffinée permet d’obtenir des émulsions sans odeur désagréable et stables dans le temps.
L’huile de chanvre bio contient :
10 % d’acides gras saturés
13 % d’acides gras mono-insaturés (AGMI)
77 % d’acides gras poly-insaturés (AGPI) dont 59.5 % d’oméga 6 (acide linoléique) et 17.5 % d’oméga 3 (acide gamma linolénique en majorité, acide stéaridonique)
L’huile issue de chènevis contient en outre 8 % de graisses saturées, 55 % d’acide linoléique et 25 % d’acide α-linolénique. On y trouve des vitamines du groupe B (hydrophiles) et de la vitamine E (lipophile). Seule l’huile de lin contient une plus grosse proportion d’acide α-linolénique, mais l’huile de chènevis contient plus d’acide gras essentiels (80 % du volume total de l’huile)

Farine

Les chènevis peuvent être broyés pour obtenir la farine de chanvre, qui ne contient pas de gluten auquel de nombreuses personnes sont allergiques.

Boissons

Il existe, d’autre part, différentes boissons utilisant du chanvre bio :
limonade de chanvre bio
bière chanvrée bio
sirop de chanvre bio
thé de chanvre bio
absinthe au cannabis
À la fin des années 1990, au confluent du renouveau du chanvre et de l’essor des microbrasseries sont apparues les bières de chanvre bio. Les inflorescences femelles de chanvres à faible teneur en THC y remplacent le houblon. Elle apportent amertume et parfums (notes citronnées, poivrées).

Alimentation animale

Des chènevis sont incorporés aux mélanges pour oiseaux domestiques (canaris, perruches), aux côtés de graines d’alpiste et de millet. Le chènevis est également utilisé comme amorce pour la pêche au gardon et à la brême. Une fois trempées et cuites, les graines sont enfilées sur l’hameçon où elles servent d’appât. Enfin, les tourteaux (résidus de l’extraction de l’huile), riches en protéine, peuvent être avantageusement valorisé en alimentation du bétail, en particulier des vaches laitières.

Potentiel industriel

Récolte de chanvre bio en Haute-Saône
On tire donc du chanvre un nombre important et toujours croissant de produits : fil, ficelle, tissu, papier (plus de 70 % de la production avant 1883), mais aussi matériaux de construction et d’isolation, carburant, plastiques, produits alimentaires, médicaments.
Après avoir connu son apogée au milieu du XIXe siècle (176 000 ha cultivés en France) avec pour débouchés la papeterie et la marine à voile, les surfaces en chanvre ont été réduites à quelques centaines d’hectares en 1960 (700 ha) du fait de l’émergence de l’utilisation du coton, des fibres synthétiques et de l’arrivée de la marine à moteur. La culture connaît un regain d’intérêt depuis les années 1970 pour les marchés papetiers. Depuis les années 2000, les surfaces en chanvre se sont stabilisées régulièrement avec l’émergence de nouveaux débouchés. En 2006, les surfaces en chanvre atteignaient 8 083 ha pour 1 056 producteurs (cultures industrielles et semences comprises).
Le magazine américain Popular Mechanics de février 1938, titre un article au sujet de l’exploitation du chanvre : « New billion dollar crop ». L’extraction des fibres de la tige du chanvre, opération fastidieuse, venait de bénéficier d’un nouveau procédé d’automatisation, qui promettait une rentabilité énorme. Cependant, la culture du chanvre fut progressivement interdite aux États-Unis, par une succession de mesures, notamment la Marihuana Tax Act de 1937. Les fibres synthétiques, comme le nylon, commercialisé en 1938, commencèrent à s’imposer sur le marché mondial. Les plants poussant à l’état sauvage furent traqués et détruits. Pendant la seconde guerre mondiale, les États-Unis incitèrent leurs fermiers à produire massivement du chanvre. Le film Hemp For Victory (en), réalisé par le gouvernement américain, explique aux fermiers la nécessité de produire du chanvre pour soutenir l’effort de guerre. Avant 1989, l’existence de ce film était méconnue, et le département de l’agriculture des États-Unis, ainsi que la Libraire du Congrès nièrent son existence, jusqu’à ce que deux copies VHS ressurgissent, des mains de Maria Farrow, Carl Packard, et Jack Herer.

La culture industrielle

Le chanvre industriel, principalement du chanvre cultivé (en Europe) et du chanvre indien, est une plante à racine pivotante pouvant dépasser quatre mètres de haut, autrefois cultivée pour les fibres contenues dans sa tige produisant la filasse ou pour ses graines (appelées chènevis) fournissant une huile siccative.
Plante rudérale et robuste, sa culture en Europe ne nécessite l’emploi d’aucun pesticide. C’est en revanche une culture qui nécessite des apports de potassium et d’azote : dans la littérature technique on trouve des préconisations de 80 à 150 kg d’azote par hectare. À titre de comparaison, une culture de maïs destiné à l’ensilage, dont le cycle de végétation recouvre sensiblement la même période que le chanvre, nécessite environ 200 kg d’azote/ha.
Le chanvre industriel cultivé légalement en Europe l’est généralement dans des exploitations agricoles de grande taille.

En France, la culture du chanvre, les outils et les métiers associés ont laissé de nombreuses traces dans la toponymie et l’anthroponymie (noms de lieux et de personnes). Par exemple la célèbre avenue de la Canebière à Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n), en langue d’oc, désigne une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre à cet endroit ; selon d’autres, il ne s’agissait que de fabriques de cordes et de voiles liées aux activités du port. Du côté de Nice on trouve li Chanabieros francisé en les « chanebières ». Au nord de la Loire, la plantation de chanvre était appelée chennevière, un terme que l’on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes, parfois déformé en « chêne vert ». Le terme employé aujourd’hui est chènevière.

Production

Le renouveau du chanvre industriel en France et en Europe résulte de l’augmentation des prix du pétrole, des obligations de recyclage des matières et des perspectives environnementales. La France est aujourd’hui leader européen avec une production annuelle de 50 000 tonnes (100 000 tonnes dans l’Union européenne), et la plus large variété mondiale de semences industrielles certifiées.
Au plan industriel, le chanvre présente l’avantage de produire deux matériaux distincts et complémentaires :
la chènevotte (ou bois de chanvre) très légère (densité 0,12)
et la fibre avec un haut module de résistance à la traction
Sont visés les marchés du bâtiment et de la plasturgie automobile où les fibres de chanvre permettent la réduction du poids des pièces, ainsi que l’amélioration des perspectives de recyclage et de protection de l’environnement.
La FNPC (Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre) est en même temps un syndicat de producteurs et un producteur de semences de chanvre industriel. Depuis peu, la recherche sur le chanvre industriel en France est fédérée par l’Institut Technique du Chanvre (ITC).

La culture industrielle en France

Après avoir culminé à près de 170 000 ha au xixe siècle, le chanvre est redescendu en 1904 autour de 21 000 ha de chanvre en France pour atteindre un point bas de 600 ha ; cette culture avait presque disparu jusqu’à une reprise récente dans certains départements de l’est de la France par la Chanvrière de l’Aube et Interval-Eurochanvre dans la Haute-Saône, PDM Industries dans la Sarthe, Terrachanvre, LChanvre dans les Côtes-d’Armor, Coopéval-Agrofibre en Haute-Garonne et les Chanvriers de l’Est en Lorraine. Environ 8 000 ha lui sont maintenant consacrés en France, dont 5 000 ha autour de son bassin de production principal en Champagne-Ardenne. À Bar-sur-Aube, dans le département champenois de l’Aube, 125 tonnes de paille de chanvre sont produites par jour. Les cultivars cultivés aujourd’hui en France ont des teneurs en THC extrêmement faibles, le règlement n° 1164/89 de la Communauté européenne imposant un taux inférieur à 0,3 %.
En 2008, en France, le taux de THC devrait être inférieur à 0,2 % conformément à la règlementation européenne (règlement CE n°1782/2003 du Conseil du 29/09/2003 modifié, règlement CE n°796/2004 de la Commission du 21/04/2004 modifié). Les cultivars éligibles sont inscrits en annexe 2 du règlement 796/2004 modifié.
Pour exemple, les principaux cultivars utilisés en 2007 en région Poitou-Charentes sont Felina 32 et Fedora 17.

La culture industrielle au Canada et aux États-Unis

Au Canada, la culture du chanvre est autorisée depuis 1998. La teneur en THC est strictement réglementée et vérifiée par Santé Canada qui contrôle aussi la production, la distribution, la transformation, l’exportation et l’importation du chènevis. Une licence annuelle et le respect de plusieurs règlements sont requis. La teneur en THC est limitée à 0,3 % du poids des feuilles et à 10 parties par million (ppm) dans le cas de l’huile et de la farine de chènevis. Le chanvre est notamment cultivé au Manitoba, dans la Saskatchewan et l’Alberta.
La culture du chanvre est interdite aux États-Unis, y compris le chanvre industriel.

Les cannabinoïdes dans la plante

On recense plus de soixante cannabinoïdes dans les différents cultivars de chanvre. Le tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN) sont les plus répandues. Leur biosynthèse se fait dans des glandes spécialisées présentes sur toutes les parties aériennes de la plante. Le développement de ces glandes débute avec la formation des bractées. Les facteurs régulant la production de cannabinoïdes ne sont que partiellement connus. Bien qu’il soit prouvé que le stress environnemental augmente de manière importante la quantité de Δ 9-tetrahydrocannabinol (Haney and Kutscheid, 1973; Coffman and Gentner, 1975), une théorie plus générale est que les aspects qualitatifs dépendent de la génétique de la plante et que les aspects quantitatifs sont influencés par des facteurs environnementaux (Fairbairn and Liebmann, 1974 ; Latta and Eaton, 1975). Les cannabinoïdes jouent le rôle d’agents défensifs, contre la dessiccation, les parasites, les UV-B et les microbes.

Usage médical

Article détaillé : Cannabis médical.
De nos jours, dans les pays où il est autorisé, le cannabis médical est employé dans une très grande variété de maladies et de pathologies, comme:
-Nausées et vomissements
-Anorexie et cachexie
-Spasmes
-Troubles du mouvement
-Douleurs
-Glaucome
-Épilepsie
-Asthme
-Dépendance et état de manque
-Symptômes psychiatriques
-Maladies auto-immunes et inflammations
-Insomnies

Formes pharmaceutiques

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :
Bedrocan Bediol Bedrobinol : formes naturelles prescrites pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les malades du sida. Ces médicaments présentent des niveaux de tétrahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD) en quantités différentes ;
Marinol (tétrahydrocannabinol) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les malades du sida ;
Cesamet (nabilone) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie ;
Sativex : prescrit comme anti-douleur pour la sclérose en plaques.
Il peut aussi être prescrit à l’état naturel afin d’être consommé fumé, ou par inhalation de vapeur de THC (tétrahydrocannabinol) sublimé, et là encore sa prescription la plus courante reste relative aux malades en phase terminale.

Propriétés thérapeutiques

Article détaillé : Effets du cannabis sur la santé.
De nombreuses études[réf. nécessaire] – plus ou moins significatives – existent ou sont en cours sur ses qualités thérapeutiques.
Il est question de propriétés :
analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques sur lesquelles les traitements traditionnels sont trop forts : en termes d’effets ou d’effets secondaires ;
relaxantes et somnifères : malades en phase terminale ;
anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d’autres traitements lourds ;
stimulant l’appétit et redonnant du plaisir à manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrême) et favorise la prise de poids ;
broncho-dilatatrices : asthme ;
vaso-dilatatrices : glaucome.
D’autres études suggèrent que le cannabis pourrait être :
une alternative efficace pour traitement de l’Hyperactivité et des Troubles Déficitaires de l’Attention (TDAH) : ces dernières années, les chercheurs ont découvert que le système endocannabinoique humain est impliqué dans la modulation du système dopaminergique (voir dopamine). De ce fait, les cannabinoides deviennent une alternative pharmacologique possible aux psychostimulants (Ritaline, Concerta) généralement prescrits pour le traitement des symptômes chroniques de cette pathologie.
une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire) tels que la maladie de Parkinson ou le syndrome de Tourette ;
un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
un agent inhibant les sécrétions d’acide gastrique et pouvant jouer un rôle favorable sur la prévention des ulcères ;
un agent améliorant les troubles comportementaux des patients atteint de la maladie d’Alzheimer.
un agent protecteur du système de compression mémorielle et de l’ accès à la mémoire générale.

Usage psychotropique

Le chanvre bio est largement utilisé pour les propriétés psychotropes induites notamment par la présence de tétrahydrocannabinol (THC). C’est le cas essentiellement de trois des quatre sous-espèces qui peuvent être consommées directement après la récolte :
cannabis sativa ;
cannabis indica ;
cannabis afghanica.
La sous-espèce Cannabis ruderalis, essentiellement cultivée pour la production de chanvre textile, ne contient pas suffisamment de THC pour provoquer des effets psychotropes. Elle n’est utilisée par les cultivateurs de cannabis que pour effectuer des croisements en vue d’obtenir une meilleure résistance et une floraison plus précoce.
Actuellement, presque tous les cultivars utilisés pour l’auto-consommation sont des hybrides de ces quatre espèces. Pour la production d’hybrides, les sous-espèces cannabis indica et cannabis sativa sont essentiellement utilisées.

Modes de consommation

Le cannabis peut se présenter sous différentes formes :
fleurs séchées femelles (5-15 % THC) (qui forment les « têtes » ou « cocottes »), appelées « marijuana », ou des feuilles séchées (habituellement, les feuilles de la couronne fleurie des plantes femelles, appelées « feuilles de manucure ») ;
huile de cannabis (60-80 % THC), concentré issu d’une extraction à l’aide de solvants (généralement solvant apolaire car le THC est soluble dans ceux-ci). Les feuilles sont mélangées au solvant pendant quelques minutes puis retirées par filtration. Le solvant est ensuite évaporé pour laisser apparaître l’huile ;
pollen (~30 % THC), aussi appelé skuff, appelé ainsi par analogie avec le pollen des botanistes mais qui n’a en réalité rien à voir : le vrai pollen de la plante, poussière jaune produite par les pieds mâles au moment de leur reproduction, ne contient pas de substance active. Il s’agit ici de la poudre résineuse obtenue en battant des ballots de tissus remplis de fleurs de cannabis (têtes). La poudre ainsi récupérée, est ensuite compactée en bloc, ce qui donne le haschich, souvent « coupé » avec différents produits (paraffine, etc.) afin d’en augmenter le volume et le poids, avec pour effet une diminution de la concentration en THC.

Le cannabis est généralement consommé avec du tabac dans des cigarettes artisanales appelées « joints » ou « pétards ». D’autres modes de consommation existent : – pipe, chillum, etc., avec ou sans tabac ; – « bang » (ou « bong »), une pipe à eau à travers laquelle la fumée est refroidie et filtrée avant d’arriver aux poumons : la quantité aspirée est plus importante et les effets plus rapide et plus intenses qu’avec un joint ; – gâteaux (« space cakes ») : les effets mettent plus longtemps à venir et ce mode de consommation demande des quantités plus importantes car une partie du THC est détruite par les enzymes de l’estomac[réf. souhaitée] ; – vaporisation : ce mode de consommation, comme les gâteaux, ne présente pas les dangers liés aux produits de combustion cancérigènes : goudrons, oxyde de carbone, etc. Par ailleurs la quantité de cannabis nécessaire est moins importante car le THC n’est pas détruit par la chaleur de la combustion. C’est le mode de consommation privilégié par les utilisateurs de cannabis à des fins thérapeutiques.

Origine du cannabis

Le cannabis consommé en Europe provient principalement de la région du Rif, une région montagneuse située dans le nord du Maroc, au nord de l’Afrique.
Le chanvre serait cultivé dans le Rif depuis le VIIe siècle, soit depuis plus d’un millénaire.
Le cannabis marocain est appelé le kif venant du mot katf, garrot, qui sert à lier, peut être issu des rameaux d’herbes liés et conditionnés pour le séchage. En arabe ou dialecte Marocain (darija) il peut être aussi appelé zatla, hashish, al hasha, al hanchla, flitoxa, ghalghoula, aachour, tibisla etc. après transformation en drogue.

Habitudes de consommation

Généralement, le cannabis est fumé. Il peut se présenter sous les formes suivantes:
La marijuana : on l’appelle aussi pot, beuh ou herbe. Roulée en joint, on l’appelle joint, pétard, ou d’autres surnoms. Elle est composée à partir des fleurs séchées du cannabis ou des feuilles mais les feuilles ne sont pas de bonne qualité, elles sont appelées feuillasse ou paille. Celles-ci sont séchées, finement hachées, puis fumées telles quelles ou mélangées à du tabac. Elle est aussi, parfois, mêlée à des pâtisseries ou à des boissons. La teneur en THC varie de 0,1 à 25 % selon la provenance et son mode de préparation.
Le haschisch ou hasch : il est fabriqué avec la résine du chanvre qui couvre les fleurs et les feuilles du sommet de la plante. La résine est raclée, pressée en blocs et généralement fumée. Le haschisch est mélangé à du tabac sous forme de cigarette ou dans une pipe. Parfois encore, certains adeptes le mélangent à des aliments ou boissons. Les effets du haschisch sont beaucoup plus puissants que ceux de la marijuana : sa teneur en THC varie entre 10 et 30 %.
L‘huile de Cannabis : Pour extraire l’huile, le cannabis est trempé dans un solvant, ensuite évaporé pour obtenir un concentré de THC (entre 60 et 80 %) ainsi que d’autres canabinoïdes. Cette huile, qui se fume mélangée à du tabac, est dangereuse en raison de son très fort taux de concentration. Elle est peu répandue.
l’huile essentielle de cannabis : Est extraite de la plante par distilation, elle contient un très fort taux de canabinoïde ainsi que d’arôme, elle est très peu répandue.
Lorsqu’il est fumé, entre 15 et 50 % du THC passe dans le sang et l’effet dure entre 45 minutes et 2 h 30.
Une des techniques pour avoir un maximum d’effet est d’aspirer la fumée par plusieurs inhalations courtes, de l’envoyer dans les poumons et de l’y laisser un certain temps. On dit qu’on cogne ou compresse (ou konye en créole) lorsqu’on utilise cette technique.
D’autres techniques incluent l’utilisation de narguilé ou pipe à eau pour fumer le cannabis tout en refroidissant la fumée. Il s’agit de techniques censées filtrer la fumée, qui multiplient en réalité les quantités d’air et de toxiques inhalés, du fait qu’il faut aspirer plus profondément. Ce mode de consommation fait pénétrer les fumées plus profondément dans les poumons, avec les risques qui en sont la conséquence .
Le cannabis peut aussi être ingéré car le THC est soluble dans les graisses et l’alcool. Néanmoins, lorsqu’il est ingéré, les effets du cannabis se déclarent au bout de trente minutes et peuvent se prolonger plusieurs heures, ce qui peut générer un état d’anxiété et de paranoïa appelé bad trip.
Le beurre de Marrakech, obtenu par extraction des composés liposolubles du haschisch ou des inflorescences de cannabis se substitue au beurre classique dans les recettes. Il est utilisé pour préparer des plats tels que le space cake, la pot pie ou les hash brownies.
Le cannabis peut également être mis en solution dans du lait (de préférence entier), ce que l’on nomme un bhang ou « lait vert ».
Le haschich peut être mis à fondre dans du chocolat noir et servir ensuite en pâtisserie ou solidifié pour l’utiliser à la demande.
le Green Dragon désigne une boisson alcoolisée à base de macération de cannabis dans de l’alcool (ou une boisson au datura). La solution est verte, d’où le nom.
Le pot tea (ou thé/tisane au chanvre) est une infusion de chanvre bio. Les cannabinoïdes se diluant moins bien dans l’eau, le chanvre est en général bien séché pour une infusion. Il existe plusieurs variantes pour rendre une tisane au chanvre agréable à boire tout en ayant des effets puissants selon la concentration de THC. La plus connue est le thé-chai au cannabis. Les effets de cette tisane se font ressentir environ 2 heures après ingestion et peuvent durer jusqu’à 18-24h selon les individus[réf. nécessaire]. C’est pourquoi elle est plus rarement consommée.
La vaporisation ou sublimation est une autre méthode d’absorption. On peut extraire le THC et les autres cannabinoïdes sous forme de vapeur en chauffant légèrement la plante sans la brûler. Cette méthode a l’avantage de ne pas produire les substances toxiques contenues dans la fumée du cannabis et du tabac lors d’une combustion normale (monoxyde de carbone, goudrons, nitrosamines…). En chauffant le cannabis à une température précise, les substances psychotropes s’évaporent, mais la plante ne brûle pas encore. La vapeur produite peut alors être inhalée, avec un effet aussi immédiat et plus puissant que si le cannabis était fumé.
En 2008, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies signale qu’en général, les prix de vente au détail du cannabis végétal et de la résine de cannabis oscillent en Europe entre 2 et 14 euros le gramme. La plupart des pays européens font état de prix compris entre 4 et 10 euros pour les deux produits.

Évaluation de la consommation

En 2008, l’ONU dans son rapport mondial sur les drogues 2008, estimait qu’il y avait 166 millions d’usagers de cannabis, le pays comportant le plus d’utilisateurs restant les États-Unis.
Plus de soixante-deux millions d’Européens (plus de 20 % de l’ensemble de la population adulte) ont déjà consommé du cannabis et vingt millions en ont consommé au cours de la dernière année, selon une étude publiée le 25 novembre 2005 par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).
Dans son rapport annuel du 1er mars 2006, l’OICS indique que l’Afrique compterait trente-quatre millions d’usagers.
Cependant cette évaluation est certainement très loin de la réalité. Il n’existe aucune méthode fiable pour évaluer un marché illégal, ce qui se fait par des extrapolations des drogues saisies ainsi que des évaluations des surfaces cultivées.
Il s’agit en revanche de la drogue illégale la plus consommée dans le monde.

Effets recherchés

D’une manière générale, les effets varient en intensité et en durée, en fonction du mode de consommation, des teneurs respectives en THC (effet high) et CBN (effet stone) ainsi que du sujet, de son état physique et psychique. Les effets peuvent durer entre quelques minutes (inhalation) et quelques heures (ingestion). Leur durée est tout autant variable.
Généralement :
euphorie, hilarité, excitation ;
relaxation, détente, sensation de flottement ;
facilité d’introspection (disparition de l’inhibition) ;
association d’idées créatives ;
stimulation de l’appétit (Voir Usage médical) ;
sommeil ;
sensation d’extrême plaisir même face à des choses parfois futiles.
Des doses plus fortes peuvent induire une augmentation de la perception auditive et visuelle (diminution de l’inhibition latente), qui peut engendrer des hallucinations et conduire au bad trip ou au contraire amplifier les sensations durant un spectacle musical ou devant un film, effet souvent recherché.

Effets indésirables

Après la consommation, l’usager peut manifester les symptômes suivants :
yeux rouges, mydriase ;
tachycardie, hypertension/hypotension ;
assèchement buccal (familièrement appelé « la pâteuse » ou « moquette » souvent caractérisée par un blanchiment de la langue) ;
anxiété ;
altération de la mémoire immédiate ;
troubles de la perception du temps (quelques minutes semblent être des heures, ou l’inverse) ;
paranoïa ;
peut révéler une schizophrénie latente. Toutefois, ce n’est pas la cause immédiate de la schizophrénie. Il s’agit davantage d’un facteur précipitant. En effet, les effets hallucinogènes des drogues peuvent entraîner le début de troubles psychotiques. Le risque est important chez les personnes vulnérables à cette maladie.
Des vomissements sont possibles (surtout avec le haschich) mais sont surtout provoqués par les produits coupants ou l’angoisse due à la perte de repères.
Lorsqu’il est pris par un conducteur, il augmente le risque d’accident de la route et double le risque d’accidents mortels.

Effets cognitifs

Le cannabis altère la mémoire immédiate, la concentration, le rappel des souvenirs ou des mots, et peut donc diminuer les capacités d’apprentissage. En l’état actuel des connaissances, la mémoire ne semble pas affectée au-delà du temps des effets du cannabis, c’est-à-dire quelques heures. Cette amnésie est multipliée en cas de consommation associée avec de l’alcool.
Le cannabis perturbe les processus de mémorisation du cerveau en désorganisant le fonctionnement électrique de l’hippocampe , structure clé du cerveau pour l’activation de la mémoire. Le cannabis aux doses usuellement présentes chez ses consommateurs supprime les oscillations électriques, essentielles dans le processus d’apprentissage et de mémorisation. Les processus cognitifs sont désorganisés.
La principale substance active dans le cannabis, le THC, bloque aussi la libération d’un neurotransmetteur important dans l’hippocampe, l’acétylcholine, affectant le fonctionnement électrophysiologique du cerveau.
Le cannabis perturbe chez le fœtus la formation des réseaux de neurones dans le développement du cerveau, ce que confirme la proportion très élevée d’enfants ayant un retard mental chez les mères consommatrices.

Effets psychiques

L’usage de cannabis peut traduire un mal-être psychique – parfois insoupçonné – pouvant se transformer en paranoïa, crises d’angoisses, sentiment d’oppression. Il existe aussi quelques cas de psychose cannabique aiguë.
Au niveau neuro-psychiatrique, la substance peut diminuer l’attention, aggraver ou révéler des troubles psychiques comme n’importe quel psychotrope. Un syndrome amotivationnel (démotivation) peut apparaître, ainsi que : manque d’estime de soi, intempérance, dépression et tendances suicidaires. Il existe une corrélation entre l’usage prolongé du cannabis et la dépression chez certains patients mais il reste difficile de dire si le cannabis produit la dépression ou si la dépression favorise une consommation chronique… Différentes études, à la crédibilité variable, suggèrent des liens entre schizophrénie ou psychose et cannabis (Lien entre schizophrénie et consommation de cannabis).

Adolescence

Selon une étude, il n’y aurait aucune différence sur le plan cérébral entre ceux qui ont régulièrement fumé de la marijuana au cours de leur adolescence et ceux qui n’en ont jamais fait usage. Une autre étude affirme plutôt que les personnes prédestinées à la schizophrénie voient leurs symptômes précipités lorsqu’elles commencent à consommer pendant l’adolescence. La consommation intensive de dérivés concentrés, comme l’huile de haschisch, favorise, particulièrement à l’adolescence, l’apparition des troubles psychotiques.

Effets comportementaux

Des troubles de comportement sont observés chez l’animal de laboratoire qui y est exposé, y compris chez des espèces très éloignées des mammifères comme l’araignée. Le cannabis est un des produits dont les effets ont été testés sur des araignées dès les années 1950. Comme pour d’autres drogues, les araignées qui y sont exposées, même à de faibles doses, ont produit des toiles tout à fait anormales. Plus la toxicité du produit est élevée, plus l’araignée laisse de manques dans sa toile.

Effets somatiques

À long terme, les effets sur l’homme ont besoin d’être étudiés. On cite cependant des affections durables des voies respiratoires similaires au tabac : toux, cancer bronchique, bronchite chronique, emphysème (du fait d’inhalations profondes et prolongées). Par ailleurs, l’inhalation de la combustion de produits de coupe souvent présents dans le haschisch expose l’usager à des risques aussi aléatoires que néfastes. L’herbe a été exceptionnellement coupée à l’eau, au sable voire au verre pilé afin d’alourdir la masse et donc d’augmenter les prix.
Une dépendance physique existe, même si elle est moins marquée que pour d’autres produits, probablement du fait de la demi-vie plus longue du THC dans le corps. Il faut également signaler qu’une dépendance physique au tabac, utilisé dans la confection du joint, se manifeste très souvent chez les fumeurs réguliers de cannabis. Cependant, un joint peut également être confectionné uniquement avec la substance.
Selon une étude d’une association de consommateurs, fumer trois joints équivaut à fumer un paquet de cigarettes. La fumée de cannabis contient sept fois plus de goudron et de monoxyde de carbone que la fumée du tabac seul. Cet essai est en contradiction avec d’autres travaux scientifiques qui estiment que « fumer du cannabis n’accroît pas le risque de cancer » ou que les risques cancérigènes sont à imputer à la présence de nicotine due au mélange avec du tabac. Alternativement à la combustion, l’usage d’un vaporisateur, en vente libre, délivre une vapeur de cannabinoïde pratiquement pure.
La consommation à l’aide d’une pipe à eau augmente très fortement l’inhalation de produits toxiques.

Effets sur la conception et la reproduction

La consommation régulière de joints, chez l’homme, contribue à une baisse de la fertilité.
Pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d’entraver l’activité cérébrale du fœtus, retardant le développement du cerveau in utero. La tératogénicité de la consommation de cannabis durant la grossesse semble cliniquement non significative. Cependant, après une exposition in utero au cannabis, des atteintes cognitives pendant les années d’enfance ont été observées, avant tout sur l’attention et les tests d’hypothèses par voie visuelle.

Autres effets

Fumer du cannabis peut être un facteur de risque de la maladie parodontale (maladie du tissu soutien des dents) qui est indépendant de l’utilisation du tabac.

Législation sur le chanvre

Article détaillé : Législation sur le cannabis.
Etant donnée sa rapidité de développement, ses nombreuses applications et la qualité de ses fibres, sa culture concurencerait plusieurs secteurs industriels, c’est pourquoi le chanvre a été intégré à la convention unique sur les stupéfiants de 1961.
La détention, commerce, la promotion et la consommation de marijuana sont interdits dans la majorité des pays du monde au cours du xxe siècle : la convention unique sur les stupéfiants de 1961 proscrivant la culture du chanvre dans tous les pays signataires est indéniablement une retombée du Marihuana Tax Act de 1937 aux États-Unis d’Amérique. Néanmoins, les raisons historiques de cette interdiction semblent avoir été différentes de part et d’autre de l’Atlantique (bien que l’influence des prohibitionnistes américains semble déterminante).
Depuis les années 2000, certains pays ont commencé à distinguer l’usage médical du cannabis de sa consommation récréative, comme c’est déjà le cas pour les autres substances psychotropes, en particulier les opiacés. C’est le cas de trois Pays : Le Canada, les États-Unis et les Pays-Bas.
Au Canada et aux États-Unis, le choix a été fait de tolérer la distribution de cannabis médical par l’intermédiaire de Centres de Compassion, comme il en existe au Québec, à Montréal et à Québec par exemple. Le patient doit au préalable être admis sur contrôle de sa maladie par le Centre Compassion. Le patient peut ensuite librement choisir la posologie et la qualité des produits mis à sa disposition pour se soigner. Néanmoins, la situation aux États-Unis reste controversée; une récente décision au niveau fédéral a contredit la politique de tolérance[réf. nécessaire]. Par le référendum du 4 novembre 2008, le Massachusetts a dépénalisé la marijuana et le Michigan en a autorisé une utilisation médicale.
Aux Pays Bas, la situation est différente. Le Ministère de la Santé a depuis 2005 mis sur le marché trois qualités de cannabis médical, contenant des teneurs de tétrahydrocannabinol (THC) standardisées allant de 6% à 18%, et des teneurs en cannabidiol non psychoactif (CBD) allant jusqu’à 7,5%. Ces médicaments, présentés sous forme naturelle, sont produits par la Société Bedrocan et distribués en pharmacie sur prescription médicale.
La culture, la possession pour usage privé et la distribution sont généralement réglementées. Les lois varient néanmoins d’un pays à l’autre. En France, le commerce de marijuana est un délit puni de fortes amendes et de peines de prison.
Dans de nombreux pays, la police exerce un pouvoir discrétionnaire, mettant en garde les usagers ou confisquant le cannabis, même en petites quantités, à usages privé ou médical.

Dépistage de la consommation

La référence est constituée par le dosage de delta-9-tetrahydrocannabinol dans le sang. Le dépistage de cette substance dans la salive est possible et largement utilisé, en particulier par des contrôles policiers au bord de la route dans certains pays, comme l’Australie ou certains états des États-Unis. Il n’existe pas de taux limite « légal » même si quelques experts estiment que le risque accidentogène est réduit en dessous d’un certain seuil.

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De nombreux patients atteints de scléroses en plaques et autre affections neurologiques, en traitement de chimiothérapie ou de bithérapie ou encore souffrant du glaucome nous contactent pour plus d’informations sur le chanvre médical. En effet, ces pathologies sont souvent citées quand les médias abordent la question. Le cannabis est parfois mentionné dans la littérature médicale et les sites spécialisés. Il est aussi un sujet de discussions angoissées sur les forums. Peut-on traiter les symptômes d’une maladie avec du cannabis ? Quelles sont les effets indésirables et les conséquences à moyen terme ? Peut-on réduire
les risques de ce traitement ?

Médecine ancestrale

Le cannabis est déjà mentionné dans les traités médicaux du premier empire chinois. Onl’utilise encore aujourd’hui dans de nombreuses médecines traditionnelles. Il était très présent dans la pharmacopée occidentale jusqu’à la première guerre mondiale. On l’utilisait pour beaucoup d’indications, sûrement trop mais les alternatives n’étaient pas aussi nombreuses qu’aujourd’hui. Après la deuxième guerre, il a été remplacé par des extractions chimiques de plantes puis des produits de synthèse. Ces usages passés ne constituent pas forcément un gage d’efficacité, c’est au moins la garantie d’une expérimentation sur des millénaires. Rien à voir avec les médicaments modernes ! Aucuns rapport, ni traité scientifiquedu 19ème et du début du 20ème ne mentionne de contre-indication majeure ou de désastre sanitaire suite à cette utilisation massive.

Médecine interdite

C’est d’abord l’attrait et la concurrence de la nouveauté qui ont chassé le chanvre de la pharmacopée. De nombreux produits plus puissants et plus faciles à doser et à utiliser arrivaient chaque année sur le marché. Pendant longtemps, la recherche a été exclusivement orientée vers les chimiques. Dans le même temps, le cannabis est devenu un produit strictement interdit pour des raisons plus idéologiques et économiques que scientifiques. Ce n’est qu’à partir des années 80 que le potentiel des plantes a été à nouveau massivement exploité tant par les patients que par les industriels. Le chanvre fait partie des plantes redécouvertes, l’épidémie de SIDA a contribué à la diffusion de cette automédication car elle a touché une population qui consommait du cannabis récréatif et qui a donc rapidement constaté les effets positifs de cet usage. Après vingt ans de lutte, l’usage du cannabis synthétique et plus rarement de la plante est autorisé dans de nombreux pays dans le cadre des traitements chimiques afin de réduire les vomissements, de stimuler l’appétit et la joie de vivre. Mais la procédure est souvent complexe, dissuasive, peu utilisée sauf aux USA et au Canada.

Médecine ancestrale du chanvre bio
Médecine ancestrale du chanvre bio

Un produit actif

Pour ne pas donner de fol espoir, il faut préciser que le cannabis protège, stimule et soulage mais ne guérit rien, malheureusement. Il faut aussi savoir que la dose utile pour bien des indications thérapeutiques est inférieure à la dose utilisée par les usagers récréatifs. Par contre, d’autres applications nécessitent un taux important de substances actives. Comme la morphine ou la benzodiazépine, le chanvre peut provoquer des effets psychoactifs et physiques jugés indésirables par de nombreux patients. Il est donc important de pouvoir doser convenablement et d’avoir les bonnes pratiques dans les actes préparatoires. C’est un gros problème pour les utilisateurs de la plante car il est difficile de se procurer un produit titré. Voilà pourquoi de nombreux malades voudraient utiliser des produits plus médicalisés comme le Dronabinol ou le Sativex. Ces produits ne contiennent pas tous les composants de la plante, ils ne sont donc pas conseillés pour des posologies élevées car le THC pur favorise les crises d’angoisse et les perturbations psychologiques.

Médicament ou plante ?

D’après de nombreux témoignages d’usagers, il semble que la plante provoque une variation d’effets plus importante et plus maîtrisable à moyenne et haute dose. Je n’ai pas les qualifications requises pour parler des médicaments, les médecins peuvent mieux vous renseigner. Pour les plantes, malgré l’interdiction dans la plupart des pays, le nombre de patients sous cannabis avec ou sans l’assistance du corps médical progresse constamment. Les produits du marché noir ne présentent aucune garantie sanitaire et leurs taux de principes actifs est très inconstant. Ils sont dangereux pour des malades sans une bonne expérience antérieure du cannabis. Avec un peu de maîtrise de la cannabiculture, il est possible de sélectionner puis de reproduire la ou les plantes qui conviennent à l’usager. C’est illégal et contraignant mais c’est un des seuls moyens pratique et accessible à presque tous. Le plus handicapés doivent trouver une assistance pour déléguer, c’est encore plus difficile. Les patients cherchant un effet calmant choisiront les génétiques majoritairement cannabis Sativa Indica, le cannabis Sativa Sativa a un effet plus stimulant. Les hybrides présentent des effets combinés intéressants, parfois indésirables. En général, le THC est recherché pour les pathologies neuromusculaires et le CBD pour la pression intraoculaire et les douleurs inflammatoires. Certains grainetiers sur Internet fournissent les analyses moyennes de leurs variétés.

Quelle dose ?

La recherche est encore très insuffisante pour pouvoir établir un tableau indicatif exhaustif des posologies pour chaque pathologie. De plus, la réaction au cannabis est très variable d’un individu à l’autre. On observe généralement qu’un tiers réagit négativement, un tiers est mitigé et un tiers est positif. Il faut toujours partir d’une posologie minimum pour trouver le bon seuil d’effet et éviter les désagréments ou le surdosage. Ce processus peut prendre des semaines mais il est primordial. Il est donc possible que cette expérimentation se solde par l’arrêt du cannabis car les observations sont majoritairement négatives. Le risque d’un test progressif n’est pas très important. Le chanvre n’a pas de dose mortelle. Les effets d’une prise se dissipent après 4 heures pour la fumée et 8 heures pour l’ingestion même pour les fortes doses. Il n’y a pas de séquelles irréversibles d’un bref épisode de consommation. La plupart des patients réceptifs trouvent le bon dosage avant d’avoir trop d’effets indésirables.

Fumer des joints ?

La forme la plus courante de consommation du cannabis est le joint, une cigarette roulée d’un mélange de tabac et de cannabis. On ne peut pas conseiller de fumer, c’est une activité nocive pour l’arbre respiratoire et encore moins du tabac, c’est une drogue addictive cancérigène. Si vous êtes déjà un irréductible fumeur, essayer de consommer le cannabis pur pour éviter la nocivité croisée. Pour inhaler les substances actives sans carbonisation, il existe des dispositifs performants de vaporisation à tous les prix. Ces systèmes fonctionnent parfaitement pour les fleurs (herbe), certains comme le Volcano atteignent des températures plus élevées mieux adaptées pour la résine (shit) ou pour l’extrait placé sur un support végétal (huile)
Ils permettent de ressentir rapidement les effets et donc de moduler plus précisément la prise.

Manger du chanvre

L’ingestion est une autre pratique moins dangereuse que le pétard mais plus délicate à maîtriser car l’effet avec sous ou surdosage est ressenti longtemps après. Il est très long, ce n’est pas non plus toujours souhaitable. Il faut préparer la fleur de cannabis en fonction de son besoin. Pour stimuler l’appétit et l’humeur, l’inhalation est préférable. Pour calmer des douleurs inflammatoires, il faut infuser 5 minutes dans du sucre liquide chaud puis couvrir d’eau bouillante pendant 5minutes et consommer la tisane filtrée. Pour calmer les douleurs musculaires, se relaxer et mieux dormir, il faut infuser le chanvre au moins 30 minutes dans du lait entier ou du beurre fondu puis rallonger à l’eau, infuser encore 30 minutes et boire la tisane. On peut aussi faire des pâtisseries à basse température de cuisson en incorporant la farine de fleur ou de la cuisine au beurre de Marrakech, une préparation grasse à base de chanvre. Pour ces effets, on peut aussi faire une teinture mère de chanvre comme pour les autres plantes médicinales, le dosage par goutte est alors facile à trouver et à reproduire. Cette teinture très diluée, au taux légal de 0,3 %, protège de l’artériosclérose et favorise les connexions neuronales attaquées par les maladies dégénératives comme Alzheimer

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