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Le chanvre biologique peut avoir un impact positif important dans le monde. Vu la prépondérance de méthodes de production et de produits néfastes pour l’environnement, le chanvre représente une solution de rechange écologique renouvelable et sans danger pour l’environnement.

Fibre de chanvre bio

Depuis 1937, près de la moitié des forêts de la Terre ont été coupées pour fabriquer du papier. Si le chanvre bio n’avait pas été interdit par la loi à ce moment, la plupart des plants seraient toujours en place et oxygéneraient la planète. Les plants de chanvre bio produisent quatre fois plus de fibre de papier par acre chaque année que les arbres – même les peupliers – et ils peuvent être replantés l’année suivante. Avant 1883, plus de 75 % de la production du papier était à base de chanvre, la majeure partie étant recyclée à partir des voiles et des cordages de chanvre des navires. Avec l’apparition des nouvelles technologies de traitement, cette situation pourrait se reproduire et d’une façon moins polluante que le traitement de la fibre de bois. Il a été démontré que le papier à base de chanvre est plus durable et plus souvent recyclable que la plupart des papiers à base de bois et il ne requiert pas de chlore pour le blanchiment.

Culture du chanvre bio

Traditionnellement, les agriculteurs cultivaient le chanvre bio pour sa fibre, afin de fabriquer des cordes et des tissus, car il produit les fibres naturelles les plus solides. Ils cultivaient aussi le chanvre bio pour ses graines, afin de nourrir les humains et les bêtes, et pour les broyer afin de produire des huiles comestibles, des huiles à lampe et des huiles à polir. La capacité d’adaptation économique de la ferme familiale a commencé à diminuer tout juste après l’interdiction aux agriculteurs de cultiver du chanvre bio.

Depuis 1998, la culture du chanvre bio est redevenue légale au Canada. Le chanvre bio est une culture qui convient bien au cycle de rotation des cultures. Il n’a habituellement pas besoin de pesticides, ni d’herbicides et lorsqu’on le cultive pour sa fibre, les plants sont semés les uns tout près des autres, éliminant ainsi les mauvaises herbes en les dominant, ce qui en fait une bonne culture pour la transition à la certification « biologique ». Il résiste à la sécheresse et ses longues racines pénètrent le sol et l’aèrent, ce qui prévient l’érosion.

Graines et feuille de chanvre bio

Graines et feuille de chanvre bio

Les bienfaits du chanvre pour la santé

Une Ă©tude intĂ©ressante menĂ©e dernièrement par l’UniversitĂ© de Kuopio, en Finlande, a comparĂ© la valeur nutritive et d’autres bienfaits sur la santĂ© de l’huile de chanvre bio et de l’huile de lin. Elle dĂ©montre que « l’huile de chanvre bio augmente de façon nette le niveau d’AGL (acide gamma-linolĂ©ique) sanguin » – alors que l’huile de lin diminue en fait le niveau d’AGL sanguin. (Pour de plus amples renseignements sur l’AGL, voir Nutrition et pour de plus amples renseignements sur l’étude, voir le site Web de l’Ontario Hemp Alliance.)

Les graines de chanvre bio regorgent d’acides gras essentiels (AGE). Les AGE, qui manquent dans la plupart des régimes alimentaires nord-américains, peuvent éliminer le cholestérol des artères, ralentir les symptômes de la sclérose en plaques, améliorer le système immunitaire et les fonctions hormonales, et nourrir les cellules cérébrales. Une déficience en AGE peut d’ailleurs se manifester par l’arthrite, le syndrome prémenstruel, l’ostéoporose, la dépression, etc. Les études récentes démontrent que les graines de chanvre bio peuvent aussi aider à certains types de diabète.

La culture de chanvre produit, par acre, des protéines complètes plus faciles à digérer que toute autre culture. Les fèves de soya doivent être cuites pour être comestibles, alors que les éléments nutritifs du chanvre sont accessibles crus ou légèrement cuits. On les mange d’ailleurs depuis des milliers d’années.

Les graines de chanvre bio transformées en « lait », dans le cadre d’un régime alimentaire bon pour le foie, se sont avérées efficaces contre la tuberculose. À cet effet, il a été démontré que la protéine édestine du chanvre en est l’élément actif.

À cause de sa concentration élevée d’AGE, l’huile de chanvre bio utilisée dans la composition de cosmétiques peut aider dans le traitement de plusieurs problèmes cutanés, y compris l’eczéma, le psoriasis, la névrodermite et la sécheresse de la peau. Nous avons constaté que le beurre corporel à base de chanvre bio soulage les mains après une journée de jardinage ou une corvée de vaisselle et qu’il convient parfaitement pour les massages.

Plus de 25 000 usages possibles

L’huile de chanvre bio est également utilisée dans la composition de savons et de produits de nettoyage biodégradables, soulageant l’environnement du fardeau des détergents à base de produits chimiques. Elle peut aussi servir de base pour des peintures et des vernis, à cause de la qualité de son séchage.

En 1937, la revue Popular Science a recensé plus de 25 000 utilisations possibles du plant de chanvre. La technologie moderne a même augmenté ce nombre, depuis la production d’aliments très riches en éléments nutritifs jusqu’aux produits isolants en passant par le PVC. Le défi actuel consiste à développer une technologie pour rattraper la capacité des agriculteurs de cultiver des aliments. En dormance depuis 60 ans, l’industrie du chanvre ne fait que commencer à étudier de façon créative de meilleurs moyens de récolter et de traiter cette culture. Une innovation récente a été de décortiquer la graine pour révéler la noix tendre. Plusieurs autres nouvelles utilisations culinaires de la graine et du noyau ont été commercialisées depuis que le Canada a levé l’interdiction légale de cultiver le chanvre.

Le chanvre bio, l’environnement et l’avenir

Le chanvre bio peut aider le ralentissement des changements climatiques et la réduction des pluies acides (si l’éthanol et le carburant biodiesel à base de chanvre étaient adoptés). Le chanvre bio peut jouer un rôle dans la dimunition de produits chimiques (près de 50 % de tous les pesticides et herbicides aux États-Unis sont utilisés pour la culture du coton, comparativement au tissu de fibre de chanvre plus durable, qui ne requiert habituellement rien de tout cela). Le chanvre bio sert à fabriquer du papier (il produit quatre fois plus de papier par acre par année que les arbres, sans devoir utiliser d’agent de blanchiment à base de dioxines). En plantant et en exploitant ses propres cultures, le Canada réduirait les importations de cultures. Les carburants à base de chanvre produits dans les pays consommateurs peuvent également réduire les probabilités de guerres du pétrole.

Le chanvre bio jouera un rôle important dans notre avenir. Le chanvre est en mesure de favoriser l’économie de l’agriculture, d’améliorer notre santé et l’environnement et il peut faire partie d’une solution holistique.


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Le Cannabis, le Chanvre ou le Chanvre cultivé (Cannabis sativa L.) est une espèce de plantes annuelles de la famille des Cannabaceae.

C’est l’unique reprĂ©sentant du genre Cannabis. Il est parfois appelĂ© Chènevis, comme le nom de la graine de chanvre, et Zamal Ă  La RĂ©union.
L’espèce Cannabis sativa L. a Ă©tĂ© divisĂ©e en plusieurs sous-espèces. Cette division est discutable : certains ne considèrent pas les diffĂ©rences entre les sous-espèces comme suffisamment importantes pour les rappeler. On peut nĂ©anmoins diffĂ©rencier quatre phĂ©notypes bien distincts.
Le chanvre bio fut très largement utilisĂ© par le passĂ© et il cĂ´toie l’ĂŞtre humain depuis le NĂ©olithique. Il a toutefois peu Ă  peu Ă©tĂ© interdit ou fortement rĂ©glementĂ© au cours du xxe siècle en raison de ses propriĂ©tĂ©s psychotropes. Cela est dĂ» Ă  la propagande puritaine de l’Ă©poque aux États-Unis, qui en voyant l’Ă©chec de la prohibition, s’intĂ©ressa au cannabis, aidĂ© par diffĂ©rents lobbys industriels (coton, papier, pĂ©trole, nylon) et en rĂ©glementant très durement l’usage.
Le chanvre bio connaĂ®t de multiples utilisations, telles les tissus, la construction, les cosmĂ©tiques, l’isolation phonique et thermique, la fabrication d’huiles, de cordages, de litières, l’utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, comme biocarburants, pour des usages mĂ©dicamenteux, pour un usage rĂ©crĂ©atif ou comme matĂ©riaux composites en association avec des matières plastiques. La filière chanvre bio trouve un regain d’intĂ©rĂŞt avec l’augmentation du prix du pĂ©trole et la prise de conscience environnementale. Les pays europĂ©ens et les collectivitĂ©s locales de ces pays tentent ainsi de favoriser Ă  nouveau la culture du chanvre bio.
Le cannabis est considĂ©rĂ© comme Ă©tant une drogue douce notamment du fait de l’impossibilitĂ© de faire une overdose de THC en fumant, mais cette notion est trompeuse selon certains auteurs. En effet une dĂ©pendance psychique au cannabis, mais non physique comme dans le cas des drogues dites dures, reste possible. Par ailleurs des effets mĂ©taboliques nĂ©fastes ont Ă©tĂ© observĂ©s.

Sativa

Cannabis sativa subsp. sativa, ou chanvre bio cultivé, est la sous-espèce type de Cannabis sativa L.
Elle provient des rĂ©gions Ă©quatoriales. Elle atteint en quelques mois une hauteur de plusieurs mètres (jusqu’Ă  plus de 6 mètres). Les folioles de ses feuilles sont fines. Cette sous-espèce est connue pour ses propriĂ©tĂ©s psychotropes. On peut observer chez Cannabis sativa L. subsp. sativa les concentrations en THC les plus Ă©levĂ©es. Ce type de plante donne un effet euphorisant lorsqu’elle est sĂ©chĂ©e, et prĂŞte Ă  ĂŞtre consommĂ©e. Elle motive, excite, ne donne pas un effet narcotique [rĂ©f. nĂ©cessaire] comme le Cannabis indica. Cette sous-espèce est Ă©galement rĂ©putĂ©e pour ses fibres, elle a largement Ă©tĂ© utilisĂ©e dans le passĂ© et l’est encore Ă  l’Ă©poque actuelle pour les multiples applications qu’elle permet (tissus, construction, cosmĂ©tique, isolation phonique et isolation thermique, huiles, cordages, litières, combustibles, papeterie, alimentation humaine, alimentation animale, agrocarburants, usage mĂ©dicamenteux, usage rĂ©crĂ©atif, matĂ©riaux composites en association avec des matières plastiques…). Les semenciers de l’Union europĂ©enne travaillent Ă  la crĂ©ation de cultivars sĂ©lectionnĂ©s gĂ©nĂ©tiquement et qui constituent le chanvre bio cultivĂ© lĂ©galement en France. Le but est de rĂ©habiliter la filière chanvre bioafin de rĂ©pondre aux nouveaux dĂ©fis Ă©nergĂ©tiques et environnementaux. Ces cultivars font l’objet d’un programme de sĂ©lection gĂ©nĂ©tique intensif afin de minimiser leur teneur en THC. Son cycle de vie est plus long que celui des autres sous-espèces, sans doute Ă  cause de la photopĂ©riode des rĂ©gions Ă©quatoriales. Sa tige est souple et creuse.

Indica

La sous-espèce Cannabis sativa subsp. indica, ou chanvre indien, est synonyme de Cannabis indica Lam. Elle est originaire des rĂ©gions himalayennes du nord de l’Inde.
Le chanvre indien est rĂ©putĂ© essentiellement pour ses propriĂ©tĂ©s psychotropes mais Ă©galement dans une moindre mesure pour sa fibre. Une rumeur populaire prĂ©tend Ă  tort que c’est la seule sous-espèce qui se fume. Certains prĂ©tendent que, comme psychotrope, elle procure davantage un effet « stoned » comparĂ© au Cannabis sativa .
Sa concentration en principes actifs dĂ©pend du climat et de l’environnement dans lesquels la plante a Ă©voluĂ©.
Elle se caractérise physiquement par des pales larges, une stature moyenne (ne dépasse jamais les 3 mètres) et sa floraison est plus précoce que Cannabis sativa L. subsp. sativa (raison pour laquelle elle est davantage appréciée en culture récréative).
Sa tige est souple et presque solide.

Spontanea

Le Cannabis sativa subsp. spontanea, ou chanvre sauvage bio, est synonyme de Cannabis ruderalis Janisch.
Cette sous-espèce pousse Ă  l’Ă©tat sauvage dans des rĂ©gions de l’Europe de l’Est et de la Russie. Elle est caractĂ©risĂ©e par sa floraison prĂ©coce, certains de ses reprĂ©sentants fleurissent mĂŞme indĂ©pendamment de la photopĂ©riode. Elle supporte des climats plus froid et des conditions environnementales difficiles. Comme Cannabis sativa L. subsp. afghanica, sa stature est petite.
Entre dans la crĂ©ation d’hybrides pour le chanvre bio rĂ©crĂ©atif. Il ne possède en lui-mĂŞme que de très faibles effets psychotropes. La teneur en THC n’excède pas les 0,5 %.
Le chanvre sauvage bio pousse Ă  l’Ă©tat sauvage en Europe centrale et en Europe de l’Est oĂą il est considĂ©rĂ© comme une « mauvaise herbe ». On le rencontre frĂ©quemment en bordure des routes, des champs et des rivières.
Le chanvre sauvage bio poussait Ă  l’origine dans le Sud-Est de l’ancienne Russie. On pense que ce sont les Scythes qui l’ont diffusĂ© en Asie notamment en Mongolie. Actuellement, il pousse naturellement depuis l’Europe centrale jusqu’en Chine.

Kafiristanica

Le Cannabis sativa subsp. kafiristanica, ou chanvre afghan est synonyme de Cannabis afghanica
Le Kafiristan, nom d’une province afghane, signifie littĂ©ralement « pays des infidèles ». Le Kafiristan est une province isolĂ©e dans les montagnes de l’Hindu Kush qui a rĂ©cemment Ă©tĂ© renommĂ©e Nurestân. Elle est appelĂ©e ainsi car d’autres sous-espèces poussent en Afghanistan, souvent dĂ©rivĂ©es du chanvre indien, et sont souvent appelĂ©es abusivement chanvre afghan. R.C. Clarke, J.M. McPartland et D.P. Watson mettent d’ailleurs en garde, dans leur Hemp Diseases and Pests, contre cette confusion.
Le chanvre afghan est cultivĂ© essentiellement dans les montagnes du Pakistan et de l’Afghanistan.
Elle ne dépasse jamais les 1,50 m de hauteur alors que la C. S. sativa peut atteindre 6 mètres et le C. s. indica 3 mètres. Le C. s. afghanica est donc nettement plus petite et est adaptée aux milieux montagneux. Elle est à peine plus grande que le Cannabis ruderalis mais contrairement à cette dernière, elle possède un important taux de THC. Elle est cultivée exclusivement pour la production de haschich, sa très petite taille rendant impossible une utilisation pour les fibres.
Cette sous-espèce possède de nombreuses branches comme le chanvre indien mais la distance entre les nœuds est beaucoup plus faible.
À maturité ses feuilles sont beaucoup plus longues que le C. s. indica, elles sont de la taille de celles de la C. s. sativa mais plus large, avec le même ratio longueur/largeur que le C. ruderalis.
C’est la seule sous-espèce de cannabis Ă  avoir un tronc nervurĂ© et solide.

Lexique du chanvre

Le chanvrier ou la chanvrière est la personne qui travaille le chanvre, chanvrière peut aussi désigner une coopérative de producteurs de chanvre.
La chènevière, ou « canebière » dans le sud de la France, désigne un champ de chanvre,
Le chènevis désigne la graine de chanvre
La chènevotte désigne la tige centrale de chanvre dépourvue de son écorce
Un ferrandier est un peigneur de chanvre
Un four à chanvre est un four utilisé jadis afin de le sécher
Le haschich dĂ©signe la rĂ©sine issue du chanvre femelle prĂ©parĂ©e sous forme de savonnettes et destinĂ©e Ă  ĂŞtre fumĂ©e. AppelĂ©e aussi shit en langage familier lorsqu’il est coupĂ© avec d’autres substances alors que le haschich est « pur ».
La « culture guĂ©rilla », traduction littĂ©rale de l’expression anglaise guerilla grow dĂ©signe le fait de cultiver clandestinement du chanvre en pleine nature Ă  l’abri des regards. Les auteurs d’une culture guĂ©rilla sont appelĂ©s « guerilleros » et le lieu de la guerilla est appelĂ© le « spot guerilla ».
Remarque : pour dĂ©signer couramment le chanvre et ses sous-espèces, les diffĂ©rents acteurs de la filière chanvre Ă  usage industriel non rĂ©crĂ©atif prĂ©fèrent employer les appellations en français (ou autre langue locale): chanvre, chanvre cultivĂ©, chanvre agricole, chanvre d’Ĺ“uvre – ou d’ouvrage, chanvre indien, chanvre afghan ou chanvre sauvage par contre, les cultivateurs Ă  usage rĂ©crĂ©atif emploient plutĂ´t la terminologie latine de la nomenclature botanique : Cannabis, sativa, indica, afghanica ou ruderalis.

Histoire du chanvre

Le chanvre bio est une des premières plantes domestiquĂ©es par l’homme, au NĂ©olithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagnĂ© migrations et conquĂŞtes pour se rĂ©pandre sur tous les continents.
Jadis, le Canabis sativa, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.
Si le chanvre permet la confection de toiles solides, il est Ă©galement utilisĂ© dans les rituels funĂ©raires. La fumĂ©e de l’herbe sĂ©chĂ©e et brĂ»lĂ©e sur des pierres ardentes en prĂ©sence du dĂ©funt, dĂ©connecte du rĂ©el et permettrait de parler aux esprits…

Ses fibres servaient Ă  confectionner des vĂŞtements en Chine 600 ans avant J.-C., en Europe au Moyen Ă‚ge. Les vĂŞtements royaux occidentaux Ă©taient souvent constituĂ©s de mĂ©langes de chanvre et de lin. La première Bible imprimĂ©e par Gutenberg l’aurait Ă©tĂ© sur papier de chanvre. Le papier de chanvre est utilisĂ© jusqu’au xixe siècle. Au dĂ©but du xxe siècle, en Europe, les fibres de chanvre furent remplacĂ©es par le coton, originaire des États-Unis. Plus rĂ©cemment, ces fibres rĂ©sistantes et Ă  portĂ©e de main, ont servi Ă  fabriquer des vĂŞtements militaires lors des deux guerres mondiales. Ă€ la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles furent remplacĂ©es par des fibres synthĂ©tiques, au tissage plus rĂ©gulier. Les fibres ont longtemps Ă©tĂ© utilisĂ©es pour fabriquer les billets de banque avant d’ĂŞtre remplacĂ©es par de l’ortie. Elles sont Ă©galement utilisĂ©es pour les cordes et cordages, et ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pendant longtemps pour les voilures des bateaux.

SĂ©chage de fibres de chanvre bio

SĂ©chage de fibres de chanvre bio

Travail du chanvre bio

Utilisation des fibres

Les fibres les plus travaillĂ©es sont issues de la partie pĂ©riphĂ©rique de la tige. Les fibres de la chènevotte, tige centrale dĂ©pourvue de son Ă©corce, ont une grande capacitĂ© d’absorption.

Cordage

Les fibres de chanvre bio servent Ă  faire des cordes naturelles.
En 1661 Colbert fait construire la Corderie royale de Rochefort pour pouvoir fabriquer en France les lourds cordages des navires. La partie centrale du bâtiment permettait de confectionner des cordages de chanvre d’une encablure de long, soit près de 200 m. Leur diamètre pouvait dĂ©passer 20 cm.
Une corde de chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture d’environ 1 100 kg.
Cette fibre permet aussi de confectionner tout simplement de la ficelle.

Tissage

Avant de pouvoir être tissé, le chanvre devait subir toute une préparation : le rouissage, le broyage, le teillage et le peignage.
Une fois rĂ©coltĂ©, il Ă©tait roui, sĂ©journant dans l’eau une dizaine de jours pour que les fibres se dĂ©tachent. Ensuite, on le broyait sous la « broie » et on le passait au seran qui sĂ©parait ce qui pourra ĂŞtre filĂ© au rouet et l’Ă©toupe qui ne pourra pas l’être. Au xviiie siècle, ce travail prĂ©liminaire du chanvre bio Ă©tait effectuĂ© par les agriculteurs qui trouvaient lĂ  une source de revenu supplĂ©mentaire. C’Ă©taient avant tout les femmes qui filaient. Il faut diffĂ©rencier cette production familiale de l’activitĂ© des tisserands. Bon nombre d’entre eux recevaient le fil d’un marchand-lissier qui rĂ©cupĂ©rait ensuite la toile de chanvre pour la vendre en France et Ă  l’Ă©tranger, ramenant en Ă©change Ă©pices ou produits divers.
Aujourd’hui, le dĂ©fibrage du chanvre est mĂ©canisĂ©.

Papier

Le chanvre bio est ou a été utilisé dans la fabrication de divers papiers. Le chanvre bio est utilisé notamment dans les billets de banque, le papier bible et le papier à cigarette.

Agriculture

La chènevotte sert Ă  la fabrication de litières absorbantes pour animaux. Au potager, sĂ©chĂ©e et concassĂ©e, elle constitue un mulch qui a la rĂ©putation de prĂ©senter l’avantage de bloquer efficacement les limaces.

Construction

On peut fabriquer les murs ou les dalles en bĂ©ton de chanvre bio (mĂ©lange de chaux et de chenevotte). La laine de chanvre bio est aussi un très bon isolant thermique, concurrentiel des laines minĂ©rales (laine de verre) parce qu’elle ne pose pas de problème sanitaire (amiante et laine de verre sont cancĂ©rigènes parce que constituĂ©es de fibres extrĂŞmement petites, capables de pĂ©nĂ©trer très loin dans les bronches). Des productions de blocs de chanvre se dĂ©veloppent en Isère et en Champagne-Ardenne (première rĂ©gion productrice europĂ©enne), notamment.

Transport

Vers 1940, Ford expĂ©rimente une voiture avec une carrosserie en chanvre. L’idĂ©e est reprise dans les annĂ©es 2010 par un constructeur canadien de vĂ©hicules Ă©lectriques.
Diesel utilisait l’huile de chanvre bio (ainsi que d’autres huiles vĂ©gĂ©tales) comme carburant pour son moteur.
Pare-chocs de la Mercedes Classe A.

Utilisation des graines

La graine de chanvre bio est appelée chenevis. On tire des chènevis de nombreux produits alimentaires.
On l’utilise pour ses propriĂ©tĂ©s nutritives, sous forme d’huile ou de graines. Ces deux Ă©lĂ©ments du chanvre ont Ă©tĂ© consommĂ©s couramment jusqu’au xixe siècle en France. Ils commencent depuis peu Ă  y ĂŞtre redistribuĂ©s.
Le chènevis contient entre autres :
32 % de glucides, dont 83 % de fibres
32 % de lipides
23 % de protéines, sources des 8 acides aminés essentiels
De plus, ces proportions sont idĂ©ales pour l’alimentation humaine et animale.

Huile

Alimentation : l’huile obtenue par pressage des chènevis jouit d’une excellente rĂ©putation diĂ©tĂ©tique, en raison de sa teneur en acides gras de type omĂ©ga 3 (dont des omĂ©ga 3 SDA) et omĂ©ga 6 GLA (Acides Gamma LinolĂ©ique) ainsi qu’une faible teneur en Acides Gras SaturĂ©s. Non-filtrĂ©e, elle a une couleur verte plus ou moins foncĂ©e selon les variĂ©tĂ©s. Elle a un goĂ»t de noisette pour certains. On la trouve en vente dans les boutiques bio ou naturelles et des boutiques spĂ©cialisĂ©es de vente d’huile, producteurs et revendeurs et depuis peu certains supermarchĂ©s. En 2010, son prix de vente moyen est proche de vingt-cinq Ă  quarante euros, rapportĂ©e au litre. Les contenants trouvĂ©s sont de vingt-cinq centilitres.
Combustible pour moteur (utilisĂ© notamment par Rudolf Diesel, lors de la crĂ©ation de son moteur diesel, le gazole arrivera bien plus tard). En 1937, Henry Ford a crĂ©Ă© la Hemp Body Car (en), une voiture en grande partie faite de chanvre bio et alimentĂ© par l’Ă©thanol de chanvre bio.
Peintures, vernis, encres et autres produits techniques : l’huile tirĂ©e de la graine du chanvre est siccative, Ă  l’instar de l’huile de lin.
CosmĂ©tiques : en raison de son Ă©quilibre en acides gras poly-insaturĂ©s, l’huile de chanvre est très nourrissante pour la peau. La prĂ©sence d’omĂ©ga 3 lui confère des propriĂ©tĂ©s anti-inflammatoires, anti-desquamantes (peaux très sèches). Non commĂ©dogène, elle renforce le film hydro-lipidique de l’Ă©piderme et contribue Ă  diminuer les pertes d’eau transcutanĂ©es. Elle renforce la cohĂ©sion entre les diffĂ©rentes couches de kĂ©ratinocytes. L’utilisation d’une huile raffinĂ©e permet d’obtenir des Ă©mulsions sans odeur dĂ©sagrĂ©able et stables dans le temps.
L’huile de chanvre bio contient :
10 % d’acides gras saturĂ©s
13 % d’acides gras mono-insaturĂ©s (AGMI)
77 % d’acides gras poly-insaturĂ©s (AGPI) dont 59.5 % d’omĂ©ga 6 (acide linolĂ©ique) et 17.5 % d’omĂ©ga 3 (acide gamma linolĂ©nique en majoritĂ©, acide stĂ©aridonique)
L’huile issue de chènevis contient en outre 8 % de graisses saturĂ©es, 55 % d’acide linolĂ©ique et 25 % d’acide α-linolĂ©nique. On y trouve des vitamines du groupe B (hydrophiles) et de la vitamine E (lipophile). Seule l’huile de lin contient une plus grosse proportion d’acide α-linolĂ©nique, mais l’huile de chènevis contient plus d’acide gras essentiels (80 % du volume total de l’huile)

Farine

Les chènevis peuvent être broyés pour obtenir la farine de chanvre, qui ne contient pas de gluten auquel de nombreuses personnes sont allergiques.

Boissons

Il existe, d’autre part, diffĂ©rentes boissons utilisant du chanvre bio :
limonade de chanvre bio
bière chanvrée bio
sirop de chanvre bio
thé de chanvre bio
absinthe au cannabis
Ă€ la fin des annĂ©es 1990, au confluent du renouveau du chanvre et de l’essor des microbrasseries sont apparues les bières de chanvre bio. Les inflorescences femelles de chanvres Ă  faible teneur en THC y remplacent le houblon. Elle apportent amertume et parfums (notes citronnĂ©es, poivrĂ©es).

Alimentation animale

Des chènevis sont incorporĂ©s aux mĂ©langes pour oiseaux domestiques (canaris, perruches), aux cĂ´tĂ©s de graines d’alpiste et de millet. Le chènevis est Ă©galement utilisĂ© comme amorce pour la pĂŞche au gardon et Ă  la brĂŞme. Une fois trempĂ©es et cuites, les graines sont enfilĂ©es sur l’hameçon oĂą elles servent d’appât. Enfin, les tourteaux (rĂ©sidus de l’extraction de l’huile), riches en protĂ©ine, peuvent ĂŞtre avantageusement valorisĂ© en alimentation du bĂ©tail, en particulier des vaches laitières.

Potentiel industriel

RĂ©colte de chanvre bio en Haute-SaĂ´ne
On tire donc du chanvre un nombre important et toujours croissant de produits : fil, ficelle, tissu, papier (plus de 70 % de la production avant 1883), mais aussi matĂ©riaux de construction et d’isolation, carburant, plastiques, produits alimentaires, mĂ©dicaments.
Après avoir connu son apogĂ©e au milieu du XIXe siècle (176 000 ha cultivĂ©s en France) avec pour dĂ©bouchĂ©s la papeterie et la marine Ă  voile, les surfaces en chanvre ont Ă©tĂ© rĂ©duites Ă  quelques centaines d’hectares en 1960 (700 ha) du fait de l’Ă©mergence de l’utilisation du coton, des fibres synthĂ©tiques et de l’arrivĂ©e de la marine Ă  moteur. La culture connaĂ®t un regain d’intĂ©rĂŞt depuis les annĂ©es 1970 pour les marchĂ©s papetiers. Depuis les annĂ©es 2000, les surfaces en chanvre se sont stabilisĂ©es rĂ©gulièrement avec l’Ă©mergence de nouveaux dĂ©bouchĂ©s. En 2006, les surfaces en chanvre atteignaient 8 083 ha pour 1 056 producteurs (cultures industrielles et semences comprises).
Le magazine amĂ©ricain Popular Mechanics de fĂ©vrier 1938, titre un article au sujet de l’exploitation du chanvre : « New billion dollar crop ». L’extraction des fibres de la tige du chanvre, opĂ©ration fastidieuse, venait de bĂ©nĂ©ficier d’un nouveau procĂ©dĂ© d’automatisation, qui promettait une rentabilitĂ© Ă©norme. Cependant, la culture du chanvre fut progressivement interdite aux États-Unis, par une succession de mesures, notamment la Marihuana Tax Act de 1937. Les fibres synthĂ©tiques, comme le nylon, commercialisĂ© en 1938, commencèrent Ă  s’imposer sur le marchĂ© mondial. Les plants poussant Ă  l’Ă©tat sauvage furent traquĂ©s et dĂ©truits. Pendant la seconde guerre mondiale, les États-Unis incitèrent leurs fermiers Ă  produire massivement du chanvre. Le film Hemp For Victory (en), rĂ©alisĂ© par le gouvernement amĂ©ricain, explique aux fermiers la nĂ©cessitĂ© de produire du chanvre pour soutenir l’effort de guerre. Avant 1989, l’existence de ce film Ă©tait mĂ©connue, et le dĂ©partement de l’agriculture des États-Unis, ainsi que la Libraire du Congrès nièrent son existence, jusqu’Ă  ce que deux copies VHS ressurgissent, des mains de Maria Farrow, Carl Packard, et Jack Herer.

La culture industrielle

Le chanvre industriel, principalement du chanvre cultivé (en Europe) et du chanvre indien, est une plante à racine pivotante pouvant dépasser quatre mètres de haut, autrefois cultivée pour les fibres contenues dans sa tige produisant la filasse ou pour ses graines (appelées chènevis) fournissant une huile siccative.
Plante rudĂ©rale et robuste, sa culture en Europe ne nĂ©cessite l’emploi d’aucun pesticide. C’est en revanche une culture qui nĂ©cessite des apports de potassium et d’azote : dans la littĂ©rature technique on trouve des prĂ©conisations de 80 Ă  150 kg d’azote par hectare. Ă€ titre de comparaison, une culture de maĂŻs destinĂ© Ă  l’ensilage, dont le cycle de vĂ©gĂ©tation recouvre sensiblement la mĂŞme pĂ©riode que le chanvre, nĂ©cessite environ 200 kg d’azote/ha.
Le chanvre industriel cultivĂ© lĂ©galement en Europe l’est gĂ©nĂ©ralement dans des exploitations agricoles de grande taille.

En France, la culture du chanvre, les outils et les mĂ©tiers associĂ©s ont laissĂ© de nombreuses traces dans la toponymie et l’anthroponymie (noms de lieux et de personnes). Par exemple la cĂ©lèbre avenue de la Canebière Ă  Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n), en langue d’oc, dĂ©signe une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre Ă  cet endroit ; selon d’autres, il ne s’agissait que de fabriques de cordes et de voiles liĂ©es aux activitĂ©s du port. Du cĂ´tĂ© de Nice on trouve li Chanabieros francisĂ© en les « chanebières ». Au nord de la Loire, la plantation de chanvre Ă©tait appelĂ©e chennevière, un terme que l’on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes, parfois dĂ©formĂ© en « chĂŞne vert ». Le terme employĂ© aujourd’hui est chènevière.

Production

Le renouveau du chanvre industriel en France et en Europe rĂ©sulte de l’augmentation des prix du pĂ©trole, des obligations de recyclage des matières et des perspectives environnementales. La France est aujourd’hui leader europĂ©en avec une production annuelle de 50 000 tonnes (100 000 tonnes dans l’Union europĂ©enne), et la plus large variĂ©tĂ© mondiale de semences industrielles certifiĂ©es.
Au plan industriel, le chanvre prĂ©sente l’avantage de produire deux matĂ©riaux distincts et complĂ©mentaires :
la chènevotte (ou bois de chanvre) très légère (densité 0,12)
et la fibre avec un haut module de résistance à la traction
Sont visĂ©s les marchĂ©s du bâtiment et de la plasturgie automobile oĂą les fibres de chanvre permettent la rĂ©duction du poids des pièces, ainsi que l’amĂ©lioration des perspectives de recyclage et de protection de l’environnement.
La FNPC (FĂ©dĂ©ration Nationale des Producteurs de Chanvre) est en mĂŞme temps un syndicat de producteurs et un producteur de semences de chanvre industriel. Depuis peu, la recherche sur le chanvre industriel en France est fĂ©dĂ©rĂ©e par l’Institut Technique du Chanvre (ITC).

La culture industrielle en France

Après avoir culminĂ© Ă  près de 170 000 ha au xixe siècle, le chanvre est redescendu en 1904 autour de 21 000 ha de chanvre en France pour atteindre un point bas de 600 ha ; cette culture avait presque disparu jusqu’Ă  une reprise rĂ©cente dans certains dĂ©partements de l’est de la France par la Chanvrière de l’Aube et Interval-Eurochanvre dans la Haute-SaĂ´ne, PDM Industries dans la Sarthe, Terrachanvre, LChanvre dans les CĂ´tes-d’Armor, CoopĂ©val-Agrofibre en Haute-Garonne et les Chanvriers de l’Est en Lorraine. Environ 8 000 ha lui sont maintenant consacrĂ©s en France, dont 5 000 ha autour de son bassin de production principal en Champagne-Ardenne. Ă€ Bar-sur-Aube, dans le dĂ©partement champenois de l’Aube, 125 tonnes de paille de chanvre sont produites par jour. Les cultivars cultivĂ©s aujourd’hui en France ont des teneurs en THC extrĂŞmement faibles, le règlement n° 1164/89 de la CommunautĂ© europĂ©enne imposant un taux infĂ©rieur Ă  0,3 %.
En 2008, en France, le taux de THC devrait être inférieur à 0,2 % conformément à la règlementation européenne (règlement CE n°1782/2003 du Conseil du 29/09/2003 modifié, règlement CE n°796/2004 de la Commission du 21/04/2004 modifié). Les cultivars éligibles sont inscrits en annexe 2 du règlement 796/2004 modifié.
Pour exemple, les principaux cultivars utilisés en 2007 en région Poitou-Charentes sont Felina 32 et Fedora 17.

La culture industrielle au Canada et aux États-Unis

Au Canada, la culture du chanvre est autorisĂ©e depuis 1998. La teneur en THC est strictement rĂ©glementĂ©e et vĂ©rifiĂ©e par SantĂ© Canada qui contrĂ´le aussi la production, la distribution, la transformation, l’exportation et l’importation du chènevis. Une licence annuelle et le respect de plusieurs règlements sont requis. La teneur en THC est limitĂ©e Ă  0,3 % du poids des feuilles et Ă  10 parties par million (ppm) dans le cas de l’huile et de la farine de chènevis. Le chanvre est notamment cultivĂ© au Manitoba, dans la Saskatchewan et l’Alberta.
La culture du chanvre est interdite aux États-Unis, y compris le chanvre industriel.

Les cannabinoĂŻdes dans la plante

On recense plus de soixante cannabinoĂŻdes dans les diffĂ©rents cultivars de chanvre. Le tĂ©trahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN) sont les plus rĂ©pandues. Leur biosynthèse se fait dans des glandes spĂ©cialisĂ©es prĂ©sentes sur toutes les parties aĂ©riennes de la plante. Le dĂ©veloppement de ces glandes dĂ©bute avec la formation des bractĂ©es. Les facteurs rĂ©gulant la production de cannabinoĂŻdes ne sont que partiellement connus. Bien qu’il soit prouvĂ© que le stress environnemental augmente de manière importante la quantitĂ© de Δ 9-tetrahydrocannabinol (Haney and Kutscheid, 1973; Coffman and Gentner, 1975), une thĂ©orie plus gĂ©nĂ©rale est que les aspects qualitatifs dĂ©pendent de la gĂ©nĂ©tique de la plante et que les aspects quantitatifs sont influencĂ©s par des facteurs environnementaux (Fairbairn and Liebmann, 1974 ; Latta and Eaton, 1975). Les cannabinoĂŻdes jouent le rĂ´le d’agents dĂ©fensifs, contre la dessiccation, les parasites, les UV-B et les microbes.

Usage médical

Article détaillé : Cannabis médical.
De nos jours, dans les pays où il est autorisé, le cannabis médical est employé dans une très grande variété de maladies et de pathologies, comme:
-Nausées et vomissements
-Anorexie et cachexie
-Spasmes
-Troubles du mouvement
-Douleurs
-Glaucome
-Épilepsie
-Asthme
-DĂ©pendance et Ă©tat de manque
-SymptĂ´mes psychiatriques
-Maladies auto-immunes et inflammations
-Insomnies

Formes pharmaceutiques

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :
Bedrocan Bediol Bedrobinol : formes naturelles prescrites pour les traitements des nausĂ©es et des vomissements liĂ©s Ă  la chimiothĂ©rapie, ainsi que pour stimuler l’appĂ©tit chez les malades du sida. Ces mĂ©dicaments prĂ©sentent des niveaux de tĂ©trahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD) en quantitĂ©s diffĂ©rentes ;
Marinol (tĂ©trahydrocannabinol) : prescrit pour les traitements des nausĂ©es et des vomissements liĂ©s Ă  la chimiothĂ©rapie, ainsi que pour stimuler l’appĂ©tit chez les malades du sida ;
Cesamet (nabilone) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie ;
Sativex : prescrit comme anti-douleur pour la sclérose en plaques.
Il peut aussi ĂŞtre prescrit Ă  l’Ă©tat naturel afin d’ĂŞtre consommĂ© fumĂ©, ou par inhalation de vapeur de THC (tĂ©trahydrocannabinol) sublimĂ©, et lĂ  encore sa prescription la plus courante reste relative aux malades en phase terminale.

Propriétés thérapeutiques

Article détaillé : Effets du cannabis sur la santé.
De nombreuses Ă©tudes[rĂ©f. nĂ©cessaire] – plus ou moins significatives – existent ou sont en cours sur ses qualitĂ©s thĂ©rapeutiques.
Il est question de propriétés :
analgĂ©siques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques sur lesquelles les traitements traditionnels sont trop forts : en termes d’effets ou d’effets secondaires ;
relaxantes et somnifères : malades en phase terminale ;
anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothĂ©rapie ou d’autres traitements lourds ;
stimulant l’appĂ©tit et redonnant du plaisir Ă  manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrĂŞme) et favorise la prise de poids ;
broncho-dilatatrices : asthme ;
vaso-dilatatrices : glaucome.
D’autres Ă©tudes suggèrent que le cannabis pourrait ĂŞtre :
une alternative efficace pour traitement de l’HyperactivitĂ© et des Troubles DĂ©ficitaires de l’Attention (TDAH) : ces dernières annĂ©es, les chercheurs ont dĂ©couvert que le système endocannabinoique humain est impliquĂ© dans la modulation du système dopaminergique (voir dopamine). De ce fait, les cannabinoides deviennent une alternative pharmacologique possible aux psychostimulants (Ritaline, Concerta) gĂ©nĂ©ralement prescrits pour le traitement des symptĂ´mes chroniques de cette pathologie.
une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire) tels que la maladie de Parkinson ou le syndrome de Tourette ;
un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
un agent inhibant les sĂ©crĂ©tions d’acide gastrique et pouvant jouer un rĂ´le favorable sur la prĂ©vention des ulcères ;
un agent amĂ©liorant les troubles comportementaux des patients atteint de la maladie d’Alzheimer.
un agent protecteur du système de compression mĂ©morielle et de l’ accès Ă  la mĂ©moire gĂ©nĂ©rale.

Usage psychotropique

Le chanvre bio est largement utilisĂ© pour les propriĂ©tĂ©s psychotropes induites notamment par la prĂ©sence de tĂ©trahydrocannabinol (THC). C’est le cas essentiellement de trois des quatre sous-espèces qui peuvent ĂŞtre consommĂ©es directement après la rĂ©colte :
cannabis sativa ;
cannabis indica ;
cannabis afghanica.
La sous-espèce Cannabis ruderalis, essentiellement cultivĂ©e pour la production de chanvre textile, ne contient pas suffisamment de THC pour provoquer des effets psychotropes. Elle n’est utilisĂ©e par les cultivateurs de cannabis que pour effectuer des croisements en vue d’obtenir une meilleure rĂ©sistance et une floraison plus prĂ©coce.
Actuellement, presque tous les cultivars utilisĂ©s pour l’auto-consommation sont des hybrides de ces quatre espèces. Pour la production d’hybrides, les sous-espèces cannabis indica et cannabis sativa sont essentiellement utilisĂ©es.

Modes de consommation

Le cannabis peut se présenter sous différentes formes :
fleurs séchées femelles (5-15 % THC) (qui forment les « têtes » ou « cocottes »), appelées « marijuana », ou des feuilles séchées (habituellement, les feuilles de la couronne fleurie des plantes femelles, appelées « feuilles de manucure ») ;
huile de cannabis (60-80 % THC), concentrĂ© issu d’une extraction Ă  l’aide de solvants (gĂ©nĂ©ralement solvant apolaire car le THC est soluble dans ceux-ci). Les feuilles sont mĂ©langĂ©es au solvant pendant quelques minutes puis retirĂ©es par filtration. Le solvant est ensuite Ă©vaporĂ© pour laisser apparaĂ®tre l’huile ;
pollen (~30 % THC), aussi appelĂ© skuff, appelĂ© ainsi par analogie avec le pollen des botanistes mais qui n’a en rĂ©alitĂ© rien Ă  voir : le vrai pollen de la plante, poussière jaune produite par les pieds mâles au moment de leur reproduction, ne contient pas de substance active. Il s’agit ici de la poudre rĂ©sineuse obtenue en battant des ballots de tissus remplis de fleurs de cannabis (tĂŞtes). La poudre ainsi rĂ©cupĂ©rĂ©e, est ensuite compactĂ©e en bloc, ce qui donne le haschich, souvent « coupĂ© » avec diffĂ©rents produits (paraffine, etc.) afin d’en augmenter le volume et le poids, avec pour effet une diminution de la concentration en THC.

Le cannabis est gĂ©nĂ©ralement consommĂ© avec du tabac dans des cigarettes artisanales appelĂ©es « joints » ou « pĂ©tards ». D’autres modes de consommation existent : – pipe, chillum, etc., avec ou sans tabac ; – « bang » (ou « bong »), une pipe Ă  eau Ă  travers laquelle la fumĂ©e est refroidie et filtrĂ©e avant d’arriver aux poumons : la quantitĂ© aspirĂ©e est plus importante et les effets plus rapide et plus intenses qu’avec un joint ; – gâteaux (« space cakes ») : les effets mettent plus longtemps Ă  venir et ce mode de consommation demande des quantitĂ©s plus importantes car une partie du THC est dĂ©truite par les enzymes de l’estomac[rĂ©f. souhaitĂ©e] ; – vaporisation : ce mode de consommation, comme les gâteaux, ne prĂ©sente pas les dangers liĂ©s aux produits de combustion cancĂ©rigènes : goudrons, oxyde de carbone, etc. Par ailleurs la quantitĂ© de cannabis nĂ©cessaire est moins importante car le THC n’est pas dĂ©truit par la chaleur de la combustion. C’est le mode de consommation privilĂ©giĂ© par les utilisateurs de cannabis Ă  des fins thĂ©rapeutiques.

Origine du cannabis

Le cannabis consommĂ© en Europe provient principalement de la rĂ©gion du Rif, une rĂ©gion montagneuse situĂ©e dans le nord du Maroc, au nord de l’Afrique.
Le chanvre serait cultivĂ© dans le Rif depuis le VIIe siècle, soit depuis plus d’un millĂ©naire.
Le cannabis marocain est appelĂ© le kif venant du mot katf, garrot, qui sert Ă  lier, peut ĂŞtre issu des rameaux d’herbes liĂ©s et conditionnĂ©s pour le sĂ©chage. En arabe ou dialecte Marocain (darija) il peut ĂŞtre aussi appelĂ© zatla, hashish, al hasha, al hanchla, flitoxa, ghalghoula, aachour, tibisla etc. après transformation en drogue.

Habitudes de consommation

Généralement, le cannabis est fumé. Il peut se présenter sous les formes suivantes:
La marijuana : on l’appelle aussi pot, beuh ou herbe. RoulĂ©e en joint, on l’appelle joint, pĂ©tard, ou d’autres surnoms. Elle est composĂ©e Ă  partir des fleurs sĂ©chĂ©es du cannabis ou des feuilles mais les feuilles ne sont pas de bonne qualitĂ©, elles sont appelĂ©es feuillasse ou paille. Celles-ci sont sĂ©chĂ©es, finement hachĂ©es, puis fumĂ©es telles quelles ou mĂ©langĂ©es Ă  du tabac. Elle est aussi, parfois, mĂŞlĂ©e Ă  des pâtisseries ou Ă  des boissons. La teneur en THC varie de 0,1 Ă  25 % selon la provenance et son mode de prĂ©paration.
Le haschisch ou hasch : il est fabriqué avec la résine du chanvre qui couvre les fleurs et les feuilles du sommet de la plante. La résine est raclée, pressée en blocs et généralement fumée. Le haschisch est mélangé à du tabac sous forme de cigarette ou dans une pipe. Parfois encore, certains adeptes le mélangent à des aliments ou boissons. Les effets du haschisch sont beaucoup plus puissants que ceux de la marijuana : sa teneur en THC varie entre 10 et 30 %.
L‘huile de Cannabis : Pour extraire l’huile, le cannabis est trempĂ© dans un solvant, ensuite Ă©vaporĂ© pour obtenir un concentrĂ© de THC (entre 60 et 80 %) ainsi que d’autres canabinoĂŻdes. Cette huile, qui se fume mĂ©langĂ©e Ă  du tabac, est dangereuse en raison de son très fort taux de concentration. Elle est peu rĂ©pandue.
l’huile essentielle de cannabis : Est extraite de la plante par distilation, elle contient un très fort taux de canabinoĂŻde ainsi que d’arĂ´me, elle est très peu rĂ©pandue.
Lorsqu’il est fumĂ©, entre 15 et 50 % du THC passe dans le sang et l’effet dure entre 45 minutes et 2 h 30.
Une des techniques pour avoir un maximum d’effet est d’aspirer la fumĂ©e par plusieurs inhalations courtes, de l’envoyer dans les poumons et de l’y laisser un certain temps. On dit qu’on cogne ou compresse (ou konye en crĂ©ole) lorsqu’on utilise cette technique.
D’autres techniques incluent l’utilisation de narguilĂ© ou pipe Ă  eau pour fumer le cannabis tout en refroidissant la fumĂ©e. Il s’agit de techniques censĂ©es filtrer la fumĂ©e, qui multiplient en rĂ©alitĂ© les quantitĂ©s d’air et de toxiques inhalĂ©s, du fait qu’il faut aspirer plus profondĂ©ment. Ce mode de consommation fait pĂ©nĂ©trer les fumĂ©es plus profondĂ©ment dans les poumons, avec les risques qui en sont la consĂ©quence .
Le cannabis peut aussi ĂŞtre ingĂ©rĂ© car le THC est soluble dans les graisses et l’alcool. NĂ©anmoins, lorsqu’il est ingĂ©rĂ©, les effets du cannabis se dĂ©clarent au bout de trente minutes et peuvent se prolonger plusieurs heures, ce qui peut gĂ©nĂ©rer un Ă©tat d’anxiĂ©tĂ© et de paranoĂŻa appelĂ© bad trip.
Le beurre de Marrakech, obtenu par extraction des composés liposolubles du haschisch ou des inflorescences de cannabis se substitue au beurre classique dans les recettes. Il est utilisé pour préparer des plats tels que le space cake, la pot pie ou les hash brownies.
Le cannabis peut Ă©galement ĂŞtre mis en solution dans du lait (de prĂ©fĂ©rence entier), ce que l’on nomme un bhang ou « lait vert ».
Le haschich peut ĂŞtre mis Ă  fondre dans du chocolat noir et servir ensuite en pâtisserie ou solidifiĂ© pour l’utiliser Ă  la demande.
le Green Dragon dĂ©signe une boisson alcoolisĂ©e Ă  base de macĂ©ration de cannabis dans de l’alcool (ou une boisson au datura). La solution est verte, d’oĂą le nom.
Le pot tea (ou thĂ©/tisane au chanvre) est une infusion de chanvre bio. Les cannabinoĂŻdes se diluant moins bien dans l’eau, le chanvre est en gĂ©nĂ©ral bien sĂ©chĂ© pour une infusion. Il existe plusieurs variantes pour rendre une tisane au chanvre agrĂ©able Ă  boire tout en ayant des effets puissants selon la concentration de THC. La plus connue est le thĂ©-chai au cannabis. Les effets de cette tisane se font ressentir environ 2 heures après ingestion et peuvent durer jusqu’Ă  18-24h selon les individus[rĂ©f. nĂ©cessaire]. C’est pourquoi elle est plus rarement consommĂ©e.
La vaporisation ou sublimation est une autre mĂ©thode d’absorption. On peut extraire le THC et les autres cannabinoĂŻdes sous forme de vapeur en chauffant lĂ©gèrement la plante sans la brĂ»ler. Cette mĂ©thode a l’avantage de ne pas produire les substances toxiques contenues dans la fumĂ©e du cannabis et du tabac lors d’une combustion normale (monoxyde de carbone, goudrons, nitrosamines…). En chauffant le cannabis Ă  une tempĂ©rature prĂ©cise, les substances psychotropes s’Ă©vaporent, mais la plante ne brĂ»le pas encore. La vapeur produite peut alors ĂŞtre inhalĂ©e, avec un effet aussi immĂ©diat et plus puissant que si le cannabis Ă©tait fumĂ©.
En 2008, l’Observatoire europĂ©en des drogues et des toxicomanies signale qu’en gĂ©nĂ©ral, les prix de vente au dĂ©tail du cannabis vĂ©gĂ©tal et de la rĂ©sine de cannabis oscillent en Europe entre 2 et 14 euros le gramme. La plupart des pays europĂ©ens font Ă©tat de prix compris entre 4 et 10 euros pour les deux produits.

Évaluation de la consommation

En 2008, l’ONU dans son rapport mondial sur les drogues 2008, estimait qu’il y avait 166 millions d’usagers de cannabis, le pays comportant le plus d’utilisateurs restant les États-Unis.
Plus de soixante-deux millions d’EuropĂ©ens (plus de 20 % de l’ensemble de la population adulte) ont dĂ©jĂ  consommĂ© du cannabis et vingt millions en ont consommĂ© au cours de la dernière annĂ©e, selon une Ă©tude publiĂ©e le 25 novembre 2005 par l’Observatoire europĂ©en des drogues et des toxicomanies (OEDT).
Dans son rapport annuel du 1er mars 2006, l’OICS indique que l’Afrique compterait trente-quatre millions d’usagers.
Cependant cette Ă©valuation est certainement très loin de la rĂ©alitĂ©. Il n’existe aucune mĂ©thode fiable pour Ă©valuer un marchĂ© illĂ©gal, ce qui se fait par des extrapolations des drogues saisies ainsi que des Ă©valuations des surfaces cultivĂ©es.
Il s’agit en revanche de la drogue illĂ©gale la plus consommĂ©e dans le monde.

Effets recherchés

D’une manière gĂ©nĂ©rale, les effets varient en intensitĂ© et en durĂ©e, en fonction du mode de consommation, des teneurs respectives en THC (effet high) et CBN (effet stone) ainsi que du sujet, de son Ă©tat physique et psychique. Les effets peuvent durer entre quelques minutes (inhalation) et quelques heures (ingestion). Leur durĂ©e est tout autant variable.
Généralement :
euphorie, hilarité, excitation ;
relaxation, détente, sensation de flottement ;
facilitĂ© d’introspection (disparition de l’inhibition) ;
association d’idĂ©es crĂ©atives ;
stimulation de l’appĂ©tit (Voir Usage mĂ©dical) ;
sommeil ;
sensation d’extrĂŞme plaisir mĂŞme face Ă  des choses parfois futiles.
Des doses plus fortes peuvent induire une augmentation de la perception auditive et visuelle (diminution de l’inhibition latente), qui peut engendrer des hallucinations et conduire au bad trip ou au contraire amplifier les sensations durant un spectacle musical ou devant un film, effet souvent recherchĂ©.

Effets indésirables

Après la consommation, l’usager peut manifester les symptĂ´mes suivants :
yeux rouges, mydriase ;
tachycardie, hypertension/hypotension ;
assèchement buccal (familièrement appelé « la pâteuse » ou « moquette » souvent caractérisée par un blanchiment de la langue) ;
anxiété ;
altération de la mémoire immédiate ;
troubles de la perception du temps (quelques minutes semblent ĂŞtre des heures, ou l’inverse) ;
paranoĂŻa ;
peut rĂ©vĂ©ler une schizophrĂ©nie latente. Toutefois, ce n’est pas la cause immĂ©diate de la schizophrĂ©nie. Il s’agit davantage d’un facteur prĂ©cipitant. En effet, les effets hallucinogènes des drogues peuvent entraĂ®ner le dĂ©but de troubles psychotiques. Le risque est important chez les personnes vulnĂ©rables Ă  cette maladie.
Des vomissements sont possibles (surtout avec le haschich) mais sont surtout provoquĂ©s par les produits coupants ou l’angoisse due Ă  la perte de repères.
Lorsqu’il est pris par un conducteur, il augmente le risque d’accident de la route et double le risque d’accidents mortels.

Effets cognitifs

Le cannabis altère la mĂ©moire immĂ©diate, la concentration, le rappel des souvenirs ou des mots, et peut donc diminuer les capacitĂ©s d’apprentissage. En l’état actuel des connaissances, la mĂ©moire ne semble pas affectĂ©e au-delĂ  du temps des effets du cannabis, c’est-Ă -dire quelques heures. Cette amnĂ©sie est multipliĂ©e en cas de consommation associĂ©e avec de l’alcool.
Le cannabis perturbe les processus de mĂ©morisation du cerveau en dĂ©sorganisant le fonctionnement Ă©lectrique de l’hippocampe , structure clĂ© du cerveau pour l’activation de la mĂ©moire. Le cannabis aux doses usuellement prĂ©sentes chez ses consommateurs supprime les oscillations Ă©lectriques, essentielles dans le processus d’apprentissage et de mĂ©morisation. Les processus cognitifs sont dĂ©sorganisĂ©s.
La principale substance active dans le cannabis, le THC, bloque aussi la libĂ©ration d’un neurotransmetteur important dans l’hippocampe, l’acĂ©tylcholine, affectant le fonctionnement Ă©lectrophysiologique du cerveau.
Le cannabis perturbe chez le fĹ“tus la formation des rĂ©seaux de neurones dans le dĂ©veloppement du cerveau, ce que confirme la proportion très Ă©levĂ©e d’enfants ayant un retard mental chez les mères consommatrices.

Effets psychiques

L’usage de cannabis peut traduire un mal-ĂŞtre psychique – parfois insoupçonnĂ© – pouvant se transformer en paranoĂŻa, crises d’angoisses, sentiment d’oppression. Il existe aussi quelques cas de psychose cannabique aiguĂ«.
Au niveau neuro-psychiatrique, la substance peut diminuer l’attention, aggraver ou rĂ©vĂ©ler des troubles psychiques comme n’importe quel psychotrope. Un syndrome amotivationnel (dĂ©motivation) peut apparaĂ®tre, ainsi que : manque d’estime de soi, intempĂ©rance, dĂ©pression et tendances suicidaires. Il existe une corrĂ©lation entre l’usage prolongĂ© du cannabis et la dĂ©pression chez certains patients mais il reste difficile de dire si le cannabis produit la dĂ©pression ou si la dĂ©pression favorise une consommation chronique… DiffĂ©rentes Ă©tudes, Ă  la crĂ©dibilitĂ© variable, suggèrent des liens entre schizophrĂ©nie ou psychose et cannabis (Lien entre schizophrĂ©nie et consommation de cannabis).

Adolescence

Selon une Ă©tude, il n’y aurait aucune diffĂ©rence sur le plan cĂ©rĂ©bral entre ceux qui ont rĂ©gulièrement fumĂ© de la marijuana au cours de leur adolescence et ceux qui n’en ont jamais fait usage. Une autre Ă©tude affirme plutĂ´t que les personnes prĂ©destinĂ©es Ă  la schizophrĂ©nie voient leurs symptĂ´mes prĂ©cipitĂ©s lorsqu’elles commencent Ă  consommer pendant l’adolescence. La consommation intensive de dĂ©rivĂ©s concentrĂ©s, comme l’huile de haschisch, favorise, particulièrement Ă  l’adolescence, l’apparition des troubles psychotiques.

Effets comportementaux

Des troubles de comportement sont observĂ©s chez l’animal de laboratoire qui y est exposĂ©, y compris chez des espèces très Ă©loignĂ©es des mammifères comme l’araignĂ©e. Le cannabis est un des produits dont les effets ont Ă©tĂ© testĂ©s sur des araignĂ©es dès les annĂ©es 1950. Comme pour d’autres drogues, les araignĂ©es qui y sont exposĂ©es, mĂŞme Ă  de faibles doses, ont produit des toiles tout Ă  fait anormales. Plus la toxicitĂ© du produit est Ă©levĂ©e, plus l’araignĂ©e laisse de manques dans sa toile.

Effets somatiques

Ă€ long terme, les effets sur l’homme ont besoin d’ĂŞtre Ă©tudiĂ©s. On cite cependant des affections durables des voies respiratoires similaires au tabac : toux, cancer bronchique, bronchite chronique, emphysème (du fait d’inhalations profondes et prolongĂ©es). Par ailleurs, l’inhalation de la combustion de produits de coupe souvent prĂ©sents dans le haschisch expose l’usager Ă  des risques aussi alĂ©atoires que nĂ©fastes. L’herbe a Ă©tĂ© exceptionnellement coupĂ©e Ă  l’eau, au sable voire au verre pilĂ© afin d’alourdir la masse et donc d’augmenter les prix.
Une dĂ©pendance physique existe, mĂŞme si elle est moins marquĂ©e que pour d’autres produits, probablement du fait de la demi-vie plus longue du THC dans le corps. Il faut Ă©galement signaler qu’une dĂ©pendance physique au tabac, utilisĂ© dans la confection du joint, se manifeste très souvent chez les fumeurs rĂ©guliers de cannabis. Cependant, un joint peut Ă©galement ĂŞtre confectionnĂ© uniquement avec la substance.
Selon une Ă©tude d’une association de consommateurs, fumer trois joints Ă©quivaut Ă  fumer un paquet de cigarettes. La fumĂ©e de cannabis contient sept fois plus de goudron et de monoxyde de carbone que la fumĂ©e du tabac seul. Cet essai est en contradiction avec d’autres travaux scientifiques qui estiment que « fumer du cannabis n’accroĂ®t pas le risque de cancer » ou que les risques cancĂ©rigènes sont Ă  imputer Ă  la prĂ©sence de nicotine due au mĂ©lange avec du tabac. Alternativement Ă  la combustion, l’usage d’un vaporisateur, en vente libre, dĂ©livre une vapeur de cannabinoĂŻde pratiquement pure.
La consommation Ă  l’aide d’une pipe Ă  eau augmente très fortement l’inhalation de produits toxiques.

Effets sur la conception et la reproduction

La consommation régulière de joints, chez l’homme, contribue à une baisse de la fertilité.
Pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d’entraver l’activitĂ© cĂ©rĂ©brale du fĹ“tus, retardant le dĂ©veloppement du cerveau in utero. La tĂ©ratogĂ©nicitĂ© de la consommation de cannabis durant la grossesse semble cliniquement non significative. Cependant, après une exposition in utero au cannabis, des atteintes cognitives pendant les annĂ©es d’enfance ont Ă©tĂ© observĂ©es, avant tout sur l’attention et les tests d’hypothèses par voie visuelle.

Autres effets

Fumer du cannabis peut ĂŞtre un facteur de risque de la maladie parodontale (maladie du tissu soutien des dents) qui est indĂ©pendant de l’utilisation du tabac.

LĂ©gislation sur le chanvre

Article détaillé : Législation sur le cannabis.
Etant donnĂ©e sa rapiditĂ© de dĂ©veloppement, ses nombreuses applications et la qualitĂ© de ses fibres, sa culture concurencerait plusieurs secteurs industriels, c’est pourquoi le chanvre a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© Ă  la convention unique sur les stupĂ©fiants de 1961.
La dĂ©tention, commerce, la promotion et la consommation de marijuana sont interdits dans la majoritĂ© des pays du monde au cours du xxe siècle : la convention unique sur les stupĂ©fiants de 1961 proscrivant la culture du chanvre dans tous les pays signataires est indĂ©niablement une retombĂ©e du Marihuana Tax Act de 1937 aux États-Unis d’AmĂ©rique. NĂ©anmoins, les raisons historiques de cette interdiction semblent avoir Ă©tĂ© diffĂ©rentes de part et d’autre de l’Atlantique (bien que l’influence des prohibitionnistes amĂ©ricains semble dĂ©terminante).
Depuis les annĂ©es 2000, certains pays ont commencĂ© Ă  distinguer l’usage mĂ©dical du cannabis de sa consommation rĂ©crĂ©ative, comme c’est dĂ©jĂ  le cas pour les autres substances psychotropes, en particulier les opiacĂ©s. C’est le cas de trois Pays : Le Canada, les États-Unis et les Pays-Bas.
Au Canada et aux États-Unis, le choix a Ă©tĂ© fait de tolĂ©rer la distribution de cannabis mĂ©dical par l’intermĂ©diaire de Centres de Compassion, comme il en existe au QuĂ©bec, Ă  MontrĂ©al et Ă  QuĂ©bec par exemple. Le patient doit au prĂ©alable ĂŞtre admis sur contrĂ´le de sa maladie par le Centre Compassion. Le patient peut ensuite librement choisir la posologie et la qualitĂ© des produits mis Ă  sa disposition pour se soigner. NĂ©anmoins, la situation aux États-Unis reste controversĂ©e; une rĂ©cente dĂ©cision au niveau fĂ©dĂ©ral a contredit la politique de tolĂ©rance[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Par le rĂ©fĂ©rendum du 4 novembre 2008, le Massachusetts a dĂ©pĂ©nalisĂ© la marijuana et le Michigan en a autorisĂ© une utilisation mĂ©dicale.
Aux Pays Bas, la situation est diffĂ©rente. Le Ministère de la SantĂ© a depuis 2005 mis sur le marchĂ© trois qualitĂ©s de cannabis mĂ©dical, contenant des teneurs de tĂ©trahydrocannabinol (THC) standardisĂ©es allant de 6% Ă  18%, et des teneurs en cannabidiol non psychoactif (CBD) allant jusqu’Ă  7,5%. Ces mĂ©dicaments, prĂ©sentĂ©s sous forme naturelle, sont produits par la SociĂ©tĂ© Bedrocan et distribuĂ©s en pharmacie sur prescription mĂ©dicale.
La culture, la possession pour usage privĂ© et la distribution sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©glementĂ©es. Les lois varient nĂ©anmoins d’un pays Ă  l’autre. En France, le commerce de marijuana est un dĂ©lit puni de fortes amendes et de peines de prison.
Dans de nombreux pays, la police exerce un pouvoir discrétionnaire, mettant en garde les usagers ou confisquant le cannabis, même en petites quantités, à usages privé ou médical.

DĂ©pistage de la consommation

La rĂ©fĂ©rence est constituĂ©e par le dosage de delta-9-tetrahydrocannabinol dans le sang. Le dĂ©pistage de cette substance dans la salive est possible et largement utilisĂ©, en particulier par des contrĂ´les policiers au bord de la route dans certains pays, comme l’Australie ou certains Ă©tats des États-Unis. Il n’existe pas de taux limite « lĂ©gal » mĂŞme si quelques experts estiment que le risque accidentogène est rĂ©duit en dessous d’un certain seuil.


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Le chanvre n’est pas un phénomène de mode. Il fut utilisée pendant des millénaires pour ses qualités et devient une plante indispensable pour le développement durable grâce à ses bénéfices écologiques. Voici les différentes propriétés écologiques du chanvre.

La culture du chanvre est totalement Ă©cologique

Une plante naturelle

La culture du chanvre est écologique. Elle ne nécessite pas d’additifs naturels ou chimiques pour aider à la croissance de la plante. Le chanvre se défend par lui-même des différentes agressions extérieures comme les insectes et les moisissures. Les producteurs n’ont besoin d’utiliser ni engrais, ni insecticides, ni pesticides, ni fongicides pour protéger la récolte. Le résultat est simple. La culture du chanvre est saine. Tous les composants de la plante, dont les graines et les fibres, sont sains, naturels et écologiques.

Plants de chanvre bio

Plants de chanvre bio

Le chanvre entretien les sols

Cultiver du chanvre dans un champ est une excellente technique pour entretenir les sols et les préparer à de futures cultures. Il arrive à maturité rapidement, en 100 jours, ce qui laisse la possibilité aux agriculteurs de réutiliser le champ.

La culture du chanvre est aussi considérée par certains agriculteurs avoir plus de bénéfices pour les sols que de laisser la parcelle en jachère. En effet, le réseau de racines du chanvre et sa capacité d’absorption de l’eau empêchent les mauvaises herbes de se répandre. De plus, les feuilles du chanvre qui tombent, sont un excellent engrais naturel pour le sol.

Le chanvre absorbe du gaz carbonique

La planète fait face à des excès de dégagement de CO2 dans l’atmosphère. Les forêts jouent un rôle important dans la capture de ce CO2. Malheureusement les forêts sont en diminution dues aux déforestations massives. Le chanvre se pose en solution idéale pour aider à réduire les problèmes de gaz carboniques car il capte énormément de CO2. Selon des analyses récentes, un hectare de chanvre absorberait plus de CO2 qu’un hectare de forêt.

Pousse Ă  toutes les latitudes

Le chanvre à la capacité de pousser dans toutes les régions tempérées du globe. Sa taille peut varier de 1,50m à plus de 6m, selon l’espèce et sa région. Cette facilité à être cultivé partout favorise à réduire les distances de transport pour relier le producteur du consommateur. Moins de transport conduit à moins de pollution.

La transformation du chanvre : un procédé industriel naturel

Les textiles en chanvre sont fabriqués avec les fibres du chanvre. La plante est naturellement écologique et passe par une transformation industrielle pour séparer les fibres du reste de la tige. Ce procédé de transformation s’appelle le rouissage. Il y a trois différents procédés de rouissage. Ils dépendent de l’utilisation future des fibres, soit pour faire du papier, des matériaux de construction ou du textile. Les procédés pour le papier et la construction sont mécaniques. Le procédé pour le textile est enzymatique.

Le procédé de transformation enzymatique

Les fibres de chanvre sont utilisées dans le textile pour leurs propriétés naturelles et écologiques. Il est donc nécessaire que les fibres qui sortent du rouissage le soient encore. Les techniques de rouissage enzymatique qui laissent les fibres saines et naturelles existent et sont utilisées depuis plusieurs années.

La tige du chanvre contient la chènevotte (intérieur de la tige), les fibres et des éléments qui lient l’ensemble. Comme les fibres sont soudées entre elles et au reste de la plante par des éléments insolubles, il est nécessaire d’éliminer ces éléments insolubles pour ne garder que la fibre. Là interviennent pendant le rouissage des enzymes qui détruisent par fermentation ces matières liantes.

L’industrie du chanvre produit des fibres de plus en plus saines et résistantes

Les enzymes sont très régulièrement employées par les industriels, certaines sont saines et naturelles, d’autres beaucoup moins. Concernant celles utilisées par l’industrie du chanvre, grâce aux recherches effectuées et aux avancées technologiques, il existe désormais des enzymes écologiques qui nettoient la fibre, ne l’endommage pas et la renforce. Les travaux du Dr Sung en 2004 au Canada ont grandement fait avancer les découvertes. Depuis, les recherches ont encore progressé pour donner des résultats encore plus naturels tout en conservant toute la résistance des fibres.

Il n’existe pas encore aujourd’hui de procédé enzymatique parfait. Les techniques se perfectionnent, mais aucune ne rend des fibres totalement libérées des éléments qui les soudent au reste de la tige. Les substances qui entourent la fibre sont naturelles et non toxiques mais ont besoin d’être éliminer pour rendre la fibre encore plus douce. Les recherches continuent pour trouver des enzymes qui purifient parfaitement les fibres, sans les endommager, tout en restant écologique.

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Généralités et botanique

Le chanvre fait partie de la famille des cannabinacées. Il produit une fibre longue et solide avec une assez bonne tolérance à l’humidité. L’agronomie européenne privilégie la production de fibres. Mais les graines de chanvre aussi sont utilisées pour la production d’huile, avec un rendement de 30 à 35%, elles produisent une huile riche en acide linolénique et linoléique, qui est utilisée principalement pour la fabrication de savon ou de vernis. Son utilisation comme huile alimentaire est limitée par son temps de conservation relativement court et par son prix, situé entre celui de l’huile d’olive et celui de l’huile de sésame.

L’extraction de haschich – rĂ©sine secrĂ©tĂ©e surtout dans les folioles des fleurs femelles – est pratiquĂ©e en Inde depuis environ l’an 1000 av J-C. En Europe, on produisait surtout des fibres et des graines de chanvre. C’est seulement au 18e siècle que l’usage des fleurs femelles comme drogue a Ă©tĂ© dĂ©couvert. Les variĂ©tĂ©s actuelles de chanvre utilisĂ©es pour leurs fibres ne produisent toutefois presque pas de rĂ©sine.

Le chanvre est une plante non persistante. Une plantation de chanvre est composée de pieds femelles et de pieds mâles. On cherche à développer de nouvelles espèces dont les fleurs mâles et femelles sont réunies sur le même pied. La plante à une tige droite, qui peut atteindre, suivant les variétés, de 1 à 4 m de hauteur. La tige est recouverte d’un duvet rêche.

La plante pousse différemment suivant le type de culture, avec un nombre de branches plus ou moins important suivant l’usage recherché. La partie utile de la plante se trouve dans les longues tiges, c’est la filasse dont on tire la fibre.

Il n’existe qu’une seule espèce de Cannabis ; mais diverses formes sauvages poussent partout sur la planète, Ă©tant donnĂ© le fort potentiel d’adaptation de l’espèce. Le chanvre est arrivĂ© autour de la MĂ©diterranĂ©e par l’Asie Centrale – probablement par la Chine vers 2000 av J-C., puis en Asie de l’Est. Avant de se rĂ©pandre dans les rĂ©gions fraĂ®ches et humides d’Europe.

Les espèces du sud, hautes et tardives, ont entre 140 et 160 jours de végétation. Les espèces du nord, courte et précoces, ont entre 60 et 90 jours de végétation, par exemple, les variétés Ferimon 12, Fedora 19, Felina 34, Fedrina 74, Fibrimon 24 ou 56 etc. Selon la dénomination française, plus le nombre situé après le nom de la variété est élevé, plus le temps de maturation est long. Les feuilles de chanvre ont la forme d’une main, et possèdent 5 à 11 folioles. Les inflorescences mâles se trouvent au bout de la tige. Les fleurs femelles sont sans tige et se trouvent à la croisée des feuilles. La graine a environ la taille d’un grain de blé. Elle a un poids, par millier de graines, de 15 à 20 gr. Le contenu tendre de la graine est enveloppé dans une cosse dure de couleur gris-brun. Les graines contiennent environs 30% de graisses et près de 20% de protéines. Les variétés utilisées jusqu’à maintenant se reproduisent principalement par pollinisation externe. Le chanvre fabrique une racine résistante qui descend profondément dans un terrain minéral et aère le sol. Dans un sol meuble, les racines se développent en rayon avec beaucoup de radicules. Les plants mâles, qui libèrent leur pollen, sont toujours matures avant les plants femelles.

Besoins de la plante

Une plantation de chanvre a besoin de beaucoup de sels minéraux et d’humidité du sol. Cette demande intervient surtout lors de la forte poussée entre la 4e et la 10e semaine de végétation. Le chanvre peut être cultivé dans des climats et des sols moins favorables, à l’exception des sols trop pauvres ou des endroits froids et humides. La valeur pH des sols doit être neutre ou légèrement basique. La température minimale pour la germination doit se situer entre 4 et 5 °C. Une plantation précoce ou dans une région froide est déconseillée. Il existe de nouvelles variétés ayant des périodes de végétation plus courtes, ce qui rend possible la culture sous des climats froids et humides durant la période plus chaude.

Les cultures précédant le chanvre devraient être céréalières, puis légumineuses, puis plantes sarclées et finalement du foin ou des herbes. Il faut particulièrement tenir compte de la préparation du sol et de l’aération du sous-sol par le chanvre pour la rotation des cultures et l’ajout d’engrais.

Engrais

Pour ajouter des engrais, il faut commencer par contrôler la quantité de N du sol, Un dosage équilibré de 100 kg N, 80 kg P2O5 et 140 kg K2O pour la production de graines et 80 kg N, 80 kg P2O5 et 120 kg K2O pour la production de fibres est conseillé. L’épandage d’engrais est à faire impérativement avant les semailles. Le chanvre accepte bien les engrais de germination, de même que les aditifs comme le fumier ou le compost bien décomposé. Il est conseillé d’épandre les engrais en automne plutôt qu’au printemps.

Culture

Un labourage profond est très important en automne. En raison des semailles tardives, le champ peut être désherbé à plusieurs reprises et peut être préparé comme pour le colza. La semence doit être plantée entre 2 et 4 cm de profondeur et un peu plus profondément dans un sol meuble. Le chanvre peut être semé dès avril jusqu’à mi-mai, et même plus tard pour les variétés les plus précoces. L’espacement des graines et des rangs dans le sol est variable selon la littérature consultée. L’espacement optimal dépend de la variété de chanvre semée dt des différences de poids par millier de graines, de la rapidité de la croissance, et du besoin d’espace de la plante. En agriculture biologique, on peut planter de 8 à 15 kg de graines par ha pour produire de la graine avec un écartement de 40 cm entre les rangs (travail possible). Pour produire de l’huile, avec les variétés courtes et à forte croissance, on peut recommander plus de 13 kg par ha. Dans l’agriculture traditionnelle, la quantité de semences varie de 12 à 20 kg par ha dans des rangs espacés d’environ 22 cm. Avec une culture dont les plantes sont pincées entre 50 et 70 cm pour obtenir un meilleur rendement de graines et en tiges, il faut compter 12 kg de graines par ha. Une forte densité de semences, soit plus de 40 kg par ha, est nécessaire pour les variétés à fibres longues. Il y a auto-régulation de la quantité de plantes avec une densité supérieure à 40 kg par ha. Dans les variétés à fibres courtes, la quantité de semences peut être plus imporatante.

Maladies et protection des plantes

La culture du chanvre ne prĂ©sente pas de problème spĂ©cifique de dĂ©sherbage. Elle offre une forte concurrence avec les mauvaises herbes. Pour la culture destinĂ©e Ă  la production d’huile de chanvre, il est possible que les mauvaises herbes les plus hautes (comme le millet, le chardon…) puissent se dĂ©velopper si les rangs ne sont pas assez serrĂ©s. Avant la germination, des additifs comme la Pendimethalin, le Linuron ou le Metobromuron peuvent ĂŞtre ajoutĂ©s, par ex. 1,5 Ă  2 kg de Patoran, 2,5 l de Stomp SC, 1,5 kg d’Afalon S (indication sans garantie). Contre le millet, le foin, chiendent, etc., on peut utiliser la plupart des dĂ©sherbants courants. Un traitement contre les parasites et maladies (virales et moisissures) n’est pas nĂ©cessaire puisque nous ne pratiquons pas de culture intensive oĂą de telles agressions seraient possibles, quoi qu’on remarque que le Botrytis et le Fusarium se dĂ©veloppent sur certaines variĂ©tĂ©s.

Des chenilles et des escargots peuvent aussi attaquer le chanvre dans ses premiers stades. On recense aussi des attaques par le charbon du mais. Une lutte intensive doit être menée dans ce cas, avec tous les moyens possibles utilisés pour d’autres cultures.

Chanvre bio (cannabis sativa L.)

Chanvre bio (cannabis sativa L.)

RĂ©colte

Le moment de la rĂ©colte se situe entre 2 et 3 semaines après la floraison. Pour un gain de fibres, on utilisera une machine spĂ©ciale. Il est conseillĂ© de s’organiser en coopĂ©rative pour rĂ©colter les fibres. La fibre de chanvre, c’est Ă  dire la filasse, peut aussi après avoir Ă©tĂ© raccourcie Ă  50 ou 70 cm ĂŞtre traitĂ©e avec un dispositif pour fibres de lin (facilement adaptable). Les producteurs doivent se concerter sur la forme donnĂ©e Ă  la rĂ©colte (bottes, balles…). Le rendement de la rĂ©colte de fibres est donnĂ© par rapport Ă  la surface utilisĂ©e. La rĂ©colte peut atteindre de 2 Ă  plus de 5 t de filasse par ha.

Les graines destinées aux oiseau ou à la production d’huile doivent être récoltées avant maturité (à cause des risques de moisissure). Les graines sont à maturité lorsqu’elles commencent à tomber lorsqu’on secoue la plante. Les graines peuvent être récoltées à la moissonneuse-batteuse. Une adaptation spécifique de la moissonneuse-batteuse est nécessaire pour les variétés hautes. Il est reconnu que les plantes pincées sont moins productives en graines, mais elles rendent la récolte à la moissonneuse-batteuse plus facile. Le battage peut être effectué avec une batteuse sans transformations importantes. Les batteuses axiales sont préférables aux batteuses à tambour pour des plantes non pincées. Pour la production d’huile, la quantité de graines produites par m² est importante. En 1995 et 96, on obtenait entre 800 et 1300 kg de graines par ha, et chaque année apporte des variétés plus performantes et des progrès techniques. Certaines variétés de semences, en France ou en Belgique, produisent jusqu’à plus de 2700 kg de graines par ha.

Stockage et transformation

Après rĂ©colte, les graines doivent ĂŞtre triĂ©es et sĂ©chĂ©es jusqu’à moins de 10% d’humiditĂ© rĂ©siduelle. Une tempĂ©rature de sĂ©chage infĂ©rieure Ă  50 °C est conseillĂ©e. Les semences destinĂ©es Ă  l’alimentation – particulièrement pour l’huile pressĂ©e Ă  froid – doivent ĂŞtre absolument sans pesticides ni moisissures. Le stockage et l’emballage se font dans des sacs de jute ou en papier. L’huile de chanvre contient environs 2% d’acide gamma-linolĂ©nique et de 70 ä 80% d’acides gras essentiels. L’utilisation de l’huile de chanvre dans l’alimentation et les prĂ©parations industrielles se dĂ©veloppe. L’huile de chanvre est principalement utilisĂ©e comme huile pour l’assaisonnement. Les graines de chanvre sont depuis peu Ă©galement utilisĂ©es pour le pain au chanvre, avec une proportion maximum de 15% dans la pâte Ă  pain.

Variétés

Les variétés suivantes sont dans la liste UE des variétés de chanvre autorisées (1995), au taux de THC inférieur à 0,3% : Carmagnola, CS, Delta Llosa, Delta 405, Fedora 19, Fedrina 74, Felina 34, Ferimon, Fibranova, Fibrimon 24, Fibrimon 56, Futura, ainsi que les variétés Kompolti, Bialobreske, USO 11, USO 13, YUSO 14, YUSO. Les variétés Secueni 1, Kompolti Hybrid TC, Uniko B, et Beniko ont des taux de THC inférieur à 0.8% (selon de Meijer, 1995).

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Origines et utilisation du chanvre bio

Le Chanvre est une très ancienne culture française, antĂ©rieure au Moyen Age. Chaque ferme possĂ©dait sa chènevière, situĂ©e sur les meilleures terres qui bĂ©nĂ©ficiaient d’une partie des engrais organiques, pour les besoins personnels des exploitants. Tout Ă©tait utilisĂ© dans cette plante, cultivĂ©e dans toutes les rĂ©gions : la graine (chènevis)pressĂ©e donnait de l’huile pour l’éclairage, la fabrication de glu, de savon et plus tard de peinture (son utilisation alimentaire a toujours Ă©tĂ© très localisĂ©e) ; le tourteau rĂ©siduel servait Ă  l’alimentation animale ; la tige, dĂ©fibrĂ©e, produisait de la filasse permettant la fabrication de ficelles et cordages ou, après filage et tissage, la confection de toiles plus ou moins fines ; la marine Ă  voile et les armĂ©es furent les plus importantes consommatrices du chanvre (cordes, Ă©lingues, voiles, sacs, tentes, vĂŞtements, colmatage des coques, filets de pĂŞche, sellerie, etc…). La chènevotte, cellulose Ă  pouvoir calorifique, situĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de la tige, servait Ă  aviver le feu de l’âtre des domiciles ou des ateliers ; elle permit la fabrication d’allumettes soufrĂ©es.”
extrait de : “Le Chanvre en France” – Auteur : Henri Alain SĂ©galen – Editions du Rouergue

Le chanvre bio : culture Ă©cologique et durable

Le chanvre bio : culture Ă©cologique et durable

Le chanvre est une culture annuelle cultivĂ©e en Europe depuis l’arrivĂ©e des Celtes. Il se sème entre mars et avril pour une rĂ©colte entre septembre et octobre. Il suffit d’un semoir Ă  blĂ© pour le semis, dans une terre profonde (semi 50 – 55 kg/ha). Contrairement Ă  ce que l’on peut entendre la plante a besoin d’un minimum d’eau pour ses phases de croissance (juin) et de floraison (AoĂ»t). La racine fasciculĂ©e plonge jusqu’à 2 m de profondeur pour chercher ses nutriments. Les hauteurs de plantes sont variables en fonction des variĂ©tĂ©s ; elles peuvent atteindre 3 m… Le chanvre industriel est aussi une culture très règlementĂ©e, et l’Europe ne permet la culture d’une trentaine de variĂ©tĂ©s, toutes homologuĂ©es au catalogue europĂ©en, avec un taux de THC < 0.2 %. En règle gĂ©nĂ©rale, l’agriculteur passe un contrat de culture avec un transformateur agrĂ©Ă©, qui lui achètera les produits de rĂ©colte.
Avec un cycle court de 100 jours, cette culture reste très intéressante pour les agriculteurs car paille et graines (chènevis) sont valorisables.
La plus grande contrainte vient de la rĂ©colte… Le fauchage ou le moissonnage sont mĂ©canisĂ©s, mais si les fibres très solides du chanvre se prennent dans les roulements des machines, la casse peut ĂŞtre sĂ©rieuse… Aujourd’hui les machines sont plus adaptĂ©es, mais surtout dans les grandes zones de productions. Une fois fauchĂ©e la paille est sĂ©chĂ©e sur champs avant d’être conditionnĂ©e en balles ou en bottes.
La plante sèche contient deux parties :
L’ÉCORCE qui contient la fibre et qui nous sert à fabriquer la laine de chanvre. Cette partie représente 30 à 35% du volume de la paille.
L’INTÉRIEUR DE LA TIGE est le bois de la plante que l’on appelle la chènevotte. Cette partie représente 65 à 70% du volume de la paille.

Les intérêts de la culture

– une culture Ă  cycle court
– pas de traitement en cours de culture
– supprime seul les adventices
– des produits de rĂ©colte valorisables (fibres, chènevotte, graines)
– une excellente tĂŞte d’assolement
– amĂ©lioration des sols en rotation de culture
– moyenne de rendement Ă  l’hectare de : 7 Ă  8T en paille – 500kg Ă  1.5T de graines
– une multitudes d’applications pour l’avenir

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