Boutique Biologiquement.comLes premiers vendeurs de cannabis de l’histoire, 5 000 ans avant JC

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 7    Moyenne : 3.1/5]

Selon des archéologues allemands, il y a environ 5 000 ans, un peuple venu des steppes de l’actuelle Europe de l’Est a investi l’Europe et l’Asie, y diffusant non seulement son savoir, mais également le chanvre, et peut-être son utilisation psychoactive.

Dans dans la revue Vegetation History and Archeobotany, Tengwen Long et Pavel Tarasov, de l’Université libre de Berlin, expliquent que les premiers diffuseurs de chanvre et de cannabis dateraient de l’Âge de Bronze ancien. Il s’agirait des Yamnaya, des cavaliers venus des steppes et l’une des quatre tribus fondatrices de l’Europe moderne, et dont la culture a eu une grande influence entre 5 500 av. J.-C. et 4 300 av. J.-C..

En se répandant à travers l’Europe et l’Asie, ils ont diffusé les langues indo-européennes, leurs gènes, mais ont également apporté de nombreux savoirs, comme la métallurgie ou encore l’équitation. Selon les chercheurs allemands, ils ont également diffusé largement le chanvre, et probablement son usage psychoactif. Pour parvenir à cette conclusion, les archéologues ont réexaminé les pollens, fibres et fruits découverts dans de nombreuses fouilles ou de poteries archéologiques au cours des dernières décennies.

Les premiers vendeurs de cannabis de l’histoire, 5 000 ans avant JC
Les premiers vendeurs de cannabis de l’histoire, 5 000 ans avant JC

Des traces d’usage et de domestication du chanvre dès 11 500 et 10 200 ans av. J.-C. ont été découvertes au Japon, en Chine et en Europe de l’Est, mais la consommation de ce végétal a véritablement explosé il y a 7000 ans, à l’Âge de Bronze. Entre temps, les Yanmaya ont maîtrisé l’équitation, il y a environ 9 000 ans, leur apportant une grande mobilité. « Cela leur a permis de couvrir de grandes distances. Ils ont ainsi commencé à forger des réseaux commerciaux transcontinentaux, suivant les mêmes voies qui allaient devenir les célèbres routes de la soie quelques millénaires plus tard » déclare Pavel Tarasov.

Usage psychoactif

Si le cannabis est une plante dont les usages sont nombreux, comme la cuisine, la médecine ou encore la fabrication de cordes et de tissus, elle était également à cette époque probablement utilisée pour ses effets psychoactifs, selon les chercheurs allemands. En effet, des traces de cannabis fumé ont été retrouvées en Roumanie et en Asie centrale, datées d’environ 7 000 ans. Pour les archéologues, ce sont les Yanmaya qui ont été les premiers à en inhaler la fumée pour des cérémonies, avant de partager avec leurs nouveaux « amis » eurasiens.

Boutique Biologiquement.comLa renaissance du chanvre Américain approcherait-elle?

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 3    Moyenne : 3/5]

Le Kentucky fut le premier producteur de chanvre en Amérique au début du 19e siècle. Désormais, 200 ans plus tard, après une élection historique sur la politique des drogues qui a conduit à une réforme de la politique de la marijuana aux Etats-Unis, les législateurs du Kentucky prennent des mesures pour relancer la culture.

La première culture de chanvre répertoriée au Kentucky date de 1775
La première culture de chanvre répertoriée au Kentucky date de 1775

Alors que les partisans de la légalisation du chanvre affirment que la plante pourrait apporter une richesse d’emplois “verts” dans le Kentucky, la stigmatisation profonde des drogues et les conflit avec les lois fédérales rendent le passage de la législation peu probable. Néanmoins, deux projets de loi d’état sont en cours, tandis qu’un projet fédéral vise à ouvrir la voie à la légalisation pour les États. Les législateurs suggèrent que les projets de loi pourraient au moins ouvrir le débat sur le chanvre, et dissiper les fausses idées reçues au sujet de son utilisation.

Étant donné que de plus en plus de chanvre est importé du Canada, le rendre légal aux États-Unis pourraient faire économiser de l’argent et créer des emplois “verts” aux américains. Mis à part le soja, aucune autre plante n’a montré un tel potentiel de créer autant de produits différents – du savon de chanvre au papier en passant par l’huile de cuisine. Le chanvre nécessite rarement de pesticides, il peut être cultivé dans les mêmes champs pendant plusieurs années consécutives, et il produit des biocarburants ainsi que des matières plastiques biodégradables. Léger et compact, le béton de chanvre (mélange de chènevotte et de chaux) un matériau de construction qui est connu pour être un isolant efficace ne laissant derrière lui qu’une empreinte carbone minimale.

Le coup d’envoi de l’appel à la production de chanvre dans le Kentucky est le représentant démocratique Terry Mills, qui a pré-déposé un projet de loi du chanvre industriel qui permettrait de cultiver du chanvre contenant 0,3% de THC, une teneur qui est au moins une fois et demie moindre que dans la marijuana typiques et ne fait pas planer. (La marijuana en Anglais est désormais considéré comme une plante qui a des propriétés psychoactives –surtout contenu dans les fleurs, des feuilles et la résine de la plante-, tandis que les variétés ne possédant aucune propriété psychoactives –ainsi que tout produit industriel issue de cette culture – sont appelés chanvre. En botanique, un seul nom regroupe toute cette famille, le Cannabis Sativa L. )

Un projet de loi fédéral de culture du chanvre est en effet en œuvre, mais les chances de passage dans un avenir proche sont minces à aucun. La loi de 2012 sur l’agriculture du chanvre a été introduit par les sénateurs Ron Wyden (D-OR), Rand Paul (R-KY), Jeff Merkley (D-OR), et Bernie Sanders (I-VT) cet été. Il modifie les Controlled Substances Act (Loi des Substances Contrôlés) pour permettre la culture de chanvre de faible teneur en THC et du chanvre industriel exemptés de la législation sur la marijuana.

«Je n’y suis pas opposé », a déclaré le représentant de l’état Jim DeCesare (R). « C’est une culture alternative intéressante pour la communauté agricole. » Cependant, DeCesare reconnaît que beaucoup de gens sont désorientés par les différences entre le chanvre agricole et le cannabis que certaines personnes fument.

“Ce ne sont pas les mêmes”, at-il dit. “Il va falloir un effort d’éducation» pour que le projet de loi soit accepté devant la maison de l’État. S’ils peuvent y arriver, ce qui est peu probable, les avantages seraient considérables. Comme Rand Paul a écrit récemment, “Les emplois [du Chanvre] seront prêt à prendre, et je veux que les agriculteurs du Kentucky soient les premiers en ligne.”

Boutique Biologiquement.comTout sur le chanvre bio

  Posté par chanvre       2 commentaires
[Total : 15    Moyenne : 2.6/5]

Le Cannabis, le Chanvre ou le Chanvre cultivé (Cannabis sativa L.) est une espèce de plantes annuelles de la famille des Cannabaceae.

C’est l’unique représentant du genre Cannabis. Il est parfois appelé Chènevis, comme le nom de la graine de chanvre, et Zamal à La Réunion.
L’espèce Cannabis sativa L. a été divisée en plusieurs sous-espèces. Cette division est discutable : certains ne considèrent pas les différences entre les sous-espèces comme suffisamment importantes pour les rappeler. On peut néanmoins différencier quatre phénotypes bien distincts.
Le chanvre bio fut très largement utilisé par le passé et il côtoie l’être humain depuis le Néolithique. Il a toutefois peu à peu été interdit ou fortement réglementé au cours du xxe siècle en raison de ses propriétés psychotropes. Cela est dû à la propagande puritaine de l’époque aux États-Unis, qui en voyant l’échec de la prohibition, s’intéressa au cannabis, aidé par différents lobbys industriels (coton, papier, pétrole, nylon) et en réglementant très durement l’usage.
Le chanvre bio connaît de multiples utilisations, telles les tissus, la construction, les cosmétiques, l’isolation phonique et thermique, la fabrication d’huiles, de cordages, de litières, l’utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, comme biocarburants, pour des usages médicamenteux, pour un usage récréatif ou comme matériaux composites en association avec des matières plastiques. La filière chanvre bio trouve un regain d’intérêt avec l’augmentation du prix du pétrole et la prise de conscience environnementale. Les pays européens et les collectivités locales de ces pays tentent ainsi de favoriser à nouveau la culture du chanvre bio.
Le cannabis est considéré comme étant une drogue douce notamment du fait de l’impossibilité de faire une overdose de THC en fumant, mais cette notion est trompeuse selon certains auteurs. En effet une dépendance psychique au cannabis, mais non physique comme dans le cas des drogues dites dures, reste possible. Par ailleurs des effets métaboliques néfastes ont été observés.

Sativa

Cannabis sativa subsp. sativa, ou chanvre bio cultivé, est la sous-espèce type de Cannabis sativa L.
Elle provient des régions équatoriales. Elle atteint en quelques mois une hauteur de plusieurs mètres (jusqu’à plus de 6 mètres). Les folioles de ses feuilles sont fines. Cette sous-espèce est connue pour ses propriétés psychotropes. On peut observer chez Cannabis sativa L. subsp. sativa les concentrations en THC les plus élevées. Ce type de plante donne un effet euphorisant lorsqu’elle est séchée, et prête à être consommée. Elle motive, excite, ne donne pas un effet narcotique [réf. nécessaire] comme le Cannabis indica. Cette sous-espèce est également réputée pour ses fibres, elle a largement été utilisée dans le passé et l’est encore à l’époque actuelle pour les multiples applications qu’elle permet (tissus, construction, cosmétique, isolation phonique et isolation thermique, huiles, cordages, litières, combustibles, papeterie, alimentation humaine, alimentation animale, agrocarburants, usage médicamenteux, usage récréatif, matériaux composites en association avec des matières plastiques…). Les semenciers de l’Union européenne travaillent à la création de cultivars sélectionnés génétiquement et qui constituent le chanvre bio cultivé légalement en France. Le but est de réhabiliter la filière chanvre bioafin de répondre aux nouveaux défis énergétiques et environnementaux. Ces cultivars font l’objet d’un programme de sélection génétique intensif afin de minimiser leur teneur en THC. Son cycle de vie est plus long que celui des autres sous-espèces, sans doute à cause de la photopériode des régions équatoriales. Sa tige est souple et creuse.

Indica

La sous-espèce Cannabis sativa subsp. indica, ou chanvre indien, est synonyme de Cannabis indica Lam. Elle est originaire des régions himalayennes du nord de l’Inde.
Le chanvre indien est réputé essentiellement pour ses propriétés psychotropes mais également dans une moindre mesure pour sa fibre. Une rumeur populaire prétend à tort que c’est la seule sous-espèce qui se fume. Certains prétendent que, comme psychotrope, elle procure davantage un effet « stoned » comparé au Cannabis sativa .
Sa concentration en principes actifs dépend du climat et de l’environnement dans lesquels la plante a évolué.
Elle se caractérise physiquement par des pales larges, une stature moyenne (ne dépasse jamais les 3 mètres) et sa floraison est plus précoce que Cannabis sativa L. subsp. sativa (raison pour laquelle elle est davantage appréciée en culture récréative).
Sa tige est souple et presque solide.

Spontanea

Le Cannabis sativa subsp. spontanea, ou chanvre sauvage bio, est synonyme de Cannabis ruderalis Janisch.
Cette sous-espèce pousse à l’état sauvage dans des régions de l’Europe de l’Est et de la Russie. Elle est caractérisée par sa floraison précoce, certains de ses représentants fleurissent même indépendamment de la photopériode. Elle supporte des climats plus froid et des conditions environnementales difficiles. Comme Cannabis sativa L. subsp. afghanica, sa stature est petite.
Entre dans la création d’hybrides pour le chanvre bio récréatif. Il ne possède en lui-même que de très faibles effets psychotropes. La teneur en THC n’excède pas les 0,5 %.
Le chanvre sauvage bio pousse à l’état sauvage en Europe centrale et en Europe de l’Est où il est considéré comme une « mauvaise herbe ». On le rencontre fréquemment en bordure des routes, des champs et des rivières.
Le chanvre sauvage bio poussait à l’origine dans le Sud-Est de l’ancienne Russie. On pense que ce sont les Scythes qui l’ont diffusé en Asie notamment en Mongolie. Actuellement, il pousse naturellement depuis l’Europe centrale jusqu’en Chine.

Kafiristanica

Le Cannabis sativa subsp. kafiristanica, ou chanvre afghan est synonyme de Cannabis afghanica
Le Kafiristan, nom d’une province afghane, signifie littéralement « pays des infidèles ». Le Kafiristan est une province isolée dans les montagnes de l’Hindu Kush qui a récemment été renommée Nurestân. Elle est appelée ainsi car d’autres sous-espèces poussent en Afghanistan, souvent dérivées du chanvre indien, et sont souvent appelées abusivement chanvre afghan. R.C. Clarke, J.M. McPartland et D.P. Watson mettent d’ailleurs en garde, dans leur Hemp Diseases and Pests, contre cette confusion.
Le chanvre afghan est cultivé essentiellement dans les montagnes du Pakistan et de l’Afghanistan.
Elle ne dépasse jamais les 1,50 m de hauteur alors que la C. S. sativa peut atteindre 6 mètres et le C. s. indica 3 mètres. Le C. s. afghanica est donc nettement plus petite et est adaptée aux milieux montagneux. Elle est à peine plus grande que le Cannabis ruderalis mais contrairement à cette dernière, elle possède un important taux de THC. Elle est cultivée exclusivement pour la production de haschich, sa très petite taille rendant impossible une utilisation pour les fibres.
Cette sous-espèce possède de nombreuses branches comme le chanvre indien mais la distance entre les nœuds est beaucoup plus faible.
À maturité ses feuilles sont beaucoup plus longues que le C. s. indica, elles sont de la taille de celles de la C. s. sativa mais plus large, avec le même ratio longueur/largeur que le C. ruderalis.
C’est la seule sous-espèce de cannabis à avoir un tronc nervuré et solide.

Lexique du chanvre

Le chanvrier ou la chanvrière est la personne qui travaille le chanvre, chanvrière peut aussi désigner une coopérative de producteurs de chanvre.
La chènevière, ou « canebière » dans le sud de la France, désigne un champ de chanvre,
Le chènevis désigne la graine de chanvre
La chènevotte désigne la tige centrale de chanvre dépourvue de son écorce
Un ferrandier est un peigneur de chanvre
Un four à chanvre est un four utilisé jadis afin de le sécher
Le haschich désigne la résine issue du chanvre femelle préparée sous forme de savonnettes et destinée à être fumée. Appelée aussi shit en langage familier lorsqu’il est coupé avec d’autres substances alors que le haschich est « pur ».
La « culture guérilla », traduction littérale de l’expression anglaise guerilla grow désigne le fait de cultiver clandestinement du chanvre en pleine nature à l’abri des regards. Les auteurs d’une culture guérilla sont appelés « guerilleros » et le lieu de la guerilla est appelé le « spot guerilla ».
Remarque : pour désigner couramment le chanvre et ses sous-espèces, les différents acteurs de la filière chanvre à usage industriel non récréatif préfèrent employer les appellations en français (ou autre langue locale): chanvre, chanvre cultivé, chanvre agricole, chanvre d’œuvre – ou d’ouvrage, chanvre indien, chanvre afghan ou chanvre sauvage par contre, les cultivateurs à usage récréatif emploient plutôt la terminologie latine de la nomenclature botanique : Cannabis, sativa, indica, afghanica ou ruderalis.

Histoire du chanvre

Le chanvre bio est une des premières plantes domestiquées par l’homme, au Néolithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagné migrations et conquêtes pour se répandre sur tous les continents.
Jadis, le Canabis sativa, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.
Si le chanvre permet la confection de toiles solides, il est également utilisé dans les rituels funéraires. La fumée de l’herbe séchée et brûlée sur des pierres ardentes en présence du défunt, déconnecte du réel et permettrait de parler aux esprits…

Ses fibres servaient à confectionner des vêtements en Chine 600 ans avant J.-C., en Europe au Moyen Âge. Les vêtements royaux occidentaux étaient souvent constitués de mélanges de chanvre et de lin. La première Bible imprimée par Gutenberg l’aurait été sur papier de chanvre. Le papier de chanvre est utilisé jusqu’au xixe siècle. Au début du xxe siècle, en Europe, les fibres de chanvre furent remplacées par le coton, originaire des États-Unis. Plus récemment, ces fibres résistantes et à portée de main, ont servi à fabriquer des vêtements militaires lors des deux guerres mondiales. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles furent remplacées par des fibres synthétiques, au tissage plus régulier. Les fibres ont longtemps été utilisées pour fabriquer les billets de banque avant d’être remplacées par de l’ortie. Elles sont également utilisées pour les cordes et cordages, et ont été utilisées pendant longtemps pour les voilures des bateaux.

Séchage de fibres de chanvre bio
Séchage de fibres de chanvre bio

Travail du chanvre bio

Utilisation des fibres

Les fibres les plus travaillées sont issues de la partie périphérique de la tige. Les fibres de la chènevotte, tige centrale dépourvue de son écorce, ont une grande capacité d’absorption.

Cordage

Les fibres de chanvre bio servent à faire des cordes naturelles.
En 1661 Colbert fait construire la Corderie royale de Rochefort pour pouvoir fabriquer en France les lourds cordages des navires. La partie centrale du bâtiment permettait de confectionner des cordages de chanvre d’une encablure de long, soit près de 200 m. Leur diamètre pouvait dépasser 20 cm.
Une corde de chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture d’environ 1 100 kg.
Cette fibre permet aussi de confectionner tout simplement de la ficelle.

Tissage

Avant de pouvoir être tissé, le chanvre devait subir toute une préparation : le rouissage, le broyage, le teillage et le peignage.
Une fois récolté, il était roui, séjournant dans l’eau une dizaine de jours pour que les fibres se détachent. Ensuite, on le broyait sous la « broie » et on le passait au seran qui séparait ce qui pourra être filé au rouet et l’étoupe qui ne pourra pas l’être. Au xviiie siècle, ce travail préliminaire du chanvre bio était effectué par les agriculteurs qui trouvaient là une source de revenu supplémentaire. C’étaient avant tout les femmes qui filaient. Il faut différencier cette production familiale de l’activité des tisserands. Bon nombre d’entre eux recevaient le fil d’un marchand-lissier qui récupérait ensuite la toile de chanvre pour la vendre en France et à l’étranger, ramenant en échange épices ou produits divers.
Aujourd’hui, le défibrage du chanvre est mécanisé.

Papier

Le chanvre bio est ou a été utilisé dans la fabrication de divers papiers. Le chanvre bio est utilisé notamment dans les billets de banque, le papier bible et le papier à cigarette.

Agriculture

La chènevotte sert à la fabrication de litières absorbantes pour animaux. Au potager, séchée et concassée, elle constitue un mulch qui a la réputation de présenter l’avantage de bloquer efficacement les limaces.

Construction

On peut fabriquer les murs ou les dalles en béton de chanvre bio (mélange de chaux et de chenevotte). La laine de chanvre bio est aussi un très bon isolant thermique, concurrentiel des laines minérales (laine de verre) parce qu’elle ne pose pas de problème sanitaire (amiante et laine de verre sont cancérigènes parce que constituées de fibres extrêmement petites, capables de pénétrer très loin dans les bronches). Des productions de blocs de chanvre se développent en Isère et en Champagne-Ardenne (première région productrice européenne), notamment.

Transport

Vers 1940, Ford expérimente une voiture avec une carrosserie en chanvre. L’idée est reprise dans les années 2010 par un constructeur canadien de véhicules électriques.
Diesel utilisait l’huile de chanvre bio (ainsi que d’autres huiles végétales) comme carburant pour son moteur.
Pare-chocs de la Mercedes Classe A.

Utilisation des graines

La graine de chanvre bio est appelée chenevis. On tire des chènevis de nombreux produits alimentaires.
On l’utilise pour ses propriétés nutritives, sous forme d’huile ou de graines. Ces deux éléments du chanvre ont été consommés couramment jusqu’au xixe siècle en France. Ils commencent depuis peu à y être redistribués.
Le chènevis contient entre autres :
32 % de glucides, dont 83 % de fibres
32 % de lipides
23 % de protéines, sources des 8 acides aminés essentiels
De plus, ces proportions sont idéales pour l’alimentation humaine et animale.

Huile

Alimentation : l’huile obtenue par pressage des chènevis jouit d’une excellente réputation diététique, en raison de sa teneur en acides gras de type oméga 3 (dont des oméga 3 SDA) et oméga 6 GLA (Acides Gamma Linoléique) ainsi qu’une faible teneur en Acides Gras Saturés. Non-filtrée, elle a une couleur verte plus ou moins foncée selon les variétés. Elle a un goût de noisette pour certains. On la trouve en vente dans les boutiques bio ou naturelles et des boutiques spécialisées de vente d’huile, producteurs et revendeurs et depuis peu certains supermarchés. En 2010, son prix de vente moyen est proche de vingt-cinq à quarante euros, rapportée au litre. Les contenants trouvés sont de vingt-cinq centilitres.
Combustible pour moteur (utilisé notamment par Rudolf Diesel, lors de la création de son moteur diesel, le gazole arrivera bien plus tard). En 1937, Henry Ford a créé la Hemp Body Car (en), une voiture en grande partie faite de chanvre bio et alimenté par l’éthanol de chanvre bio.
Peintures, vernis, encres et autres produits techniques : l’huile tirée de la graine du chanvre est siccative, à l’instar de l’huile de lin.
Cosmétiques : en raison de son équilibre en acides gras poly-insaturés, l’huile de chanvre est très nourrissante pour la peau. La présence d’oméga 3 lui confère des propriétés anti-inflammatoires, anti-desquamantes (peaux très sèches). Non commédogène, elle renforce le film hydro-lipidique de l’épiderme et contribue à diminuer les pertes d’eau transcutanées. Elle renforce la cohésion entre les différentes couches de kératinocytes. L’utilisation d’une huile raffinée permet d’obtenir des émulsions sans odeur désagréable et stables dans le temps.
L’huile de chanvre bio contient :
10 % d’acides gras saturés
13 % d’acides gras mono-insaturés (AGMI)
77 % d’acides gras poly-insaturés (AGPI) dont 59.5 % d’oméga 6 (acide linoléique) et 17.5 % d’oméga 3 (acide gamma linolénique en majorité, acide stéaridonique)
L’huile issue de chènevis contient en outre 8 % de graisses saturées, 55 % d’acide linoléique et 25 % d’acide α-linolénique. On y trouve des vitamines du groupe B (hydrophiles) et de la vitamine E (lipophile). Seule l’huile de lin contient une plus grosse proportion d’acide α-linolénique, mais l’huile de chènevis contient plus d’acide gras essentiels (80 % du volume total de l’huile)

Farine

Les chènevis peuvent être broyés pour obtenir la farine de chanvre, qui ne contient pas de gluten auquel de nombreuses personnes sont allergiques.

Boissons

Il existe, d’autre part, différentes boissons utilisant du chanvre bio :
limonade de chanvre bio
bière chanvrée bio
sirop de chanvre bio
thé de chanvre bio
absinthe au cannabis
À la fin des années 1990, au confluent du renouveau du chanvre et de l’essor des microbrasseries sont apparues les bières de chanvre bio. Les inflorescences femelles de chanvres à faible teneur en THC y remplacent le houblon. Elle apportent amertume et parfums (notes citronnées, poivrées).

Alimentation animale

Des chènevis sont incorporés aux mélanges pour oiseaux domestiques (canaris, perruches), aux côtés de graines d’alpiste et de millet. Le chènevis est également utilisé comme amorce pour la pêche au gardon et à la brême. Une fois trempées et cuites, les graines sont enfilées sur l’hameçon où elles servent d’appât. Enfin, les tourteaux (résidus de l’extraction de l’huile), riches en protéine, peuvent être avantageusement valorisé en alimentation du bétail, en particulier des vaches laitières.

Potentiel industriel

Récolte de chanvre bio en Haute-Saône
On tire donc du chanvre un nombre important et toujours croissant de produits : fil, ficelle, tissu, papier (plus de 70 % de la production avant 1883), mais aussi matériaux de construction et d’isolation, carburant, plastiques, produits alimentaires, médicaments.
Après avoir connu son apogée au milieu du XIXe siècle (176 000 ha cultivés en France) avec pour débouchés la papeterie et la marine à voile, les surfaces en chanvre ont été réduites à quelques centaines d’hectares en 1960 (700 ha) du fait de l’émergence de l’utilisation du coton, des fibres synthétiques et de l’arrivée de la marine à moteur. La culture connaît un regain d’intérêt depuis les années 1970 pour les marchés papetiers. Depuis les années 2000, les surfaces en chanvre se sont stabilisées régulièrement avec l’émergence de nouveaux débouchés. En 2006, les surfaces en chanvre atteignaient 8 083 ha pour 1 056 producteurs (cultures industrielles et semences comprises).
Le magazine américain Popular Mechanics de février 1938, titre un article au sujet de l’exploitation du chanvre : « New billion dollar crop ». L’extraction des fibres de la tige du chanvre, opération fastidieuse, venait de bénéficier d’un nouveau procédé d’automatisation, qui promettait une rentabilité énorme. Cependant, la culture du chanvre fut progressivement interdite aux États-Unis, par une succession de mesures, notamment la Marihuana Tax Act de 1937. Les fibres synthétiques, comme le nylon, commercialisé en 1938, commencèrent à s’imposer sur le marché mondial. Les plants poussant à l’état sauvage furent traqués et détruits. Pendant la seconde guerre mondiale, les États-Unis incitèrent leurs fermiers à produire massivement du chanvre. Le film Hemp For Victory (en), réalisé par le gouvernement américain, explique aux fermiers la nécessité de produire du chanvre pour soutenir l’effort de guerre. Avant 1989, l’existence de ce film était méconnue, et le département de l’agriculture des États-Unis, ainsi que la Libraire du Congrès nièrent son existence, jusqu’à ce que deux copies VHS ressurgissent, des mains de Maria Farrow, Carl Packard, et Jack Herer.

La culture industrielle

Le chanvre industriel, principalement du chanvre cultivé (en Europe) et du chanvre indien, est une plante à racine pivotante pouvant dépasser quatre mètres de haut, autrefois cultivée pour les fibres contenues dans sa tige produisant la filasse ou pour ses graines (appelées chènevis) fournissant une huile siccative.
Plante rudérale et robuste, sa culture en Europe ne nécessite l’emploi d’aucun pesticide. C’est en revanche une culture qui nécessite des apports de potassium et d’azote : dans la littérature technique on trouve des préconisations de 80 à 150 kg d’azote par hectare. À titre de comparaison, une culture de maïs destiné à l’ensilage, dont le cycle de végétation recouvre sensiblement la même période que le chanvre, nécessite environ 200 kg d’azote/ha.
Le chanvre industriel cultivé légalement en Europe l’est généralement dans des exploitations agricoles de grande taille.

En France, la culture du chanvre, les outils et les métiers associés ont laissé de nombreuses traces dans la toponymie et l’anthroponymie (noms de lieux et de personnes). Par exemple la célèbre avenue de la Canebière à Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n), en langue d’oc, désigne une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre à cet endroit ; selon d’autres, il ne s’agissait que de fabriques de cordes et de voiles liées aux activités du port. Du côté de Nice on trouve li Chanabieros francisé en les « chanebières ». Au nord de la Loire, la plantation de chanvre était appelée chennevière, un terme que l’on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes, parfois déformé en « chêne vert ». Le terme employé aujourd’hui est chènevière.

Production

Le renouveau du chanvre industriel en France et en Europe résulte de l’augmentation des prix du pétrole, des obligations de recyclage des matières et des perspectives environnementales. La France est aujourd’hui leader européen avec une production annuelle de 50 000 tonnes (100 000 tonnes dans l’Union européenne), et la plus large variété mondiale de semences industrielles certifiées.
Au plan industriel, le chanvre présente l’avantage de produire deux matériaux distincts et complémentaires :
la chènevotte (ou bois de chanvre) très légère (densité 0,12)
et la fibre avec un haut module de résistance à la traction
Sont visés les marchés du bâtiment et de la plasturgie automobile où les fibres de chanvre permettent la réduction du poids des pièces, ainsi que l’amélioration des perspectives de recyclage et de protection de l’environnement.
La FNPC (Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre) est en même temps un syndicat de producteurs et un producteur de semences de chanvre industriel. Depuis peu, la recherche sur le chanvre industriel en France est fédérée par l’Institut Technique du Chanvre (ITC).

La culture industrielle en France

Après avoir culminé à près de 170 000 ha au xixe siècle, le chanvre est redescendu en 1904 autour de 21 000 ha de chanvre en France pour atteindre un point bas de 600 ha ; cette culture avait presque disparu jusqu’à une reprise récente dans certains départements de l’est de la France par la Chanvrière de l’Aube et Interval-Eurochanvre dans la Haute-Saône, PDM Industries dans la Sarthe, Terrachanvre, LChanvre dans les Côtes-d’Armor, Coopéval-Agrofibre en Haute-Garonne et les Chanvriers de l’Est en Lorraine. Environ 8 000 ha lui sont maintenant consacrés en France, dont 5 000 ha autour de son bassin de production principal en Champagne-Ardenne. À Bar-sur-Aube, dans le département champenois de l’Aube, 125 tonnes de paille de chanvre sont produites par jour. Les cultivars cultivés aujourd’hui en France ont des teneurs en THC extrêmement faibles, le règlement n° 1164/89 de la Communauté européenne imposant un taux inférieur à 0,3 %.
En 2008, en France, le taux de THC devrait être inférieur à 0,2 % conformément à la règlementation européenne (règlement CE n°1782/2003 du Conseil du 29/09/2003 modifié, règlement CE n°796/2004 de la Commission du 21/04/2004 modifié). Les cultivars éligibles sont inscrits en annexe 2 du règlement 796/2004 modifié.
Pour exemple, les principaux cultivars utilisés en 2007 en région Poitou-Charentes sont Felina 32 et Fedora 17.

La culture industrielle au Canada et aux États-Unis

Au Canada, la culture du chanvre est autorisée depuis 1998. La teneur en THC est strictement réglementée et vérifiée par Santé Canada qui contrôle aussi la production, la distribution, la transformation, l’exportation et l’importation du chènevis. Une licence annuelle et le respect de plusieurs règlements sont requis. La teneur en THC est limitée à 0,3 % du poids des feuilles et à 10 parties par million (ppm) dans le cas de l’huile et de la farine de chènevis. Le chanvre est notamment cultivé au Manitoba, dans la Saskatchewan et l’Alberta.
La culture du chanvre est interdite aux États-Unis, y compris le chanvre industriel.

Les cannabinoïdes dans la plante

On recense plus de soixante cannabinoïdes dans les différents cultivars de chanvre. Le tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN) sont les plus répandues. Leur biosynthèse se fait dans des glandes spécialisées présentes sur toutes les parties aériennes de la plante. Le développement de ces glandes débute avec la formation des bractées. Les facteurs régulant la production de cannabinoïdes ne sont que partiellement connus. Bien qu’il soit prouvé que le stress environnemental augmente de manière importante la quantité de Δ 9-tetrahydrocannabinol (Haney and Kutscheid, 1973; Coffman and Gentner, 1975), une théorie plus générale est que les aspects qualitatifs dépendent de la génétique de la plante et que les aspects quantitatifs sont influencés par des facteurs environnementaux (Fairbairn and Liebmann, 1974 ; Latta and Eaton, 1975). Les cannabinoïdes jouent le rôle d’agents défensifs, contre la dessiccation, les parasites, les UV-B et les microbes.

Usage médical

Article détaillé : Cannabis médical.
De nos jours, dans les pays où il est autorisé, le cannabis médical est employé dans une très grande variété de maladies et de pathologies, comme:
-Nausées et vomissements
-Anorexie et cachexie
-Spasmes
-Troubles du mouvement
-Douleurs
-Glaucome
-Épilepsie
-Asthme
-Dépendance et état de manque
-Symptômes psychiatriques
-Maladies auto-immunes et inflammations
-Insomnies

Formes pharmaceutiques

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :
Bedrocan Bediol Bedrobinol : formes naturelles prescrites pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les malades du sida. Ces médicaments présentent des niveaux de tétrahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD) en quantités différentes ;
Marinol (tétrahydrocannabinol) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour stimuler l’appétit chez les malades du sida ;
Cesamet (nabilone) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie ;
Sativex : prescrit comme anti-douleur pour la sclérose en plaques.
Il peut aussi être prescrit à l’état naturel afin d’être consommé fumé, ou par inhalation de vapeur de THC (tétrahydrocannabinol) sublimé, et là encore sa prescription la plus courante reste relative aux malades en phase terminale.

Propriétés thérapeutiques

Article détaillé : Effets du cannabis sur la santé.
De nombreuses études[réf. nécessaire] – plus ou moins significatives – existent ou sont en cours sur ses qualités thérapeutiques.
Il est question de propriétés :
analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques sur lesquelles les traitements traditionnels sont trop forts : en termes d’effets ou d’effets secondaires ;
relaxantes et somnifères : malades en phase terminale ;
anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d’autres traitements lourds ;
stimulant l’appétit et redonnant du plaisir à manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrême) et favorise la prise de poids ;
broncho-dilatatrices : asthme ;
vaso-dilatatrices : glaucome.
D’autres études suggèrent que le cannabis pourrait être :
une alternative efficace pour traitement de l’Hyperactivité et des Troubles Déficitaires de l’Attention (TDAH) : ces dernières années, les chercheurs ont découvert que le système endocannabinoique humain est impliqué dans la modulation du système dopaminergique (voir dopamine). De ce fait, les cannabinoides deviennent une alternative pharmacologique possible aux psychostimulants (Ritaline, Concerta) généralement prescrits pour le traitement des symptômes chroniques de cette pathologie.
une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire) tels que la maladie de Parkinson ou le syndrome de Tourette ;
un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
un agent inhibant les sécrétions d’acide gastrique et pouvant jouer un rôle favorable sur la prévention des ulcères ;
un agent améliorant les troubles comportementaux des patients atteint de la maladie d’Alzheimer.
un agent protecteur du système de compression mémorielle et de l’ accès à la mémoire générale.

Usage psychotropique

Le chanvre bio est largement utilisé pour les propriétés psychotropes induites notamment par la présence de tétrahydrocannabinol (THC). C’est le cas essentiellement de trois des quatre sous-espèces qui peuvent être consommées directement après la récolte :
cannabis sativa ;
cannabis indica ;
cannabis afghanica.
La sous-espèce Cannabis ruderalis, essentiellement cultivée pour la production de chanvre textile, ne contient pas suffisamment de THC pour provoquer des effets psychotropes. Elle n’est utilisée par les cultivateurs de cannabis que pour effectuer des croisements en vue d’obtenir une meilleure résistance et une floraison plus précoce.
Actuellement, presque tous les cultivars utilisés pour l’auto-consommation sont des hybrides de ces quatre espèces. Pour la production d’hybrides, les sous-espèces cannabis indica et cannabis sativa sont essentiellement utilisées.

Modes de consommation

Le cannabis peut se présenter sous différentes formes :
fleurs séchées femelles (5-15 % THC) (qui forment les « têtes » ou « cocottes »), appelées « marijuana », ou des feuilles séchées (habituellement, les feuilles de la couronne fleurie des plantes femelles, appelées « feuilles de manucure ») ;
huile de cannabis (60-80 % THC), concentré issu d’une extraction à l’aide de solvants (généralement solvant apolaire car le THC est soluble dans ceux-ci). Les feuilles sont mélangées au solvant pendant quelques minutes puis retirées par filtration. Le solvant est ensuite évaporé pour laisser apparaître l’huile ;
pollen (~30 % THC), aussi appelé skuff, appelé ainsi par analogie avec le pollen des botanistes mais qui n’a en réalité rien à voir : le vrai pollen de la plante, poussière jaune produite par les pieds mâles au moment de leur reproduction, ne contient pas de substance active. Il s’agit ici de la poudre résineuse obtenue en battant des ballots de tissus remplis de fleurs de cannabis (têtes). La poudre ainsi récupérée, est ensuite compactée en bloc, ce qui donne le haschich, souvent « coupé » avec différents produits (paraffine, etc.) afin d’en augmenter le volume et le poids, avec pour effet une diminution de la concentration en THC.

Le cannabis est généralement consommé avec du tabac dans des cigarettes artisanales appelées « joints » ou « pétards ». D’autres modes de consommation existent : – pipe, chillum, etc., avec ou sans tabac ; – « bang » (ou « bong »), une pipe à eau à travers laquelle la fumée est refroidie et filtrée avant d’arriver aux poumons : la quantité aspirée est plus importante et les effets plus rapide et plus intenses qu’avec un joint ; – gâteaux (« space cakes ») : les effets mettent plus longtemps à venir et ce mode de consommation demande des quantités plus importantes car une partie du THC est détruite par les enzymes de l’estomac[réf. souhaitée] ; – vaporisation : ce mode de consommation, comme les gâteaux, ne présente pas les dangers liés aux produits de combustion cancérigènes : goudrons, oxyde de carbone, etc. Par ailleurs la quantité de cannabis nécessaire est moins importante car le THC n’est pas détruit par la chaleur de la combustion. C’est le mode de consommation privilégié par les utilisateurs de cannabis à des fins thérapeutiques.

Origine du cannabis

Le cannabis consommé en Europe provient principalement de la région du Rif, une région montagneuse située dans le nord du Maroc, au nord de l’Afrique.
Le chanvre serait cultivé dans le Rif depuis le VIIe siècle, soit depuis plus d’un millénaire.
Le cannabis marocain est appelé le kif venant du mot katf, garrot, qui sert à lier, peut être issu des rameaux d’herbes liés et conditionnés pour le séchage. En arabe ou dialecte Marocain (darija) il peut être aussi appelé zatla, hashish, al hasha, al hanchla, flitoxa, ghalghoula, aachour, tibisla etc. après transformation en drogue.

Habitudes de consommation

Généralement, le cannabis est fumé. Il peut se présenter sous les formes suivantes:
La marijuana : on l’appelle aussi pot, beuh ou herbe. Roulée en joint, on l’appelle joint, pétard, ou d’autres surnoms. Elle est composée à partir des fleurs séchées du cannabis ou des feuilles mais les feuilles ne sont pas de bonne qualité, elles sont appelées feuillasse ou paille. Celles-ci sont séchées, finement hachées, puis fumées telles quelles ou mélangées à du tabac. Elle est aussi, parfois, mêlée à des pâtisseries ou à des boissons. La teneur en THC varie de 0,1 à 25 % selon la provenance et son mode de préparation.
Le haschisch ou hasch : il est fabriqué avec la résine du chanvre qui couvre les fleurs et les feuilles du sommet de la plante. La résine est raclée, pressée en blocs et généralement fumée. Le haschisch est mélangé à du tabac sous forme de cigarette ou dans une pipe. Parfois encore, certains adeptes le mélangent à des aliments ou boissons. Les effets du haschisch sont beaucoup plus puissants que ceux de la marijuana : sa teneur en THC varie entre 10 et 30 %.
L‘huile de Cannabis : Pour extraire l’huile, le cannabis est trempé dans un solvant, ensuite évaporé pour obtenir un concentré de THC (entre 60 et 80 %) ainsi que d’autres canabinoïdes. Cette huile, qui se fume mélangée à du tabac, est dangereuse en raison de son très fort taux de concentration. Elle est peu répandue.
l’huile essentielle de cannabis : Est extraite de la plante par distilation, elle contient un très fort taux de canabinoïde ainsi que d’arôme, elle est très peu répandue.
Lorsqu’il est fumé, entre 15 et 50 % du THC passe dans le sang et l’effet dure entre 45 minutes et 2 h 30.
Une des techniques pour avoir un maximum d’effet est d’aspirer la fumée par plusieurs inhalations courtes, de l’envoyer dans les poumons et de l’y laisser un certain temps. On dit qu’on cogne ou compresse (ou konye en créole) lorsqu’on utilise cette technique.
D’autres techniques incluent l’utilisation de narguilé ou pipe à eau pour fumer le cannabis tout en refroidissant la fumée. Il s’agit de techniques censées filtrer la fumée, qui multiplient en réalité les quantités d’air et de toxiques inhalés, du fait qu’il faut aspirer plus profondément. Ce mode de consommation fait pénétrer les fumées plus profondément dans les poumons, avec les risques qui en sont la conséquence .
Le cannabis peut aussi être ingéré car le THC est soluble dans les graisses et l’alcool. Néanmoins, lorsqu’il est ingéré, les effets du cannabis se déclarent au bout de trente minutes et peuvent se prolonger plusieurs heures, ce qui peut générer un état d’anxiété et de paranoïa appelé bad trip.
Le beurre de Marrakech, obtenu par extraction des composés liposolubles du haschisch ou des inflorescences de cannabis se substitue au beurre classique dans les recettes. Il est utilisé pour préparer des plats tels que le space cake, la pot pie ou les hash brownies.
Le cannabis peut également être mis en solution dans du lait (de préférence entier), ce que l’on nomme un bhang ou « lait vert ».
Le haschich peut être mis à fondre dans du chocolat noir et servir ensuite en pâtisserie ou solidifié pour l’utiliser à la demande.
le Green Dragon désigne une boisson alcoolisée à base de macération de cannabis dans de l’alcool (ou une boisson au datura). La solution est verte, d’où le nom.
Le pot tea (ou thé/tisane au chanvre) est une infusion de chanvre bio. Les cannabinoïdes se diluant moins bien dans l’eau, le chanvre est en général bien séché pour une infusion. Il existe plusieurs variantes pour rendre une tisane au chanvre agréable à boire tout en ayant des effets puissants selon la concentration de THC. La plus connue est le thé-chai au cannabis. Les effets de cette tisane se font ressentir environ 2 heures après ingestion et peuvent durer jusqu’à 18-24h selon les individus[réf. nécessaire]. C’est pourquoi elle est plus rarement consommée.
La vaporisation ou sublimation est une autre méthode d’absorption. On peut extraire le THC et les autres cannabinoïdes sous forme de vapeur en chauffant légèrement la plante sans la brûler. Cette méthode a l’avantage de ne pas produire les substances toxiques contenues dans la fumée du cannabis et du tabac lors d’une combustion normale (monoxyde de carbone, goudrons, nitrosamines…). En chauffant le cannabis à une température précise, les substances psychotropes s’évaporent, mais la plante ne brûle pas encore. La vapeur produite peut alors être inhalée, avec un effet aussi immédiat et plus puissant que si le cannabis était fumé.
En 2008, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies signale qu’en général, les prix de vente au détail du cannabis végétal et de la résine de cannabis oscillent en Europe entre 2 et 14 euros le gramme. La plupart des pays européens font état de prix compris entre 4 et 10 euros pour les deux produits.

Évaluation de la consommation

En 2008, l’ONU dans son rapport mondial sur les drogues 2008, estimait qu’il y avait 166 millions d’usagers de cannabis, le pays comportant le plus d’utilisateurs restant les États-Unis.
Plus de soixante-deux millions d’Européens (plus de 20 % de l’ensemble de la population adulte) ont déjà consommé du cannabis et vingt millions en ont consommé au cours de la dernière année, selon une étude publiée le 25 novembre 2005 par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).
Dans son rapport annuel du 1er mars 2006, l’OICS indique que l’Afrique compterait trente-quatre millions d’usagers.
Cependant cette évaluation est certainement très loin de la réalité. Il n’existe aucune méthode fiable pour évaluer un marché illégal, ce qui se fait par des extrapolations des drogues saisies ainsi que des évaluations des surfaces cultivées.
Il s’agit en revanche de la drogue illégale la plus consommée dans le monde.

Effets recherchés

D’une manière générale, les effets varient en intensité et en durée, en fonction du mode de consommation, des teneurs respectives en THC (effet high) et CBN (effet stone) ainsi que du sujet, de son état physique et psychique. Les effets peuvent durer entre quelques minutes (inhalation) et quelques heures (ingestion). Leur durée est tout autant variable.
Généralement :
euphorie, hilarité, excitation ;
relaxation, détente, sensation de flottement ;
facilité d’introspection (disparition de l’inhibition) ;
association d’idées créatives ;
stimulation de l’appétit (Voir Usage médical) ;
sommeil ;
sensation d’extrême plaisir même face à des choses parfois futiles.
Des doses plus fortes peuvent induire une augmentation de la perception auditive et visuelle (diminution de l’inhibition latente), qui peut engendrer des hallucinations et conduire au bad trip ou au contraire amplifier les sensations durant un spectacle musical ou devant un film, effet souvent recherché.

Effets indésirables

Après la consommation, l’usager peut manifester les symptômes suivants :
yeux rouges, mydriase ;
tachycardie, hypertension/hypotension ;
assèchement buccal (familièrement appelé « la pâteuse » ou « moquette » souvent caractérisée par un blanchiment de la langue) ;
anxiété ;
altération de la mémoire immédiate ;
troubles de la perception du temps (quelques minutes semblent être des heures, ou l’inverse) ;
paranoïa ;
peut révéler une schizophrénie latente. Toutefois, ce n’est pas la cause immédiate de la schizophrénie. Il s’agit davantage d’un facteur précipitant. En effet, les effets hallucinogènes des drogues peuvent entraîner le début de troubles psychotiques. Le risque est important chez les personnes vulnérables à cette maladie.
Des vomissements sont possibles (surtout avec le haschich) mais sont surtout provoqués par les produits coupants ou l’angoisse due à la perte de repères.
Lorsqu’il est pris par un conducteur, il augmente le risque d’accident de la route et double le risque d’accidents mortels.

Effets cognitifs

Le cannabis altère la mémoire immédiate, la concentration, le rappel des souvenirs ou des mots, et peut donc diminuer les capacités d’apprentissage. En l’état actuel des connaissances, la mémoire ne semble pas affectée au-delà du temps des effets du cannabis, c’est-à-dire quelques heures. Cette amnésie est multipliée en cas de consommation associée avec de l’alcool.
Le cannabis perturbe les processus de mémorisation du cerveau en désorganisant le fonctionnement électrique de l’hippocampe , structure clé du cerveau pour l’activation de la mémoire. Le cannabis aux doses usuellement présentes chez ses consommateurs supprime les oscillations électriques, essentielles dans le processus d’apprentissage et de mémorisation. Les processus cognitifs sont désorganisés.
La principale substance active dans le cannabis, le THC, bloque aussi la libération d’un neurotransmetteur important dans l’hippocampe, l’acétylcholine, affectant le fonctionnement électrophysiologique du cerveau.
Le cannabis perturbe chez le fœtus la formation des réseaux de neurones dans le développement du cerveau, ce que confirme la proportion très élevée d’enfants ayant un retard mental chez les mères consommatrices.

Effets psychiques

L’usage de cannabis peut traduire un mal-être psychique – parfois insoupçonné – pouvant se transformer en paranoïa, crises d’angoisses, sentiment d’oppression. Il existe aussi quelques cas de psychose cannabique aiguë.
Au niveau neuro-psychiatrique, la substance peut diminuer l’attention, aggraver ou révéler des troubles psychiques comme n’importe quel psychotrope. Un syndrome amotivationnel (démotivation) peut apparaître, ainsi que : manque d’estime de soi, intempérance, dépression et tendances suicidaires. Il existe une corrélation entre l’usage prolongé du cannabis et la dépression chez certains patients mais il reste difficile de dire si le cannabis produit la dépression ou si la dépression favorise une consommation chronique… Différentes études, à la crédibilité variable, suggèrent des liens entre schizophrénie ou psychose et cannabis (Lien entre schizophrénie et consommation de cannabis).

Adolescence

Selon une étude, il n’y aurait aucune différence sur le plan cérébral entre ceux qui ont régulièrement fumé de la marijuana au cours de leur adolescence et ceux qui n’en ont jamais fait usage. Une autre étude affirme plutôt que les personnes prédestinées à la schizophrénie voient leurs symptômes précipités lorsqu’elles commencent à consommer pendant l’adolescence. La consommation intensive de dérivés concentrés, comme l’huile de haschisch, favorise, particulièrement à l’adolescence, l’apparition des troubles psychotiques.

Effets comportementaux

Des troubles de comportement sont observés chez l’animal de laboratoire qui y est exposé, y compris chez des espèces très éloignées des mammifères comme l’araignée. Le cannabis est un des produits dont les effets ont été testés sur des araignées dès les années 1950. Comme pour d’autres drogues, les araignées qui y sont exposées, même à de faibles doses, ont produit des toiles tout à fait anormales. Plus la toxicité du produit est élevée, plus l’araignée laisse de manques dans sa toile.

Effets somatiques

À long terme, les effets sur l’homme ont besoin d’être étudiés. On cite cependant des affections durables des voies respiratoires similaires au tabac : toux, cancer bronchique, bronchite chronique, emphysème (du fait d’inhalations profondes et prolongées). Par ailleurs, l’inhalation de la combustion de produits de coupe souvent présents dans le haschisch expose l’usager à des risques aussi aléatoires que néfastes. L’herbe a été exceptionnellement coupée à l’eau, au sable voire au verre pilé afin d’alourdir la masse et donc d’augmenter les prix.
Une dépendance physique existe, même si elle est moins marquée que pour d’autres produits, probablement du fait de la demi-vie plus longue du THC dans le corps. Il faut également signaler qu’une dépendance physique au tabac, utilisé dans la confection du joint, se manifeste très souvent chez les fumeurs réguliers de cannabis. Cependant, un joint peut également être confectionné uniquement avec la substance.
Selon une étude d’une association de consommateurs, fumer trois joints équivaut à fumer un paquet de cigarettes. La fumée de cannabis contient sept fois plus de goudron et de monoxyde de carbone que la fumée du tabac seul. Cet essai est en contradiction avec d’autres travaux scientifiques qui estiment que « fumer du cannabis n’accroît pas le risque de cancer » ou que les risques cancérigènes sont à imputer à la présence de nicotine due au mélange avec du tabac. Alternativement à la combustion, l’usage d’un vaporisateur, en vente libre, délivre une vapeur de cannabinoïde pratiquement pure.
La consommation à l’aide d’une pipe à eau augmente très fortement l’inhalation de produits toxiques.

Effets sur la conception et la reproduction

La consommation régulière de joints, chez l’homme, contribue à une baisse de la fertilité.
Pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d’entraver l’activité cérébrale du fœtus, retardant le développement du cerveau in utero. La tératogénicité de la consommation de cannabis durant la grossesse semble cliniquement non significative. Cependant, après une exposition in utero au cannabis, des atteintes cognitives pendant les années d’enfance ont été observées, avant tout sur l’attention et les tests d’hypothèses par voie visuelle.

Autres effets

Fumer du cannabis peut être un facteur de risque de la maladie parodontale (maladie du tissu soutien des dents) qui est indépendant de l’utilisation du tabac.

Législation sur le chanvre

Article détaillé : Législation sur le cannabis.
Etant donnée sa rapidité de développement, ses nombreuses applications et la qualité de ses fibres, sa culture concurencerait plusieurs secteurs industriels, c’est pourquoi le chanvre a été intégré à la convention unique sur les stupéfiants de 1961.
La détention, commerce, la promotion et la consommation de marijuana sont interdits dans la majorité des pays du monde au cours du xxe siècle : la convention unique sur les stupéfiants de 1961 proscrivant la culture du chanvre dans tous les pays signataires est indéniablement une retombée du Marihuana Tax Act de 1937 aux États-Unis d’Amérique. Néanmoins, les raisons historiques de cette interdiction semblent avoir été différentes de part et d’autre de l’Atlantique (bien que l’influence des prohibitionnistes américains semble déterminante).
Depuis les années 2000, certains pays ont commencé à distinguer l’usage médical du cannabis de sa consommation récréative, comme c’est déjà le cas pour les autres substances psychotropes, en particulier les opiacés. C’est le cas de trois Pays : Le Canada, les États-Unis et les Pays-Bas.
Au Canada et aux États-Unis, le choix a été fait de tolérer la distribution de cannabis médical par l’intermédiaire de Centres de Compassion, comme il en existe au Québec, à Montréal et à Québec par exemple. Le patient doit au préalable être admis sur contrôle de sa maladie par le Centre Compassion. Le patient peut ensuite librement choisir la posologie et la qualité des produits mis à sa disposition pour se soigner. Néanmoins, la situation aux États-Unis reste controversée; une récente décision au niveau fédéral a contredit la politique de tolérance[réf. nécessaire]. Par le référendum du 4 novembre 2008, le Massachusetts a dépénalisé la marijuana et le Michigan en a autorisé une utilisation médicale.
Aux Pays Bas, la situation est différente. Le Ministère de la Santé a depuis 2005 mis sur le marché trois qualités de cannabis médical, contenant des teneurs de tétrahydrocannabinol (THC) standardisées allant de 6% à 18%, et des teneurs en cannabidiol non psychoactif (CBD) allant jusqu’à 7,5%. Ces médicaments, présentés sous forme naturelle, sont produits par la Société Bedrocan et distribués en pharmacie sur prescription médicale.
La culture, la possession pour usage privé et la distribution sont généralement réglementées. Les lois varient néanmoins d’un pays à l’autre. En France, le commerce de marijuana est un délit puni de fortes amendes et de peines de prison.
Dans de nombreux pays, la police exerce un pouvoir discrétionnaire, mettant en garde les usagers ou confisquant le cannabis, même en petites quantités, à usages privé ou médical.

Dépistage de la consommation

La référence est constituée par le dosage de delta-9-tetrahydrocannabinol dans le sang. Le dépistage de cette substance dans la salive est possible et largement utilisé, en particulier par des contrôles policiers au bord de la route dans certains pays, comme l’Australie ou certains états des États-Unis. Il n’existe pas de taux limite « légal » même si quelques experts estiment que le risque accidentogène est réduit en dessous d’un certain seuil.

Boutique Biologiquement.comChanvre et Construction : La Révolution Chanvre bio

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Construire et rénover aujourd’hui pour demain

La lutte contre le réchauffement climatique est un défi majeur du XXIème siècle. Tous les experts s’accordent pour penser qu’il ne pourra se gagner sans remettre en cause fondamentalement les activités humaines et en premier lieu tout ce qui touche à la construction et à l’habitat.
En France, le Grenelle de l’environnement, au-delà de la prise de conscience qu’il a largement suscité, ne s’y est pas trompé en consacrant le Chapitre 1 de la loi du 21.10.2008 à la performance énergétique des bâtiments et en fixant des objectifs ambitieux : entre autre, tous les bâtiments construits à partir de 2020 devront présenter un bilan énergétique positif.
Dans ce contexte, les « solutions chanvre » s’inscrivent dans une nouvelle pensée de la construction et proposent des réponses globales et adaptées à des problématiques complexes.

Construction d'une maison en chanvre bio
Construction d’une maison en chanvre bio

La place de matériaux « biosourcés » et les performances du chanvre

Le choix des matériaux va d’autant plus se répercuter sur le résultat global que l’on s’oriente vers de hauts niveaux de performances pour le bâtiment. Et il est indispensable d’avoir une approche totalement nouvelle de l’évaluation de la qualité des matériaux en prenant en compte la globalité de leurs performances et des incidences à long terme.
Les vertus des matériaux d’origine végétale – matériaux « biosourcés » – y trouvent toute leur expression. Parmi eux, les matériaux chanvre tiennent une place primordiale, grâce aux spécificités de leurs production et à leurs performances : intrinsèques.

Performances techniques

Qu’il s’agisse de mécanique, de thermique, d’acoustiques ou de durabilité, les matériaux à base de chanvre sont dimensionnés pour répondre à toutes les exigences indispensables à la construction d’ouvrages de qualité.
De plus certaines de leurs caractéristiques, permettent d’apporter des solutions pertinentes dans de nombreux cas. Par exemple, la capacité de déformation des bétons de chanvre répond aux exigences des structures bois que se soit en rénovation (remplissage de colombages, plancher structure bois…) ou en construction neuve (remplissage de construction à ossature bois, avec possibilité d’enduit…)
Autre exemple, le fonctionnement hygrothermique des enduits de mortier de chanvre peut être une solution adaptée pour améliorer efficacement la consommation d’énergie des bâtiments anciens.
Enfin, le chanvre et les produits qui en sont issus ont toujours été reconnus pour leur résistance et leur durabilité (voir : Chanvre, production, filière). Les matériaux de construction n’échappent pas à cette réputation ce qui influence favorablement les autres performances des matériaux chanvre.

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio

Boutique Biologiquement.comHistoire utilisation du chanvre bio

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 0    Moyenne : 0/5]

On ne connaît en Europe qu’une espèce de ce genre de plantes, c’est le chanvre bio cultivé (cannabis sativa). Dans l’Asie méridionale, outre cette espèce, on en trouve une autre qui vient sans culture, et qui sert à un autre usage : comme elle est assez commune dans l’Inde, les botanistes l’ont nommée cannabis indica. Ses propriétés sont analogues à celles de l’opium et du tabac ; elle procure, dit-on, une ivresse gaie, un sommeil profond ou des rêves agréables, suivant la dose ou la préparation que les amateurs font varier à leur gré. D’ailleurs sa filasse est dédaignée par les cordiers comme trop grossière et difficile à mettre en œuvre.

Il est très probable que l’espèce naturalisée en Europe est originaire de la Chine ; cette opinion est généralement admise. Le chanvre bio se trouve dans la Russie asiatique, jusqu’aux frontières connues des deux empires, dans le gouvernement d’Irkoutsk. La plante n’a pas dégénéré en passant au nord de l’Altaï ; les étés de la Sibérie lui conviennent très bien, et suffisent pour amener sa graine à une complète maturité. Comme elle ne diffère point de celle que l’on cultive en Europe, on ne peut méconnaître que l’une et l’autre viennent de la même terre natale, et cette terre ne peut être que la Chine, ou quelque autre contrée de l’Asie méridionale.

On a dit et répété de livre en livre que le chanvre bio peut être cultivé dans tous les lieux habitables : l’exagération est trop évidente pour qu’on ne la reconnaisse pas au premier coup d’oeil, si on regarde comme habitables tous les lieux où l’homme a établi sa demeure.

On n’essaiera point de cultiver le chanvre bio en Laponie, ni vers le sommet des Alpes et des Pyrénées, etc. ; il y a donc une durée des froids qui interdit cette culture. D’autres régions plus vastes, telles que les steppes de l’Asie centrale, le Sahara de l’Afrique, les pampas de l’Amérique méridionale, repoussent toutes les cultures qui exigent une terre bien humectée ; et par conséquent le chanvre bio ne peut y réussir, quoique ces contrées ne soient pas sans habitants. De plus, il faut à cette plante un sol très riche, éminemment végétal, tandis qu’une multitude de végétaux alimentaires se contentent de terres médiocres et même pauvres.

L’Europe a reçu de la Chine une autre plante annuelle comme le chanvre bio, et dont les Chinois tirent aussi une filasse qu’ils préfèrent à celle du chanvre bio pour les cordages : c’est l’abution à feuilles de tilleul (sida tiliae folia). M. Abel, botaniste anglais, en a vu de grandes cultures dans plusieurs provinces de cet empire, et le chanvre bio y tenait beaucoup moins de place. Les Chinois nomment la première xing-ma, et la seconde ge-ma : la première partie de ces noms indique les différences des plantes, et la seconde partie leurs propriétés communes.

Des expériences comparatives faites en Europe sur l’une et l’autre, avec la précision que l’on peut y mettre, seraient d’un grand intérêt pour les arts, et peut-être aussi pour l’agriculture, quel que fût le succès ; elles apprendraient s’il nous convient d’imiter les Chinois en cultivant à la fois le chanvre bio et la plante rivale, ou s’il faut nous borner à celle que nous possédons depuis longtemps, et à laquelle nous ne renoncerions pas tout à fait, puisque les Chinois eux-mêmes la conservent.

La plante nouvelle embellirait les campagnes de ses fleurs jaunes, et de ses larges feuilles ; comme elle n’est pas dioïque, on n’aurait à faire qu’une seule récolte, au lieu de deux que le chanvre bio exige : la première pour les tiges à fleurs mâles, et la seconde pour les porte-graines. Si on se décidait à tenter ces expériences, on les continuerait assez longtemps pour les rendre décisives, on les varierait, on ne laisserait en arrière aucune des recherches propres à les éclairer et les compléter : leur objet mérite à tous égards qu’on s’en occupe avec l’attention la plus sérieuse.

On reproche à la culture du chanvre, lorsqu’elle est faite très en grand, l’insalubrité du rouissage, opération nécessaire pour donner à la matière textile une force qu’elle n’aurait pas sans cette préparation, et pour la séparer entièrement de la partie ligneuse, ou chenevotte. En effet, cet inconvénient est grave, mais peut-être est-il inévitable. Les efforts que l’on a faits jusqu’à présent pour y remédier n’ont pas eu de succès ; en Italie, les machines et les procédés qu’on a mis à l’essai pour remplacer le rouissage ont été promptement abandonnés ; les inventeurs français n’ont pas été plus heureux que les Italiens, et les annonces de broies mécaniques pour la préparation du chanvre non roui ont été démenties par des juges compétents.
Il n’y a pas encore d’espoir fondé que l’on parvienne bientôt à remplacer, par des procédés plus sains, ceux que l’on a suivis jusqu’à présent dans cette industrie agricole, aux dépens de la santé des cultivateurs, et des habitations voisines des eaux où de grandes quantités de chanvre sont soumises au rouissage.

Les Anglais suivent une marche qui les fait échapper à ce danger ; ils ne cultivent que peu de chanvre bio dans les trois royaumes, et se procurent par la voie du commerce celui que leur marine consomme. C’est principalement en Russie qu’ils vont s’approvisionner de cette matière où ils la trouvent en abondance, de bonne qualité et bien préparée. Ils ont essayé de s’affranchir de cette sorte de dépendance qui serait funeste pour leurs forces navales en cas de rupture avec le tzar.

Le chanvre bio du Canada pourrait remplacer celui de l’Europe, si la culture y était suffisamment encouragée ; il s’agissait de savoir s’il serait d’aussi bonne qualité. L’épreuve en fut faite et ne satisfit point. On reconnut cependant que l’infériorité du chanvre bio américain ne tenait qu’à une préparation défectueuse. On ne s’arrêtera pas sans doute à ce premier résultat : on ne perdra pas de vue les avantages réciproques de la métropole et de la colonie, et la culture du chanvre bio s’établira tôt ou tard dans le Canada, non seulement pour la marine anglaise, mais pour d’autres marines de l’Europe.

Aucun autre pays ne semble aussi propre à cette exploitation : un sol d’une admirable fertilité, un fleuve immense, des rivières qui reçoivent les eaux de grands lacs ; le rouissage n’y exposerait point les cultivateurs aux miasmes des eaux infectées ; cette opération serait faite loin de leur demeure, dans des masses d’eau qu’une petite quantité de matière en putréfaction ne pourrait altérer. On a calculé que l’importation du chanvre bio, de Russie en Angleterre, était à peut près le produit de trente-six lieues carrées, ou de la huitième partie de l’étendue moyenne d’un département français ; le Canada peut doubler, tripler ce produit, sans renoncer à aucune des autres cultures propres à son territoire et à son climat.

Le royaume de Naples fournit aussi du chanvre bio à l’Angleterre. Dans la terre de Labour, et aux environs de la capitale, la culture de cette plante était d’une telle extension, que les inconvénients du rouissage avaient pris une grande gravité et provoquèrent la sollicitude du gouvernement. Les cultivateurs eurent ordre de porter leurs chanvres dans le lac d’Agano, pièce d’eau d’une demi-lieue de tour, dont les bords sont réputés malsains, en sorte qu’on s’en éloigne pendant l’été. En consacrant ces eaux à un emploi qui devait les rendre encore plus malfaisantes, on n’ajoutait presque rien à leur mauvaise réputation.

En France on n’a pas la ressource de renvoyer à une colonie lointaine des travaux qui nuiraient ou déplairaient à la métropole ; et comme on n’y trouve rien qui ressemble au lac d’Agano, il faut bien se résoudre à continuer la culture du chanvre bio comme on l’a faite jusqu’à présent. La consommation diminuera quelque peu par l’emploi des câbles de fer dans notre marine. On ne peut s’abstenir de faire des voeux pour que les chenevières soient plutôt restreintes que multipliées, et que d’autres exploitations agricoles aussi lucratives et moins insalubres s’emparent d’une partie des excellentes terres réservées actuellement pour le chanvre bio.

Il semble que l’art du cordier soit sur le point de faire d’importantes acquisitions. Déjà les mémoires de la Société d’agriculture de Turin nous ont annoncé que M. Giobert est parvenu à faire, avec l’écorce de l’acacia vulgaire (robinia pseudo-acacia), des cordes aussi belles et aussi fortes que celles du chanvre bio. On dit que des essais de cordages en coton ont été faits aux Etats-Unis. Sur la Méditerranée, on n’a pas tout à fait renoncé aux cordages de spart. Nous ignorons encore si la préparation de la nouvelle plante chinoise, pour séparer la filasse, ne mérite pas les justes reproches que l’on a faits à celle du chanvre bio.

Préparation du cordage de chanvre bio
Préparation du cordage de chanvre bio

Quant au phormium, on sait déjà qu’il ne compromet nullement la santé des manipulateurs. De plus, cette plante est vivace, et sa culture paraît très facile ; mais en quels climats peut-elle prospérer aussi bien que dans la Nouvelle-Zélande ? A quelle latitude faut-il l’arrêter dans notre hémisphère ? Voilà des recherches qui ouvrent aux agronomes une vaste et honorable carrière, quoiqu’elles soient limitées aux matières textiles propres à la fabrication des cordages.

Rappelons ici d’autres recherches dont le chanvre bio et le lin furent l’objet. A l’époque de sa toute puissance, Napoléon offrit une récompense d’un million à l’inventeur d’une machine pour filer ces matières ; mais le génie de la mécanique ne répondit pas à l’appel. Plus tard on fit quelques efforts en Italie ; deux mécaniciens de ce pays produisirent presque en même temps deux solutions différentes du fameux problème et les journaux italiens firent l’éloge de l’une et de l’autre ; mais ces journaux prodiguent quelquefois la louange. Depuis ce temps, les deux machines à filer le chanvre et le lin sont aussi complètement oubliées que les broies mécaniques pour séparer la filasse du chanvre bio sans rouissage.

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio

Boutique Biologiquement.comHistoire du chanvre bio

  Posté par chanvre       1 commentaire
[Total : 2    Moyenne : 2/5]

Le chanvre est une des premières plantes domestiquées par l’homme, au Néolithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagné migrations et conquêtes pour se répandre sur tous les continents. Jadis, le Canabis sativa, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.

Néolithique

L’origine géographique du chanvre n’est pas certaine : plaines de l’Asie centrale dans le secteur du lac Baïkal pour certains, région moyenne du fleuve Jaune en Chine pour d’autres, ou encore contreforts indiens de l’Himalaya. Les plus anciennes traces archéologiques de son utilisation par l’homme ont été retrouvées en Chine, dans l’un des foyers de la révolution agricole néolithique. Les fouilles du site néolithique de Xianrendong (dans le Jiangxi), daté de 8000 av. J.-C. ont ainsi livré de la céramique, certains pots décorés de fibres spiralées de chanvre. Il s’agirait donc d’une des premières plantes domestiquées par l’homme, probablement tout à la fois pour ses fibres solides, ses graines oléagineuses nourrissantes et les propriétés médicinales de sa résine.

Antiquité

La plus ancienne tradition d’un usage médical du cannabis semble également chinoise : la plante fait partie des trois cent soixante-cinq remèdes d’origine végétale décrits dans le plus vieux traité de pharmacopée de l’humanité retrouvé à ce jour. Le Shen nung pen Ts’ao king (Traité des plantes médicinales de l’empereur Shen Nung), 2737 av. J.-C. ne donne pas d’indication thérapeutique précise, du moins dans sa version originelle : antalgique, anti-émétique, laxatif, etc. Il est amusant de noter que c’est à ce même empereur Shen Nung que la légende attribue la découverte d’une autre plante psychotrope dont l’usage est aujourd’hui répandu sur tous les continents, le thé.
En Égypte antique, on trouve également une trace écrite de l’utilisation médicinale du chanvre. Ainsi le papyrus Ebers (rédigé 1500 ans av. J.-C.) mentionne l’utilisation d’huile de chènevis pour soigner les inflammations vaginales (formule n°821, p.96, lignes 7-8).
Le cannabis était bien connu des Scythes, si l’on en croit l’historien grec Hérodote (450 av. J.-C.), qui décrit une séance de fumigation collective entraînant l’hilarité des participants. Le professeur Serguei Ivanovich Rudenko, archéologue russe, a confirmé l’utilisation courante du cannabis par les Scythes avec la découverte en 1929 sur le site de Pazyryk d’un chaudron de bronze rempli de graines de chanvre carbonisées, ainsi que des vêtements de chanvre et des encensoirs métalliques. Ces peuplades nomades, qui ne pratiquaient pas l’agriculture, ont probablement joué un rôle dans la diffusion du chanvre, à travers leurs migrations dans les steppes eurasiennes. Le chanvre est en effet une plante rudérale, qui colonise les habitats anthropisés (perturbés par l’homme). Elle est écologiquement adaptée aux milieux ouverts (donc ensoleillés), aux sols riches en azote (à cause des déjections des troupeaux), caractéristiques des abords de campements.
Depuis l’Antiquité, les peuples germaniques cultivaient également le chanvre, au moins pour ses fibres — utilisées pour la fabrication de vêtements et de cordes pour les bateaux. Ainsi, à Eisenberg dans le Thuringe, des fouilles archéologiques ont mis au jour des semis de chanvre à côté de poteries datant de 5500 av. J.-C. La découverte de la plus ancienne pipe du monde dans des tombeaux datant de l’âge de bronze (1500 av. J.-C.), à Bad Abbach (Bavière) tend à prouver que l’absorption de psychotropes sous forme de fumée inhalée en Europe est bien antérieure à la découverte du Nouveau Monde. Cela ne suffit pas pour autant à affirmer que le cannabis était fumé par les anciens Germains. On sait en revanche que, avant la promulgation de la « loi de pureté » Reinheitsgebot, en 1516, influencée par les prescriptions de la moniale Hildegarde de Bingen – qui s’était entichée du houblon – nombreuses étaient les plantes aromatiques et psychotropes qui servaient à renforcer le goût et les effets des bières de l’Antiquité et du Moyen Âge, et à en améliorer la durée de conservation. Le cannabis a de fortes chances d’en avoir fait partie, aux côtés d’autres plantes « magiques » locales : achillée millefeuille, ivraie enivrante, myrte des marais, lédon des marais, marjolaine, trèfle d’eau, armoise, germandrée, genêt à balais, jusquiame, sauge des bois…
Dans l’Empire romain, on retrouve la trace du chanvre dans plusieurs écrits, comme ceux de Pline l’Ancien. Celui-ci y consacre un paragraphe dans son Histoire naturelle (livre XIX traitant de la culture du lin et de l’horticulture) où il donne de précieux conseils en matière de choix variétal, date de semis, de récolte, etc. Dioscoride évoque pour sa part le chanvre « qui fait venir au-devant des yeux des fantômes et illusions plaisantes et agréables. », tandis que Galien met en garde contre cette plante : « Certains mangent les graines frites avec des sucreries. J’appelle sucrerie les nourritures servies au dessert pour inciter à boire. Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommées en grandes quantités, affectent la tête en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques ». Au IIe siècle, les Romains vont introduire la culture du chanvre en Gaule avec celle du seigle, de la gesse et de la vesce. La fouille archéologique de la villa de Saint-Romain de Jalionas (Isère) met ainsi à jour plusieurs aires de rouissage du chanvre. Le plant de chanvre doit en effet subir une décomposition partielle afin que le ciment pectique et les fibres ligneuses se désolidarisent des fibres de cellulose. L’immersion des pieds dans l’eau permet d’accélérer ce processus. D’autres découvertes archéologiques, aussi bien dans la région de Marseille que dans le Sud-Ouest (site de Al Poux dans le Lot) laissent cependant supposer que le chanvre était cultivé et utilisé en Gaule bien avant la romanisation.
En Chine, l’époque des Han occidentaux, au iiie siècle le grand chirurgien Hua Tuo réalise des opérations sous anesthésie en utilisant le chanvre indien. Le terme chinois pour anesthésie (麻醉 : má zuì) est d’ailleurs composé de l’idéogramme qui désigne le chanvre, suivi de celui qui signifie l’ivresse.
Le cannabis serait mentionné dans la Bible, par exemple dans le livre de l’Exode, l’Éternel ordonne à Moïse de fabriquer une huile sainte avec « cinq cents sicles de myrrhe, de celle qui coule d’elle-même; la moitié, soit deux cent cinquante sicles, de cinnamone aromatique, deux cent cinquante sicles de roseau aromatique ». Ce dernier ingrédient (kaneh bosm en hébreu) pourrait être le chanvre… La preuve de l’usage médicinal du cannabis au Proche-Orient a été faite en 1993 quand une équipe d’archéologues ont découvert à Beit Shemesh, entre Jérusalem et Tel-Aviv un tombeau contenant le squelette d’une jeune fille de 14 ans environ. Des pièces romaines ont permis de dater cette tombe au ive siècle de notre ère. La région pelvienne contenait le squelette d’un fœtus à terme, de taille trop importante pour permettre une délivrance par les voies naturelles. Un résidu carbonisé trouvé sur l’abdomen de la jeune fille a révélé à l’analyse spectrographique contenir du delta-6-tétrahydrocannabinol, un composant stable du cannabis. Les auteurs de la découverte ont supposé que ces cendres provenaient de la combustion de cannabis dans un récipient, administré à la jeune fille comme inhalant pour faciliter l’accouchement.

Moyen Âge

Au Moyen Âge, l’empereur Charlemagne va fortement encourager la culture du chanvre. Il s’agit alors d’une denrée stratégique, gage de prospérité, en raison des nombreuses utilisations permises par sa fibre : vêtements, cordages, voiles.
À la même époque, les Arabes apprennent de prisonniers de guerre chinois le secret de la fabrication du papier, après la bataille d’Atlah. Celui-ci est obtenu à partir d’écorce de mûrier et de fibres de chanvre.
Une seconde vague de diffusion de la culture du chanvre accompagnera donc les invasions arabes, en Afrique du Nord, puis en Espagne, en France, en Sicile. Les Arabes ont en effet perfectionné la technique de fabrication du papier à partir de chanvre, papier qui sert de moyen de diffusion des manuscrits arabes, dont le Coran, mais également de nombreux textes de portée scientifique (mathématique, astronomie, médecine, etc.), littéraire ou philosophique. Ils installent leurs moulins à papier en Andalousie au début du xie siècle. Les traités médicaux arabes et perses décrivent de manière détaillée l’action du chanvre et son potentiel thérapeutique.
L’abbesse allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) en cultive dans le jardin du couvent, aux côtés d’autres simples, sous le nom de “Cannabus”. Elle préconise son usage pour combattre les nausées (anti-émétique) et contre les douleurs à l’estomac.
À la même époque (1090) Hassan Ibn Sabah établit ses quartiers dans la forteresse d’Alamut, au Nord-Ouest de l’Iran actuel et met en place un ordre guerrier. Cet ordre est doté d’un corps d’élite constitué d’hommes entièrement dévoués à sa cause et prêts à mourir pour elle. Marco Polo, mentionne « certain breuvaige à boire, par le moyen duquel ilz estoient incontinent troublez de leur esperit, & venoient à dormir profondement », pour le conditionnement des fedayins. Plusieurs auteurs du xixe et du xxe siècle se sont inspirés de ce récit dans leurs œuvres, reprenant ou contestant l’hypothèse linguistique qui ferait dériver le terme assassin de l’arabe « haschischiyoun » ou « haschaschin » (mangeurs d’herbe), et signerait l’usage du chanvre indien par cette secte ismaëlienne.
C’est en terre d’Islam qu’est édictée la première interdiction concernant le cannabis : en 1378, l’émir Soudoun Sheikouni interdit la culture du cannabis en Égypte, à Joneima, et condamne ceux pris en train d’en consommer à avoir les dents arrachées.

Renaissance

À la Renaissance, l’Église s’attaque à la sorcellerie en s’appuyant sur les tribunaux de l’Inquisition. Le pape Innocent VIII assimile en effet la sorcellerie à une hérésie. La bulle papale Summis Desiderantis Affectibus, en 1484, donne le chanvre pour un sacrement du sabbat de Satan. Cette décision va contribuer à marginaliser un savoir populaire ancestral en matière de plantes médicinales. Mais la même année est imprimée la première édition illustrée de l’Herbarius pseudo-Apulée, dans lequel apparaît le chanvre. Paracelse décrit également la plante dans plusieurs de ses travaux. Et plusieurs célèbres herbiers allemands, dus à Otto Brunfels, Hieronymus Bock et Leonhart Fuchs contiennent des planches dédiées au chanvre. François Rabelais, dans son Tiers Livre décrit sur le mode humoristique une plante merveilleuse qui ressemble à s’y méprendre au chanvre : le Pantagruélion. En Inde, Bhavamishra décrit dans ses traités médicaux les propriétés et les préparations à base d’opium et de cannabis.

Illustration de le récolte du chanvre bio
Illustration de le récolte du chanvre bio

Temps modernes

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les puissances européennes se disputent la suprématie navale et le contrôle des points de passage stratégiques, alors que les échanges maritimes intercontinentaux sont en plein essor. Les navires sont alors propulsés par la seule force du vent. Le chanvre est utilisé pour fabriquer les cordages, les câbles, les échelles et les haubans, ainsi que les voiles. « Un navire de taille moyenne utilise 60 à 80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et 6 à 8 tonnes sous forme de voile, par an. », relève le professeur agrégé d’histoire Serge Allegret. Le chanvre a donc pendant cette période la place d’un matériau stratégique, au même titre que le charbon quand apparaîtront les machines à vapeur ou le pétrole aujourd’hui. En France, Colbert crée en 1666 la corderie royale associée à l’arsenal de Rochefort sur Mer, et réalise un important travail pour sécuriser l’approvisionnement en chanvre national. Les marines hollandaise et anglaise sont équipées de voiles tissées aux Pays-Bas à partir de chanvre d’excellente qualité produit en Livonie (actuels pays baltes). Grâce à la technique du tissage à un seul fil, les toiles obtenues sont plus performantes (solides, légères et souples).

Diderot et d’Alembert dans leur Encyclopédie détaillent la culture et le travail du chanvre, et mentionnent ses propriétés psychotropes : « Le Chanvre est cultivé, comme plante textile, dans un grand nombre de pays. Toutes ses parties exhalent une odeur forte, extrêmement désagréable, et les émanations qui se dégagent des chènevières causent des vertiges, des éblouissements, en un mot une sorte d’ivresse. […] Enfin, les feuilles de la var. indica servent, en Orient, à la préparation du hachich. ».
Le chanvre aurait été présent aux Amériques avant la colonisation : Jacques Cartier rapporte en avoir vu, dans son journal de voyage. L’archéologue Bill Fitzgerald a découvert à Moriston en Ontario des pipes vieilles de 500 ans, contenant des traces de résines de cannabis. Toujours est-il que les colons européens entreprirent la culture du chanvre à grande échelle. George Washington, premier président des États-Unis d’Amérique, en cultivait sur sa plantation, comme en témoigne son journal. En 1794, il donne l’instruction suivante à ses hommes : « Prenez le plus possible de graines de chanvre indien et semez-en partout. » (Make the most of the Indian hemp seed and sow it everywhere). Au Canada également, plusieurs mesures sont prises pour favoriser le développement de cette industrie : subventions, incitations fiscales, distribution de graines aux fermiers en 1801…

Époque contemporaine

Victime d’une tentative d’assassinat par un Égyptien en état d’ivresse cannabique, au cours de la Campagne d’Égypte, Bonaparte édicte le 8 octobre 1800 un décret interdisant dans toute l’Égypte l’usage du hachisch.
Dans les Caraïbes anglophones, l’usage psychotrope du cannabis serait selon certains auteurs une conséquence de l’abolition de l’esclavage en 1833. Celui-ci aurait été importé avec la main-d’œuvre indienne destinée à remplacer les anciens esclaves noirs dans les plantations de canne à sucre. Main d’œuvre qui emmena dans ses bagages des graines de chanvre indien. Le nom donné aux indiens fut collie et, aujourd’hui encore, les rastas utilisent, entre autres, le terme coolie weed pour évoquer le cannabis.
Des gravures sur cuivre du xixe siècle montrent que les berges du Rhin étaient, à l’époque, couvertes de grands champs de chanvre.
En 1844, Théophile Gautier et le docteur Jacques-Joseph Moreau fondent le club des Hashischins. Voué à l’étude du cannabis, il sera fréquenté par de nombreux artistes français.
Au xixe siècle, le cannabis était utilisé en Occident pour ses vertus médicinales, sous forme de teinture (extrait alcoolique). C’est le médecin irlandais William Brooke O’Shaughnessy qui le présenta comme médicament après un séjour de neuf ans aux Indes, en 1841. Le cannabis fut ainsi prescrit à la reine Victoria pour soulager ses douleurs menstruelles. L’extrait alcoolique de cannabis était également commercialisé aux États-Unis. Dans la vieille Europe comme aux États-Unis, cette teinture était l’un des médicaments les plus vendus par les officines de pharmacie. Mais, à la fin du xixe siècle, son succès commença à décliner, suite à l’apparition et au fort succès d’autres médicaments tels que l’aspirine. L’adolescent Ernst Jünger tombe par hasard en 1920 sur un vestige de cette époque, sous la forme d’un vase de porcelaine portant la mention « Extr. Cannabis ». Il raconte son expérience malheureuse (que l’on qualifierait aujourd’hui de bad trip) dans son essai Approche, drogues et ivresse.
Autre anecdote surprenante, des cigarettiers lancent à la fin du xixe siècle sur le marché européens plusieurs marques de cigarettes au cannabis, en jouant sur l’image “orientale” de la plante : Arabische Nächte (Nuits Arabes) (9 % de cannabis), Harem (9 %), etc.
Les Mexicains le cultivent également et commencent l’exportation des sommités fleuries vers le Texas dès 1910. C’est d’ailleurs aux Mexicains que l’on doit l’usage du mot marijuana qui, à l’origine, désignait une cigarette de mauvaise qualité.
Aux États-Unis, durant les années 1920 et 1930, le cannabis envahit le marché noir, devenant très populaire. Face à ce succès grandissant, mais surtout dans un contexte d’échec de la politique de prohibition de l’alcool, le lobby puritain s’intéresse au cannabis et les autorités mettent en place des campagnes dites de sensibilisation avec des slogans tel que Marijuana is Devil sur fond de diable enflammé. La police des stupéfiants de la Nouvelle-Orléans impute aux consommateurs 60 % des crimes commis dans la ville. Il s’agit d’une véritable entreprise de propagande, qui trouvera des alliés dans le lobby de l’industrie du coton, dans celle de la chimie (dont les lobbys du nylon et du pétrole) et dans une partie de la presse, dont les patrons ont des intérêts forestiers important (entre autres le magnat de la presse Randolph Hearst). Cette campagne appuiera son argumentaire sur le racisme ambiant, en combinant le dégoût des “nègres”, de leur musique (le blues et le jazz) et les ravages fantasmés du cannabis (folie meurtrière, dégénérescence, etc.). Les journaux reprennent et répandent l’idée que violence et cannabis sont liés, à travers le pays et, en 1937, une loi instaure la taxation de la production, du commerce ainsi que l’usage industriel et médical, c’est le Marihuana Tax Act
L’accroissement dans le reste du monde de la production et du trafic de cannabis sont alors préoccupants et plusieurs gouvernements autres que celui des États-Unis s’inquiètent. Ainsi dès 1925, la convention internationale de Genève est acceptée par la plupart des pays du monde s’engageant à se battre contre le trafic de drogue. Parmi eux, la Turquie et l’Égypte veulent déjà inclure le cannabis dans la convention, avançant que sa consommation est à la base de la débilité humaine.
Concurrencé dans son usage textile par les fibres exotiques (jute, sisal, kenaf), et par les fibres synthétiques (nylon), concurrencé dans l’industrie papetière par le bois, le chanvre décline rapidement au cours de la première moitié du xxe siècle. En France, par exemple, 176 000 hectares sont emblavés en 1840. En 1939, la superficie cultivée n’est plus que de 3 400 hectares. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement américain relance la production de fibres de chanvre et réalise même un film de propagande intitulé Hemp for Victory (Le chanvre pour la Victoire). Lors du débarquement de Normandie, les Rangers commandés par le lieutenant-colonel James E. Rudder étaient équipés de grappins et de cordes de chanvre pour escalader les falaises de la pointe du Hoc. « Les cordes de chanvre alourdies par l’humidité se révélèrent inutilisables ».
Bien qu’il ait probablement été utilisé comme drogue occasionnelle durant son histoire, c’est aux États-Unis, parmi la scène jazz des années 1950 qu’on le voit devenir populaire, avec la Beat generation. Suivra avec une forte augmentation de son utilisation pendant les années 1960. Harry Anslinger, instigateur du système fédéral de lutte contre la drogue fait surveiller et ficher de nombreux artistes susceptibles d’en consommer : Count Basie, Cab Calloway, Duke Ellington, les membres du NBC Orchestra, Dizzy Gillespie, Lionel Hampton, Thelonius Monk, Louis Armstrong, etc. En Europe de l’Ouest, l’explosion de la popularité du cannabis coïncide avec le mouvement hippie : la consommation de drogue devient alors synonyme de contestation de la société bourgeoise.
Dans les années 1960, l’INRA et la Fédération nationale des producteurs de chanvre (FNPC) démarrent un programme de sélection variétale pour mettre au point des cultivars monoïques et à faible teneur en THC. Ces travaux permettent de relancer la culture du chanvre agricole dans plusieurs pays européens, car ils lèvent l’obstacle technique de l’important dimorphisme sexuel de cette plante, ainsi que les objections en rapport avec l’usage psychotrope.
En 1964, un laboratoire israélien dirigé par le professeur Raphael Mechoulam isole le THC, responsable de la majeure partie des effets psychotropes du cannabis.
À partir de 1971, la CEE encourage financièrement la culture de chanvre par les agriculteurs pour la production de fibres, dans le cadre de l’organisation commune de marché (OCM) portant sur le lin et le chanvre.
En 1976, après plusieurs années de tolérance d’entreprise de vente au détail de cannabis, les autorités des Pays-Bas décrètent officiellement la décriminalisation de la vente pour usage personnel, encadrée par un système de patentes. L’un des objectifs de la politique néerlandaise est d’éviter que les consommateurs de cannabis n’entrent en contact, via les revendeurs de rue, avec d’autres produits illicites (opiacés, cocaïne, etc).

L’essor des préoccupations environnementales, depuis la fin du xxe siècle, tend à stimuler le développement de filières chanvre, dans des domaines aussi variés que le textile, l’habitat, l’alimentation, les bio-carburants… Entre 1996 et 1999, les superficies cultivées en chanvre dans l’UE ont plus que doublé, passant de 13,7 à 32,3 milliers d’hectares, principalement du fait de l’Espagne.
2005 marque un tournant majeur dans l’histoire du cannabis thérapeutique puisque, avec l’assouplissement de la législation de certains pays – notamment le Canada et le Royaume-Uni -, la prescription médicale de THC étant autorisée.

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio

Boutique Biologiquement.comHistoire du chanvre bio

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 0    Moyenne : 0/5]

L’histoire du chanvre nous révèle qu’il est très probable que l’espèce naturalisée en Europe soit originaire de Chine ou d’une contrée de l’Asie méridionale ; cette avis est généralement admis. L’Europe a reçu de la Chine une autre plante annuelle comme le chanvre, et dont les Chinois tirent aussi une filasse qu’ils préfèrent à celle du chanvre pour les cordages, c’est l’abution à feuilles de tilleul (sida Mue folia).
Le chanvre serai donc l‘une des premières plantes domestiquées par l’homme, probablement tout à la fois pour ses fibres solides, ses graines oléagineuses nourrissantes et les propriétés médicinales de sa résine.

Au Moyen âge, l’empereur Charlemagne va fortement encourager la culture du chanvre. Il s’agit alors d’une denrée stratégique, gage de prospérité, en raison des nombreuses utilisations permises par sa fibre : vêtements, cordages, voiles.
Les Arabes ont perfectionné la technique de fabrication du papier à partir de chanvre ; papier qui sert de moyen de diffusion des manuscrits et de nombreux textes de portée scientifique (mathématique, astronomie, médecine, etc.), littéraire ou philosophique.

Histoire du chanvre bio
Histoire du chanvre bio

Au XVIIème et XVIIIème siècles, les navires sont alors propulsés par la seule force du vent. Le chanvre est utilisé pour fabriquer les cordages, les câbles, les échelles et les haubans, ainsi que les voiles.
«Un navire de taille moyenne utilise 60 à 80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et 6 à 8 tonnes sous forme de voile, par an.», relève le professeur agrégé d’histoire Serge Allegret.
Le chanvre a donc pendant cette période la place d’un matériau stratégique, au même titre que le charbon quand apparaîtront les machines à vapeur ou le pétrole aujourd’hui.
En 1666, Colbert crée la corderie royale associée à l’arsenal de Rochefort sur Mer, et réalise un important travail pour sécuriser l’approvisionnement en chanvre national.

Concurrencé dans son usage textile par les fibres exotiques (jute, sisal, kenaf), et par les fibres synthétiques (nylon), concurrencé dans l’industrie papetière par le bois, le chanvre décline rapidement au cours de la première moitié du XXème siècle.
En France, par exemple, 176.000 hectares sont emblavés en 1840. En 1939, la superficie cultivée n’est plus que de 3.400 hectares.

Dans les années 1960, l’Inra et la FNPC (Fédération nationale des producteurs de chanvre) démarrent un programme de sélection variétale pour mettre au point des cultivars monoïques et à faible teneur en THC.

En 2010, 15 000 hectares de chanvre sont cultivés en Europe dont 9 à 10 000 dans l’Hexagone.

Le chanvre en Poitou-Charentes

A Ouzilly (Vienne), vers 1876, le bâtiment du moulin à blé appartenant à Léopold de Fouchier est transformé et loué à MM. Jamet et Prinet qui y installent une usine de traitement du chanvre. La roue du moulin fait fonctionner un pilon et une casseuse (ou broyeuse ?), tandis qu’une machine à vapeur entraîne les autres mécanismes.
Le chanvre récolté par les cultivateurs de la commune et des localités voisines est acheté par la maison Jamet-Prinet, qui en assure le traitement jusqu’à l’obtention de la filasse. Le rouissoir se situe juste de l’autre côté de la voie communale (il est aujourd’hui remblayé).
La filasse, portée à la gare de Saint-Genest-d’Ambière, est expédiée en grande partie en Amérique du sud via le port de Bordeaux. La fabrique atteint son plein essor dans les années 1900. En 1901, 21 habitants d’Ouzilly sont peigneurs de chanvre chez Jamet-Prinet.

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio

Boutique Biologiquement.comConstruction en chanvre bio

  Posté par chanvre       1 commentaire
[Total : 1    Moyenne : 3/5]

Le chanvre fait un retour en force dans la construction des nos maisons écologiques (habitat sain, passif, à faible impact écologique).

Histoire

La construction en chanvre a commencé en France il y a presque vingt-cinq ans. C’est un voisin de La chanvrière de l’aube, Charles Rasetti, maître-maçon et bâtisseur travaillant à ce moment pour Mon Logis, qui eut l’idée et la superbe intuition d’utiliser la chènevotte, la partie intérieure de la paille de chanvre, dans la construction.
Charles Rasetti comprit que la nature très hydrophobe de la chènevotte poserait problème avec des liant hydrauliques et il chercha à l’imperméabiliser avec une technique utilisée dans son Italie natale pour le bois : l’imprégnation avec des silicates de sodium ou de potassium. Cependant ce procédé était relativement coûteux mais surtout il ne permettait des résultats totalement fiables.
Après quelques années et chantiers de construction, un artisan du nom de Yves Kühn se lança dans la mise au point un procédé de construction à partir de la matière agricole brute, pour construire des maisons entièrement en chanvre, à un coût accessible.
Il appela son procédé Canosmose: “CAN”, pour cannabis et osmose, pour les échanges à tous les niveaux. La haute teneur en silice de la chènevotte, alliée aux capacités de cristallisation du procédé Canosmose, confère au mélange des qualités constructives globales.
À partir de 1993-1994, plusieurs chantiers furent réalisés du sud-est de la France à la Bretagne, en passant par plusieurs autres régions. Nous pouvons construire des maisons entièrement en chanvre: murs extérieurs, doublage de toiture, cloisons et dalles d’étage phonique, ainsi que la dalle de rez-de-chaussée. L’architecture de ce type de construction est vraiment d’une simplicité organique.
L’ossature bois est le squelette de l’édifice: système poteau-poutre avec bois intermédiaire pour fixer les banches, ou ossature bois à l’américaine.
Le béton de chanvre, est le muscle, la chair de l’édifice: véritable enveloppe protectrice dynamisante et respirante qui noie et enveloppe l’ossature.
Et comme pour les êtres vivants, il y a le derme et l’épiderme: les finitions qui protègent et favorisent les échanges. Les finitions peuvent être très variées et sont souvent issues de longues traditions de savoir-faire et de techniques subtils (le bois, les enduits).
En restant dans cette simplicité, les possibilités de créativité architecturale sont immenses; le matériau béton de chanvre coffré est superbe pour créer des architectures tout en courbes aux ondes de formes bénéfiques. L’ossature sert pour installer le coffrage d’une façon simple et où l’on viendra déposer le béton de chanvre par couches successives et tasser à l’aide d’un peigne étroit.
Cet art de bâtir apporte une unité constructive sans pont thermique, ni phonique, une maison tissée à la main. D’un seul acte, on crée un cocon, une coque monolithique, qui devient un véritable poumon harmonisant et régulant les variations thermiques.
On aborde ici un autre type de construction qui ne se raccorde plus au concept de l’isolation dans le sens de se couper de l’extérieur, de contenir hermétiquement de l’air à chauffer ou à refroidir. On parle plutôt de régulation thermique et hygrométrique qui est vraiment très dynamique tant pour le chaud que pour le froid.
Les qualités du béton de chanvre peuvent aussi être appréciées en rénovation pour niveler un plancher ou refaire ou finir les murs en enduit texturé de chanvre (support compatible; baguette à plâtre, béton, pierre, etc…), ou encore, en doublage de toiture ou de comble.
Le béton de chanvre se réalise par le malaxage de ses constituants. Le malaxeur est l’outil qui a été expérimenté et éprouvé à cet effet, car il permet de bien mélanger ce matériau qui est léger sans avoir à humidifier en excès. Les éléments qui s’unissent dans le mélange sont issus de longues traditions et de savoir-faire universels très répandus sur la planète.
“En partant du D.T.U. 26.1 (mai 1990), l’alliance plâtre gros (gypse pur sans adjuvant) et chaux aérienne naturelle C.A.E.B. (qu’on appelle aussi chaux hydratée), concernant les enduits traditionnels, est adaptée au besoin du chanvre (chènevotte) dans les situations voulues (…) La chaux aérienne a une action fongicide et répulsive pour les animaux et conduit le mélange à sa pétrification”.
La chènevotte est obtenue par défibrage mécanique. Au Canada, cette matière première est disponible chez nos voisins ontariens qui ont des installations pour la transformation. C’est depuis 1998 que nous pouvons de nouveau cultiver le chanvre au Canada moyennant un permis et certaines conditions de la part de Santé Canada. Au Québec, on cultive principalement le chanvre pour le chènevis (la graine), qui a des débouchés alimentaires et cosmétiques.

Isolant naturel à base de chanvre bio
Isolant naturel à base de chanvre bio

Avantage de la filière

L’utilisation du chanvre valorise et créé un pont entre l’agriculture et la construction. C’est une culture annuelle généreuse et abondante: culture non-irriguée, ne nécessitant pas d’apport chimique, d’une vitalité et d’un équilibre où n’interviennent pas les produits phytosanitaires, pesticides et insecticides.
La rapidité de son développement ne laisse pas de place aux dites mauvaises herbes. Son implantation améliore notablement les structures du sol et le nettoie. Une bonne gestion et l’utilisation de toutes les parties de la plante en font une culture dynamique écologique d’avenir: papier plus écologique, textile, médecine, alimentation, construction, etc…

Développement de la filière

Des initiatives se développent pour créer des filières courtes en vue de développer la culture et l’utilisation du Chanvre.
Lo Sanabao [1] est une action collective dans le cadre des CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture en milieu rural). l’objectif est de construire une filière locale courte de valorisation du chanvre, en particulier de produire du chanvre utilisable dans le bâtiment autour d’un cahier des charges, d’une structuration de la vente et de l’amélioration des connaissances techniques par la formation.

Association Chaux-Chanvre

Béton de chanvre

Le béton de chanvre est un mélange de bois de chanvre (chévenotte) et de liants naturels (la chaux par exemple). Il est utilisé tant pour élever des cloisons (porteuses ou non) que pour réaliser une dalle destinée à être carrelée ou revêtue de parquets en bois.

Murs porteurs

Plusieurs possibilités existent pour remplir une structure porteuse en bois avec du chaux-chanvre.
La technique du banchage est beaucoup utilisée. Il s’agit de couler un mélange de chaux-chanvre entre des pièces de bois. On peut utiliser la technique du lattis; ce sont des lattes qui retiennent le mélange. Elle est plus isolante, il y a moins de retrait donc pas de fentes d’air au contact du bois et elle est plus facile à faire qu’avec les banches à visser/dévisser.

Murs cloisons

Il existe également des blocs tout faits de chaux-chanvre, des blocs de chanvre supprimant les temps de séchage sur chantier.
Le bloc “Chanvribloc” est un élément de construction plein à isolation répartie. Son lambda est de 0,07. Il est constitué de “chènevotte” et de chaux naturelles sans adjuvant. Il est utilisé pour la construction de murs associés à une structure poteaux poutre placée à l’intérieur du bâtiment (pour une suppression totale des ponts thermiques). Il est aussi utilisé en isolation extérieur et intérieur.
Le bloc “Easy-chanvre” est un élément de construction d’isolation non porteur constitué de chènevotte et de chaux (85% de chaux aérienne et 15% de chaux hydraulique). Comme ils sont non-porteurs, c’est bien la structure en bois qui doit être porteuse. Deux cheminées verticales de 7 x 17 cm (ou 17 x 17 cm pour les blocs corniers) sont ménagées dans chaque bloc afin de recevoir les éléments d’ossature en bois.
On peut aussi préfabriquer des éléments (principalement des murs) à l’usine et les assembler en chantier. La préfabrication présente plusieurs avantages.

Dalles (sols isolants)

Ce procédé est utilisé principalement pour la réalisation de chape isolante, légère et résistante, en rez de chaussé ou pour un sous-sol avant de dresser les murs de la maison. Il doit être réalisé sur une surface délimitée par les murets (socles de la construction). Un hérisson de galets est d’abord réparti sur le sol pré nivelé, ceci afin de permettre l’aération de la dalle ainsi qu’un drainage des eaux de ruissellement (et l’installation aussi des canalisations de l’habitation), évitant ainsi les remontées d’humidité. Ce hérisson est constitué de galets de 6 à 15 cm de diamètre (les gros d’abord, puis les plus fins) sur une épaisseur de 20 cm environ (selon nature du sol); une fois installé, il est nivelé. Vient ensuite la dalle coulée en deux temps pour un bon tassement des matériaux. L’épaisseur totale conseillé de la dalle est de 15 cm. Le mélange de la chaux et de la “chènevotte” se fait dans un malaxeur (plus pratique et moins bruyant qu’une bétonnière). Pour les dosages pour couvrir 2,8m2 sur 7,5 cm d’épaisseur compter : 100 litres de chènevotte, 20 litres d’eau, 30 litre de sable de pierre ponce, 20 litres de chaux aérienne. Le sable de pierre ponce amplifie la carbonatation (réaction chimique de la chaux) et donc fortifie la structure. Comptez environ 200 euros pour 10 tonnes de galets couvrant 50 m2 avec les drains agricoles. Pour la même surface ajoutez 1460 euros de dalle chaux:chanvre. La première passe est réalisée par morceau de 1 m x 1 m puis tassée à coup de dameuse et laissée séchée durant 48 heures. La seconde passe est mise à niveau à l’aide de lampourdes et d’une dameuse plus petite. L’ensemble sèche en trois semaines environ entre 15 et 20°C.

Enduit au chanvre

Cette section est vide ou n’est pas assez détaillée, votre aide est la bienvenue !
Association d’un liant (terre, chaux aérienne [on y adjoint parfois de la chaux faiblement hydraulique],…) d’eau et de chanvre. Apprécié pour sa capacité d’isolation thermique. Il existe différents types de finition. On peut pigmenter dans la masse ou juste dans la couche de finition s’il y en a une.

Autres utilisations du chanvre en construction

Isolation phonique et thermique

Caractéristiques

C’est un bon isolant thermique et phonique (conductivité thermique variant de 0.039 à 0.048 W/(m.K) suivant le produit. Le chanvre est stable dans le temps, il ne se tasse pas. Il est résistant aux insectes et est imputrescible. C’est un matériau respirant, ce qui permet la régularisation de l’humidité. La laine de chanvre peut être utilisée en remplacement des laines minérales.
Sensible au feu (c’est du végétal), il peut recevoir un traitement ignifuge pour son usage dans le bâtiment.
Sous forme de panneaux ou rouleaux, le liant peut être en fibres de polyester (jusqu’à 25%) ou en laine de mouton (nécessite alors un traitement insecticide).

Conditionnement

En vrac, sous forme de :
granules non traités laine de chanvre Entre pannes
aux semi-rigides de laine de chanvre (panneaux, rouleaux).

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio

Boutique Biologiquement.comLe chanvre bio : culture écologique et durable

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Origines et utilisation du chanvre bio

Le Chanvre est une très ancienne culture française, antérieure au Moyen Age. Chaque ferme possédait sa chènevière, située sur les meilleures terres qui bénéficiaient d’une partie des engrais organiques, pour les besoins personnels des exploitants. Tout était utilisé dans cette plante, cultivée dans toutes les régions : la graine (chènevis)pressée donnait de l’huile pour l’éclairage, la fabrication de glu, de savon et plus tard de peinture (son utilisation alimentaire a toujours été très localisée) ; le tourteau résiduel servait à l’alimentation animale ; la tige, défibrée, produisait de la filasse permettant la fabrication de ficelles et cordages ou, après filage et tissage, la confection de toiles plus ou moins fines ; la marine à voile et les armées furent les plus importantes consommatrices du chanvre (cordes, élingues, voiles, sacs, tentes, vêtements, colmatage des coques, filets de pêche, sellerie, etc…). La chènevotte, cellulose à pouvoir calorifique, située à l’intérieur de la tige, servait à aviver le feu de l’âtre des domiciles ou des ateliers ; elle permit la fabrication d’allumettes soufrées.”
extrait de : “Le Chanvre en France” – Auteur : Henri Alain Ségalen – Editions du Rouergue

Le chanvre bio : culture écologique et durable
Le chanvre bio : culture écologique et durable

Le chanvre est une culture annuelle cultivée en Europe depuis l’arrivée des Celtes. Il se sème entre mars et avril pour une récolte entre septembre et octobre. Il suffit d’un semoir à blé pour le semis, dans une terre profonde (semi 50 – 55 kg/ha). Contrairement à ce que l’on peut entendre la plante a besoin d’un minimum d’eau pour ses phases de croissance (juin) et de floraison (Août). La racine fasciculée plonge jusqu’à 2 m de profondeur pour chercher ses nutriments. Les hauteurs de plantes sont variables en fonction des variétés ; elles peuvent atteindre 3 m… Le chanvre industriel est aussi une culture très règlementée, et l’Europe ne permet la culture d’une trentaine de variétés, toutes homologuées au catalogue européen, avec un taux de THC < 0.2 %. En règle générale, l’agriculteur passe un contrat de culture avec un transformateur agréé, qui lui achètera les produits de récolte.
Avec un cycle court de 100 jours, cette culture reste très intéressante pour les agriculteurs car paille et graines (chènevis) sont valorisables.
La plus grande contrainte vient de la récolte… Le fauchage ou le moissonnage sont mécanisés, mais si les fibres très solides du chanvre se prennent dans les roulements des machines, la casse peut être sérieuse… Aujourd’hui les machines sont plus adaptées, mais surtout dans les grandes zones de productions. Une fois fauchée la paille est séchée sur champs avant d’être conditionnée en balles ou en bottes.
La plante sèche contient deux parties :
L’ÉCORCE qui contient la fibre et qui nous sert à fabriquer la laine de chanvre. Cette partie représente 30 à 35% du volume de la paille.
L’INTÉRIEUR DE LA TIGE est le bois de la plante que l’on appelle la chènevotte. Cette partie représente 65 à 70% du volume de la paille.

Les intérêts de la culture

– une culture à cycle court
– pas de traitement en cours de culture
– supprime seul les adventices
– des produits de récolte valorisables (fibres, chènevotte, graines)
– une excellente tête d’assolement
– amélioration des sols en rotation de culture
– moyenne de rendement à l’hectare de : 7 à 8T en paille – 500kg à 1.5T de graines
– une multitudes d’applications pour l’avenir

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio

Boutique Biologiquement.comHistoire du chanvre bio

  Posté par chanvre       Laisser un commentaire
[Total : 0    Moyenne : 0/5]

Préhistoire et antiquité

Chine (– 8000 ) et Kazakhstan (vers – 4000) : des archéologues du textile recensent les toutes premières traces de chanvre tissé. Vers – 500, Hérodote décrit le linge fin des Scythes et leurs bains de vapeur, du chanvre jeté sur pierres brûlantes. Des textes font mention de cordes de chanvre mélangées à un mastic végétal à l’époque Gallo-romaine (50 ap. J.-C.) : importé de Grèce vers Massilia, il y était transformé près du Vieux Port sur la Canebière (canebe = chanvre en occitan).

La corde, une des multiples utilisations du chanvre bio
La corde, une des multiples utilisations du chanvre bio

Chanvre et pharmacopée

Si la plante est déjà citée vers – 2727 dans un texte sur la pharmacopée chinoise contre le paludisme, les rhumatismes et comme sédatif, la légende raconte que Bouddha sur la route de l’Illumination aurait survécu d’une graine de chanvre par jour (vers – 544). Pour Hildegarde von Bingen (1098-1179), le chanvre soulage phlébite et douleurs d’estomac. Utilisé au XVIIIè contre les tâches de petite vérole, brûlures, gonorrhées ou fluxions, il fut prescrit à la reine Victoria pour soulager ses douleurs menstruelles. Après plusieurs années de prohibition, il entre aujourd’hui dans les soins préconisés lors de chimiothérapie et d’atteinte par le virus HIV.
Depuis la nuit des temps, son huile est extraite pour un usage domestique: huile de lampe, peinture, vernis, savon, industrie du cuir.

Chanvre et papier :une histoire liée

Mise au point par Tsai Lung pour l’empereur de Chine entre 62 et 117 ap. J.-C., la technique du papier à base de chanvre livrera ses secrets à l’occident à l’issue de la bataille de Samarcande (751). En 1456, Gutenberg édite la première Bible imprimée, sur papier de chanvre tout comme la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique en 1776.
1807: Canson dépose le brevet du papier calque fabriqué à base de filasse de chanvre.
En 1850, l’ère pétrochimique commence et le bois remplace le chanvre pour le papier sous l’influence du Canada et des Etats-Unis qui ne manquent pas de forêts.
Aujourd’hui, il se maintient surtout dans la fabrication de papiers spéciaux (papier Bible, cigarette), de sacs et de cordes.

Un bon p’tit gars de la marine

Les tout premiers cordages de chanvre connus, trouvés en Tchécoslovaquie en 1997, seraient datés de 26 900 av. J.-C.!
1492: 80 tonnes de voiles et de cordages de chanvre amènent les caravelles de Christophe Colomb en Amérique : la plante servira de monnaie d’échange dans toutes les colonies d’Amérique. Un intérêt dicté par les besoins de la Marine !

XVIIè et XVIIIè siècle : les puissances européennes se disputent la suprématie navale. Le chanvre est indispensable pour les voiles, les gréements (cordages, câbles, échelles, haubans) et les filets de pêche. Officiellement créée par Henri II en 1547, la Marine Royale Française s’élève au rang des flottes danoises, anglaises, espagnoles sous le règne de Louis XIV (1653). Richelieu puis Colbert hisseront la culture du chanvre au stade industriel en créant la Corderie de Rochefort sur Mer: un navire de taille moyenne nécessite alors 80 tonnes de chanvre pour les gréements et 9 tonnes pour les voiles.

Napoléon. Le blocus continental (1806) met l’Angleterre en péril. Pour s’approvisionner en chanvre, elle ouvre les ports de la Baltique (incendie de Copenhague) et pousse le Tsar à se détourner de Napoléon moyennant quelques subsides. La guerre du chanvre conduira à la désastreuse campagne de Russie.

Le chanvre à l’époque contemporaine

Même si la fameuse toile « de Nîmes », origine du jean, était filée de chanvre, l’arrivée du coton, du charbon et du pétrole conduit à l’abandon progressif de la culture du chanvre en Europe. Aux USA, les progrès de la chimie introduisent les fibres synthétiques (Brevet du nylon en 1938) en alternative aux fibres naturelles. Il faut donc combattre le chanvre ! En 1937, Le “Marijuana Tax Act” bannit le chanvre des cultures. Et de la pharmacopée américaine où il figurait pourtant en bonne place.

En 1942, l’armée américaine a besoin de ses qualités pour tisser toiles de tentes et cordages. Le gouvernement US produit alors le film de propagande “Hemp for Victory” destiné à promouvoir la culture de la fibre honnie.

Mais dès 1945, le nylon est là et la culture du chanvre définitivement bannie – via l’ONU – dans tous les pays du monde… Seules, la France et l’URSS résisteront.

Aujourd’hui, l’heure de la revanche a sonné !

La France est aujourd’hui le premier producteur européen. Plébiscité dans le monde entier pour ses qualités environnementales (puits de carbone, capteur de métaux lourds, digesteur d’effluents d’égouts, expert de l’éco-construction), le chanvre s’inscrit dans la modernité. A la pointe de l’innovation, le chanvre entre dans la composition des nouveaux matériaux bio-sourcés.

Acheter du chanvre biologique et des aliments riches en antioxydants naturels puissants pour la vitalité du corps et de l’esprit sur Biologiquement.com, la boutique en ligne de la Société AGOJI : produits bio