Boutique Biologiquement.comÀ propos du chanvre bio

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Le chanvre biologique peut avoir un impact positif important dans le monde. Vu la prépondérance de méthodes de production et de produits néfastes pour l’environnement, le chanvre représente une solution de rechange écologique renouvelable et sans danger pour l’environnement.

Fibre de chanvre bio

Depuis 1937, près de la moitié des forêts de la Terre ont été coupées pour fabriquer du papier. Si le chanvre bio n’avait pas été interdit par la loi à ce moment, la plupart des plants seraient toujours en place et oxygéneraient la planète. Les plants de chanvre bio produisent quatre fois plus de fibre de papier par acre chaque année que les arbres – même les peupliers – et ils peuvent être replantés l’année suivante. Avant 1883, plus de 75 % de la production du papier était à base de chanvre, la majeure partie étant recyclée à partir des voiles et des cordages de chanvre des navires. Avec l’apparition des nouvelles technologies de traitement, cette situation pourrait se reproduire et d’une façon moins polluante que le traitement de la fibre de bois. Il a été démontré que le papier à base de chanvre est plus durable et plus souvent recyclable que la plupart des papiers à base de bois et il ne requiert pas de chlore pour le blanchiment.

Culture du chanvre bio

Traditionnellement, les agriculteurs cultivaient le chanvre bio pour sa fibre, afin de fabriquer des cordes et des tissus, car il produit les fibres naturelles les plus solides. Ils cultivaient aussi le chanvre bio pour ses graines, afin de nourrir les humains et les bêtes, et pour les broyer afin de produire des huiles comestibles, des huiles à lampe et des huiles à polir. La capacité d’adaptation économique de la ferme familiale a commencé à diminuer tout juste après l’interdiction aux agriculteurs de cultiver du chanvre bio.

Depuis 1998, la culture du chanvre bio est redevenue légale au Canada. Le chanvre bio est une culture qui convient bien au cycle de rotation des cultures. Il n’a habituellement pas besoin de pesticides, ni d’herbicides et lorsqu’on le cultive pour sa fibre, les plants sont semés les uns tout près des autres, éliminant ainsi les mauvaises herbes en les dominant, ce qui en fait une bonne culture pour la transition à la certification « biologique ». Il résiste à la sécheresse et ses longues racines pénètrent le sol et l’aèrent, ce qui prévient l’érosion.

Graines et feuille de chanvre bio
Graines et feuille de chanvre bio

Les bienfaits du chanvre pour la santé

Une étude intéressante menée dernièrement par l’Université de Kuopio, en Finlande, a comparé la valeur nutritive et d’autres bienfaits sur la santé de l’huile de chanvre bio et de l’huile de lin. Elle démontre que « l’huile de chanvre bio augmente de façon nette le niveau d’AGL (acide gamma-linoléique) sanguin » – alors que l’huile de lin diminue en fait le niveau d’AGL sanguin. (Pour de plus amples renseignements sur l’AGL, voir Nutrition et pour de plus amples renseignements sur l’étude, voir le site Web de l’Ontario Hemp Alliance.)

Les graines de chanvre bio regorgent d’acides gras essentiels (AGE). Les AGE, qui manquent dans la plupart des régimes alimentaires nord-américains, peuvent éliminer le cholestérol des artères, ralentir les symptômes de la sclérose en plaques, améliorer le système immunitaire et les fonctions hormonales, et nourrir les cellules cérébrales. Une déficience en AGE peut d’ailleurs se manifester par l’arthrite, le syndrome prémenstruel, l’ostéoporose, la dépression, etc. Les études récentes démontrent que les graines de chanvre bio peuvent aussi aider à certains types de diabète.

La culture de chanvre produit, par acre, des protéines complètes plus faciles à digérer que toute autre culture. Les fèves de soya doivent être cuites pour être comestibles, alors que les éléments nutritifs du chanvre sont accessibles crus ou légèrement cuits. On les mange d’ailleurs depuis des milliers d’années.

Les graines de chanvre bio transformées en « lait », dans le cadre d’un régime alimentaire bon pour le foie, se sont avérées efficaces contre la tuberculose. À cet effet, il a été démontré que la protéine édestine du chanvre en est l’élément actif.

À cause de sa concentration élevée d’AGE, l’huile de chanvre bio utilisée dans la composition de cosmétiques peut aider dans le traitement de plusieurs problèmes cutanés, y compris l’eczéma, le psoriasis, la névrodermite et la sécheresse de la peau. Nous avons constaté que le beurre corporel à base de chanvre bio soulage les mains après une journée de jardinage ou une corvée de vaisselle et qu’il convient parfaitement pour les massages.

Plus de 25 000 usages possibles

L’huile de chanvre bio est également utilisée dans la composition de savons et de produits de nettoyage biodégradables, soulageant l’environnement du fardeau des détergents à base de produits chimiques. Elle peut aussi servir de base pour des peintures et des vernis, à cause de la qualité de son séchage.

En 1937, la revue Popular Science a recensé plus de 25 000 utilisations possibles du plant de chanvre. La technologie moderne a même augmenté ce nombre, depuis la production d’aliments très riches en éléments nutritifs jusqu’aux produits isolants en passant par le PVC. Le défi actuel consiste à développer une technologie pour rattraper la capacité des agriculteurs de cultiver des aliments. En dormance depuis 60 ans, l’industrie du chanvre ne fait que commencer à étudier de façon créative de meilleurs moyens de récolter et de traiter cette culture. Une innovation récente a été de décortiquer la graine pour révéler la noix tendre. Plusieurs autres nouvelles utilisations culinaires de la graine et du noyau ont été commercialisées depuis que le Canada a levé l’interdiction légale de cultiver le chanvre.

Le chanvre bio, l’environnement et l’avenir

Le chanvre bio peut aider le ralentissement des changements climatiques et la réduction des pluies acides (si l’éthanol et le carburant biodiesel à base de chanvre étaient adoptés). Le chanvre bio peut jouer un rôle dans la dimunition de produits chimiques (près de 50 % de tous les pesticides et herbicides aux États-Unis sont utilisés pour la culture du coton, comparativement au tissu de fibre de chanvre plus durable, qui ne requiert habituellement rien de tout cela). Le chanvre bio sert à fabriquer du papier (il produit quatre fois plus de papier par acre par année que les arbres, sans devoir utiliser d’agent de blanchiment à base de dioxines). En plantant et en exploitant ses propres cultures, le Canada réduirait les importations de cultures. Les carburants à base de chanvre produits dans les pays consommateurs peuvent également réduire les probabilités de guerres du pétrole.

Le chanvre bio jouera un rôle important dans notre avenir. Le chanvre est en mesure de favoriser l’économie de l’agriculture, d’améliorer notre santé et l’environnement et il peut faire partie d’une solution holistique.

Boutique Biologiquement.comTout sur le chanvre bio

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Le Cannabis, le Chanvre ou le Chanvre cultivé (Cannabis sativa L.) est une espèce de plantes annuelles de la famille des Cannabaceae.

C’est l’unique représentant du genre Cannabis. Il est parfois appelé Chènevis, comme le nom de la graine de chanvre, et Zamal à La Réunion.
L’espèce Cannabis sativa L. a été divisée en plusieurs sous-espèces. Cette division est discutable : certains ne considèrent pas les différences entre les sous-espèces comme suffisamment importantes pour les rappeler. On peut néanmoins différencier quatre phénotypes bien distincts.
Le chanvre bio fut très largement utilisé par le passé et il côtoie l’être humain depuis le Néolithique. Il a toutefois peu à peu été interdit ou fortement réglementé au cours du xxe siècle en raison de ses propriétés psychotropes. Cela est dû à la propagande puritaine de l’époque aux États-Unis, qui en voyant l’échec de la prohibition, s’intéressa au cannabis, aidé par différents lobbys industriels (coton, papier, pétrole, nylon) et en réglementant très durement l’usage.
Le chanvre bio connaît de multiples utilisations, telles les tissus, la construction, les cosmétiques, l’isolation phonique et thermique, la fabrication d’huiles, de cordages, de litières, l’utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, comme biocarburants, pour des usages médicamenteux, pour un usage récréatif ou comme matériaux composites en association avec des matières plastiques. La filière chanvre bio trouve un regain d’intérêt avec l’augmentation du prix du pétrole et la prise de conscience environnementale. Les pays européens et les collectivités locales de ces pays tentent ainsi de favoriser à nouveau la culture du chanvre bio.
Le cannabis est considéré comme étant une drogue douce notamment du fait de l’impossibilité de faire une overdose de THC en fumant, mais cette notion est trompeuse selon certains auteurs. En effet une dépendance psychique au cannabis, mais non physique comme dans le cas des drogues dites dures, reste possible. Par ailleurs des effets métaboliques néfastes ont été observés.

Sativa

Cannabis sativa subsp. sativa, ou chanvre bio cultivé, est la sous-espèce type de Cannabis sativa L.
Elle provient des régions équatoriales. Elle atteint en quelques mois une hauteur de plusieurs mètres (jusqu’à plus de 6 mètres). Les folioles de ses feuilles sont fines. Cette sous-espèce est connue pour ses propriétés psychotropes. On peut observer chez Cannabis sativa L. subsp. sativa les concentrations en THC les plus élevées. Ce type de plante donne un effet euphorisant lorsqu’elle est séchée, et prête à être consommée. Elle motive, excite, ne donne pas un effet narcotique [réf. nécessaire] comme le Cannabis indica. Cette sous-espèce est également réputée pour ses fibres, elle a largement été utilisée dans le passé et l’est encore à l’époque actuelle pour les multiples applications qu’elle permet (tissus, construction, cosmétique, isolation phonique et isolation thermique, huiles, cordages, litières, combustibles, papeterie, alimentation humaine, alimentation animale, agrocarburants, usage médicamenteux, usage récréatif, matériaux composites en association avec des matières plastiques…). Les semenciers de l’Union européenne travaillent à la création de cultivars sélectionnés génétiquement et qui constituent le chanvre bio cultivé légalement en France. Le but est de réhabiliter la filière chanvre bioafin de répondre aux nouveaux défis énergétiques et environnementaux. Ces cultivars font l’objet d’un programme de sélection génétique intensif afin de minimiser leur teneur en THC. Son cycle de vie est plus long que celui des autres sous-espèces, sans doute à cause de la photopériode des régions équatoriales. Sa tige est souple et creuse.

Indica

La sous-espèce Cannabis sativa subsp. indica, ou chanvre indien, est synonyme de Cannabis indica Lam. Elle est originaire des régions himalayennes du nord de l’Inde.
Le chanvre indien est réputé essentiellement pour ses propriétés psychotropes mais également dans une moindre mesure pour sa fibre. Une rumeur populaire prétend à tort que c’est la seule sous-espèce qui se fume. Certains prétendent que, comme psychotrope, elle procure davantage un effet « stoned » comparé au Cannabis sativa .
Sa concentration en principes actifs dépend du climat et de l’environnement dans lesquels la plante a évolué.
Elle se caractérise physiquement par des pales larges, une stature moyenne (ne dépasse jamais les 3 mètres) et sa floraison est plus précoce que Cannabis sativa L. subsp. sativa (raison pour laquelle elle est davantage appréciée en culture récréative).
Sa tige est souple et presque solide.

Spontanea

Le Cannabis sativa subsp. spontanea, ou chanvre sauvage bio, est synonyme de Cannabis ruderalis Janisch.
Cette sous-espèce pousse à l’état sauvage dans des régions de l’Europe de l’Est et de la Russie. Elle est caractérisée par sa floraison précoce, certains de ses représentants fleurissent même indépendamment de la photopériode. Elle supporte des climats plus froid et des conditions environnementales difficiles. Comme Cannabis sativa L. subsp. afghanica, sa stature est petite.
Entre dans la création d’hybrides pour le chanvre bio récréatif. Il ne possède en lui-même que de très faibles effets psychotropes. La teneur en THC n’excède pas les 0,5 %.
Le chanvre sauvage bio pousse à l’état sauvage en Europe centrale et en Europe de l’Est où il est considéré comme une « mauvaise herbe ». On le rencontre fréquemment en bordure des routes, des champs et des rivières.
Le chanvre sauvage bio poussait à l’origine dans le Sud-Est de l’ancienne Russie. On pense que ce sont les Scythes qui l’ont diffusé en Asie notamment en Mongolie. Actuellement, il pousse naturellement depuis l’Europe centrale jusqu’en Chine.

Kafiristanica

Le Cannabis sativa subsp. kafiristanica, ou chanvre afghan est synonyme de Cannabis afghanica
Le Kafiristan, nom d’une province afghane, signifie littéralement « pays des infidèles ». Le Kafiristan est une province isolée dans les montagnes de l’Hindu Kush qui a récemment été renommée Nurestân. Elle est appelée ainsi car d’autres sous-espèces poussent en Afghanistan, souvent dérivées du chanvre indien, et sont souvent appelées abusivement chanvre afghan. R.C. Clarke, J.M. McPartland et D.P. Watson mettent d’ailleurs en garde, dans leur Hemp Diseases and Pests, contre cette confusion.
Le chanvre afghan est cultivé essentiellement dans les montagnes du Pakistan et de l’Afghanistan.
Elle ne dépasse jamais les 1,50 m de hauteur alors que la C. S. sativa peut atteindre 6 mètres et le C. s. indica 3 mètres. Le C. s. afghanica est donc nettement plus petite et est adaptée aux milieux montagneux. Elle est à peine plus grande que le Cannabis ruderalis mais contrairement à cette dernière, elle possède un important taux de THC. Elle est cultivée exclusivement pour la production de haschich, sa très petite taille rendant impossible une utilisation pour les fibres.
Cette sous-espèce possède de nombreuses branches comme le chanvre indien mais la distance entre les nœuds est beaucoup plus faible.
À maturité ses feuilles sont beaucoup plus longues que le C. s. indica, elles sont de la taille de celles de la C. s. sativa mais plus large, avec le même ratio longueur/largeur que le C. ruderalis.
C’est la seule sous-espèce de cannabis à avoir un tronc nervuré et solide.

Lexique du chanvre

Le chanvrier ou la chanvrière est la personne qui travaille le chanvre, chanvrière peut aussi désigner une coopérative de producteurs de chanvre.
La chènevière, ou « canebière » dans le sud de la France, désigne un champ de chanvre,
Le chènevis désigne la graine de chanvre
La chènevotte désigne la tige centrale de chanvre dépourvue de son écorce
Un ferrandier est un peigneur de chanvre
Un four à chanvre est un four utilisé jadis afin de le sécher
Le haschich désigne la résine issue du chanvre femelle préparée sous forme de savonnettes et destinée à être fumée. Appelée aussi shit en langage familier lorsqu’il est coupé avec d’autres substances alors que le haschich est « pur ».
La « culture guérilla », traduction littérale de l’expression anglaise guerilla grow désigne le fait de cultiver clandestinement du chanvre en pleine nature à l’abri des regards. Les auteurs d’une culture guérilla sont appelés « guerilleros » et le lieu de la guerilla est appelé le « spot guerilla ».
Remarque : pour désigner couramment le chanvre et ses sous-espèces, les différents acteurs de la filière chanvre à usage industriel non récréatif préfèrent employer les appellations en français (ou autre langue locale): chanvre, chanvre cultivé, chanvre agricole, chanvre d’œuvre – ou d’ouvrage, chanvre indien, chanvre afghan ou chanvre sauvage par contre, les cultivateurs à usage récréatif emploient plutôt la terminologie latine de la nomenclature botanique : Cannabis, sativa, indica, afghanica ou ruderalis.

Histoire du chanvre

Le chanvre bio est une des premières plantes domestiquées par l’homme, au Néolithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagné migrations et conquêtes pour se répandre sur tous les continents.
Jadis, le Canabis sativa, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.
Si le chanvre permet la confection de toiles solides, il est également utilisé dans les rituels funéraires. La fumée de l’herbe séchée et brûlée sur des pierres ardentes en présence du défunt, déconnecte du réel et permettrait de parler aux esprits…

Ses fibres servaient à confectionner des vêtements en Chine 600 ans avant J.-C., en Europe au Moyen Âge. Les vêtements royaux occidentaux étaient souvent constitués de mélanges de chanvre et de lin. La première Bible imprimée par Gutenberg l’aurait été sur papier de chanvre. Le papier de chanvre est utilisé jusqu’au xixe siècle. Au début du xxe siècle, en Europe, les fibres de chanvre furent remplacées par le coton, originaire des États-Unis. Plus récemment, ces fibres résistantes et à portée de main, ont servi à fabriquer des vêtements militaires lors des deux guerres mondiales. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles furent remplacées par des fibres synthétiques, au tissage plus régulier. Les fibres ont longtemps été utilisées pour fabriquer les billets de banque avant d’être remplacées par de l’ortie. Elles sont également utilisées pour les cordes et cordages, et ont été utilisées pendant longtemps pour les voilures des bateaux.

Séchage de fibres de chanvre bio
Séchage de fibres de chanvre bio

Travail du chanvre bio

Utilisation des fibres

Les fibres les plus travaillées sont issues de la partie périphérique de la tige. Les fibres de la chènevotte, tige centrale dépourvue de son écorce, ont une grande capacité d’absorption.

Cordage

Les fibres de chanvre bio servent à faire des cordes naturelles.
En 1661 Colbert fait construire la Corderie royale de Rochefort pour pouvoir fabriquer en France les lourds cordages des navires. La partie centrale du bâtiment permettait de confectionner des cordages de chanvre d’une encablure de long, soit près de 200 m. Leur diamètre pouvait dépasser 20 cm.
Une corde de chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture d’environ 1 100 kg.
Cette fibre permet aussi de confectionner tout simplement de la ficelle.

Tissage

Avant de pouvoir être tissé, le chanvre devait subir toute une préparation : le rouissage, le broyage, le teillage et le peignage.
Une fois récolté, il était roui, séjournant dans l’eau une dizaine de jours pour que les fibres se détachent. Ensuite, on le broyait sous la « broie » et on le passait au seran qui séparait ce qui pourra être filé au rouet et l’étoupe qui ne pourra pas l’être. Au xviiie siècle, ce travail préliminaire du chanvre bio était effectué par les agriculteurs qui trouvaient là une source de revenu supplémentaire. C’étaient avant tout les femmes qui filaient. Il faut différencier cette production familiale de l’activité des tisserands. Bon nombre d’entre eux recevaient le fil d’un marchand-lissier qui récupérait ensuite la toile de chanvre pour la vendre en France et à l’étranger, ramenant en échange épices ou produits divers.
Aujourd’hui, le défibrage du chanvre est mécanisé.

Papier

Le chanvre bio est ou a été utilisé dans la fabrication de divers papiers. Le chanvre bio est utilisé notamment dans les billets de banque, le papier bible et le papier à cigarette.

Agriculture

La chènevotte sert à la fabrication de litières absorbantes pour animaux. Au potager, séchée et concassée, elle constitue un mulch qui a la réputation de présenter l’avantage de bloquer efficacement les limaces.

Construction

On peut fabriquer les murs ou les dalles en béton de chanvre bio (mélange de chaux et de chenevotte). La laine de chanvre bio est aussi un très bon isolant thermique, concurrentiel des laines minérales (laine de verre) parce qu’elle ne pose pas de problème sanitaire (amiante et laine de verre sont cancérigènes parce que constituées de fibres extrêmement petites, capables de pénétrer très loin dans les bronches). Des productions de blocs de chanvre se développent en Isère et en Champagne-Ardenne (première région productrice européenne), notamment.

Transport

Vers 1940, Ford expérimente une voiture avec une carrosserie en chanvre. L’idée est reprise dans les années 2010 par un constructeur canadien de véhicules électriques.
Diesel utilisait l’huile de chanvre bio (ainsi que d’autres huiles végétales) comme carburant pour son moteur.
Pare-chocs de la Mercedes Classe A.

Utilisation des graines

La graine de chanvre bio est appelée chenevis. On tire des chènevis de nombreux produits alimentaires.
On l’utilise pour ses propriétés nutritives, sous forme d’huile ou de graines. Ces deux éléments du chanvre ont été consommés couramment jusqu’au xixe siècle en France. Ils commencent depuis peu à y être redistribués.
Le chènevis contient entre autres :
32 % de glucides, dont 83 % de fibres
32 % de lipides
23 % de protéines, sources des 8 acides aminés essentiels
De plus, ces proportions sont idéales pour l’alimentation humaine et animale.

Huile

Alimentation : l’huile obtenue par pressage des chènevis jouit d’une excellente réputation diététique, en raison de sa teneur en acides gras de type oméga 3 (dont des oméga 3 SDA) et oméga 6 GLA (Acides Gamma Linoléique) ainsi qu’une faible teneur en Acides Gras Saturés. Non-filtrée, elle a une couleur verte plus ou moins foncée selon les variétés. Elle a un goût de noisette pour certains. On la trouve en vente dans les boutiques bio ou naturelles et des boutiques spécialisées de vente d’huile, producteurs et revendeurs et depuis peu certains supermarchés. En 2010, son prix de vente moyen est proche de vingt-cinq à quarante euros, rapportée au litre. Les contenants trouvés sont de vingt-cinq centilitres.
Combustible pour moteur (utilisé notamment par Rudolf Diesel, lors de la création de son moteur diesel, le gazole arrivera bien plus tard). En 1937, Henry Ford a créé la Hemp Body Car (en), une voiture en grande partie faite de chanvre bio et alimenté par l’éthanol de chanvre bio.
Peintures, vernis, encres et autres produits techniques : l’huile tirée de la graine du chanvre est siccative, à l’instar de l’huile de lin.
Cosmétiques : en raison de son équilibre en acides gras poly-insaturés, l’huile de chanvre est très nourrissante pour la peau. La présence d’oméga 3 lui confère des propriétés anti-inflammatoires, anti-desquamantes (peaux très sèches). Non commédogène, elle renforce le film hydro-lipidique de l’épiderme et contribue à diminuer les pertes d’eau transcutanées. Elle renforce la cohésion entre les différentes couches de kératinocytes. L’utilisation d’une huile raffinée permet d’obtenir des émulsions sans odeur désagréable et stables dans le temps.
L’huile de chanvre bio contient :
10 % d’acides gras saturés
13 % d’acides gras mono-insaturés (AGMI)
77 % d’acides gras poly-insaturés (AGPI) dont 59.5 % d’oméga 6 (acide linoléique) et 17.5 % d’oméga 3 (acide gamma linolénique en majorité, acide stéaridonique)
L’huile issue de chènevis contient en outre 8 % de graisses saturées, 55 % d’acide linoléique et 25 % d’acide α-linolénique. On y trouve des vitamines du groupe B (hydrophiles) et de la vitamine E (lipophile). Seule l’huile de lin contient une plus grosse proportion d’acide α-linolénique, mais l’huile de chènevis contient plus d’acide gras essentiels (80 % du volume total de l’huile)

Farine

Les chènevis peuvent être broyés pour obtenir la farine de chanvre, qui ne contient pas de gluten auquel de nombreuses personnes sont allergiques.

Boissons

Il existe, d’autre part, différentes boissons utilisant du chanvre bio :
limonade de chanvre bio
bière chanvrée bio
sirop de chanvre bio
thé de chanvre bio
absinthe au cannabis
À la fin des années 1990, au confluent du renouveau du chanvre et de l’essor des microbrasseries sont apparues les bières de chanvre bio. Les inflorescences femelles de chanvres à faible teneur en THC y remplacent le houblon. Elle apportent amertume et parfums (notes citronnées, poivrées).

Alimentation animale

Des chènevis sont incorporés aux mélanges pour oiseaux domestiques (canaris, perruches), aux côtés de graines d’alpiste et de millet. Le chènevis est également utilisé comme amorce pour la pêche au gardon et à la brême. Une fois trempées et cuites, les graines sont enfilées sur l’hameçon où elles servent d’appât. Enfin, les tourteaux (résidus de l’extraction de l’huile), riches en protéine, peuvent être avantageusement valorisé en alimentation du bétail, en particulier des vaches laitières.

Potentiel industriel

Récolte de chanvre bio en Haute-Saône
On tire donc du chanvre un nombre important et toujours croissant de produits : fil, ficelle, tissu, papier (plus de 70 % de la production avant 1883), mais aussi matériaux de construction et d’isolation, carburant, plastiques, produits alimentaires, médicaments.
Après avoir connu son apogée au milieu du XIXe siècle (176 000 ha cultivés en France) avec pour débouchés la papeterie et la marine à voile, les surfaces en chanvre ont été réduites à quelques centaines d’hectares en 1960 (700 ha) du fait de l’émergence de l’utilisation du coton, des fibres synthétiques et de l’arrivée de la marine à moteur. La culture connaît un regain d’intérêt depuis les années 1970 pour les marchés papetiers. Depuis les années 2000, les surfaces en chanvre se sont stabilisées régulièrement avec l’émergence de nouveaux débouchés. En 2006, les surfaces en chanvre atteignaient 8 083 ha pour 1 056 producteurs (cultures industrielles et semences comprises).
Le magazine américain Popular Mechanics de février 1938, titre un article au sujet de l’exploitation du chanvre : « New billion dollar crop ». L’extraction des fibres de la tige du chanvre, opération fastidieuse, venait de bénéficier d’un nouveau procédé d’automatisation, qui promettait une rentabilité énorme. Cependant, la culture du chanvre fut progressivement interdite aux États-Unis, par une succession de mesures, notamment la Marihuana Tax Act de 1937. Les fibres synthétiques, comme le nylon, commercialisé en 1938, commencèrent à s’imposer sur le marché mondial. Les plants poussant à l’état sauvage furent traqués et détruits. Pendant la seconde guerre mondiale, les États-Unis incitèrent leurs fermiers à produire massivement du chanvre. Le film Hemp For Victory (en), réalisé par le gouvernement américain, explique aux fermiers la nécessité de produire du chanvre pour soutenir l’effort de guerre. Avant 1989, l’existence de ce film était méconnue, et le département de l’agriculture des États-Unis, ainsi que la Libraire du Congrès nièrent son existence, jusqu’à ce que deux copies VHS ressurgissent, des mains de Maria Farrow, Carl Packard, et Jack Herer.

La culture industrielle

Le chanvre industriel, principalement du chanvre cultivé (en Europe) et du chanvre indien, est une plante à racine pivotante pouvant dépasser quatre mètres de haut, autrefois cultivée pour les fibres contenues dans sa tige produisant la filasse ou pour ses graines (appelées chènevis) fournissant une huile siccative.
Plante rudérale et robuste, sa culture en Europe ne nécessite l’emploi d’aucun pesticide. C’est en revanche une culture qui nécessite des apports de potassium et d’azote : dans la littérature technique on trouve des préconisations de 80 à 150 kg d’azote par hectare. À titre de comparaison, une culture de maïs destiné à l’ensilage, dont le cycle de végétation recouvre sensiblement la même période que le chanvre, nécessite environ 200 kg d’azote/ha.
Le chanvre industriel cultivé légalement en Europe l’est généralement dans des exploitations agricoles de grande taille.

En France, la culture du chanvre, les outils et les métiers associés ont laissé de nombreuses traces dans la toponymie et l’anthroponymie (noms de lieux et de personnes). Par exemple la célèbre avenue de la Canebière à Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n), en langue d’oc, désigne une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre à cet endroit ; selon d’autres, il ne s’agissait que de fabriques de cordes et de voiles liées aux activités du port. Du côté de Nice on trouve li Chanabieros francisé en les « chanebières ». Au nord de la Loire, la plantation de chanvre était appelée chennevière, un terme que l’on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes, parfois déformé en « chêne vert ». Le terme employé aujourd’hui est chènevière.

Production

Le renouveau du chanvre industriel en France et en Europe résulte de l’augmentation des prix du pétrole, des obligations de recyclage des matières et des perspectives environnementales. La France est aujourd’hui leader européen avec une production annuelle de 50 000 tonnes (100 000 tonnes dans l’Union européenne), et la plus large variété mondiale de semences industrielles certifiées.
Au plan industriel, le chanvre présente l’avantage de produire deux matériaux distincts et complémentaires :
la chènevotte (ou bois de chanvre) très légère (densité 0,12)
et la fibre avec un haut module de résistance à la traction
Sont visés les marchés du bâtiment et de la plasturgie automobile où les fibres de chanvre permettent la réduction du poids des pièces, ainsi que l’amélioration des perspectives de recyclage et de protection de l’environnement.
La FNPC (Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre) est en même temps un syndicat de producteurs et un producteur de semences de chanvre industriel. Depuis peu, la recherche sur le chanvre industriel en France est fédérée par l’Institut Technique du Chanvre (ITC).

La culture industrielle en France

Après avoir culminé à près de 170 000 ha au xixe siècle, le chanvre est redescendu en 1904 autour de 21 000 ha de chanvre en France pour atteindre un point bas de 600 ha ; cette culture avait presque disparu jusqu’à une reprise récente dans certains départements de l’est de la France par la Chanvrière de l’Aube et Interval-Eurochanvre dans la Haute-Saône, PDM Industries dans la Sarthe, Terrachanvre, LChanvre dans les Côtes-d’Armor, Coopéval-Agrofibre en Haute-Garonne et les Chanvriers de l’Est en Lorraine. Environ 8 000 ha lui sont maintenant consacrés en France, dont 5 000 ha autour de son bassin de production principal en Champagne-Ardenne. À Bar-sur-Aube, dans le département champenois de l’Aube, 125 tonnes de paille de chanvre sont produites par jour. Les cultivars cultivés aujourd’hui en France ont des teneurs en THC extrêmement faibles, le règlement n° 1164/89 de la Communauté européenne imposant un taux inférieur à 0,3 %.
En 2008, en France, le taux de THC devrait être inférieur à 0,2 % conformément à la règlementation européenne (règlement CE n°1782/2003 du Conseil du 29/09/2003 modifié, règlement CE n°796/2004 de la Commission du 21/04/2004 modifié). Les cultivars éligibles sont inscrits en annexe 2 du règlement 796/2004 modifié.
Pour exemple, les principaux cultivars utilisés en 2007 en région Poitou-Charentes sont Felina 32 et Fedora 17.

La culture industrielle au Canada et aux États-Unis

Au Canada, la culture du chanvre est autorisée depuis 1998. La teneur en THC est strictement réglementée et vérifiée par Santé Canada qui contrôle aussi la production, la distribution, la transformation, l’exportation et l’importation du chènevis. Une licence annuelle et le respect de plusieurs règlements sont requis. La teneur en THC est limitée à 0,3 % du poids des feuilles et à 10 parties par million (ppm) dans le cas de l’huile et de la farine de chènevis. Le chanvre est notamment cultivé au Manitoba, dans la Saskatchewan et l’Alberta.
La culture du chanvre est interdite aux États-Unis, y compris le chanvre industriel.

Les cannabinoïdes dans la plante

On recense plus de soixante cannabinoïdes dans les différents cultivars de chanvre. Le tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN) sont les plus répandues. Leur biosynthèse se fait dans des glandes spécialisées présentes sur toutes les parties aériennes de la plante. Le développement de ces glandes débute avec la formation des bractées. Les facteurs régulant la production de cannabinoïdes ne sont que partiellement connus. Bien qu’il soit prouvé que le stress environnemental augmente de manière importante la quantité de Δ 9-tetrahydrocannabinol (Haney and Kutscheid, 1973; Coffman and Gentner, 1975), une théorie plus générale est que les aspects qualitatifs dépendent de la génétique de la plante et que les aspects quantitatifs sont influencés par des facteurs environnementaux (Fairbairn and Liebmann, 1974 ; Latta and Eaton, 1975). Les cannabinoïdes jouent le rôle d’agents défensifs, contre la dessiccation, les parasites, les UV-B et les microbes.

Usage médical

Article détaillé : Cannabis médical.
De nos jours, dans les pays où il est autorisé, le cannabis médical est employé dans une très grande variété de maladies et de pathologies, comme:
-Nausées et vomissements
-Anorexie et cachexie
-Spasmes
-Troubles du mouvement
-Douleurs
-Glaucome
-Épilepsie
-Asthme
-Dépendance et état de manque
-Symptômes psychiatriques
-Maladies auto-immunes et inflammations
-Insomnies

Formes pharmaceutiques

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :
Bedrocan Bediol Bedrobinol : formes naturelles prescrites pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les malades du sida. Ces médicaments présentent des niveaux de tétrahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD) en quantités différentes ;
Marinol (tétrahydrocannabinol) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les malades du sida ;
Cesamet (nabilone) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie ;
Sativex : prescrit comme anti-douleur pour la sclérose en plaques.
Il peut aussi être prescrit à l’état naturel afin d’être consommé fumé, ou par inhalation de vapeur de THC (tétrahydrocannabinol) sublimé, et là encore sa prescription la plus courante reste relative aux malades en phase terminale.

Propriétés thérapeutiques

Article détaillé : Effets du cannabis sur la santé.
De nombreuses études[réf. nécessaire] – plus ou moins significatives – existent ou sont en cours sur ses qualités thérapeutiques.
Il est question de propriétés :
analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques sur lesquelles les traitements traditionnels sont trop forts : en termes d’effets ou d’effets secondaires ;
relaxantes et somnifères : malades en phase terminale ;
anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d’autres traitements lourds ;
stimulant l’appétit et redonnant du plaisir à manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrême) et favorise la prise de poids ;
broncho-dilatatrices : asthme ;
vaso-dilatatrices : glaucome.
D’autres études suggèrent que le cannabis pourrait être :
une alternative efficace pour traitement de l’Hyperactivité et des Troubles Déficitaires de l’Attention (TDAH) : ces dernières années, les chercheurs ont découvert que le système endocannabinoique humain est impliqué dans la modulation du système dopaminergique (voir dopamine). De ce fait, les cannabinoides deviennent une alternative pharmacologique possible aux psychostimulants (Ritaline, Concerta) généralement prescrits pour le traitement des symptômes chroniques de cette pathologie.
une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire) tels que la maladie de Parkinson ou le syndrome de Tourette ;
un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
un agent inhibant les sécrétions d’acide gastrique et pouvant jouer un rôle favorable sur la prévention des ulcères ;
un agent améliorant les troubles comportementaux des patients atteint de la maladie d’Alzheimer.
un agent protecteur du système de compression mémorielle et de l’ accès à la mémoire générale.

Usage psychotropique

Le chanvre bio est largement utilisé pour les propriétés psychotropes induites notamment par la présence de tétrahydrocannabinol (THC). C’est le cas essentiellement de trois des quatre sous-espèces qui peuvent être consommées directement après la récolte :
cannabis sativa ;
cannabis indica ;
cannabis afghanica.
La sous-espèce Cannabis ruderalis, essentiellement cultivée pour la production de chanvre textile, ne contient pas suffisamment de THC pour provoquer des effets psychotropes. Elle n’est utilisée par les cultivateurs de cannabis que pour effectuer des croisements en vue d’obtenir une meilleure résistance et une floraison plus précoce.
Actuellement, presque tous les cultivars utilisés pour l’auto-consommation sont des hybrides de ces quatre espèces. Pour la production d’hybrides, les sous-espèces cannabis indica et cannabis sativa sont essentiellement utilisées.

Modes de consommation

Le cannabis peut se présenter sous différentes formes :
fleurs séchées femelles (5-15 % THC) (qui forment les « têtes » ou « cocottes »), appelées « marijuana », ou des feuilles séchées (habituellement, les feuilles de la couronne fleurie des plantes femelles, appelées « feuilles de manucure ») ;
huile de cannabis (60-80 % THC), concentré issu d’une extraction à l’aide de solvants (généralement solvant apolaire car le THC est soluble dans ceux-ci). Les feuilles sont mélangées au solvant pendant quelques minutes puis retirées par filtration. Le solvant est ensuite évaporé pour laisser apparaître l’huile ;
pollen (~30 % THC), aussi appelé skuff, appelé ainsi par analogie avec le pollen des botanistes mais qui n’a en réalité rien à voir : le vrai pollen de la plante, poussière jaune produite par les pieds mâles au moment de leur reproduction, ne contient pas de substance active. Il s’agit ici de la poudre résineuse obtenue en battant des ballots de tissus remplis de fleurs de cannabis (têtes). La poudre ainsi récupérée, est ensuite compactée en bloc, ce qui donne le haschich, souvent « coupé » avec différents produits (paraffine, etc.) afin d’en augmenter le volume et le poids, avec pour effet une diminution de la concentration en THC.

Le cannabis est généralement consommé avec du tabac dans des cigarettes artisanales appelées « joints » ou « pétards ». D’autres modes de consommation existent : – pipe, chillum, etc., avec ou sans tabac ; – « bang » (ou « bong »), une pipe à eau à travers laquelle la fumée est refroidie et filtrée avant d’arriver aux poumons : la quantité aspirée est plus importante et les effets plus rapide et plus intenses qu’avec un joint ; – gâteaux (« space cakes ») : les effets mettent plus longtemps à venir et ce mode de consommation demande des quantités plus importantes car une partie du THC est détruite par les enzymes de l’estomac[réf. souhaitée] ; – vaporisation : ce mode de consommation, comme les gâteaux, ne présente pas les dangers liés aux produits de combustion cancérigènes : goudrons, oxyde de carbone, etc. Par ailleurs la quantité de cannabis nécessaire est moins importante car le THC n’est pas détruit par la chaleur de la combustion. C’est le mode de consommation privilégié par les utilisateurs de cannabis à des fins thérapeutiques.

Origine du cannabis

Le cannabis consommé en Europe provient principalement de la région du Rif, une région montagneuse située dans le nord du Maroc, au nord de l’Afrique.
Le chanvre serait cultivé dans le Rif depuis le VIIe siècle, soit depuis plus d’un millénaire.
Le cannabis marocain est appelé le kif venant du mot katf, garrot, qui sert à lier, peut être issu des rameaux d’herbes liés et conditionnés pour le séchage. En arabe ou dialecte Marocain (darija) il peut être aussi appelé zatla, hashish, al hasha, al hanchla, flitoxa, ghalghoula, aachour, tibisla etc. après transformation en drogue.

Habitudes de consommation

Généralement, le cannabis est fumé. Il peut se présenter sous les formes suivantes:
La marijuana : on l’appelle aussi pot, beuh ou herbe. Roulée en joint, on l’appelle joint, pétard, ou d’autres surnoms. Elle est composée à partir des fleurs séchées du cannabis ou des feuilles mais les feuilles ne sont pas de bonne qualité, elles sont appelées feuillasse ou paille. Celles-ci sont séchées, finement hachées, puis fumées telles quelles ou mélangées à du tabac. Elle est aussi, parfois, mêlée à des pâtisseries ou à des boissons. La teneur en THC varie de 0,1 à 25 % selon la provenance et son mode de préparation.
Le haschisch ou hasch : il est fabriqué avec la résine du chanvre qui couvre les fleurs et les feuilles du sommet de la plante. La résine est raclée, pressée en blocs et généralement fumée. Le haschisch est mélangé à du tabac sous forme de cigarette ou dans une pipe. Parfois encore, certains adeptes le mélangent à des aliments ou boissons. Les effets du haschisch sont beaucoup plus puissants que ceux de la marijuana : sa teneur en THC varie entre 10 et 30 %.
L‘huile de Cannabis : Pour extraire l’huile, le cannabis est trempé dans un solvant, ensuite évaporé pour obtenir un concentré de THC (entre 60 et 80 %) ainsi que d’autres canabinoïdes. Cette huile, qui se fume mélangée à du tabac, est dangereuse en raison de son très fort taux de concentration. Elle est peu répandue.
l’huile essentielle de cannabis : Est extraite de la plante par distilation, elle contient un très fort taux de canabinoïde ainsi que d’arôme, elle est très peu répandue.
Lorsqu’il est fumé, entre 15 et 50 % du THC passe dans le sang et l’effet dure entre 45 minutes et 2 h 30.
Une des techniques pour avoir un maximum d’effet est d’aspirer la fumée par plusieurs inhalations courtes, de l’envoyer dans les poumons et de l’y laisser un certain temps. On dit qu’on cogne ou compresse (ou konye en créole) lorsqu’on utilise cette technique.
D’autres techniques incluent l’utilisation de narguilé ou pipe à eau pour fumer le cannabis tout en refroidissant la fumée. Il s’agit de techniques censées filtrer la fumée, qui multiplient en réalité les quantités d’air et de toxiques inhalés, du fait qu’il faut aspirer plus profondément. Ce mode de consommation fait pénétrer les fumées plus profondément dans les poumons, avec les risques qui en sont la conséquence .
Le cannabis peut aussi être ingéré car le THC est soluble dans les graisses et l’alcool. Néanmoins, lorsqu’il est ingéré, les effets du cannabis se déclarent au bout de trente minutes et peuvent se prolonger plusieurs heures, ce qui peut générer un état d’anxiété et de paranoïa appelé bad trip.
Le beurre de Marrakech, obtenu par extraction des composés liposolubles du haschisch ou des inflorescences de cannabis se substitue au beurre classique dans les recettes. Il est utilisé pour préparer des plats tels que le space cake, la pot pie ou les hash brownies.
Le cannabis peut également être mis en solution dans du lait (de préférence entier), ce que l’on nomme un bhang ou « lait vert ».
Le haschich peut être mis à fondre dans du chocolat noir et servir ensuite en pâtisserie ou solidifié pour l’utiliser à la demande.
le Green Dragon désigne une boisson alcoolisée à base de macération de cannabis dans de l’alcool (ou une boisson au datura). La solution est verte, d’où le nom.
Le pot tea (ou thé/tisane au chanvre) est une infusion de chanvre bio. Les cannabinoïdes se diluant moins bien dans l’eau, le chanvre est en général bien séché pour une infusion. Il existe plusieurs variantes pour rendre une tisane au chanvre agréable à boire tout en ayant des effets puissants selon la concentration de THC. La plus connue est le thé-chai au cannabis. Les effets de cette tisane se font ressentir environ 2 heures après ingestion et peuvent durer jusqu’à 18-24h selon les individus[réf. nécessaire]. C’est pourquoi elle est plus rarement consommée.
La vaporisation ou sublimation est une autre méthode d’absorption. On peut extraire le THC et les autres cannabinoïdes sous forme de vapeur en chauffant légèrement la plante sans la brûler. Cette méthode a l’avantage de ne pas produire les substances toxiques contenues dans la fumée du cannabis et du tabac lors d’une combustion normale (monoxyde de carbone, goudrons, nitrosamines…). En chauffant le cannabis à une température précise, les substances psychotropes s’évaporent, mais la plante ne brûle pas encore. La vapeur produite peut alors être inhalée, avec un effet aussi immédiat et plus puissant que si le cannabis était fumé.
En 2008, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies signale qu’en général, les prix de vente au détail du cannabis végétal et de la résine de cannabis oscillent en Europe entre 2 et 14 euros le gramme. La plupart des pays européens font état de prix compris entre 4 et 10 euros pour les deux produits.

Évaluation de la consommation

En 2008, l’ONU dans son rapport mondial sur les drogues 2008, estimait qu’il y avait 166 millions d’usagers de cannabis, le pays comportant le plus d’utilisateurs restant les États-Unis.
Plus de soixante-deux millions d’Européens (plus de 20 % de l’ensemble de la population adulte) ont déjà consommé du cannabis et vingt millions en ont consommé au cours de la dernière année, selon une étude publiée le 25 novembre 2005 par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).
Dans son rapport annuel du 1er mars 2006, l’OICS indique que l’Afrique compterait trente-quatre millions d’usagers.
Cependant cette évaluation est certainement très loin de la réalité. Il n’existe aucune méthode fiable pour évaluer un marché illégal, ce qui se fait par des extrapolations des drogues saisies ainsi que des évaluations des surfaces cultivées.
Il s’agit en revanche de la drogue illégale la plus consommée dans le monde.

Effets recherchés

D’une manière générale, les effets varient en intensité et en durée, en fonction du mode de consommation, des teneurs respectives en THC (effet high) et CBN (effet stone) ainsi que du sujet, de son état physique et psychique. Les effets peuvent durer entre quelques minutes (inhalation) et quelques heures (ingestion). Leur durée est tout autant variable.
Généralement :
euphorie, hilarité, excitation ;
relaxation, détente, sensation de flottement ;
facilité d’introspection (disparition de l’inhibition) ;
association d’idées créatives ;
stimulation de l’appétit (Voir Usage médical) ;
sommeil ;
sensation d’extrême plaisir même face à des choses parfois futiles.
Des doses plus fortes peuvent induire une augmentation de la perception auditive et visuelle (diminution de l’inhibition latente), qui peut engendrer des hallucinations et conduire au bad trip ou au contraire amplifier les sensations durant un spectacle musical ou devant un film, effet souvent recherché.

Effets indésirables

Après la consommation, l’usager peut manifester les symptômes suivants :
yeux rouges, mydriase ;
tachycardie, hypertension/hypotension ;
assèchement buccal (familièrement appelé « la pâteuse » ou « moquette » souvent caractérisée par un blanchiment de la langue) ;
anxiété ;
altération de la mémoire immédiate ;
troubles de la perception du temps (quelques minutes semblent être des heures, ou l’inverse) ;
paranoïa ;
peut révéler une schizophrénie latente. Toutefois, ce n’est pas la cause immédiate de la schizophrénie. Il s’agit davantage d’un facteur précipitant. En effet, les effets hallucinogènes des drogues peuvent entraîner le début de troubles psychotiques. Le risque est important chez les personnes vulnérables à cette maladie.
Des vomissements sont possibles (surtout avec le haschich) mais sont surtout provoqués par les produits coupants ou l’angoisse due à la perte de repères.
Lorsqu’il est pris par un conducteur, il augmente le risque d’accident de la route et double le risque d’accidents mortels.

Effets cognitifs

Le cannabis altère la mémoire immédiate, la concentration, le rappel des souvenirs ou des mots, et peut donc diminuer les capacités d’apprentissage. En l’état actuel des connaissances, la mémoire ne semble pas affectée au-delà du temps des effets du cannabis, c’est-à-dire quelques heures. Cette amnésie est multipliée en cas de consommation associée avec de l’alcool.
Le cannabis perturbe les processus de mémorisation du cerveau en désorganisant le fonctionnement électrique de l’hippocampe , structure clé du cerveau pour l’activation de la mémoire. Le cannabis aux doses usuellement présentes chez ses consommateurs supprime les oscillations électriques, essentielles dans le processus d’apprentissage et de mémorisation. Les processus cognitifs sont désorganisés.
La principale substance active dans le cannabis, le THC, bloque aussi la libération d’un neurotransmetteur important dans l’hippocampe, l’acétylcholine, affectant le fonctionnement électrophysiologique du cerveau.
Le cannabis perturbe chez le fœtus la formation des réseaux de neurones dans le développement du cerveau, ce que confirme la proportion très élevée d’enfants ayant un retard mental chez les mères consommatrices.

Effets psychiques

L’usage de cannabis peut traduire un mal-être psychique – parfois insoupçonné – pouvant se transformer en paranoïa, crises d’angoisses, sentiment d’oppression. Il existe aussi quelques cas de psychose cannabique aiguë.
Au niveau neuro-psychiatrique, la substance peut diminuer l’attention, aggraver ou révéler des troubles psychiques comme n’importe quel psychotrope. Un syndrome amotivationnel (démotivation) peut apparaître, ainsi que : manque d’estime de soi, intempérance, dépression et tendances suicidaires. Il existe une corrélation entre l’usage prolongé du cannabis et la dépression chez certains patients mais il reste difficile de dire si le cannabis produit la dépression ou si la dépression favorise une consommation chronique… Différentes études, à la crédibilité variable, suggèrent des liens entre schizophrénie ou psychose et cannabis (Lien entre schizophrénie et consommation de cannabis).

Adolescence

Selon une étude, il n’y aurait aucune différence sur le plan cérébral entre ceux qui ont régulièrement fumé de la marijuana au cours de leur adolescence et ceux qui n’en ont jamais fait usage. Une autre étude affirme plutôt que les personnes prédestinées à la schizophrénie voient leurs symptômes précipités lorsqu’elles commencent à consommer pendant l’adolescence. La consommation intensive de dérivés concentrés, comme l’huile de haschisch, favorise, particulièrement à l’adolescence, l’apparition des troubles psychotiques.

Effets comportementaux

Des troubles de comportement sont observés chez l’animal de laboratoire qui y est exposé, y compris chez des espèces très éloignées des mammifères comme l’araignée. Le cannabis est un des produits dont les effets ont été testés sur des araignées dès les années 1950. Comme pour d’autres drogues, les araignées qui y sont exposées, même à de faibles doses, ont produit des toiles tout à fait anormales. Plus la toxicité du produit est élevée, plus l’araignée laisse de manques dans sa toile.

Effets somatiques

À long terme, les effets sur l’homme ont besoin d’être étudiés. On cite cependant des affections durables des voies respiratoires similaires au tabac : toux, cancer bronchique, bronchite chronique, emphysème (du fait d’inhalations profondes et prolongées). Par ailleurs, l’inhalation de la combustion de produits de coupe souvent présents dans le haschisch expose l’usager à des risques aussi aléatoires que néfastes. L’herbe a été exceptionnellement coupée à l’eau, au sable voire au verre pilé afin d’alourdir la masse et donc d’augmenter les prix.
Une dépendance physique existe, même si elle est moins marquée que pour d’autres produits, probablement du fait de la demi-vie plus longue du THC dans le corps. Il faut également signaler qu’une dépendance physique au tabac, utilisé dans la confection du joint, se manifeste très souvent chez les fumeurs réguliers de cannabis. Cependant, un joint peut également être confectionné uniquement avec la substance.
Selon une étude d’une association de consommateurs, fumer trois joints équivaut à fumer un paquet de cigarettes. La fumée de cannabis contient sept fois plus de goudron et de monoxyde de carbone que la fumée du tabac seul. Cet essai est en contradiction avec d’autres travaux scientifiques qui estiment que « fumer du cannabis n’accroît pas le risque de cancer » ou que les risques cancérigènes sont à imputer à la présence de nicotine due au mélange avec du tabac. Alternativement à la combustion, l’usage d’un vaporisateur, en vente libre, délivre une vapeur de cannabinoïde pratiquement pure.
La consommation à l’aide d’une pipe à eau augmente très fortement l’inhalation de produits toxiques.

Effets sur la conception et la reproduction

La consommation régulière de joints, chez l’homme, contribue à une baisse de la fertilité.
Pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d’entraver l’activité cérébrale du fœtus, retardant le développement du cerveau in utero. La tératogénicité de la consommation de cannabis durant la grossesse semble cliniquement non significative. Cependant, après une exposition in utero au cannabis, des atteintes cognitives pendant les années d’enfance ont été observées, avant tout sur l’attention et les tests d’hypothèses par voie visuelle.

Autres effets

Fumer du cannabis peut être un facteur de risque de la maladie parodontale (maladie du tissu soutien des dents) qui est indépendant de l’utilisation du tabac.

Législation sur le chanvre

Article détaillé : Législation sur le cannabis.
Etant donnée sa rapidité de développement, ses nombreuses applications et la qualité de ses fibres, sa culture concurencerait plusieurs secteurs industriels, c’est pourquoi le chanvre a été intégré à la convention unique sur les stupéfiants de 1961.
La détention, commerce, la promotion et la consommation de marijuana sont interdits dans la majorité des pays du monde au cours du xxe siècle : la convention unique sur les stupéfiants de 1961 proscrivant la culture du chanvre dans tous les pays signataires est indéniablement une retombée du Marihuana Tax Act de 1937 aux États-Unis d’Amérique. Néanmoins, les raisons historiques de cette interdiction semblent avoir été différentes de part et d’autre de l’Atlantique (bien que l’influence des prohibitionnistes américains semble déterminante).
Depuis les années 2000, certains pays ont commencé à distinguer l’usage médical du cannabis de sa consommation récréative, comme c’est déjà le cas pour les autres substances psychotropes, en particulier les opiacés. C’est le cas de trois Pays : Le Canada, les États-Unis et les Pays-Bas.
Au Canada et aux États-Unis, le choix a été fait de tolérer la distribution de cannabis médical par l’intermédiaire de Centres de Compassion, comme il en existe au Québec, à Montréal et à Québec par exemple. Le patient doit au préalable être admis sur contrôle de sa maladie par le Centre Compassion. Le patient peut ensuite librement choisir la posologie et la qualité des produits mis à sa disposition pour se soigner. Néanmoins, la situation aux États-Unis reste controversée; une récente décision au niveau fédéral a contredit la politique de tolérance[réf. nécessaire]. Par le référendum du 4 novembre 2008, le Massachusetts a dépénalisé la marijuana et le Michigan en a autorisé une utilisation médicale.
Aux Pays Bas, la situation est différente. Le Ministère de la Santé a depuis 2005 mis sur le marché trois qualités de cannabis médical, contenant des teneurs de tétrahydrocannabinol (THC) standardisées allant de 6% à 18%, et des teneurs en cannabidiol non psychoactif (CBD) allant jusqu’à 7,5%. Ces médicaments, présentés sous forme naturelle, sont produits par la Société Bedrocan et distribués en pharmacie sur prescription médicale.
La culture, la possession pour usage privé et la distribution sont généralement réglementées. Les lois varient néanmoins d’un pays à l’autre. En France, le commerce de marijuana est un délit puni de fortes amendes et de peines de prison.
Dans de nombreux pays, la police exerce un pouvoir discrétionnaire, mettant en garde les usagers ou confisquant le cannabis, même en petites quantités, à usages privé ou médical.

Dépistage de la consommation

La référence est constituée par le dosage de delta-9-tetrahydrocannabinol dans le sang. Le dépistage de cette substance dans la salive est possible et largement utilisé, en particulier par des contrôles policiers au bord de la route dans certains pays, comme l’Australie ou certains états des États-Unis. Il n’existe pas de taux limite « légal » même si quelques experts estiment que le risque accidentogène est réduit en dessous d’un certain seuil.

Boutique Biologiquement.comLes propriétés écologiques du chanvre bio

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Le chanvre n’est pas un phénomène de mode. Il fut utilisée pendant des millénaires pour ses qualités et devient une plante indispensable pour le développement durable grâce à ses bénéfices écologiques. Voici les différentes propriétés écologiques du chanvre.

La culture du chanvre est totalement écologique

Une plante naturelle

La culture du chanvre est écologique. Elle ne nécessite pas d’additifs naturels ou chimiques pour aider à la croissance de la plante. Le chanvre se défend par lui-même des différentes agressions extérieures comme les insectes et les moisissures. Les producteurs n’ont besoin d’utiliser ni engrais, ni insecticides, ni pesticides, ni fongicides pour protéger la récolte. Le résultat est simple. La culture du chanvre est saine. Tous les composants de la plante, dont les graines et les fibres, sont sains, naturels et écologiques.

Plants de chanvre bio
Plants de chanvre bio

Le chanvre entretien les sols

Cultiver du chanvre dans un champ est une excellente technique pour entretenir les sols et les préparer à de futures cultures. Il arrive à maturité rapidement, en 100 jours, ce qui laisse la possibilité aux agriculteurs de réutiliser le champ.

La culture du chanvre est aussi considérée par certains agriculteurs avoir plus de bénéfices pour les sols que de laisser la parcelle en jachère. En effet, le réseau de racines du chanvre et sa capacité d’absorption de l’eau empêchent les mauvaises herbes de se répandre. De plus, les feuilles du chanvre qui tombent, sont un excellent engrais naturel pour le sol.

Le chanvre absorbe du gaz carbonique

La planète fait face à des excès de dégagement de CO2 dans l’atmosphère. Les forêts jouent un rôle important dans la capture de ce CO2. Malheureusement les forêts sont en diminution dues aux déforestations massives. Le chanvre se pose en solution idéale pour aider à réduire les problèmes de gaz carboniques car il capte énormément de CO2. Selon des analyses récentes, un hectare de chanvre absorberait plus de CO2 qu’un hectare de forêt.

Pousse à toutes les latitudes

Le chanvre à la capacité de pousser dans toutes les régions tempérées du globe. Sa taille peut varier de 1,50m à plus de 6m, selon l’espèce et sa région. Cette facilité à être cultivé partout favorise à réduire les distances de transport pour relier le producteur du consommateur. Moins de transport conduit à moins de pollution.

La transformation du chanvre : un procédé industriel naturel

Les textiles en chanvre sont fabriqués avec les fibres du chanvre. La plante est naturellement écologique et passe par une transformation industrielle pour séparer les fibres du reste de la tige. Ce procédé de transformation s’appelle le rouissage. Il y a trois différents procédés de rouissage. Ils dépendent de l’utilisation future des fibres, soit pour faire du papier, des matériaux de construction ou du textile. Les procédés pour le papier et la construction sont mécaniques. Le procédé pour le textile est enzymatique.

Le procédé de transformation enzymatique

Les fibres de chanvre sont utilisées dans le textile pour leurs propriétés naturelles et écologiques. Il est donc nécessaire que les fibres qui sortent du rouissage le soient encore. Les techniques de rouissage enzymatique qui laissent les fibres saines et naturelles existent et sont utilisées depuis plusieurs années.

La tige du chanvre contient la chènevotte (intérieur de la tige), les fibres et des éléments qui lient l’ensemble. Comme les fibres sont soudées entre elles et au reste de la plante par des éléments insolubles, il est nécessaire d’éliminer ces éléments insolubles pour ne garder que la fibre. Là interviennent pendant le rouissage des enzymes qui détruisent par fermentation ces matières liantes.

L’industrie du chanvre produit des fibres de plus en plus saines et résistantes

Les enzymes sont très régulièrement employées par les industriels, certaines sont saines et naturelles, d’autres beaucoup moins. Concernant celles utilisées par l’industrie du chanvre, grâce aux recherches effectuées et aux avancées technologiques, il existe désormais des enzymes écologiques qui nettoient la fibre, ne l’endommage pas et la renforce. Les travaux du Dr Sung en 2004 au Canada ont grandement fait avancer les découvertes. Depuis, les recherches ont encore progressé pour donner des résultats encore plus naturels tout en conservant toute la résistance des fibres.

Il n’existe pas encore aujourd’hui de procédé enzymatique parfait. Les techniques se perfectionnent, mais aucune ne rend des fibres totalement libérées des éléments qui les soudent au reste de la tige. Les substances qui entourent la fibre sont naturelles et non toxiques mais ont besoin d’être éliminer pour rendre la fibre encore plus douce. Les recherches continuent pour trouver des enzymes qui purifient parfaitement les fibres, sans les endommager, tout en restant écologique.

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Généralités et botanique

Le chanvre fait partie de la famille des cannabinacées. Il produit une fibre longue et solide avec une assez bonne tolérance à l’humidité. L’agronomie européenne privilégie la production de fibres. Mais les graines de chanvre aussi sont utilisées pour la production d’huile, avec un rendement de 30 à 35%, elles produisent une huile riche en acide linolénique et linoléique, qui est utilisée principalement pour la fabrication de savon ou de vernis. Son utilisation comme huile alimentaire est limitée par son temps de conservation relativement court et par son prix, situé entre celui de l’huile d’olive et celui de l’huile de sésame.

L’extraction de haschich – résine secrétée surtout dans les folioles des fleurs femelles – est pratiquée en Inde depuis environ l’an 1000 av J-C. En Europe, on produisait surtout des fibres et des graines de chanvre. C’est seulement au 18e siècle que l’usage des fleurs femelles comme drogue a été découvert. Les variétés actuelles de chanvre utilisées pour leurs fibres ne produisent toutefois presque pas de résine.

Le chanvre est une plante non persistante. Une plantation de chanvre est composée de pieds femelles et de pieds mâles. On cherche à développer de nouvelles espèces dont les fleurs mâles et femelles sont réunies sur le même pied. La plante à une tige droite, qui peut atteindre, suivant les variétés, de 1 à 4 m de hauteur. La tige est recouverte d’un duvet rêche.

La plante pousse différemment suivant le type de culture, avec un nombre de branches plus ou moins important suivant l’usage recherché. La partie utile de la plante se trouve dans les longues tiges, c’est la filasse dont on tire la fibre.

Il n’existe qu’une seule espèce de Cannabis ; mais diverses formes sauvages poussent partout sur la planète, étant donné le fort potentiel d’adaptation de l’espèce. Le chanvre est arrivé autour de la Méditerranée par l’Asie Centrale – probablement par la Chine vers 2000 av J-C., puis en Asie de l’Est. Avant de se répandre dans les régions fraîches et humides d’Europe.

Les espèces du sud, hautes et tardives, ont entre 140 et 160 jours de végétation. Les espèces du nord, courte et précoces, ont entre 60 et 90 jours de végétation, par exemple, les variétés Ferimon 12, Fedora 19, Felina 34, Fedrina 74, Fibrimon 24 ou 56 etc. Selon la dénomination française, plus le nombre situé après le nom de la variété est élevé, plus le temps de maturation est long. Les feuilles de chanvre ont la forme d’une main, et possèdent 5 à 11 folioles. Les inflorescences mâles se trouvent au bout de la tige. Les fleurs femelles sont sans tige et se trouvent à la croisée des feuilles. La graine a environ la taille d’un grain de blé. Elle a un poids, par millier de graines, de 15 à 20 gr. Le contenu tendre de la graine est enveloppé dans une cosse dure de couleur gris-brun. Les graines contiennent environs 30% de graisses et près de 20% de protéines. Les variétés utilisées jusqu’à maintenant se reproduisent principalement par pollinisation externe. Le chanvre fabrique une racine résistante qui descend profondément dans un terrain minéral et aère le sol. Dans un sol meuble, les racines se développent en rayon avec beaucoup de radicules. Les plants mâles, qui libèrent leur pollen, sont toujours matures avant les plants femelles.

Besoins de la plante

Une plantation de chanvre a besoin de beaucoup de sels minéraux et d’humidité du sol. Cette demande intervient surtout lors de la forte poussée entre la 4e et la 10e semaine de végétation. Le chanvre peut être cultivé dans des climats et des sols moins favorables, à l’exception des sols trop pauvres ou des endroits froids et humides. La valeur pH des sols doit être neutre ou légèrement basique. La température minimale pour la germination doit se situer entre 4 et 5 °C. Une plantation précoce ou dans une région froide est déconseillée. Il existe de nouvelles variétés ayant des périodes de végétation plus courtes, ce qui rend possible la culture sous des climats froids et humides durant la période plus chaude.

Les cultures précédant le chanvre devraient être céréalières, puis légumineuses, puis plantes sarclées et finalement du foin ou des herbes. Il faut particulièrement tenir compte de la préparation du sol et de l’aération du sous-sol par le chanvre pour la rotation des cultures et l’ajout d’engrais.

Engrais

Pour ajouter des engrais, il faut commencer par contrôler la quantité de N du sol, Un dosage équilibré de 100 kg N, 80 kg P2O5 et 140 kg K2O pour la production de graines et 80 kg N, 80 kg P2O5 et 120 kg K2O pour la production de fibres est conseillé. L’épandage d’engrais est à faire impérativement avant les semailles. Le chanvre accepte bien les engrais de germination, de même que les aditifs comme le fumier ou le compost bien décomposé. Il est conseillé d’épandre les engrais en automne plutôt qu’au printemps.

Culture

Un labourage profond est très important en automne. En raison des semailles tardives, le champ peut être désherbé à plusieurs reprises et peut être préparé comme pour le colza. La semence doit être plantée entre 2 et 4 cm de profondeur et un peu plus profondément dans un sol meuble. Le chanvre peut être semé dès avril jusqu’à mi-mai, et même plus tard pour les variétés les plus précoces. L’espacement des graines et des rangs dans le sol est variable selon la littérature consultée. L’espacement optimal dépend de la variété de chanvre semée dt des différences de poids par millier de graines, de la rapidité de la croissance, et du besoin d’espace de la plante. En agriculture biologique, on peut planter de 8 à 15 kg de graines par ha pour produire de la graine avec un écartement de 40 cm entre les rangs (travail possible). Pour produire de l’huile, avec les variétés courtes et à forte croissance, on peut recommander plus de 13 kg par ha. Dans l’agriculture traditionnelle, la quantité de semences varie de 12 à 20 kg par ha dans des rangs espacés d’environ 22 cm. Avec une culture dont les plantes sont pincées entre 50 et 70 cm pour obtenir un meilleur rendement de graines et en tiges, il faut compter 12 kg de graines par ha. Une forte densité de semences, soit plus de 40 kg par ha, est nécessaire pour les variétés à fibres longues. Il y a auto-régulation de la quantité de plantes avec une densité supérieure à 40 kg par ha. Dans les variétés à fibres courtes, la quantité de semences peut être plus imporatante.

Maladies et protection des plantes

La culture du chanvre ne présente pas de problème spécifique de désherbage. Elle offre une forte concurrence avec les mauvaises herbes. Pour la culture destinée à la production d’huile de chanvre, il est possible que les mauvaises herbes les plus hautes (comme le millet, le chardon…) puissent se développer si les rangs ne sont pas assez serrés. Avant la germination, des additifs comme la Pendimethalin, le Linuron ou le Metobromuron peuvent être ajoutés, par ex. 1,5 à 2 kg de Patoran, 2,5 l de Stomp SC, 1,5 kg d’Afalon S (indication sans garantie). Contre le millet, le foin, chiendent, etc., on peut utiliser la plupart des désherbants courants. Un traitement contre les parasites et maladies (virales et moisissures) n’est pas nécessaire puisque nous ne pratiquons pas de culture intensive où de telles agressions seraient possibles, quoi qu’on remarque que le Botrytis et le Fusarium se développent sur certaines variétés.

Des chenilles et des escargots peuvent aussi attaquer le chanvre dans ses premiers stades. On recense aussi des attaques par le charbon du mais. Une lutte intensive doit être menée dans ce cas, avec tous les moyens possibles utilisés pour d’autres cultures.

Chanvre bio (cannabis sativa L.)
Chanvre bio (cannabis sativa L.)

Récolte

Le moment de la récolte se situe entre 2 et 3 semaines après la floraison. Pour un gain de fibres, on utilisera une machine spéciale. Il est conseillé de s’organiser en coopérative pour récolter les fibres. La fibre de chanvre, c’est à dire la filasse, peut aussi après avoir été raccourcie à 50 ou 70 cm être traitée avec un dispositif pour fibres de lin (facilement adaptable). Les producteurs doivent se concerter sur la forme donnée à la récolte (bottes, balles…). Le rendement de la récolte de fibres est donné par rapport à la surface utilisée. La récolte peut atteindre de 2 à plus de 5 t de filasse par ha.

Les graines destinées aux oiseau ou à la production d’huile doivent être récoltées avant maturité (à cause des risques de moisissure). Les graines sont à maturité lorsqu’elles commencent à tomber lorsqu’on secoue la plante. Les graines peuvent être récoltées à la moissonneuse-batteuse. Une adaptation spécifique de la moissonneuse-batteuse est nécessaire pour les variétés hautes. Il est reconnu que les plantes pincées sont moins productives en graines, mais elles rendent la récolte à la moissonneuse-batteuse plus facile. Le battage peut être effectué avec une batteuse sans transformations importantes. Les batteuses axiales sont préférables aux batteuses à tambour pour des plantes non pincées. Pour la production d’huile, la quantité de graines produites par m² est importante. En 1995 et 96, on obtenait entre 800 et 1300 kg de graines par ha, et chaque année apporte des variétés plus performantes et des progrès techniques. Certaines variétés de semences, en France ou en Belgique, produisent jusqu’à plus de 2700 kg de graines par ha.

Stockage et transformation

Après récolte, les graines doivent être triées et séchées jusqu’à moins de 10% d’humidité résiduelle. Une température de séchage inférieure à 50 °C est conseillée. Les semences destinées à l’alimentation – particulièrement pour l’huile pressée à froid – doivent être absolument sans pesticides ni moisissures. Le stockage et l’emballage se font dans des sacs de jute ou en papier. L’huile de chanvre contient environs 2% d’acide gamma-linolénique et de 70 ä 80% d’acides gras essentiels. L’utilisation de l’huile de chanvre dans l’alimentation et les préparations industrielles se développe. L’huile de chanvre est principalement utilisée comme huile pour l’assaisonnement. Les graines de chanvre sont depuis peu également utilisées pour le pain au chanvre, avec une proportion maximum de 15% dans la pâte à pain.

Variétés

Les variétés suivantes sont dans la liste UE des variétés de chanvre autorisées (1995), au taux de THC inférieur à 0,3% : Carmagnola, CS, Delta Llosa, Delta 405, Fedora 19, Fedrina 74, Felina 34, Ferimon, Fibranova, Fibrimon 24, Fibrimon 56, Futura, ainsi que les variétés Kompolti, Bialobreske, USO 11, USO 13, YUSO 14, YUSO. Les variétés Secueni 1, Kompolti Hybrid TC, Uniko B, et Beniko ont des taux de THC inférieur à 0.8% (selon de Meijer, 1995).

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Origines et utilisation du chanvre bio

Le Chanvre est une très ancienne culture française, antérieure au Moyen Age. Chaque ferme possédait sa chènevière, située sur les meilleures terres qui bénéficiaient d’une partie des engrais organiques, pour les besoins personnels des exploitants. Tout était utilisé dans cette plante, cultivée dans toutes les régions : la graine (chènevis)pressée donnait de l’huile pour l’éclairage, la fabrication de glu, de savon et plus tard de peinture (son utilisation alimentaire a toujours été très localisée) ; le tourteau résiduel servait à l’alimentation animale ; la tige, défibrée, produisait de la filasse permettant la fabrication de ficelles et cordages ou, après filage et tissage, la confection de toiles plus ou moins fines ; la marine à voile et les armées furent les plus importantes consommatrices du chanvre (cordes, élingues, voiles, sacs, tentes, vêtements, colmatage des coques, filets de pêche, sellerie, etc…). La chènevotte, cellulose à pouvoir calorifique, située à l’intérieur de la tige, servait à aviver le feu de l’âtre des domiciles ou des ateliers ; elle permit la fabrication d’allumettes soufrées.”
extrait de : “Le Chanvre en France” – Auteur : Henri Alain Ségalen – Editions du Rouergue

Le chanvre bio : culture écologique et durable
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Le chanvre est une culture annuelle cultivée en Europe depuis l’arrivée des Celtes. Il se sème entre mars et avril pour une récolte entre septembre et octobre. Il suffit d’un semoir à blé pour le semis, dans une terre profonde (semi 50 – 55 kg/ha). Contrairement à ce que l’on peut entendre la plante a besoin d’un minimum d’eau pour ses phases de croissance (juin) et de floraison (Août). La racine fasciculée plonge jusqu’à 2 m de profondeur pour chercher ses nutriments. Les hauteurs de plantes sont variables en fonction des variétés ; elles peuvent atteindre 3 m… Le chanvre industriel est aussi une culture très règlementée, et l’Europe ne permet la culture d’une trentaine de variétés, toutes homologuées au catalogue européen, avec un taux de THC < 0.2 %. En règle générale, l’agriculteur passe un contrat de culture avec un transformateur agréé, qui lui achètera les produits de récolte.
Avec un cycle court de 100 jours, cette culture reste très intéressante pour les agriculteurs car paille et graines (chènevis) sont valorisables.
La plus grande contrainte vient de la récolte… Le fauchage ou le moissonnage sont mécanisés, mais si les fibres très solides du chanvre se prennent dans les roulements des machines, la casse peut être sérieuse… Aujourd’hui les machines sont plus adaptées, mais surtout dans les grandes zones de productions. Une fois fauchée la paille est séchée sur champs avant d’être conditionnée en balles ou en bottes.
La plante sèche contient deux parties :
L’ÉCORCE qui contient la fibre et qui nous sert à fabriquer la laine de chanvre. Cette partie représente 30 à 35% du volume de la paille.
L’INTÉRIEUR DE LA TIGE est le bois de la plante que l’on appelle la chènevotte. Cette partie représente 65 à 70% du volume de la paille.

Les intérêts de la culture

– une culture à cycle court
– pas de traitement en cours de culture
– supprime seul les adventices
– des produits de récolte valorisables (fibres, chènevotte, graines)
– une excellente tête d’assolement
– amélioration des sols en rotation de culture
– moyenne de rendement à l’hectare de : 7 à 8T en paille – 500kg à 1.5T de graines
– une multitudes d’applications pour l’avenir

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