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Selon des archéologues allemands, il y a environ 5 000 ans, un peuple venu des steppes de l’actuelle Europe de l’Est a investi l’Europe et l’Asie, y diffusant non seulement son savoir, mais également le chanvre, et peut-être son utilisation psychoactive.

Dans dans la revue Vegetation History and Archeobotany, Tengwen Long et Pavel Tarasov, de l’Université libre de Berlin, expliquent que les premiers diffuseurs de chanvre et de cannabis dateraient de l’Âge de Bronze ancien. Il s’agirait des Yamnaya, des cavaliers venus des steppes et l’une des quatre tribus fondatrices de l’Europe moderne, et dont la culture a eu une grande influence entre 5 500 av. J.-C. et 4 300 av. J.-C..

En se répandant à travers l’Europe et l’Asie, ils ont diffusé les langues indo-européennes, leurs gènes, mais ont également apporté de nombreux savoirs, comme la métallurgie ou encore l’équitation. Selon les chercheurs allemands, ils ont également diffusé largement le chanvre, et probablement son usage psychoactif. Pour parvenir à cette conclusion, les archéologues ont réexaminé les pollens, fibres et fruits découverts dans de nombreuses fouilles ou de poteries archéologiques au cours des dernières décennies.

Les premiers vendeurs de cannabis de l’histoire, 5 000 ans avant JC

Les premiers vendeurs de cannabis de l’histoire, 5 000 ans avant JC

Des traces d’usage et de domestication du chanvre dès 11 500 et 10 200 ans av. J.-C. ont été découvertes au Japon, en Chine et en Europe de l’Est, mais la consommation de ce végétal a véritablement explosé il y a 7000 ans, à l’Âge de Bronze. Entre temps, les Yanmaya ont maîtrisé l’équitation, il y a environ 9 000 ans, leur apportant une grande mobilité. « Cela leur a permis de couvrir de grandes distances. Ils ont ainsi commencé à forger des réseaux commerciaux transcontinentaux, suivant les mêmes voies qui allaient devenir les célèbres routes de la soie quelques millénaires plus tard » déclare Pavel Tarasov.

Usage psychoactif

Si le cannabis est une plante dont les usages sont nombreux, comme la cuisine, la médecine ou encore la fabrication de cordes et de tissus, elle était également à cette époque probablement utilisée pour ses effets psychoactifs, selon les chercheurs allemands. En effet, des traces de cannabis fumé ont été retrouvées en Roumanie et en Asie centrale, datées d’environ 7 000 ans. Pour les archéologues, ce sont les Yanmaya qui ont été les premiers à en inhaler la fumée pour des cérémonies, avant de partager avec leurs nouveaux « amis » eurasiens.


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Le Kentucky fut le premier producteur de chanvre en Amérique au début du 19e siècle. Désormais, 200 ans plus tard, après une élection historique sur la politique des drogues qui a conduit à une réforme de la politique de la marijuana aux Etats-Unis, les législateurs du Kentucky prennent des mesures pour relancer la culture.

La première culture de chanvre répertoriée au Kentucky date de 1775

La première culture de chanvre répertoriée au Kentucky date de 1775

Alors que les partisans de la légalisation du chanvre affirment que la plante pourrait apporter une richesse d’emplois “verts” dans le Kentucky, la stigmatisation profonde des drogues et les conflit avec les lois fédérales rendent le passage de la législation peu probable. Néanmoins, deux projets de loi d’état sont en cours, tandis qu’un projet fédéral vise à ouvrir la voie à la légalisation pour les États. Les législateurs suggèrent que les projets de loi pourraient au moins ouvrir le débat sur le chanvre, et dissiper les fausses idées reçues au sujet de son utilisation.

Étant donné que de plus en plus de chanvre est importé du Canada, le rendre légal aux États-Unis pourraient faire économiser de l’argent et créer des emplois “verts” aux américains. Mis à part le soja, aucune autre plante n’a montré un tel potentiel de créer autant de produits différents – du savon de chanvre au papier en passant par l’huile de cuisine. Le chanvre nécessite rarement de pesticides, il peut être cultivé dans les mêmes champs pendant plusieurs années consécutives, et il produit des biocarburants ainsi que des matières plastiques biodégradables. Léger et compact, le béton de chanvre (mélange de chènevotte et de chaux) un matériau de construction qui est connu pour être un isolant efficace ne laissant derrière lui qu’une empreinte carbone minimale.

Le coup d’envoi de l’appel Ă  la production de chanvre dans le Kentucky est le reprĂ©sentant dĂ©mocratique Terry Mills, qui a prĂ©-dĂ©posĂ© un projet de loi du chanvre industriel qui permettrait de cultiver du chanvre contenant 0,3% de THC, une teneur qui est au moins une fois et demie moindre que dans la marijuana typiques et ne fait pas planer. (La marijuana en Anglais est dĂ©sormais considĂ©rĂ© comme une plante qui a des propriĂ©tĂ©s psychoactives –surtout contenu dans les fleurs, des feuilles et la rĂ©sine de la plante-, tandis que les variĂ©tĂ©s ne possĂ©dant aucune propriĂ©tĂ© psychoactives –ainsi que tout produit industriel issue de cette culture – sont appelĂ©s chanvre. En botanique, un seul nom regroupe toute cette famille, le Cannabis Sativa L. )

Un projet de loi fédéral de culture du chanvre est en effet en œuvre, mais les chances de passage dans un avenir proche sont minces à aucun. La loi de 2012 sur l’agriculture du chanvre a été introduit par les sénateurs Ron Wyden (D-OR), Rand Paul (R-KY), Jeff Merkley (D-OR), et Bernie Sanders (I-VT) cet été. Il modifie les Controlled Substances Act (Loi des Substances Contrôlés) pour permettre la culture de chanvre de faible teneur en THC et du chanvre industriel exemptés de la législation sur la marijuana.

«Je n’y suis pas opposé », a déclaré le représentant de l’état Jim DeCesare (R). « C’est une culture alternative intéressante pour la communauté agricole. » Cependant, DeCesare reconnaît que beaucoup de gens sont désorientés par les différences entre le chanvre agricole et le cannabis que certaines personnes fument.

“Ce ne sont pas les mêmes”, at-il dit. “Il va falloir un effort d’éducation» pour que le projet de loi soit accepté devant la maison de l’État. S’ils peuvent y arriver, ce qui est peu probable, les avantages seraient considérables. Comme Rand Paul a écrit récemment, “Les emplois [du Chanvre] seront prêt à prendre, et je veux que les agriculteurs du Kentucky soient les premiers en ligne.”


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Le Cannabis, le Chanvre ou le Chanvre cultivé (Cannabis sativa L.) est une espèce de plantes annuelles de la famille des Cannabaceae.

C’est l’unique reprĂ©sentant du genre Cannabis. Il est parfois appelĂ© Chènevis, comme le nom de la graine de chanvre, et Zamal Ă  La RĂ©union.
L’espèce Cannabis sativa L. a Ă©tĂ© divisĂ©e en plusieurs sous-espèces. Cette division est discutable : certains ne considèrent pas les diffĂ©rences entre les sous-espèces comme suffisamment importantes pour les rappeler. On peut nĂ©anmoins diffĂ©rencier quatre phĂ©notypes bien distincts.
Le chanvre bio fut très largement utilisĂ© par le passĂ© et il cĂ´toie l’ĂŞtre humain depuis le NĂ©olithique. Il a toutefois peu Ă  peu Ă©tĂ© interdit ou fortement rĂ©glementĂ© au cours du xxe siècle en raison de ses propriĂ©tĂ©s psychotropes. Cela est dĂ» Ă  la propagande puritaine de l’Ă©poque aux États-Unis, qui en voyant l’Ă©chec de la prohibition, s’intĂ©ressa au cannabis, aidĂ© par diffĂ©rents lobbys industriels (coton, papier, pĂ©trole, nylon) et en rĂ©glementant très durement l’usage.
Le chanvre bio connaĂ®t de multiples utilisations, telles les tissus, la construction, les cosmĂ©tiques, l’isolation phonique et thermique, la fabrication d’huiles, de cordages, de litières, l’utilisation sous forme de combustibles, en papeterie, pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, comme biocarburants, pour des usages mĂ©dicamenteux, pour un usage rĂ©crĂ©atif ou comme matĂ©riaux composites en association avec des matières plastiques. La filière chanvre bio trouve un regain d’intĂ©rĂŞt avec l’augmentation du prix du pĂ©trole et la prise de conscience environnementale. Les pays europĂ©ens et les collectivitĂ©s locales de ces pays tentent ainsi de favoriser Ă  nouveau la culture du chanvre bio.
Le cannabis est considĂ©rĂ© comme Ă©tant une drogue douce notamment du fait de l’impossibilitĂ© de faire une overdose de THC en fumant, mais cette notion est trompeuse selon certains auteurs. En effet une dĂ©pendance psychique au cannabis, mais non physique comme dans le cas des drogues dites dures, reste possible. Par ailleurs des effets mĂ©taboliques nĂ©fastes ont Ă©tĂ© observĂ©s.

Sativa

Cannabis sativa subsp. sativa, ou chanvre bio cultivé, est la sous-espèce type de Cannabis sativa L.
Elle provient des rĂ©gions Ă©quatoriales. Elle atteint en quelques mois une hauteur de plusieurs mètres (jusqu’Ă  plus de 6 mètres). Les folioles de ses feuilles sont fines. Cette sous-espèce est connue pour ses propriĂ©tĂ©s psychotropes. On peut observer chez Cannabis sativa L. subsp. sativa les concentrations en THC les plus Ă©levĂ©es. Ce type de plante donne un effet euphorisant lorsqu’elle est sĂ©chĂ©e, et prĂŞte Ă  ĂŞtre consommĂ©e. Elle motive, excite, ne donne pas un effet narcotique [rĂ©f. nĂ©cessaire] comme le Cannabis indica. Cette sous-espèce est Ă©galement rĂ©putĂ©e pour ses fibres, elle a largement Ă©tĂ© utilisĂ©e dans le passĂ© et l’est encore Ă  l’Ă©poque actuelle pour les multiples applications qu’elle permet (tissus, construction, cosmĂ©tique, isolation phonique et isolation thermique, huiles, cordages, litières, combustibles, papeterie, alimentation humaine, alimentation animale, agrocarburants, usage mĂ©dicamenteux, usage rĂ©crĂ©atif, matĂ©riaux composites en association avec des matières plastiques…). Les semenciers de l’Union europĂ©enne travaillent Ă  la crĂ©ation de cultivars sĂ©lectionnĂ©s gĂ©nĂ©tiquement et qui constituent le chanvre bio cultivĂ© lĂ©galement en France. Le but est de rĂ©habiliter la filière chanvre bioafin de rĂ©pondre aux nouveaux dĂ©fis Ă©nergĂ©tiques et environnementaux. Ces cultivars font l’objet d’un programme de sĂ©lection gĂ©nĂ©tique intensif afin de minimiser leur teneur en THC. Son cycle de vie est plus long que celui des autres sous-espèces, sans doute Ă  cause de la photopĂ©riode des rĂ©gions Ă©quatoriales. Sa tige est souple et creuse.

Indica

La sous-espèce Cannabis sativa subsp. indica, ou chanvre indien, est synonyme de Cannabis indica Lam. Elle est originaire des rĂ©gions himalayennes du nord de l’Inde.
Le chanvre indien est rĂ©putĂ© essentiellement pour ses propriĂ©tĂ©s psychotropes mais Ă©galement dans une moindre mesure pour sa fibre. Une rumeur populaire prĂ©tend Ă  tort que c’est la seule sous-espèce qui se fume. Certains prĂ©tendent que, comme psychotrope, elle procure davantage un effet « stoned » comparĂ© au Cannabis sativa .
Sa concentration en principes actifs dĂ©pend du climat et de l’environnement dans lesquels la plante a Ă©voluĂ©.
Elle se caractérise physiquement par des pales larges, une stature moyenne (ne dépasse jamais les 3 mètres) et sa floraison est plus précoce que Cannabis sativa L. subsp. sativa (raison pour laquelle elle est davantage appréciée en culture récréative).
Sa tige est souple et presque solide.

Spontanea

Le Cannabis sativa subsp. spontanea, ou chanvre sauvage bio, est synonyme de Cannabis ruderalis Janisch.
Cette sous-espèce pousse Ă  l’Ă©tat sauvage dans des rĂ©gions de l’Europe de l’Est et de la Russie. Elle est caractĂ©risĂ©e par sa floraison prĂ©coce, certains de ses reprĂ©sentants fleurissent mĂŞme indĂ©pendamment de la photopĂ©riode. Elle supporte des climats plus froid et des conditions environnementales difficiles. Comme Cannabis sativa L. subsp. afghanica, sa stature est petite.
Entre dans la crĂ©ation d’hybrides pour le chanvre bio rĂ©crĂ©atif. Il ne possède en lui-mĂŞme que de très faibles effets psychotropes. La teneur en THC n’excède pas les 0,5 %.
Le chanvre sauvage bio pousse Ă  l’Ă©tat sauvage en Europe centrale et en Europe de l’Est oĂą il est considĂ©rĂ© comme une « mauvaise herbe ». On le rencontre frĂ©quemment en bordure des routes, des champs et des rivières.
Le chanvre sauvage bio poussait Ă  l’origine dans le Sud-Est de l’ancienne Russie. On pense que ce sont les Scythes qui l’ont diffusĂ© en Asie notamment en Mongolie. Actuellement, il pousse naturellement depuis l’Europe centrale jusqu’en Chine.

Kafiristanica

Le Cannabis sativa subsp. kafiristanica, ou chanvre afghan est synonyme de Cannabis afghanica
Le Kafiristan, nom d’une province afghane, signifie littĂ©ralement « pays des infidèles ». Le Kafiristan est une province isolĂ©e dans les montagnes de l’Hindu Kush qui a rĂ©cemment Ă©tĂ© renommĂ©e Nurestân. Elle est appelĂ©e ainsi car d’autres sous-espèces poussent en Afghanistan, souvent dĂ©rivĂ©es du chanvre indien, et sont souvent appelĂ©es abusivement chanvre afghan. R.C. Clarke, J.M. McPartland et D.P. Watson mettent d’ailleurs en garde, dans leur Hemp Diseases and Pests, contre cette confusion.
Le chanvre afghan est cultivĂ© essentiellement dans les montagnes du Pakistan et de l’Afghanistan.
Elle ne dépasse jamais les 1,50 m de hauteur alors que la C. S. sativa peut atteindre 6 mètres et le C. s. indica 3 mètres. Le C. s. afghanica est donc nettement plus petite et est adaptée aux milieux montagneux. Elle est à peine plus grande que le Cannabis ruderalis mais contrairement à cette dernière, elle possède un important taux de THC. Elle est cultivée exclusivement pour la production de haschich, sa très petite taille rendant impossible une utilisation pour les fibres.
Cette sous-espèce possède de nombreuses branches comme le chanvre indien mais la distance entre les nœuds est beaucoup plus faible.
À maturité ses feuilles sont beaucoup plus longues que le C. s. indica, elles sont de la taille de celles de la C. s. sativa mais plus large, avec le même ratio longueur/largeur que le C. ruderalis.
C’est la seule sous-espèce de cannabis Ă  avoir un tronc nervurĂ© et solide.

Lexique du chanvre

Le chanvrier ou la chanvrière est la personne qui travaille le chanvre, chanvrière peut aussi désigner une coopérative de producteurs de chanvre.
La chènevière, ou « canebière » dans le sud de la France, désigne un champ de chanvre,
Le chènevis désigne la graine de chanvre
La chènevotte désigne la tige centrale de chanvre dépourvue de son écorce
Un ferrandier est un peigneur de chanvre
Un four à chanvre est un four utilisé jadis afin de le sécher
Le haschich dĂ©signe la rĂ©sine issue du chanvre femelle prĂ©parĂ©e sous forme de savonnettes et destinĂ©e Ă  ĂŞtre fumĂ©e. AppelĂ©e aussi shit en langage familier lorsqu’il est coupĂ© avec d’autres substances alors que le haschich est « pur ».
La « culture guĂ©rilla », traduction littĂ©rale de l’expression anglaise guerilla grow dĂ©signe le fait de cultiver clandestinement du chanvre en pleine nature Ă  l’abri des regards. Les auteurs d’une culture guĂ©rilla sont appelĂ©s « guerilleros » et le lieu de la guerilla est appelĂ© le « spot guerilla ».
Remarque : pour dĂ©signer couramment le chanvre et ses sous-espèces, les diffĂ©rents acteurs de la filière chanvre Ă  usage industriel non rĂ©crĂ©atif prĂ©fèrent employer les appellations en français (ou autre langue locale): chanvre, chanvre cultivĂ©, chanvre agricole, chanvre d’Ĺ“uvre – ou d’ouvrage, chanvre indien, chanvre afghan ou chanvre sauvage par contre, les cultivateurs Ă  usage rĂ©crĂ©atif emploient plutĂ´t la terminologie latine de la nomenclature botanique : Cannabis, sativa, indica, afghanica ou ruderalis.

Histoire du chanvre

Le chanvre bio est une des premières plantes domestiquĂ©es par l’homme, au NĂ©olithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagnĂ© migrations et conquĂŞtes pour se rĂ©pandre sur tous les continents.
Jadis, le Canabis sativa, était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.
Si le chanvre permet la confection de toiles solides, il est Ă©galement utilisĂ© dans les rituels funĂ©raires. La fumĂ©e de l’herbe sĂ©chĂ©e et brĂ»lĂ©e sur des pierres ardentes en prĂ©sence du dĂ©funt, dĂ©connecte du rĂ©el et permettrait de parler aux esprits…

Ses fibres servaient Ă  confectionner des vĂŞtements en Chine 600 ans avant J.-C., en Europe au Moyen Ă‚ge. Les vĂŞtements royaux occidentaux Ă©taient souvent constituĂ©s de mĂ©langes de chanvre et de lin. La première Bible imprimĂ©e par Gutenberg l’aurait Ă©tĂ© sur papier de chanvre. Le papier de chanvre est utilisĂ© jusqu’au xixe siècle. Au dĂ©but du xxe siècle, en Europe, les fibres de chanvre furent remplacĂ©es par le coton, originaire des États-Unis. Plus rĂ©cemment, ces fibres rĂ©sistantes et Ă  portĂ©e de main, ont servi Ă  fabriquer des vĂŞtements militaires lors des deux guerres mondiales. Ă€ la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles furent remplacĂ©es par des fibres synthĂ©tiques, au tissage plus rĂ©gulier. Les fibres ont longtemps Ă©tĂ© utilisĂ©es pour fabriquer les billets de banque avant d’ĂŞtre remplacĂ©es par de l’ortie. Elles sont Ă©galement utilisĂ©es pour les cordes et cordages, et ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pendant longtemps pour les voilures des bateaux.

SĂ©chage de fibres de chanvre bio

SĂ©chage de fibres de chanvre bio

Travail du chanvre bio

Utilisation des fibres

Les fibres les plus travaillĂ©es sont issues de la partie pĂ©riphĂ©rique de la tige. Les fibres de la chènevotte, tige centrale dĂ©pourvue de son Ă©corce, ont une grande capacitĂ© d’absorption.

Cordage

Les fibres de chanvre bio servent Ă  faire des cordes naturelles.
En 1661 Colbert fait construire la Corderie royale de Rochefort pour pouvoir fabriquer en France les lourds cordages des navires. La partie centrale du bâtiment permettait de confectionner des cordages de chanvre d’une encablure de long, soit près de 200 m. Leur diamètre pouvait dĂ©passer 20 cm.
Une corde de chanvre de 12 mm de diamètre a une charge de rupture d’environ 1 100 kg.
Cette fibre permet aussi de confectionner tout simplement de la ficelle.

Tissage

Avant de pouvoir être tissé, le chanvre devait subir toute une préparation : le rouissage, le broyage, le teillage et le peignage.
Une fois rĂ©coltĂ©, il Ă©tait roui, sĂ©journant dans l’eau une dizaine de jours pour que les fibres se dĂ©tachent. Ensuite, on le broyait sous la « broie » et on le passait au seran qui sĂ©parait ce qui pourra ĂŞtre filĂ© au rouet et l’Ă©toupe qui ne pourra pas l’être. Au xviiie siècle, ce travail prĂ©liminaire du chanvre bio Ă©tait effectuĂ© par les agriculteurs qui trouvaient lĂ  une source de revenu supplĂ©mentaire. C’Ă©taient avant tout les femmes qui filaient. Il faut diffĂ©rencier cette production familiale de l’activitĂ© des tisserands. Bon nombre d’entre eux recevaient le fil d’un marchand-lissier qui rĂ©cupĂ©rait ensuite la toile de chanvre pour la vendre en France et Ă  l’Ă©tranger, ramenant en Ă©change Ă©pices ou produits divers.
Aujourd’hui, le dĂ©fibrage du chanvre est mĂ©canisĂ©.

Papier

Le chanvre bio est ou a été utilisé dans la fabrication de divers papiers. Le chanvre bio est utilisé notamment dans les billets de banque, le papier bible et le papier à cigarette.

Agriculture

La chènevotte sert Ă  la fabrication de litières absorbantes pour animaux. Au potager, sĂ©chĂ©e et concassĂ©e, elle constitue un mulch qui a la rĂ©putation de prĂ©senter l’avantage de bloquer efficacement les limaces.

Construction

On peut fabriquer les murs ou les dalles en bĂ©ton de chanvre bio (mĂ©lange de chaux et de chenevotte). La laine de chanvre bio est aussi un très bon isolant thermique, concurrentiel des laines minĂ©rales (laine de verre) parce qu’elle ne pose pas de problème sanitaire (amiante et laine de verre sont cancĂ©rigènes parce que constituĂ©es de fibres extrĂŞmement petites, capables de pĂ©nĂ©trer très loin dans les bronches). Des productions de blocs de chanvre se dĂ©veloppent en Isère et en Champagne-Ardenne (première rĂ©gion productrice europĂ©enne), notamment.

Transport

Vers 1940, Ford expĂ©rimente une voiture avec une carrosserie en chanvre. L’idĂ©e est reprise dans les annĂ©es 2010 par un constructeur canadien de vĂ©hicules Ă©lectriques.
Diesel utilisait l’huile de chanvre bio (ainsi que d’autres huiles vĂ©gĂ©tales) comme carburant pour son moteur.
Pare-chocs de la Mercedes Classe A.

Utilisation des graines

La graine de chanvre bio est appelée chenevis. On tire des chènevis de nombreux produits alimentaires.
On l’utilise pour ses propriĂ©tĂ©s nutritives, sous forme d’huile ou de graines. Ces deux Ă©lĂ©ments du chanvre ont Ă©tĂ© consommĂ©s couramment jusqu’au xixe siècle en France. Ils commencent depuis peu Ă  y ĂŞtre redistribuĂ©s.
Le chènevis contient entre autres :
32 % de glucides, dont 83 % de fibres
32 % de lipides
23 % de protéines, sources des 8 acides aminés essentiels
De plus, ces proportions sont idĂ©ales pour l’alimentation humaine et animale.

Huile

Alimentation : l’huile obtenue par pressage des chènevis jouit d’une excellente rĂ©putation diĂ©tĂ©tique, en raison de sa teneur en acides gras de type omĂ©ga 3 (dont des omĂ©ga 3 SDA) et omĂ©ga 6 GLA (Acides Gamma LinolĂ©ique) ainsi qu’une faible teneur en Acides Gras SaturĂ©s. Non-filtrĂ©e, elle a une couleur verte plus ou moins foncĂ©e selon les variĂ©tĂ©s. Elle a un goĂ»t de noisette pour certains. On la trouve en vente dans les boutiques bio ou naturelles et des boutiques spĂ©cialisĂ©es de vente d’huile, producteurs et revendeurs et depuis peu certains supermarchĂ©s. En 2010, son prix de vente moyen est proche de vingt-cinq Ă  quarante euros, rapportĂ©e au litre. Les contenants trouvĂ©s sont de vingt-cinq centilitres.
Combustible pour moteur (utilisĂ© notamment par Rudolf Diesel, lors de la crĂ©ation de son moteur diesel, le gazole arrivera bien plus tard). En 1937, Henry Ford a crĂ©Ă© la Hemp Body Car (en), une voiture en grande partie faite de chanvre bio et alimentĂ© par l’Ă©thanol de chanvre bio.
Peintures, vernis, encres et autres produits techniques : l’huile tirĂ©e de la graine du chanvre est siccative, Ă  l’instar de l’huile de lin.
CosmĂ©tiques : en raison de son Ă©quilibre en acides gras poly-insaturĂ©s, l’huile de chanvre est très nourrissante pour la peau. La prĂ©sence d’omĂ©ga 3 lui confère des propriĂ©tĂ©s anti-inflammatoires, anti-desquamantes (peaux très sèches). Non commĂ©dogène, elle renforce le film hydro-lipidique de l’Ă©piderme et contribue Ă  diminuer les pertes d’eau transcutanĂ©es. Elle renforce la cohĂ©sion entre les diffĂ©rentes couches de kĂ©ratinocytes. L’utilisation d’une huile raffinĂ©e permet d’obtenir des Ă©mulsions sans odeur dĂ©sagrĂ©able et stables dans le temps.
L’huile de chanvre bio contient :
10 % d’acides gras saturĂ©s
13 % d’acides gras mono-insaturĂ©s (AGMI)
77 % d’acides gras poly-insaturĂ©s (AGPI) dont 59.5 % d’omĂ©ga 6 (acide linolĂ©ique) et 17.5 % d’omĂ©ga 3 (acide gamma linolĂ©nique en majoritĂ©, acide stĂ©aridonique)
L’huile issue de chènevis contient en outre 8 % de graisses saturĂ©es, 55 % d’acide linolĂ©ique et 25 % d’acide α-linolĂ©nique. On y trouve des vitamines du groupe B (hydrophiles) et de la vitamine E (lipophile). Seule l’huile de lin contient une plus grosse proportion d’acide α-linolĂ©nique, mais l’huile de chènevis contient plus d’acide gras essentiels (80 % du volume total de l’huile)

Farine

Les chènevis peuvent être broyés pour obtenir la farine de chanvre, qui ne contient pas de gluten auquel de nombreuses personnes sont allergiques.

Boissons

Il existe, d’autre part, diffĂ©rentes boissons utilisant du chanvre bio :
limonade de chanvre bio
bière chanvrée bio
sirop de chanvre bio
thé de chanvre bio
absinthe au cannabis
Ă€ la fin des annĂ©es 1990, au confluent du renouveau du chanvre et de l’essor des microbrasseries sont apparues les bières de chanvre bio. Les inflorescences femelles de chanvres Ă  faible teneur en THC y remplacent le houblon. Elle apportent amertume et parfums (notes citronnĂ©es, poivrĂ©es).

Alimentation animale

Des chènevis sont incorporĂ©s aux mĂ©langes pour oiseaux domestiques (canaris, perruches), aux cĂ´tĂ©s de graines d’alpiste et de millet. Le chènevis est Ă©galement utilisĂ© comme amorce pour la pĂŞche au gardon et Ă  la brĂŞme. Une fois trempĂ©es et cuites, les graines sont enfilĂ©es sur l’hameçon oĂą elles servent d’appât. Enfin, les tourteaux (rĂ©sidus de l’extraction de l’huile), riches en protĂ©ine, peuvent ĂŞtre avantageusement valorisĂ© en alimentation du bĂ©tail, en particulier des vaches laitières.

Potentiel industriel

RĂ©colte de chanvre bio en Haute-SaĂ´ne
On tire donc du chanvre un nombre important et toujours croissant de produits : fil, ficelle, tissu, papier (plus de 70 % de la production avant 1883), mais aussi matĂ©riaux de construction et d’isolation, carburant, plastiques, produits alimentaires, mĂ©dicaments.
Après avoir connu son apogĂ©e au milieu du XIXe siècle (176 000 ha cultivĂ©s en France) avec pour dĂ©bouchĂ©s la papeterie et la marine Ă  voile, les surfaces en chanvre ont Ă©tĂ© rĂ©duites Ă  quelques centaines d’hectares en 1960 (700 ha) du fait de l’Ă©mergence de l’utilisation du coton, des fibres synthĂ©tiques et de l’arrivĂ©e de la marine Ă  moteur. La culture connaĂ®t un regain d’intĂ©rĂŞt depuis les annĂ©es 1970 pour les marchĂ©s papetiers. Depuis les annĂ©es 2000, les surfaces en chanvre se sont stabilisĂ©es rĂ©gulièrement avec l’Ă©mergence de nouveaux dĂ©bouchĂ©s. En 2006, les surfaces en chanvre atteignaient 8 083 ha pour 1 056 producteurs (cultures industrielles et semences comprises).
Le magazine amĂ©ricain Popular Mechanics de fĂ©vrier 1938, titre un article au sujet de l’exploitation du chanvre : « New billion dollar crop ». L’extraction des fibres de la tige du chanvre, opĂ©ration fastidieuse, venait de bĂ©nĂ©ficier d’un nouveau procĂ©dĂ© d’automatisation, qui promettait une rentabilitĂ© Ă©norme. Cependant, la culture du chanvre fut progressivement interdite aux États-Unis, par une succession de mesures, notamment la Marihuana Tax Act de 1937. Les fibres synthĂ©tiques, comme le nylon, commercialisĂ© en 1938, commencèrent Ă  s’imposer sur le marchĂ© mondial. Les plants poussant Ă  l’Ă©tat sauvage furent traquĂ©s et dĂ©truits. Pendant la seconde guerre mondiale, les États-Unis incitèrent leurs fermiers Ă  produire massivement du chanvre. Le film Hemp For Victory (en), rĂ©alisĂ© par le gouvernement amĂ©ricain, explique aux fermiers la nĂ©cessitĂ© de produire du chanvre pour soutenir l’effort de guerre. Avant 1989, l’existence de ce film Ă©tait mĂ©connue, et le dĂ©partement de l’agriculture des États-Unis, ainsi que la Libraire du Congrès nièrent son existence, jusqu’Ă  ce que deux copies VHS ressurgissent, des mains de Maria Farrow, Carl Packard, et Jack Herer.

La culture industrielle

Le chanvre industriel, principalement du chanvre cultivé (en Europe) et du chanvre indien, est une plante à racine pivotante pouvant dépasser quatre mètres de haut, autrefois cultivée pour les fibres contenues dans sa tige produisant la filasse ou pour ses graines (appelées chènevis) fournissant une huile siccative.
Plante rudĂ©rale et robuste, sa culture en Europe ne nĂ©cessite l’emploi d’aucun pesticide. C’est en revanche une culture qui nĂ©cessite des apports de potassium et d’azote : dans la littĂ©rature technique on trouve des prĂ©conisations de 80 Ă  150 kg d’azote par hectare. Ă€ titre de comparaison, une culture de maĂŻs destinĂ© Ă  l’ensilage, dont le cycle de vĂ©gĂ©tation recouvre sensiblement la mĂŞme pĂ©riode que le chanvre, nĂ©cessite environ 200 kg d’azote/ha.
Le chanvre industriel cultivĂ© lĂ©galement en Europe l’est gĂ©nĂ©ralement dans des exploitations agricoles de grande taille.

En France, la culture du chanvre, les outils et les mĂ©tiers associĂ©s ont laissĂ© de nombreuses traces dans la toponymie et l’anthroponymie (noms de lieux et de personnes). Par exemple la cĂ©lèbre avenue de la Canebière Ă  Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n), en langue d’oc, dĂ©signe une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre Ă  cet endroit ; selon d’autres, il ne s’agissait que de fabriques de cordes et de voiles liĂ©es aux activitĂ©s du port. Du cĂ´tĂ© de Nice on trouve li Chanabieros francisĂ© en les « chanebières ». Au nord de la Loire, la plantation de chanvre Ă©tait appelĂ©e chennevière, un terme que l’on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes, parfois dĂ©formĂ© en « chĂŞne vert ». Le terme employĂ© aujourd’hui est chènevière.

Production

Le renouveau du chanvre industriel en France et en Europe rĂ©sulte de l’augmentation des prix du pĂ©trole, des obligations de recyclage des matières et des perspectives environnementales. La France est aujourd’hui leader europĂ©en avec une production annuelle de 50 000 tonnes (100 000 tonnes dans l’Union europĂ©enne), et la plus large variĂ©tĂ© mondiale de semences industrielles certifiĂ©es.
Au plan industriel, le chanvre prĂ©sente l’avantage de produire deux matĂ©riaux distincts et complĂ©mentaires :
la chènevotte (ou bois de chanvre) très légère (densité 0,12)
et la fibre avec un haut module de résistance à la traction
Sont visĂ©s les marchĂ©s du bâtiment et de la plasturgie automobile oĂą les fibres de chanvre permettent la rĂ©duction du poids des pièces, ainsi que l’amĂ©lioration des perspectives de recyclage et de protection de l’environnement.
La FNPC (FĂ©dĂ©ration Nationale des Producteurs de Chanvre) est en mĂŞme temps un syndicat de producteurs et un producteur de semences de chanvre industriel. Depuis peu, la recherche sur le chanvre industriel en France est fĂ©dĂ©rĂ©e par l’Institut Technique du Chanvre (ITC).

La culture industrielle en France

Après avoir culminĂ© Ă  près de 170 000 ha au xixe siècle, le chanvre est redescendu en 1904 autour de 21 000 ha de chanvre en France pour atteindre un point bas de 600 ha ; cette culture avait presque disparu jusqu’Ă  une reprise rĂ©cente dans certains dĂ©partements de l’est de la France par la Chanvrière de l’Aube et Interval-Eurochanvre dans la Haute-SaĂ´ne, PDM Industries dans la Sarthe, Terrachanvre, LChanvre dans les CĂ´tes-d’Armor, CoopĂ©val-Agrofibre en Haute-Garonne et les Chanvriers de l’Est en Lorraine. Environ 8 000 ha lui sont maintenant consacrĂ©s en France, dont 5 000 ha autour de son bassin de production principal en Champagne-Ardenne. Ă€ Bar-sur-Aube, dans le dĂ©partement champenois de l’Aube, 125 tonnes de paille de chanvre sont produites par jour. Les cultivars cultivĂ©s aujourd’hui en France ont des teneurs en THC extrĂŞmement faibles, le règlement n° 1164/89 de la CommunautĂ© europĂ©enne imposant un taux infĂ©rieur Ă  0,3 %.
En 2008, en France, le taux de THC devrait être inférieur à 0,2 % conformément à la règlementation européenne (règlement CE n°1782/2003 du Conseil du 29/09/2003 modifié, règlement CE n°796/2004 de la Commission du 21/04/2004 modifié). Les cultivars éligibles sont inscrits en annexe 2 du règlement 796/2004 modifié.
Pour exemple, les principaux cultivars utilisés en 2007 en région Poitou-Charentes sont Felina 32 et Fedora 17.

La culture industrielle au Canada et aux États-Unis

Au Canada, la culture du chanvre est autorisĂ©e depuis 1998. La teneur en THC est strictement rĂ©glementĂ©e et vĂ©rifiĂ©e par SantĂ© Canada qui contrĂ´le aussi la production, la distribution, la transformation, l’exportation et l’importation du chènevis. Une licence annuelle et le respect de plusieurs règlements sont requis. La teneur en THC est limitĂ©e Ă  0,3 % du poids des feuilles et Ă  10 parties par million (ppm) dans le cas de l’huile et de la farine de chènevis. Le chanvre est notamment cultivĂ© au Manitoba, dans la Saskatchewan et l’Alberta.
La culture du chanvre est interdite aux États-Unis, y compris le chanvre industriel.

Les cannabinoĂŻdes dans la plante

On recense plus de soixante cannabinoĂŻdes dans les diffĂ©rents cultivars de chanvre. Le tĂ©trahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN) sont les plus rĂ©pandues. Leur biosynthèse se fait dans des glandes spĂ©cialisĂ©es prĂ©sentes sur toutes les parties aĂ©riennes de la plante. Le dĂ©veloppement de ces glandes dĂ©bute avec la formation des bractĂ©es. Les facteurs rĂ©gulant la production de cannabinoĂŻdes ne sont que partiellement connus. Bien qu’il soit prouvĂ© que le stress environnemental augmente de manière importante la quantitĂ© de Δ 9-tetrahydrocannabinol (Haney and Kutscheid, 1973; Coffman and Gentner, 1975), une thĂ©orie plus gĂ©nĂ©rale est que les aspects qualitatifs dĂ©pendent de la gĂ©nĂ©tique de la plante et que les aspects quantitatifs sont influencĂ©s par des facteurs environnementaux (Fairbairn and Liebmann, 1974 ; Latta and Eaton, 1975). Les cannabinoĂŻdes jouent le rĂ´le d’agents dĂ©fensifs, contre la dessiccation, les parasites, les UV-B et les microbes.

Usage médical

Article détaillé : Cannabis médical.
De nos jours, dans les pays où il est autorisé, le cannabis médical est employé dans une très grande variété de maladies et de pathologies, comme:
-Nausées et vomissements
-Anorexie et cachexie
-Spasmes
-Troubles du mouvement
-Douleurs
-Glaucome
-Épilepsie
-Asthme
-DĂ©pendance et Ă©tat de manque
-SymptĂ´mes psychiatriques
-Maladies auto-immunes et inflammations
-Insomnies

Formes pharmaceutiques

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :
Bedrocan Bediol Bedrobinol : formes naturelles prescrites pour les traitements des nausĂ©es et des vomissements liĂ©s Ă  la chimiothĂ©rapie, ainsi que pour stimuler l’appĂ©tit chez les malades du sida. Ces mĂ©dicaments prĂ©sentent des niveaux de tĂ©trahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD) en quantitĂ©s diffĂ©rentes ;
Marinol (tĂ©trahydrocannabinol) : prescrit pour les traitements des nausĂ©es et des vomissements liĂ©s Ă  la chimiothĂ©rapie, ainsi que pour stimuler l’appĂ©tit chez les malades du sida ;
Cesamet (nabilone) : prescrit pour les traitements des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie ;
Sativex : prescrit comme anti-douleur pour la sclérose en plaques.
Il peut aussi ĂŞtre prescrit Ă  l’Ă©tat naturel afin d’ĂŞtre consommĂ© fumĂ©, ou par inhalation de vapeur de THC (tĂ©trahydrocannabinol) sublimĂ©, et lĂ  encore sa prescription la plus courante reste relative aux malades en phase terminale.

Propriétés thérapeutiques

Article détaillé : Effets du cannabis sur la santé.
De nombreuses Ă©tudes[rĂ©f. nĂ©cessaire] – plus ou moins significatives – existent ou sont en cours sur ses qualitĂ©s thĂ©rapeutiques.
Il est question de propriétés :
analgĂ©siques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques sur lesquelles les traitements traditionnels sont trop forts : en termes d’effets ou d’effets secondaires ;
relaxantes et somnifères : malades en phase terminale ;
anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothĂ©rapie ou d’autres traitements lourds ;
stimulant l’appĂ©tit et redonnant du plaisir Ă  manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrĂŞme) et favorise la prise de poids ;
broncho-dilatatrices : asthme ;
vaso-dilatatrices : glaucome.
D’autres Ă©tudes suggèrent que le cannabis pourrait ĂŞtre :
une alternative efficace pour traitement de l’HyperactivitĂ© et des Troubles DĂ©ficitaires de l’Attention (TDAH) : ces dernières annĂ©es, les chercheurs ont dĂ©couvert que le système endocannabinoique humain est impliquĂ© dans la modulation du système dopaminergique (voir dopamine). De ce fait, les cannabinoides deviennent une alternative pharmacologique possible aux psychostimulants (Ritaline, Concerta) gĂ©nĂ©ralement prescrits pour le traitement des symptĂ´mes chroniques de cette pathologie.
une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire) tels que la maladie de Parkinson ou le syndrome de Tourette ;
un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
un agent inhibant les sĂ©crĂ©tions d’acide gastrique et pouvant jouer un rĂ´le favorable sur la prĂ©vention des ulcères ;
un agent amĂ©liorant les troubles comportementaux des patients atteint de la maladie d’Alzheimer.
un agent protecteur du système de compression mĂ©morielle et de l’ accès Ă  la mĂ©moire gĂ©nĂ©rale.

Usage psychotropique

Le chanvre bio est largement utilisĂ© pour les propriĂ©tĂ©s psychotropes induites notamment par la prĂ©sence de tĂ©trahydrocannabinol (THC). C’est le cas essentiellement de trois des quatre sous-espèces qui peuvent ĂŞtre consommĂ©es directement après la rĂ©colte :
cannabis sativa ;
cannabis indica ;
cannabis afghanica.
La sous-espèce Cannabis ruderalis, essentiellement cultivĂ©e pour la production de chanvre textile, ne contient pas suffisamment de THC pour provoquer des effets psychotropes. Elle n’est utilisĂ©e par les cultivateurs de cannabis que pour effectuer des croisements en vue d’obtenir une meilleure rĂ©sistance et une floraison plus prĂ©coce.
Actuellement, presque tous les cultivars utilisĂ©s pour l’auto-consommation sont des hybrides de ces quatre espèces. Pour la production d’hybrides, les sous-espèces cannabis indica et cannabis sativa sont essentiellement utilisĂ©es.

Modes de consommation

Le cannabis peut se présenter sous différentes formes :
fleurs séchées femelles (5-15 % THC) (qui forment les « têtes » ou « cocottes »), appelées « marijuana », ou des feuilles séchées (habituellement, les feuilles de la couronne fleurie des plantes femelles, appelées « feuilles de manucure ») ;
huile de cannabis (60-80 % THC), concentrĂ© issu d’une extraction Ă  l’aide de solvants (gĂ©nĂ©ralement solvant apolaire car le THC est soluble dans ceux-ci). Les feuilles sont mĂ©langĂ©es au solvant pendant quelques minutes puis retirĂ©es par filtration. Le solvant est ensuite Ă©vaporĂ© pour laisser apparaĂ®tre l’huile ;
pollen (~30 % THC), aussi appelĂ© skuff, appelĂ© ainsi par analogie avec le pollen des botanistes mais qui n’a en rĂ©alitĂ© rien Ă  voir : le vrai pollen de la plante, poussière jaune produite par les pieds mâles au moment de leur reproduction, ne contient pas de substance active. Il s’agit ici de la poudre rĂ©sineuse obtenue en battant des ballots de tissus remplis de fleurs de cannabis (tĂŞtes). La poudre ainsi rĂ©cupĂ©rĂ©e, est ensuite compactĂ©e en bloc, ce qui donne le haschich, souvent « coupĂ© » avec diffĂ©rents produits (paraffine, etc.) afin d’en augmenter le volume et le poids, avec pour effet une diminution de la concentration en THC.

Le cannabis est gĂ©nĂ©ralement consommĂ© avec du tabac dans des cigarettes artisanales appelĂ©es « joints » ou « pĂ©tards ». D’autres modes de consommation existent : – pipe, chillum, etc., avec ou sans tabac ; – « bang » (ou « bong »), une pipe Ă  eau Ă  travers laquelle la fumĂ©e est refroidie et filtrĂ©e avant d’arriver aux poumons : la quantitĂ© aspirĂ©e est plus importante et les effets plus rapide et plus intenses qu’avec un joint ; – gâteaux (« space cakes ») : les effets mettent plus longtemps Ă  venir et ce mode de consommation demande des quantitĂ©s plus importantes car une partie du THC est dĂ©truite par les enzymes de l’estomac[rĂ©f. souhaitĂ©e] ; – vaporisation : ce mode de consommation, comme les gâteaux, ne prĂ©sente pas les dangers liĂ©s aux produits de combustion cancĂ©rigènes : goudrons, oxyde de carbone, etc. Par ailleurs la quantitĂ© de cannabis nĂ©cessaire est moins importante car le THC n’est pas dĂ©truit par la chaleur de la combustion. C’est le mode de consommation privilĂ©giĂ© par les utilisateurs de cannabis Ă  des fins thĂ©rapeutiques.

Origine du cannabis

Le cannabis consommĂ© en Europe provient principalement de la rĂ©gion du Rif, une rĂ©gion montagneuse situĂ©e dans le nord du Maroc, au nord de l’Afrique.
Le chanvre serait cultivĂ© dans le Rif depuis le VIIe siècle, soit depuis plus d’un millĂ©naire.
Le cannabis marocain est appelĂ© le kif venant du mot katf, garrot, qui sert Ă  lier, peut ĂŞtre issu des rameaux d’herbes liĂ©s et conditionnĂ©s pour le sĂ©chage. En arabe ou dialecte Marocain (darija) il peut ĂŞtre aussi appelĂ© zatla, hashish, al hasha, al hanchla, flitoxa, ghalghoula, aachour, tibisla etc. après transformation en drogue.

Habitudes de consommation

Généralement, le cannabis est fumé. Il peut se présenter sous les formes suivantes:
La marijuana : on l’appelle aussi pot, beuh ou herbe. RoulĂ©e en joint, on l’appelle joint, pĂ©tard, ou d’autres surnoms. Elle est composĂ©e Ă  partir des fleurs sĂ©chĂ©es du cannabis ou des feuilles mais les feuilles ne sont pas de bonne qualitĂ©, elles sont appelĂ©es feuillasse ou paille. Celles-ci sont sĂ©chĂ©es, finement hachĂ©es, puis fumĂ©es telles quelles ou mĂ©langĂ©es Ă  du tabac. Elle est aussi, parfois, mĂŞlĂ©e Ă  des pâtisseries ou Ă  des boissons. La teneur en THC varie de 0,1 Ă  25 % selon la provenance et son mode de prĂ©paration.
Le haschisch ou hasch : il est fabriqué avec la résine du chanvre qui couvre les fleurs et les feuilles du sommet de la plante. La résine est raclée, pressée en blocs et généralement fumée. Le haschisch est mélangé à du tabac sous forme de cigarette ou dans une pipe. Parfois encore, certains adeptes le mélangent à des aliments ou boissons. Les effets du haschisch sont beaucoup plus puissants que ceux de la marijuana : sa teneur en THC varie entre 10 et 30 %.
L‘huile de Cannabis : Pour extraire l’huile, le cannabis est trempĂ© dans un solvant, ensuite Ă©vaporĂ© pour obtenir un concentrĂ© de THC (entre 60 et 80 %) ainsi que d’autres canabinoĂŻdes. Cette huile, qui se fume mĂ©langĂ©e Ă  du tabac, est dangereuse en raison de son très fort taux de concentration. Elle est peu rĂ©pandue.
l’huile essentielle de cannabis : Est extraite de la plante par distilation, elle contient un très fort taux de canabinoĂŻde ainsi que d’arĂ´me, elle est très peu rĂ©pandue.
Lorsqu’il est fumĂ©, entre 15 et 50 % du THC passe dans le sang et l’effet dure entre 45 minutes et 2 h 30.
Une des techniques pour avoir un maximum d’effet est d’aspirer la fumĂ©e par plusieurs inhalations courtes, de l’envoyer dans les poumons et de l’y laisser un certain temps. On dit qu’on cogne ou compresse (ou konye en crĂ©ole) lorsqu’on utilise cette technique.
D’autres techniques incluent l’utilisation de narguilĂ© ou pipe Ă  eau pour fumer le cannabis tout en refroidissant la fumĂ©e. Il s’agit de techniques censĂ©es filtrer la fumĂ©e, qui multiplient en rĂ©alitĂ© les quantitĂ©s d’air et de toxiques inhalĂ©s, du fait qu’il faut aspirer plus profondĂ©ment. Ce mode de consommation fait pĂ©nĂ©trer les fumĂ©es plus profondĂ©ment dans les poumons, avec les risques qui en sont la consĂ©quence .
Le cannabis peut aussi ĂŞtre ingĂ©rĂ© car le THC est soluble dans les graisses et l’alcool. NĂ©anmoins, lorsqu’il est ingĂ©rĂ©, les effets du cannabis se dĂ©clarent au bout de trente minutes et peuvent se prolonger plusieurs heures, ce qui peut gĂ©nĂ©rer un Ă©tat d’anxiĂ©tĂ© et de paranoĂŻa appelĂ© bad trip.
Le beurre de Marrakech, obtenu par extraction des composés liposolubles du haschisch ou des inflorescences de cannabis se substitue au beurre classique dans les recettes. Il est utilisé pour préparer des plats tels que le space cake, la pot pie ou les hash brownies.
Le cannabis peut Ă©galement ĂŞtre mis en solution dans du lait (de prĂ©fĂ©rence entier), ce que l’on nomme un bhang ou « lait vert ».
Le haschich peut ĂŞtre mis Ă  fondre dans du chocolat noir et servir ensuite en pâtisserie ou solidifiĂ© pour l’utiliser Ă  la demande.
le Green Dragon dĂ©signe une boisson alcoolisĂ©e Ă  base de macĂ©ration de cannabis dans de l’alcool (ou une boisson au datura). La solution est verte, d’oĂą le nom.
Le pot tea (ou thĂ©/tisane au chanvre) est une infusion de chanvre bio. Les cannabinoĂŻdes se diluant moins bien dans l’eau, le chanvre est en gĂ©nĂ©ral bien sĂ©chĂ© pour une infusion. Il existe plusieurs variantes pour rendre une tisane au chanvre agrĂ©able Ă  boire tout en ayant des effets puissants selon la concentration de THC. La plus connue est le thĂ©-chai au cannabis. Les effets de cette tisane se font ressentir environ 2 heures après ingestion et peuvent durer jusqu’Ă  18-24h selon les individus[rĂ©f. nĂ©cessaire]. C’est pourquoi elle est plus rarement consommĂ©e.
La vaporisation ou sublimation est une autre mĂ©thode d’absorption. On peut extraire le THC et les autres cannabinoĂŻdes sous forme de vapeur en chauffant lĂ©gèrement la plante sans la brĂ»ler. Cette mĂ©thode a l’avantage de ne pas produire les substances toxiques contenues dans la fumĂ©e du cannabis et du tabac lors d’une combustion normale (monoxyde de carbone, goudrons, nitrosamines…). En chauffant le cannabis Ă  une tempĂ©rature prĂ©cise, les substances psychotropes s’Ă©vaporent, mais la plante ne brĂ»le pas encore. La vapeur produite peut alors ĂŞtre inhalĂ©e, avec un effet aussi immĂ©diat et plus puissant que si le cannabis Ă©tait fumĂ©.
En 2008, l’Observatoire europĂ©en des drogues et des toxicomanies signale qu’en gĂ©nĂ©ral, les prix de vente au dĂ©tail du cannabis vĂ©gĂ©tal et de la rĂ©sine de cannabis oscillent en Europe entre 2 et 14 euros le gramme. La plupart des pays europĂ©ens font Ă©tat de prix compris entre 4 et 10 euros pour les deux produits.

Évaluation de la consommation

En 2008, l’ONU dans son rapport mondial sur les drogues 2008, estimait qu’il y avait 166 millions d’usagers de cannabis, le pays comportant le plus d’utilisateurs restant les États-Unis.
Plus de soixante-deux millions d’EuropĂ©ens (plus de 20 % de l’ensemble de la population adulte) ont dĂ©jĂ  consommĂ© du cannabis et vingt millions en ont consommĂ© au cours de la dernière annĂ©e, selon une Ă©tude publiĂ©e le 25 novembre 2005 par l’Observatoire europĂ©en des drogues et des toxicomanies (OEDT).
Dans son rapport annuel du 1er mars 2006, l’OICS indique que l’Afrique compterait trente-quatre millions d’usagers.
Cependant cette Ă©valuation est certainement très loin de la rĂ©alitĂ©. Il n’existe aucune mĂ©thode fiable pour Ă©valuer un marchĂ© illĂ©gal, ce qui se fait par des extrapolations des drogues saisies ainsi que des Ă©valuations des surfaces cultivĂ©es.
Il s’agit en revanche de la drogue illĂ©gale la plus consommĂ©e dans le monde.

Effets recherchés

D’une manière gĂ©nĂ©rale, les effets varient en intensitĂ© et en durĂ©e, en fonction du mode de consommation, des teneurs respectives en THC (effet high) et CBN (effet stone) ainsi que du sujet, de son Ă©tat physique et psychique. Les effets peuvent durer entre quelques minutes (inhalation) et quelques heures (ingestion). Leur durĂ©e est tout autant variable.
Généralement :
euphorie, hilarité, excitation ;
relaxation, détente, sensation de flottement ;
facilitĂ© d’introspection (disparition de l’inhibition) ;
association d’idĂ©es crĂ©atives ;
stimulation de l’appĂ©tit (Voir Usage mĂ©dical) ;
sommeil ;
sensation d’extrĂŞme plaisir mĂŞme face Ă  des choses parfois futiles.
Des doses plus fortes peuvent induire une augmentation de la perception auditive et visuelle (diminution de l’inhibition latente), qui peut engendrer des hallucinations et conduire au bad trip ou au contraire amplifier les sensations durant un spectacle musical ou devant un film, effet souvent recherchĂ©.

Effets indésirables

Après la consommation, l’usager peut manifester les symptĂ´mes suivants :
yeux rouges, mydriase ;
tachycardie, hypertension/hypotension ;
assèchement buccal (familièrement appelé « la pâteuse » ou « moquette » souvent caractérisée par un blanchiment de la langue) ;
anxiété ;
altération de la mémoire immédiate ;
troubles de la perception du temps (quelques minutes semblent ĂŞtre des heures, ou l’inverse) ;
paranoĂŻa ;
peut rĂ©vĂ©ler une schizophrĂ©nie latente. Toutefois, ce n’est pas la cause immĂ©diate de la schizophrĂ©nie. Il s’agit davantage d’un facteur prĂ©cipitant. En effet, les effets hallucinogènes des drogues peuvent entraĂ®ner le dĂ©but de troubles psychotiques. Le risque est important chez les personnes vulnĂ©rables Ă  cette maladie.
Des vomissements sont possibles (surtout avec le haschich) mais sont surtout provoquĂ©s par les produits coupants ou l’angoisse due Ă  la perte de repères.
Lorsqu’il est pris par un conducteur, il augmente le risque d’accident de la route et double le risque d’accidents mortels.

Effets cognitifs

Le cannabis altère la mĂ©moire immĂ©diate, la concentration, le rappel des souvenirs ou des mots, et peut donc diminuer les capacitĂ©s d’apprentissage. En l’état actuel des connaissances, la mĂ©moire ne semble pas affectĂ©e au-delĂ  du temps des effets du cannabis, c’est-Ă -dire quelques heures. Cette amnĂ©sie est multipliĂ©e en cas de consommation associĂ©e avec de l’alcool.
Le cannabis perturbe les processus de mĂ©morisation du cerveau en dĂ©sorganisant le fonctionnement Ă©lectrique de l’hippocampe , structure clĂ© du cerveau pour l’activation de la mĂ©moire. Le cannabis aux doses usuellement prĂ©sentes chez ses consommateurs supprime les oscillations Ă©lectriques, essentielles dans le processus d’apprentissage et de mĂ©morisation. Les processus cognitifs sont dĂ©sorganisĂ©s.
La principale substance active dans le cannabis, le THC, bloque aussi la libĂ©ration d’un neurotransmetteur important dans l’hippocampe, l’acĂ©tylcholine, affectant le fonctionnement Ă©lectrophysiologique du cerveau.
Le cannabis perturbe chez le fĹ“tus la formation des rĂ©seaux de neurones dans le dĂ©veloppement du cerveau, ce que confirme la proportion très Ă©levĂ©e d’enfants ayant un retard mental chez les mères consommatrices.

Effets psychiques

L’usage de cannabis peut traduire un mal-ĂŞtre psychique – parfois insoupçonnĂ© – pouvant se transformer en paranoĂŻa, crises d’angoisses, sentiment d’oppression. Il existe aussi quelques cas de psychose cannabique aiguĂ«.
Au niveau neuro-psychiatrique, la substance peut diminuer l’attention, aggraver ou rĂ©vĂ©ler des troubles psychiques comme n’importe quel psychotrope. Un syndrome amotivationnel (dĂ©motivation) peut apparaĂ®tre, ainsi que : manque d’estime de soi, intempĂ©rance, dĂ©pression et tendances suicidaires. Il existe une corrĂ©lation entre l’usage prolongĂ© du cannabis et la dĂ©pression chez certains patients mais il reste difficile de dire si le cannabis produit la dĂ©pression ou si la dĂ©pression favorise une consommation chronique… DiffĂ©rentes Ă©tudes, Ă  la crĂ©dibilitĂ© variable, suggèrent des liens entre schizophrĂ©nie ou psychose et cannabis (Lien entre schizophrĂ©nie et consommation de cannabis).

Adolescence

Selon une Ă©tude, il n’y aurait aucune diffĂ©rence sur le plan cĂ©rĂ©bral entre ceux qui ont rĂ©gulièrement fumĂ© de la marijuana au cours de leur adolescence et ceux qui n’en ont jamais fait usage. Une autre Ă©tude affirme plutĂ´t que les personnes prĂ©destinĂ©es Ă  la schizophrĂ©nie voient leurs symptĂ´mes prĂ©cipitĂ©s lorsqu’elles commencent Ă  consommer pendant l’adolescence. La consommation intensive de dĂ©rivĂ©s concentrĂ©s, comme l’huile de haschisch, favorise, particulièrement Ă  l’adolescence, l’apparition des troubles psychotiques.

Effets comportementaux

Des troubles de comportement sont observĂ©s chez l’animal de laboratoire qui y est exposĂ©, y compris chez des espèces très Ă©loignĂ©es des mammifères comme l’araignĂ©e. Le cannabis est un des produits dont les effets ont Ă©tĂ© testĂ©s sur des araignĂ©es dès les annĂ©es 1950. Comme pour d’autres drogues, les araignĂ©es qui y sont exposĂ©es, mĂŞme Ă  de faibles doses, ont produit des toiles tout Ă  fait anormales. Plus la toxicitĂ© du produit est Ă©levĂ©e, plus l’araignĂ©e laisse de manques dans sa toile.

Effets somatiques

Ă€ long terme, les effets sur l’homme ont besoin d’ĂŞtre Ă©tudiĂ©s. On cite cependant des affections durables des voies respiratoires similaires au tabac : toux, cancer bronchique, bronchite chronique, emphysème (du fait d’inhalations profondes et prolongĂ©es). Par ailleurs, l’inhalation de la combustion de produits de coupe souvent prĂ©sents dans le haschisch expose l’usager Ă  des risques aussi alĂ©atoires que nĂ©fastes. L’herbe a Ă©tĂ© exceptionnellement coupĂ©e Ă  l’eau, au sable voire au verre pilĂ© afin d’alourdir la masse et donc d’augmenter les prix.
Une dĂ©pendance physique existe, mĂŞme si elle est moins marquĂ©e que pour d’autres produits, probablement du fait de la demi-vie plus longue du THC dans le corps. Il faut Ă©galement signaler qu’une dĂ©pendance physique au tabac, utilisĂ© dans la confection du joint, se manifeste très souvent chez les fumeurs rĂ©guliers de cannabis. Cependant, un joint peut Ă©galement ĂŞtre confectionnĂ© uniquement avec la substance.
Selon une Ă©tude d’une association de consommateurs, fumer trois joints Ă©quivaut Ă  fumer un paquet de cigarettes. La fumĂ©e de cannabis contient sept fois plus de goudron et de monoxyde de carbone que la fumĂ©e du tabac seul. Cet essai est en contradiction avec d’autres travaux scientifiques qui estiment que « fumer du cannabis n’accroĂ®t pas le risque de cancer » ou que les risques cancĂ©rigènes sont Ă  imputer Ă  la prĂ©sence de nicotine due au mĂ©lange avec du tabac. Alternativement Ă  la combustion, l’usage d’un vaporisateur, en vente libre, dĂ©livre une vapeur de cannabinoĂŻde pratiquement pure.
La consommation Ă  l’aide d’une pipe Ă  eau augmente très fortement l’inhalation de produits toxiques.

Effets sur la conception et la reproduction

La consommation régulière de joints, chez l’homme, contribue à une baisse de la fertilité.
Pendant la grossesse, la consommation de cannabis risque d’entraver l’activitĂ© cĂ©rĂ©brale du fĹ“tus, retardant le dĂ©veloppement du cerveau in utero. La tĂ©ratogĂ©nicitĂ© de la consommation de cannabis durant la grossesse semble cliniquement non significative. Cependant, après une exposition in utero au cannabis, des atteintes cognitives pendant les annĂ©es d’enfance ont Ă©tĂ© observĂ©es, avant tout sur l’attention et les tests d’hypothèses par voie visuelle.

Autres effets

Fumer du cannabis peut ĂŞtre un facteur de risque de la maladie parodontale (maladie du tissu soutien des dents) qui est indĂ©pendant de l’utilisation du tabac.

LĂ©gislation sur le chanvre

Article détaillé : Législation sur le cannabis.
Etant donnĂ©e sa rapiditĂ© de dĂ©veloppement, ses nombreuses applications et la qualitĂ© de ses fibres, sa culture concurencerait plusieurs secteurs industriels, c’est pourquoi le chanvre a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© Ă  la convention unique sur les stupĂ©fiants de 1961.
La dĂ©tention, commerce, la promotion et la consommation de marijuana sont interdits dans la majoritĂ© des pays du monde au cours du xxe siècle : la convention unique sur les stupĂ©fiants de 1961 proscrivant la culture du chanvre dans tous les pays signataires est indĂ©niablement une retombĂ©e du Marihuana Tax Act de 1937 aux États-Unis d’AmĂ©rique. NĂ©anmoins, les raisons historiques de cette interdiction semblent avoir Ă©tĂ© diffĂ©rentes de part et d’autre de l’Atlantique (bien que l’influence des prohibitionnistes amĂ©ricains semble dĂ©terminante).
Depuis les annĂ©es 2000, certains pays ont commencĂ© Ă  distinguer l’usage mĂ©dical du cannabis de sa consommation rĂ©crĂ©ative, comme c’est dĂ©jĂ  le cas pour les autres substances psychotropes, en particulier les opiacĂ©s. C’est le cas de trois Pays : Le Canada, les États-Unis et les Pays-Bas.
Au Canada et aux États-Unis, le choix a Ă©tĂ© fait de tolĂ©rer la distribution de cannabis mĂ©dical par l’intermĂ©diaire de Centres de Compassion, comme il en existe au QuĂ©bec, Ă  MontrĂ©al et Ă  QuĂ©bec par exemple. Le patient doit au prĂ©alable ĂŞtre admis sur contrĂ´le de sa maladie par le Centre Compassion. Le patient peut ensuite librement choisir la posologie et la qualitĂ© des produits mis Ă  sa disposition pour se soigner. NĂ©anmoins, la situation aux États-Unis reste controversĂ©e; une rĂ©cente dĂ©cision au niveau fĂ©dĂ©ral a contredit la politique de tolĂ©rance[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Par le rĂ©fĂ©rendum du 4 novembre 2008, le Massachusetts a dĂ©pĂ©nalisĂ© la marijuana et le Michigan en a autorisĂ© une utilisation mĂ©dicale.
Aux Pays Bas, la situation est diffĂ©rente. Le Ministère de la SantĂ© a depuis 2005 mis sur le marchĂ© trois qualitĂ©s de cannabis mĂ©dical, contenant des teneurs de tĂ©trahydrocannabinol (THC) standardisĂ©es allant de 6% Ă  18%, et des teneurs en cannabidiol non psychoactif (CBD) allant jusqu’Ă  7,5%. Ces mĂ©dicaments, prĂ©sentĂ©s sous forme naturelle, sont produits par la SociĂ©tĂ© Bedrocan et distribuĂ©s en pharmacie sur prescription mĂ©dicale.
La culture, la possession pour usage privĂ© et la distribution sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©glementĂ©es. Les lois varient nĂ©anmoins d’un pays Ă  l’autre. En France, le commerce de marijuana est un dĂ©lit puni de fortes amendes et de peines de prison.
Dans de nombreux pays, la police exerce un pouvoir discrétionnaire, mettant en garde les usagers ou confisquant le cannabis, même en petites quantités, à usages privé ou médical.

DĂ©pistage de la consommation

La rĂ©fĂ©rence est constituĂ©e par le dosage de delta-9-tetrahydrocannabinol dans le sang. Le dĂ©pistage de cette substance dans la salive est possible et largement utilisĂ©, en particulier par des contrĂ´les policiers au bord de la route dans certains pays, comme l’Australie ou certains Ă©tats des États-Unis. Il n’existe pas de taux limite « lĂ©gal » mĂŞme si quelques experts estiment que le risque accidentogène est rĂ©duit en dessous d’un certain seuil.


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Construire et rĂ©nover aujourd’hui pour demain

La lutte contre le rĂ©chauffement climatique est un dĂ©fi majeur du XXIème siècle. Tous les experts s’accordent pour penser qu’il ne pourra se gagner sans remettre en cause fondamentalement les activitĂ©s humaines et en premier lieu tout ce qui touche Ă  la construction et Ă  l’habitat.
En France, le Grenelle de l’environnement, au-delĂ  de la prise de conscience qu’il a largement suscitĂ©, ne s’y est pas trompĂ© en consacrant le Chapitre 1 de la loi du 21.10.2008 Ă  la performance Ă©nergĂ©tique des bâtiments et en fixant des objectifs ambitieux : entre autre, tous les bâtiments construits Ă  partir de 2020 devront prĂ©senter un bilan Ă©nergĂ©tique positif.
Dans ce contexte, les « solutions chanvre » s’inscrivent dans une nouvelle pensĂ©e de la construction et proposent des rĂ©ponses globales et adaptĂ©es Ă  des problĂ©matiques complexes.

Construction d'une maison en chanvre bio

Construction d’une maison en chanvre bio

La place de matériaux « biosourcés » et les performances du chanvre

Le choix des matĂ©riaux va d’autant plus se rĂ©percuter sur le rĂ©sultat global que l’on s’oriente vers de hauts niveaux de performances pour le bâtiment. Et il est indispensable d’avoir une approche totalement nouvelle de l’Ă©valuation de la qualitĂ© des matĂ©riaux en prenant en compte la globalitĂ© de leurs performances et des incidences Ă  long terme.
Les vertus des matĂ©riaux d’origine vĂ©gĂ©tale – matĂ©riaux « biosourcĂ©s » – y trouvent toute leur expression. Parmi eux, les matĂ©riaux chanvre tiennent une place primordiale, grâce aux spĂ©cificitĂ©s de leurs production et Ă  leurs performances : intrinsèques.

Performances techniques

Qu’il s’agisse de mĂ©canique, de thermique, d’acoustiques ou de durabilitĂ©, les matĂ©riaux Ă  base de chanvre sont dimensionnĂ©s pour rĂ©pondre Ă  toutes les exigences indispensables Ă  la construction d’ouvrages de qualitĂ©.
De plus certaines de leurs caractĂ©ristiques, permettent d’apporter des solutions pertinentes dans de nombreux cas. Par exemple, la capacitĂ© de dĂ©formation des bĂ©tons de chanvre rĂ©pond aux exigences des structures bois que se soit en rĂ©novation (remplissage de colombages, plancher structure bois…) ou en construction neuve (remplissage de construction Ă  ossature bois, avec possibilitĂ© d’enduit…)
Autre exemple, le fonctionnement hygrothermique des enduits de mortier de chanvre peut ĂŞtre une solution adaptĂ©e pour amĂ©liorer efficacement la consommation d’Ă©nergie des bâtiments anciens.
Enfin, le chanvre et les produits qui en sont issus ont toujours Ă©tĂ© reconnus pour leur rĂ©sistance et leur durabilitĂ© (voir : Chanvre, production, filière). Les matĂ©riaux de construction n’Ă©chappent pas Ă  cette rĂ©putation ce qui influence favorablement les autres performances des matĂ©riaux chanvre.

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On ne connaît en Europe qu’une espèce de ce genre de plantes, c’est le chanvre bio cultivé (cannabis sativa). Dans l’Asie méridionale, outre cette espèce, on en trouve une autre qui vient sans culture, et qui sert à un autre usage : comme elle est assez commune dans l’Inde, les botanistes l’ont nommée cannabis indica. Ses propriétés sont analogues à celles de l’opium et du tabac ; elle procure, dit-on, une ivresse gaie, un sommeil profond ou des rêves agréables, suivant la dose ou la préparation que les amateurs font varier à leur gré. D’ailleurs sa filasse est dédaignée par les cordiers comme trop grossière et difficile à mettre en œuvre.

Il est très probable que l’espèce naturalisée en Europe est originaire de la Chine ; cette opinion est généralement admise. Le chanvre bio se trouve dans la Russie asiatique, jusqu’aux frontières connues des deux empires, dans le gouvernement d’Irkoutsk. La plante n’a pas dégénéré en passant au nord de l’Altaï ; les étés de la Sibérie lui conviennent très bien, et suffisent pour amener sa graine à une complète maturité. Comme elle ne diffère point de celle que l’on cultive en Europe, on ne peut méconnaître que l’une et l’autre viennent de la même terre natale, et cette terre ne peut être que la Chine, ou quelque autre contrée de l’Asie méridionale.

On a dit et répété de livre en livre que le chanvre bio peut être cultivé dans tous les lieux habitables : l’exagération est trop évidente pour qu’on ne la reconnaisse pas au premier coup d’oeil, si on regarde comme habitables tous les lieux où l’homme a établi sa demeure.

On n’essaiera point de cultiver le chanvre bio en Laponie, ni vers le sommet des Alpes et des Pyrénées, etc. ; il y a donc une durée des froids qui interdit cette culture. D’autres régions plus vastes, telles que les steppes de l’Asie centrale, le Sahara de l’Afrique, les pampas de l’Amérique méridionale, repoussent toutes les cultures qui exigent une terre bien humectée ; et par conséquent le chanvre bio ne peut y réussir, quoique ces contrées ne soient pas sans habitants. De plus, il faut à cette plante un sol très riche, éminemment végétal, tandis qu’une multitude de végétaux alimentaires se contentent de terres médiocres et même pauvres.

L’Europe a reçu de la Chine une autre plante annuelle comme le chanvre bio, et dont les Chinois tirent aussi une filasse qu’ils préfèrent à celle du chanvre bio pour les cordages : c’est l’abution à feuilles de tilleul (sida tiliae folia). M. Abel, botaniste anglais, en a vu de grandes cultures dans plusieurs provinces de cet empire, et le chanvre bio y tenait beaucoup moins de place. Les Chinois nomment la première xing-ma, et la seconde ge-ma : la première partie de ces noms indique les différences des plantes, et la seconde partie leurs propriétés communes.

Des expériences comparatives faites en Europe sur l’une et l’autre, avec la précision que l’on peut y mettre, seraient d’un grand intérêt pour les arts, et peut-être aussi pour l’agriculture, quel que fût le succès ; elles apprendraient s’il nous convient d’imiter les Chinois en cultivant à la fois le chanvre bio et la plante rivale, ou s’il faut nous borner à celle que nous possédons depuis longtemps, et à laquelle nous ne renoncerions pas tout à fait, puisque les Chinois eux-mêmes la conservent.

La plante nouvelle embellirait les campagnes de ses fleurs jaunes, et de ses larges feuilles ; comme elle n’est pas dioïque, on n’aurait à faire qu’une seule récolte, au lieu de deux que le chanvre bio exige : la première pour les tiges à fleurs mâles, et la seconde pour les porte-graines. Si on se décidait à tenter ces expériences, on les continuerait assez longtemps pour les rendre décisives, on les varierait, on ne laisserait en arrière aucune des recherches propres à les éclairer et les compléter : leur objet mérite à tous égards qu’on s’en occupe avec l’attention la plus sérieuse.

On reproche à la culture du chanvre, lorsqu’elle est faite très en grand, l’insalubrité du rouissage, opération nécessaire pour donner à la matière textile une force qu’elle n’aurait pas sans cette préparation, et pour la séparer entièrement de la partie ligneuse, ou chenevotte. En effet, cet inconvénient est grave, mais peut-être est-il inévitable. Les efforts que l’on a faits jusqu’à présent pour y remédier n’ont pas eu de succès ; en Italie, les machines et les procédés qu’on a mis à l’essai pour remplacer le rouissage ont été promptement abandonnés ; les inventeurs français n’ont pas été plus heureux que les Italiens, et les annonces de broies mécaniques pour la préparation du chanvre non roui ont été démenties par des juges compétents.
Il n’y a pas encore d’espoir fondé que l’on parvienne bientôt à remplacer, par des procédés plus sains, ceux que l’on a suivis jusqu’à présent dans cette industrie agricole, aux dépens de la santé des cultivateurs, et des habitations voisines des eaux où de grandes quantités de chanvre sont soumises au rouissage.

Les Anglais suivent une marche qui les fait échapper à ce danger ; ils ne cultivent que peu de chanvre bio dans les trois royaumes, et se procurent par la voie du commerce celui que leur marine consomme. C’est principalement en Russie qu’ils vont s’approvisionner de cette matière où ils la trouvent en abondance, de bonne qualité et bien préparée. Ils ont essayé de s’affranchir de cette sorte de dépendance qui serait funeste pour leurs forces navales en cas de rupture avec le tzar.

Le chanvre bio du Canada pourrait remplacer celui de l’Europe, si la culture y était suffisamment encouragée ; il s’agissait de savoir s’il serait d’aussi bonne qualité. L’épreuve en fut faite et ne satisfit point. On reconnut cependant que l’infériorité du chanvre bio américain ne tenait qu’à une préparation défectueuse. On ne s’arrêtera pas sans doute à ce premier résultat : on ne perdra pas de vue les avantages réciproques de la métropole et de la colonie, et la culture du chanvre bio s’établira tôt ou tard dans le Canada, non seulement pour la marine anglaise, mais pour d’autres marines de l’Europe.

Aucun autre pays ne semble aussi propre à cette exploitation : un sol d’une admirable fertilité, un fleuve immense, des rivières qui reçoivent les eaux de grands lacs ; le rouissage n’y exposerait point les cultivateurs aux miasmes des eaux infectées ; cette opération serait faite loin de leur demeure, dans des masses d’eau qu’une petite quantité de matière en putréfaction ne pourrait altérer. On a calculé que l’importation du chanvre bio, de Russie en Angleterre, était à peut près le produit de trente-six lieues carrées, ou de la huitième partie de l’étendue moyenne d’un département français ; le Canada peut doubler, tripler ce produit, sans renoncer à aucune des autres cultures propres à son territoire et à son climat.

Le royaume de Naples fournit aussi du chanvre bio à l’Angleterre. Dans la terre de Labour, et aux environs de la capitale, la culture de cette plante était d’une telle extension, que les inconvénients du rouissage avaient pris une grande gravité et provoquèrent la sollicitude du gouvernement. Les cultivateurs eurent ordre de porter leurs chanvres dans le lac d’Agano, pièce d’eau d’une demi-lieue de tour, dont les bords sont réputés malsains, en sorte qu’on s’en éloigne pendant l’été. En consacrant ces eaux à un emploi qui devait les rendre encore plus malfaisantes, on n’ajoutait presque rien à leur mauvaise réputation.

En France on n’a pas la ressource de renvoyer à une colonie lointaine des travaux qui nuiraient ou déplairaient à la métropole ; et comme on n’y trouve rien qui ressemble au lac d’Agano, il faut bien se résoudre à continuer la culture du chanvre bio comme on l’a faite jusqu’à présent. La consommation diminuera quelque peu par l’emploi des câbles de fer dans notre marine. On ne peut s’abstenir de faire des voeux pour que les chenevières soient plutôt restreintes que multipliées, et que d’autres exploitations agricoles aussi lucratives et moins insalubres s’emparent d’une partie des excellentes terres réservées actuellement pour le chanvre bio.

Il semble que l’art du cordier soit sur le point de faire d’importantes acquisitions. Déjà les mémoires de la Société d’agriculture de Turin nous ont annoncé que M. Giobert est parvenu à faire, avec l’écorce de l’acacia vulgaire (robinia pseudo-acacia), des cordes aussi belles et aussi fortes que celles du chanvre bio. On dit que des essais de cordages en coton ont été faits aux Etats-Unis. Sur la Méditerranée, on n’a pas tout à fait renoncé aux cordages de spart. Nous ignorons encore si la préparation de la nouvelle plante chinoise, pour séparer la filasse, ne mérite pas les justes reproches que l’on a faits à celle du chanvre bio.

Préparation du cordage de chanvre bio

Préparation du cordage de chanvre bio

Quant au phormium, on sait déjà qu’il ne compromet nullement la santé des manipulateurs. De plus, cette plante est vivace, et sa culture paraît très facile ; mais en quels climats peut-elle prospérer aussi bien que dans la Nouvelle-Zélande ? A quelle latitude faut-il l’arrêter dans notre hémisphère ? Voilà des recherches qui ouvrent aux agronomes une vaste et honorable carrière, quoiqu’elles soient limitées aux matières textiles propres à la fabrication des cordages.

Rappelons ici d’autres recherches dont le chanvre bio et le lin furent l’objet. A l’époque de sa toute puissance, Napoléon offrit une récompense d’un million à l’inventeur d’une machine pour filer ces matières ; mais le génie de la mécanique ne répondit pas à l’appel. Plus tard on fit quelques efforts en Italie ; deux mécaniciens de ce pays produisirent presque en même temps deux solutions différentes du fameux problème et les journaux italiens firent l’éloge de l’une et de l’autre ; mais ces journaux prodiguent quelquefois la louange. Depuis ce temps, les deux machines à filer le chanvre et le lin sont aussi complètement oubliées que les broies mécaniques pour séparer la filasse du chanvre bio sans rouissage.

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Le chanvre est une des premières plantes domestiquĂ©es par l’homme, au NĂ©olithique, probablement en Asie. Il a ensuite accompagnĂ© migrations et conquĂŞtes pour se rĂ©pandre sur tous les continents. Jadis, le Canabis sativa, Ă©tait considĂ©rĂ© comme une plante magique hypocrite associĂ©e Ă  la magie.

NĂ©olithique

L’origine gĂ©ographique du chanvre n’est pas certaine : plaines de l’Asie centrale dans le secteur du lac BaĂŻkal pour certains, rĂ©gion moyenne du fleuve Jaune en Chine pour d’autres, ou encore contreforts indiens de l’Himalaya. Les plus anciennes traces archĂ©ologiques de son utilisation par l’homme ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es en Chine, dans l’un des foyers de la rĂ©volution agricole nĂ©olithique. Les fouilles du site nĂ©olithique de Xianrendong (dans le Jiangxi), datĂ© de 8000 av. J.-C. ont ainsi livrĂ© de la cĂ©ramique, certains pots dĂ©corĂ©s de fibres spiralĂ©es de chanvre. Il s’agirait donc d’une des premières plantes domestiquĂ©es par l’homme, probablement tout Ă  la fois pour ses fibres solides, ses graines olĂ©agineuses nourrissantes et les propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales de sa rĂ©sine.

Antiquité

La plus ancienne tradition d’un usage mĂ©dical du cannabis semble Ă©galement chinoise : la plante fait partie des trois cent soixante-cinq remèdes d’origine vĂ©gĂ©tale dĂ©crits dans le plus vieux traitĂ© de pharmacopĂ©e de l’humanitĂ© retrouvĂ© Ă  ce jour. Le Shen nung pen Ts’ao king (TraitĂ© des plantes mĂ©dicinales de l’empereur Shen Nung), 2737 av. J.-C. ne donne pas d’indication thĂ©rapeutique prĂ©cise, du moins dans sa version originelle : antalgique, anti-Ă©mĂ©tique, laxatif, etc. Il est amusant de noter que c’est Ă  ce mĂŞme empereur Shen Nung que la lĂ©gende attribue la dĂ©couverte d’une autre plante psychotrope dont l’usage est aujourd’hui rĂ©pandu sur tous les continents, le thĂ©.
En Égypte antique, on trouve Ă©galement une trace Ă©crite de l’utilisation mĂ©dicinale du chanvre. Ainsi le papyrus Ebers (rĂ©digĂ© 1500 ans av. J.-C.) mentionne l’utilisation d’huile de chènevis pour soigner les inflammations vaginales (formule n°821, p.96, lignes 7-8).
Le cannabis Ă©tait bien connu des Scythes, si l’on en croit l’historien grec HĂ©rodote (450 av. J.-C.), qui dĂ©crit une sĂ©ance de fumigation collective entraĂ®nant l’hilaritĂ© des participants. Le professeur Serguei Ivanovich Rudenko, archĂ©ologue russe, a confirmĂ© l’utilisation courante du cannabis par les Scythes avec la dĂ©couverte en 1929 sur le site de Pazyryk d’un chaudron de bronze rempli de graines de chanvre carbonisĂ©es, ainsi que des vĂŞtements de chanvre et des encensoirs mĂ©talliques. Ces peuplades nomades, qui ne pratiquaient pas l’agriculture, ont probablement jouĂ© un rĂ´le dans la diffusion du chanvre, Ă  travers leurs migrations dans les steppes eurasiennes. Le chanvre est en effet une plante rudĂ©rale, qui colonise les habitats anthropisĂ©s (perturbĂ©s par l’homme). Elle est Ă©cologiquement adaptĂ©e aux milieux ouverts (donc ensoleillĂ©s), aux sols riches en azote (Ă  cause des dĂ©jections des troupeaux), caractĂ©ristiques des abords de campements.
Depuis l’AntiquitĂ©, les peuples germaniques cultivaient Ă©galement le chanvre, au moins pour ses fibres — utilisĂ©es pour la fabrication de vĂŞtements et de cordes pour les bateaux. Ainsi, Ă  Eisenberg dans le Thuringe, des fouilles archĂ©ologiques ont mis au jour des semis de chanvre Ă  cĂ´tĂ© de poteries datant de 5500 av. J.-C. La dĂ©couverte de la plus ancienne pipe du monde dans des tombeaux datant de l’âge de bronze (1500 av. J.-C.), Ă  Bad Abbach (Bavière) tend Ă  prouver que l’absorption de psychotropes sous forme de fumĂ©e inhalĂ©e en Europe est bien antĂ©rieure Ă  la dĂ©couverte du Nouveau Monde. Cela ne suffit pas pour autant Ă  affirmer que le cannabis Ă©tait fumĂ© par les anciens Germains. On sait en revanche que, avant la promulgation de la « loi de puretĂ© » Reinheitsgebot, en 1516, influencĂ©e par les prescriptions de la moniale Hildegarde de Bingen – qui s’Ă©tait entichĂ©e du houblon – nombreuses Ă©taient les plantes aromatiques et psychotropes qui servaient Ă  renforcer le goĂ»t et les effets des bières de l’AntiquitĂ© et du Moyen Ă‚ge, et Ă  en amĂ©liorer la durĂ©e de conservation. Le cannabis a de fortes chances d’en avoir fait partie, aux cĂ´tĂ©s d’autres plantes « magiques » locales : achillĂ©e millefeuille, ivraie enivrante, myrte des marais, lĂ©don des marais, marjolaine, trèfle d’eau, armoise, germandrĂ©e, genĂŞt Ă  balais, jusquiame, sauge des bois…
Dans l’Empire romain, on retrouve la trace du chanvre dans plusieurs Ă©crits, comme ceux de Pline l’Ancien. Celui-ci y consacre un paragraphe dans son Histoire naturelle (livre XIX traitant de la culture du lin et de l’horticulture) oĂą il donne de prĂ©cieux conseils en matière de choix variĂ©tal, date de semis, de rĂ©colte, etc. Dioscoride Ă©voque pour sa part le chanvre « qui fait venir au-devant des yeux des fantĂ´mes et illusions plaisantes et agrĂ©ables. », tandis que Galien met en garde contre cette plante : « Certains mangent les graines frites avec des sucreries. J’appelle sucrerie les nourritures servies au dessert pour inciter Ă  boire. Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommĂ©es en grandes quantitĂ©s, affectent la tĂŞte en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques ». Au IIe siècle, les Romains vont introduire la culture du chanvre en Gaule avec celle du seigle, de la gesse et de la vesce. La fouille archĂ©ologique de la villa de Saint-Romain de Jalionas (Isère) met ainsi Ă  jour plusieurs aires de rouissage du chanvre. Le plant de chanvre doit en effet subir une dĂ©composition partielle afin que le ciment pectique et les fibres ligneuses se dĂ©solidarisent des fibres de cellulose. L’immersion des pieds dans l’eau permet d’accĂ©lĂ©rer ce processus. D’autres dĂ©couvertes archĂ©ologiques, aussi bien dans la rĂ©gion de Marseille que dans le Sud-Ouest (site de Al Poux dans le Lot) laissent cependant supposer que le chanvre Ă©tait cultivĂ© et utilisĂ© en Gaule bien avant la romanisation.
En Chine, l’Ă©poque des Han occidentaux, au iiie siècle le grand chirurgien Hua Tuo rĂ©alise des opĂ©rations sous anesthĂ©sie en utilisant le chanvre indien. Le terme chinois pour anesthĂ©sie (麻醉 : má zuì) est d’ailleurs composĂ© de l’idĂ©ogramme qui dĂ©signe le chanvre, suivi de celui qui signifie l’ivresse.
Le cannabis serait mentionnĂ© dans la Bible, par exemple dans le livre de l’Exode, l’Éternel ordonne Ă  MoĂŻse de fabriquer une huile sainte avec « cinq cents sicles de myrrhe, de celle qui coule d’elle-mĂŞme; la moitiĂ©, soit deux cent cinquante sicles, de cinnamone aromatique, deux cent cinquante sicles de roseau aromatique ». Ce dernier ingrĂ©dient (kaneh bosm en hĂ©breu) pourrait ĂŞtre le chanvre… La preuve de l’usage mĂ©dicinal du cannabis au Proche-Orient a Ă©tĂ© faite en 1993 quand une Ă©quipe d’archĂ©ologues ont dĂ©couvert Ă  Beit Shemesh, entre JĂ©rusalem et Tel-Aviv un tombeau contenant le squelette d’une jeune fille de 14 ans environ. Des pièces romaines ont permis de dater cette tombe au ive siècle de notre ère. La rĂ©gion pelvienne contenait le squelette d’un fĹ“tus Ă  terme, de taille trop importante pour permettre une dĂ©livrance par les voies naturelles. Un rĂ©sidu carbonisĂ© trouvĂ© sur l’abdomen de la jeune fille a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  l’analyse spectrographique contenir du delta-6-tĂ©trahydrocannabinol, un composant stable du cannabis. Les auteurs de la dĂ©couverte ont supposĂ© que ces cendres provenaient de la combustion de cannabis dans un rĂ©cipient, administrĂ© Ă  la jeune fille comme inhalant pour faciliter l’accouchement.

Moyen Ă‚ge

Au Moyen Ă‚ge, l’empereur Charlemagne va fortement encourager la culture du chanvre. Il s’agit alors d’une denrĂ©e stratĂ©gique, gage de prospĂ©ritĂ©, en raison des nombreuses utilisations permises par sa fibre : vĂŞtements, cordages, voiles.
Ă€ la mĂŞme Ă©poque, les Arabes apprennent de prisonniers de guerre chinois le secret de la fabrication du papier, après la bataille d’Atlah. Celui-ci est obtenu Ă  partir d’Ă©corce de mĂ»rier et de fibres de chanvre.
Une seconde vague de diffusion de la culture du chanvre accompagnera donc les invasions arabes, en Afrique du Nord, puis en Espagne, en France, en Sicile. Les Arabes ont en effet perfectionné la technique de fabrication du papier à partir de chanvre, papier qui sert de moyen de diffusion des manuscrits arabes, dont le Coran, mais également de nombreux textes de portée scientifique (mathématique, astronomie, médecine, etc.), littéraire ou philosophique. Ils installent leurs moulins à papier en Andalousie au début du xie siècle. Les traités médicaux arabes et perses décrivent de manière détaillée l’action du chanvre et son potentiel thérapeutique.
L’abbesse allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) en cultive dans le jardin du couvent, aux cĂ´tĂ©s d’autres simples, sous le nom de “Cannabus”. Elle prĂ©conise son usage pour combattre les nausĂ©es (anti-Ă©mĂ©tique) et contre les douleurs Ă  l’estomac.
Ă€ la mĂŞme Ă©poque (1090) Hassan Ibn Sabah Ă©tablit ses quartiers dans la forteresse d’Alamut, au Nord-Ouest de l’Iran actuel et met en place un ordre guerrier. Cet ordre est dotĂ© d’un corps d’Ă©lite constituĂ© d’hommes entièrement dĂ©vouĂ©s Ă  sa cause et prĂŞts Ă  mourir pour elle. Marco Polo, mentionne « certain breuvaige Ă  boire, par le moyen duquel ilz estoient incontinent troublez de leur esperit, & venoient Ă  dormir profondement », pour le conditionnement des fedayins. Plusieurs auteurs du xixe et du xxe siècle se sont inspirĂ©s de ce rĂ©cit dans leurs Ĺ“uvres, reprenant ou contestant l’hypothèse linguistique qui ferait dĂ©river le terme assassin de l’arabe « haschischiyoun » ou « haschaschin » (mangeurs d’herbe), et signerait l’usage du chanvre indien par cette secte ismaĂ«lienne.
C’est en terre d’Islam qu’est Ă©dictĂ©e la première interdiction concernant le cannabis : en 1378, l’Ă©mir Soudoun Sheikouni interdit la culture du cannabis en Égypte, Ă  Joneima, et condamne ceux pris en train d’en consommer Ă  avoir les dents arrachĂ©es.

Renaissance

Ă€ la Renaissance, l’Église s’attaque Ă  la sorcellerie en s’appuyant sur les tribunaux de l’Inquisition. Le pape Innocent VIII assimile en effet la sorcellerie Ă  une hĂ©rĂ©sie. La bulle papale Summis Desiderantis Affectibus, en 1484, donne le chanvre pour un sacrement du sabbat de Satan. Cette dĂ©cision va contribuer Ă  marginaliser un savoir populaire ancestral en matière de plantes mĂ©dicinales. Mais la mĂŞme annĂ©e est imprimĂ©e la première Ă©dition illustrĂ©e de l’Herbarius pseudo-ApulĂ©e, dans lequel apparaĂ®t le chanvre. Paracelse dĂ©crit Ă©galement la plante dans plusieurs de ses travaux. Et plusieurs cĂ©lèbres herbiers allemands, dus Ă  Otto Brunfels, Hieronymus Bock et Leonhart Fuchs contiennent des planches dĂ©diĂ©es au chanvre. François Rabelais, dans son Tiers Livre dĂ©crit sur le mode humoristique une plante merveilleuse qui ressemble Ă  s’y mĂ©prendre au chanvre : le PantagruĂ©lion. En Inde, Bhavamishra dĂ©crit dans ses traitĂ©s mĂ©dicaux les propriĂ©tĂ©s et les prĂ©parations Ă  base d’opium et de cannabis.

Illustration de le récolte du chanvre bio

Illustration de le récolte du chanvre bio

Temps modernes

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les puissances europĂ©ennes se disputent la suprĂ©matie navale et le contrĂ´le des points de passage stratĂ©giques, alors que les Ă©changes maritimes intercontinentaux sont en plein essor. Les navires sont alors propulsĂ©s par la seule force du vent. Le chanvre est utilisĂ© pour fabriquer les cordages, les câbles, les Ă©chelles et les haubans, ainsi que les voiles. « Un navire de taille moyenne utilise 60 Ă  80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et 6 Ă  8 tonnes sous forme de voile, par an. », relève le professeur agrĂ©gĂ© d’histoire Serge Allegret. Le chanvre a donc pendant cette pĂ©riode la place d’un matĂ©riau stratĂ©gique, au mĂŞme titre que le charbon quand apparaĂ®tront les machines Ă  vapeur ou le pĂ©trole aujourd’hui. En France, Colbert crĂ©e en 1666 la corderie royale associĂ©e Ă  l’arsenal de Rochefort sur Mer, et rĂ©alise un important travail pour sĂ©curiser l’approvisionnement en chanvre national. Les marines hollandaise et anglaise sont Ă©quipĂ©es de voiles tissĂ©es aux Pays-Bas Ă  partir de chanvre d’excellente qualitĂ© produit en Livonie (actuels pays baltes). Grâce Ă  la technique du tissage Ă  un seul fil, les toiles obtenues sont plus performantes (solides, lĂ©gères et souples).

Diderot et d’Alembert dans leur EncyclopĂ©die dĂ©taillent la culture et le travail du chanvre, et mentionnent ses propriĂ©tĂ©s psychotropes : « Le Chanvre est cultivĂ©, comme plante textile, dans un grand nombre de pays. Toutes ses parties exhalent une odeur forte, extrĂŞmement dĂ©sagrĂ©able, et les Ă©manations qui se dĂ©gagent des chènevières causent des vertiges, des Ă©blouissements, en un mot une sorte d’ivresse. […] Enfin, les feuilles de la var. indica servent, en Orient, Ă  la prĂ©paration du hachich. ».
Le chanvre aurait Ă©tĂ© prĂ©sent aux AmĂ©riques avant la colonisation : Jacques Cartier rapporte en avoir vu, dans son journal de voyage. L’archĂ©ologue Bill Fitzgerald a dĂ©couvert Ă  Moriston en Ontario des pipes vieilles de 500 ans, contenant des traces de rĂ©sines de cannabis. Toujours est-il que les colons europĂ©ens entreprirent la culture du chanvre Ă  grande Ă©chelle. George Washington, premier prĂ©sident des États-Unis d’AmĂ©rique, en cultivait sur sa plantation, comme en tĂ©moigne son journal. En 1794, il donne l’instruction suivante Ă  ses hommes : « Prenez le plus possible de graines de chanvre indien et semez-en partout. » (Make the most of the Indian hemp seed and sow it everywhere). Au Canada Ă©galement, plusieurs mesures sont prises pour favoriser le dĂ©veloppement de cette industrie : subventions, incitations fiscales, distribution de graines aux fermiers en 1801…

Époque contemporaine

Victime d’une tentative d’assassinat par un Égyptien en Ă©tat d’ivresse cannabique, au cours de la Campagne d’Égypte, Bonaparte Ă©dicte le 8 octobre 1800 un dĂ©cret interdisant dans toute l’Égypte l’usage du hachisch.
Dans les CaraĂŻbes anglophones, l’usage psychotrope du cannabis serait selon certains auteurs une consĂ©quence de l’abolition de l’esclavage en 1833. Celui-ci aurait Ă©tĂ© importĂ© avec la main-d’œuvre indienne destinĂ©e Ă  remplacer les anciens esclaves noirs dans les plantations de canne Ă  sucre. Main d’Ĺ“uvre qui emmena dans ses bagages des graines de chanvre indien. Le nom donnĂ© aux indiens fut collie et, aujourd’hui encore, les rastas utilisent, entre autres, le terme coolie weed pour Ă©voquer le cannabis.
Des gravures sur cuivre du xixe siècle montrent que les berges du Rhin étaient, à l’époque, couvertes de grands champs de chanvre.
En 1844, Théophile Gautier et le docteur Jacques-Joseph Moreau fondent le club des Hashischins. Voué à l’étude du cannabis, il sera fréquenté par de nombreux artistes français.
Au xixe siècle, le cannabis Ă©tait utilisĂ© en Occident pour ses vertus mĂ©dicinales, sous forme de teinture (extrait alcoolique). C’est le mĂ©decin irlandais William Brooke O’Shaughnessy qui le prĂ©senta comme mĂ©dicament après un sĂ©jour de neuf ans aux Indes, en 1841. Le cannabis fut ainsi prescrit Ă  la reine Victoria pour soulager ses douleurs menstruelles. L’extrait alcoolique de cannabis Ă©tait Ă©galement commercialisĂ© aux États-Unis. Dans la vieille Europe comme aux États-Unis, cette teinture Ă©tait l’un des mĂ©dicaments les plus vendus par les officines de pharmacie. Mais, Ă  la fin du xixe siècle, son succès commença Ă  dĂ©cliner, suite Ă  l’apparition et au fort succès d’autres mĂ©dicaments tels que l’aspirine. L’adolescent Ernst JĂĽnger tombe par hasard en 1920 sur un vestige de cette Ă©poque, sous la forme d’un vase de porcelaine portant la mention « Extr. Cannabis ». Il raconte son expĂ©rience malheureuse (que l’on qualifierait aujourd’hui de bad trip) dans son essai Approche, drogues et ivresse.
Autre anecdote surprenante, des cigarettiers lancent Ă  la fin du xixe siècle sur le marchĂ© europĂ©ens plusieurs marques de cigarettes au cannabis, en jouant sur l’image “orientale” de la plante : Arabische Nächte (Nuits Arabes) (9 % de cannabis), Harem (9 %), etc.
Les Mexicains le cultivent Ă©galement et commencent l’exportation des sommitĂ©s fleuries vers le Texas dès 1910. C’est d’ailleurs aux Mexicains que l’on doit l’usage du mot marijuana qui, Ă  l’origine, dĂ©signait une cigarette de mauvaise qualitĂ©.
Aux États-Unis, durant les annĂ©es 1920 et 1930, le cannabis envahit le marchĂ© noir, devenant très populaire. Face Ă  ce succès grandissant, mais surtout dans un contexte d’Ă©chec de la politique de prohibition de l’alcool, le lobby puritain s’intĂ©resse au cannabis et les autoritĂ©s mettent en place des campagnes dites de sensibilisation avec des slogans tel que Marijuana is Devil sur fond de diable enflammĂ©. La police des stupĂ©fiants de la Nouvelle-OrlĂ©ans impute aux consommateurs 60 % des crimes commis dans la ville. Il s’agit d’une vĂ©ritable entreprise de propagande, qui trouvera des alliĂ©s dans le lobby de l’industrie du coton, dans celle de la chimie (dont les lobbys du nylon et du pĂ©trole) et dans une partie de la presse, dont les patrons ont des intĂ©rĂŞts forestiers important (entre autres le magnat de la presse Randolph Hearst). Cette campagne appuiera son argumentaire sur le racisme ambiant, en combinant le dĂ©goĂ»t des “nègres”, de leur musique (le blues et le jazz) et les ravages fantasmĂ©s du cannabis (folie meurtrière, dĂ©gĂ©nĂ©rescence, etc.). Les journaux reprennent et rĂ©pandent l’idĂ©e que violence et cannabis sont liĂ©s, Ă  travers le pays et, en 1937, une loi instaure la taxation de la production, du commerce ainsi que l’usage industriel et mĂ©dical, c’est le Marihuana Tax Act
L’accroissement dans le reste du monde de la production et du trafic de cannabis sont alors préoccupants et plusieurs gouvernements autres que celui des États-Unis s’inquiètent. Ainsi dès 1925, la convention internationale de Genève est acceptée par la plupart des pays du monde s’engageant à se battre contre le trafic de drogue. Parmi eux, la Turquie et l’Égypte veulent déjà inclure le cannabis dans la convention, avançant que sa consommation est à la base de la débilité humaine.
ConcurrencĂ© dans son usage textile par les fibres exotiques (jute, sisal, kenaf), et par les fibres synthĂ©tiques (nylon), concurrencĂ© dans l’industrie papetière par le bois, le chanvre dĂ©cline rapidement au cours de la première moitiĂ© du xxe siècle. En France, par exemple, 176 000 hectares sont emblavĂ©s en 1840. En 1939, la superficie cultivĂ©e n’est plus que de 3 400 hectares. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement amĂ©ricain relance la production de fibres de chanvre et rĂ©alise mĂŞme un film de propagande intitulĂ© Hemp for Victory (Le chanvre pour la Victoire). Lors du dĂ©barquement de Normandie, les Rangers commandĂ©s par le lieutenant-colonel James E. Rudder Ă©taient Ă©quipĂ©s de grappins et de cordes de chanvre pour escalader les falaises de la pointe du Hoc. « Les cordes de chanvre alourdies par l’humiditĂ© se rĂ©vĂ©lèrent inutilisables ».
Bien qu’il ait probablement Ă©tĂ© utilisĂ© comme drogue occasionnelle durant son histoire, c’est aux États-Unis, parmi la scène jazz des annĂ©es 1950 qu’on le voit devenir populaire, avec la Beat generation. Suivra avec une forte augmentation de son utilisation pendant les annĂ©es 1960. Harry Anslinger, instigateur du système fĂ©dĂ©ral de lutte contre la drogue fait surveiller et ficher de nombreux artistes susceptibles d’en consommer : Count Basie, Cab Calloway, Duke Ellington, les membres du NBC Orchestra, Dizzy Gillespie, Lionel Hampton, Thelonius Monk, Louis Armstrong, etc. En Europe de l’Ouest, l’explosion de la popularitĂ© du cannabis coĂŻncide avec le mouvement hippie : la consommation de drogue devient alors synonyme de contestation de la sociĂ©tĂ© bourgeoise.
Dans les annĂ©es 1960, l’INRA et la FĂ©dĂ©ration nationale des producteurs de chanvre (FNPC) dĂ©marrent un programme de sĂ©lection variĂ©tale pour mettre au point des cultivars monoĂŻques et Ă  faible teneur en THC. Ces travaux permettent de relancer la culture du chanvre agricole dans plusieurs pays europĂ©ens, car ils lèvent l’obstacle technique de l’important dimorphisme sexuel de cette plante, ainsi que les objections en rapport avec l’usage psychotrope.
En 1964, un laboratoire israélien dirigé par le professeur Raphael Mechoulam isole le THC, responsable de la majeure partie des effets psychotropes du cannabis.
Ă€ partir de 1971, la CEE encourage financièrement la culture de chanvre par les agriculteurs pour la production de fibres, dans le cadre de l’organisation commune de marchĂ© (OCM) portant sur le lin et le chanvre.
En 1976, après plusieurs annĂ©es de tolĂ©rance d’entreprise de vente au dĂ©tail de cannabis, les autoritĂ©s des Pays-Bas dĂ©crètent officiellement la dĂ©criminalisation de la vente pour usage personnel, encadrĂ©e par un système de patentes. L’un des objectifs de la politique nĂ©erlandaise est d’Ă©viter que les consommateurs de cannabis n’entrent en contact, via les revendeurs de rue, avec d’autres produits illicites (opiacĂ©s, cocaĂŻne, etc).

L’essor des prĂ©occupations environnementales, depuis la fin du xxe siècle, tend Ă  stimuler le dĂ©veloppement de filières chanvre, dans des domaines aussi variĂ©s que le textile, l’habitat, l’alimentation, les bio-carburants… Entre 1996 et 1999, les superficies cultivĂ©es en chanvre dans l’UE ont plus que doublĂ©, passant de 13,7 Ă  32,3 milliers d’hectares, principalement du fait de l’Espagne.
2005 marque un tournant majeur dans l’histoire du cannabis thĂ©rapeutique puisque, avec l’assouplissement de la lĂ©gislation de certains pays – notamment le Canada et le Royaume-Uni -, la prescription mĂ©dicale de THC Ă©tant autorisĂ©e.

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L’histoire du chanvre nous rĂ©vèle qu’il est très probable que l’espèce naturalisĂ©e en Europe soit originaire de Chine ou d’une contrĂ©e de l’Asie mĂ©ridionale ; cette avis est gĂ©nĂ©ralement admis. L’Europe a reçu de la Chine une autre plante annuelle comme le chanvre, et dont les Chinois tirent aussi une filasse qu’ils prĂ©fèrent Ă  celle du chanvre pour les cordages, c’est l’abution Ă  feuilles de tilleul (sida Mue folia).
Le chanvre serai donc l‘une des premières plantes domestiquĂ©es par l’homme, probablement tout Ă  la fois pour ses fibres solides, ses graines olĂ©agineuses nourrissantes et les propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales de sa rĂ©sine.

Au Moyen âge, l’empereur Charlemagne va fortement encourager la culture du chanvre. Il s’agit alors d’une denrĂ©e stratĂ©gique, gage de prospĂ©ritĂ©, en raison des nombreuses utilisations permises par sa fibre : vĂŞtements, cordages, voiles.
Les Arabes ont perfectionné la technique de fabrication du papier à partir de chanvre ; papier qui sert de moyen de diffusion des manuscrits et de nombreux textes de portée scientifique (mathématique, astronomie, médecine, etc.), littéraire ou philosophique.

Histoire du chanvre bio

Histoire du chanvre bio

Au XVIIème et XVIIIème siècles, les navires sont alors propulsés par la seule force du vent. Le chanvre est utilisé pour fabriquer les cordages, les câbles, les échelles et les haubans, ainsi que les voiles.
«Un navire de taille moyenne utilise 60 Ă  80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et 6 Ă  8 tonnes sous forme de voile, par an.», relève le professeur agrĂ©gĂ© d’histoire Serge Allegret.
Le chanvre a donc pendant cette pĂ©riode la place d’un matĂ©riau stratĂ©gique, au mĂŞme titre que le charbon quand apparaĂ®tront les machines Ă  vapeur ou le pĂ©trole aujourd’hui.
En 1666, Colbert crĂ©e la corderie royale associĂ©e Ă  l’arsenal de Rochefort sur Mer, et rĂ©alise un important travail pour sĂ©curiser l’approvisionnement en chanvre national.

ConcurrencĂ© dans son usage textile par les fibres exotiques (jute, sisal, kenaf), et par les fibres synthĂ©tiques (nylon), concurrencĂ© dans l’industrie papetière par le bois, le chanvre dĂ©cline rapidement au cours de la première moitiĂ© du XXème siècle.
En France, par exemple, 176.000 hectares sont emblavĂ©s en 1840. En 1939, la superficie cultivĂ©e n’est plus que de 3.400 hectares.

Dans les annĂ©es 1960, l’Inra et la FNPC (FĂ©dĂ©ration nationale des producteurs de chanvre) dĂ©marrent un programme de sĂ©lection variĂ©tale pour mettre au point des cultivars monoĂŻques et Ă  faible teneur en THC.

En 2010, 15 000 hectares de chanvre sont cultivĂ©s en Europe dont 9 Ă  10 000 dans l’Hexagone.

Le chanvre en Poitou-Charentes

A Ouzilly (Vienne), vers 1876, le bâtiment du moulin Ă  blĂ© appartenant Ă  LĂ©opold de Fouchier est transformĂ© et louĂ© Ă  MM. Jamet et Prinet qui y installent une usine de traitement du chanvre. La roue du moulin fait fonctionner un pilon et une casseuse (ou broyeuse ?), tandis qu’une machine Ă  vapeur entraĂ®ne les autres mĂ©canismes.
Le chanvre rĂ©coltĂ© par les cultivateurs de la commune et des localitĂ©s voisines est achetĂ© par la maison Jamet-Prinet, qui en assure le traitement jusqu’Ă  l’obtention de la filasse. Le rouissoir se situe juste de l’autre cĂ´tĂ© de la voie communale (il est aujourd’hui remblayĂ©).
La filasse, portĂ©e Ă  la gare de Saint-Genest-d’Ambière, est expĂ©diĂ©e en grande partie en AmĂ©rique du sud via le port de Bordeaux. La fabrique atteint son plein essor dans les annĂ©es 1900. En 1901, 21 habitants d’Ouzilly sont peigneurs de chanvre chez Jamet-Prinet.

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Le chanvre fait un retour en force dans la construction des nos maisons Ă©cologiques (habitat sain, passif, Ă  faible impact Ă©cologique).

Histoire

La construction en chanvre a commencĂ© en France il y a presque vingt-cinq ans. C’est un voisin de La chanvrière de l’aube, Charles Rasetti, maĂ®tre-maçon et bâtisseur travaillant Ă  ce moment pour Mon Logis, qui eut l’idĂ©e et la superbe intuition d’utiliser la chènevotte, la partie intĂ©rieure de la paille de chanvre, dans la construction.
Charles Rasetti comprit que la nature très hydrophobe de la chènevotte poserait problème avec des liant hydrauliques et il chercha Ă  l’impermĂ©abiliser avec une technique utilisĂ©e dans son Italie natale pour le bois : l’imprĂ©gnation avec des silicates de sodium ou de potassium. Cependant ce procĂ©dĂ© Ă©tait relativement coĂ»teux mais surtout il ne permettait des rĂ©sultats totalement fiables.
Après quelques années et chantiers de construction, un artisan du nom de Yves Kühn se lança dans la mise au point un procédé de construction à partir de la matière agricole brute, pour construire des maisons entièrement en chanvre, à un coût accessible.
Il appela son procĂ©dĂ© Canosmose: “CAN”, pour cannabis et osmose, pour les Ă©changes Ă  tous les niveaux. La haute teneur en silice de la chènevotte, alliĂ©e aux capacitĂ©s de cristallisation du procĂ©dĂ© Canosmose, confère au mĂ©lange des qualitĂ©s constructives globales.
Ă€ partir de 1993-1994, plusieurs chantiers furent rĂ©alisĂ©s du sud-est de la France Ă  la Bretagne, en passant par plusieurs autres rĂ©gions. Nous pouvons construire des maisons entièrement en chanvre: murs extĂ©rieurs, doublage de toiture, cloisons et dalles d’Ă©tage phonique, ainsi que la dalle de rez-de-chaussĂ©e. L’architecture de ce type de construction est vraiment d’une simplicitĂ© organique.
L’ossature bois est le squelette de l’Ă©difice: système poteau-poutre avec bois intermĂ©diaire pour fixer les banches, ou ossature bois Ă  l’amĂ©ricaine.
Le bĂ©ton de chanvre, est le muscle, la chair de l’Ă©difice: vĂ©ritable enveloppe protectrice dynamisante et respirante qui noie et enveloppe l’ossature.
Et comme pour les ĂŞtres vivants, il y a le derme et l’Ă©piderme: les finitions qui protègent et favorisent les Ă©changes. Les finitions peuvent ĂŞtre très variĂ©es et sont souvent issues de longues traditions de savoir-faire et de techniques subtils (le bois, les enduits).
En restant dans cette simplicitĂ©, les possibilitĂ©s de crĂ©ativitĂ© architecturale sont immenses; le matĂ©riau bĂ©ton de chanvre coffrĂ© est superbe pour crĂ©er des architectures tout en courbes aux ondes de formes bĂ©nĂ©fiques. L’ossature sert pour installer le coffrage d’une façon simple et oĂą l’on viendra dĂ©poser le bĂ©ton de chanvre par couches successives et tasser Ă  l’aide d’un peigne Ă©troit.
Cet art de bâtir apporte une unitĂ© constructive sans pont thermique, ni phonique, une maison tissĂ©e Ă  la main. D’un seul acte, on crĂ©e un cocon, une coque monolithique, qui devient un vĂ©ritable poumon harmonisant et rĂ©gulant les variations thermiques.
On aborde ici un autre type de construction qui ne se raccorde plus au concept de l’isolation dans le sens de se couper de l’extĂ©rieur, de contenir hermĂ©tiquement de l’air Ă  chauffer ou Ă  refroidir. On parle plutĂ´t de rĂ©gulation thermique et hygromĂ©trique qui est vraiment très dynamique tant pour le chaud que pour le froid.
Les qualitĂ©s du bĂ©ton de chanvre peuvent aussi ĂŞtre apprĂ©ciĂ©es en rĂ©novation pour niveler un plancher ou refaire ou finir les murs en enduit texturĂ© de chanvre (support compatible; baguette Ă  plâtre, bĂ©ton, pierre, etc…), ou encore, en doublage de toiture ou de comble.
Le bĂ©ton de chanvre se rĂ©alise par le malaxage de ses constituants. Le malaxeur est l’outil qui a Ă©tĂ© expĂ©rimentĂ© et Ă©prouvĂ© Ă  cet effet, car il permet de bien mĂ©langer ce matĂ©riau qui est lĂ©ger sans avoir Ă  humidifier en excès. Les Ă©lĂ©ments qui s’unissent dans le mĂ©lange sont issus de longues traditions et de savoir-faire universels très rĂ©pandus sur la planète.
“En partant du D.T.U. 26.1 (mai 1990), l’alliance plâtre gros (gypse pur sans adjuvant) et chaux aĂ©rienne naturelle C.A.E.B. (qu’on appelle aussi chaux hydratĂ©e), concernant les enduits traditionnels, est adaptĂ©e au besoin du chanvre (chènevotte) dans les situations voulues (…) La chaux aĂ©rienne a une action fongicide et rĂ©pulsive pour les animaux et conduit le mĂ©lange Ă  sa pĂ©trification”.
La chènevotte est obtenue par dĂ©fibrage mĂ©canique. Au Canada, cette matière première est disponible chez nos voisins ontariens qui ont des installations pour la transformation. C’est depuis 1998 que nous pouvons de nouveau cultiver le chanvre au Canada moyennant un permis et certaines conditions de la part de SantĂ© Canada. Au QuĂ©bec, on cultive principalement le chanvre pour le chènevis (la graine), qui a des dĂ©bouchĂ©s alimentaires et cosmĂ©tiques.

Isolant naturel Ă  base de chanvre bio

Isolant naturel Ă  base de chanvre bio

Avantage de la filière

L’utilisation du chanvre valorise et crĂ©Ă© un pont entre l’agriculture et la construction. C’est une culture annuelle gĂ©nĂ©reuse et abondante: culture non-irriguĂ©e, ne nĂ©cessitant pas d’apport chimique, d’une vitalitĂ© et d’un Ă©quilibre oĂą n’interviennent pas les produits phytosanitaires, pesticides et insecticides.
La rapiditĂ© de son dĂ©veloppement ne laisse pas de place aux dites mauvaises herbes. Son implantation amĂ©liore notablement les structures du sol et le nettoie. Une bonne gestion et l’utilisation de toutes les parties de la plante en font une culture dynamique Ă©cologique d’avenir: papier plus Ă©cologique, textile, mĂ©decine, alimentation, construction, etc…

Développement de la filière

Des initiatives se dĂ©veloppent pour crĂ©er des filières courtes en vue de dĂ©velopper la culture et l’utilisation du Chanvre.
Lo Sanabao [1] est une action collective dans le cadre des CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture en milieu rural). l’objectif est de construire une filière locale courte de valorisation du chanvre, en particulier de produire du chanvre utilisable dans le bâtiment autour d’un cahier des charges, d’une structuration de la vente et de l’amĂ©lioration des connaissances techniques par la formation.

Association Chaux-Chanvre

BĂ©ton de chanvre

Le béton de chanvre est un mélange de bois de chanvre (chévenotte) et de liants naturels (la chaux par exemple). Il est utilisé tant pour élever des cloisons (porteuses ou non) que pour réaliser une dalle destinée à être carrelée ou revêtue de parquets en bois.

Murs porteurs

Plusieurs possibilités existent pour remplir une structure porteuse en bois avec du chaux-chanvre.
La technique du banchage est beaucoup utilisĂ©e. Il s’agit de couler un mĂ©lange de chaux-chanvre entre des pièces de bois. On peut utiliser la technique du lattis; ce sont des lattes qui retiennent le mĂ©lange. Elle est plus isolante, il y a moins de retrait donc pas de fentes d’air au contact du bois et elle est plus facile Ă  faire qu’avec les banches Ă  visser/dĂ©visser.

Murs cloisons

Il existe également des blocs tout faits de chaux-chanvre, des blocs de chanvre supprimant les temps de séchage sur chantier.
Le bloc “Chanvribloc” est un Ă©lĂ©ment de construction plein Ă  isolation rĂ©partie. Son lambda est de 0,07. Il est constituĂ© de “chènevotte” et de chaux naturelles sans adjuvant. Il est utilisĂ© pour la construction de murs associĂ©s Ă  une structure poteaux poutre placĂ©e Ă  l’intĂ©rieur du bâtiment (pour une suppression totale des ponts thermiques). Il est aussi utilisĂ© en isolation extĂ©rieur et intĂ©rieur.
Le bloc “Easy-chanvre” est un Ă©lĂ©ment de construction d’isolation non porteur constituĂ© de chènevotte et de chaux (85% de chaux aĂ©rienne et 15% de chaux hydraulique). Comme ils sont non-porteurs, c’est bien la structure en bois qui doit ĂŞtre porteuse. Deux cheminĂ©es verticales de 7 x 17 cm (ou 17 x 17 cm pour les blocs corniers) sont mĂ©nagĂ©es dans chaque bloc afin de recevoir les Ă©lĂ©ments d’ossature en bois.
On peut aussi prĂ©fabriquer des Ă©lĂ©ments (principalement des murs) Ă  l’usine et les assembler en chantier. La prĂ©fabrication prĂ©sente plusieurs avantages.

Dalles (sols isolants)

Ce procĂ©dĂ© est utilisĂ© principalement pour la rĂ©alisation de chape isolante, lĂ©gère et rĂ©sistante, en rez de chaussĂ© ou pour un sous-sol avant de dresser les murs de la maison. Il doit ĂŞtre rĂ©alisĂ© sur une surface dĂ©limitĂ©e par les murets (socles de la construction). Un hĂ©risson de galets est d’abord rĂ©parti sur le sol prĂ© nivelĂ©, ceci afin de permettre l’aĂ©ration de la dalle ainsi qu’un drainage des eaux de ruissellement (et l’installation aussi des canalisations de l’habitation), Ă©vitant ainsi les remontĂ©es d’humiditĂ©. Ce hĂ©risson est constituĂ© de galets de 6 Ă  15 cm de diamètre (les gros d’abord, puis les plus fins) sur une Ă©paisseur de 20 cm environ (selon nature du sol); une fois installĂ©, il est nivelĂ©. Vient ensuite la dalle coulĂ©e en deux temps pour un bon tassement des matĂ©riaux. L’Ă©paisseur totale conseillĂ© de la dalle est de 15 cm. Le mĂ©lange de la chaux et de la “chènevotte” se fait dans un malaxeur (plus pratique et moins bruyant qu’une bĂ©tonnière). Pour les dosages pour couvrir 2,8m2 sur 7,5 cm d’Ă©paisseur compter : 100 litres de chènevotte, 20 litres d’eau, 30 litre de sable de pierre ponce, 20 litres de chaux aĂ©rienne. Le sable de pierre ponce amplifie la carbonatation (rĂ©action chimique de la chaux) et donc fortifie la structure. Comptez environ 200 euros pour 10 tonnes de galets couvrant 50 m2 avec les drains agricoles. Pour la mĂŞme surface ajoutez 1460 euros de dalle chaux:chanvre. La première passe est rĂ©alisĂ©e par morceau de 1 m x 1 m puis tassĂ©e Ă  coup de dameuse et laissĂ©e sĂ©chĂ©e durant 48 heures. La seconde passe est mise Ă  niveau Ă  l’aide de lampourdes et d’une dameuse plus petite. L’ensemble sèche en trois semaines environ entre 15 et 20°C.

Enduit au chanvre

Cette section est vide ou n’est pas assez dĂ©taillĂ©e, votre aide est la bienvenue !
Association d’un liant (terre, chaux aĂ©rienne [on y adjoint parfois de la chaux faiblement hydraulique],…) d’eau et de chanvre. ApprĂ©ciĂ© pour sa capacitĂ© d’isolation thermique. Il existe diffĂ©rents types de finition. On peut pigmenter dans la masse ou juste dans la couche de finition s’il y en a une.

Autres utilisations du chanvre en construction

Isolation phonique et thermique

Caractéristiques

C’est un bon isolant thermique et phonique (conductivitĂ© thermique variant de 0.039 Ă  0.048 W/(m.K) suivant le produit. Le chanvre est stable dans le temps, il ne se tasse pas. Il est rĂ©sistant aux insectes et est imputrescible. C’est un matĂ©riau respirant, ce qui permet la rĂ©gularisation de l’humiditĂ©. La laine de chanvre peut ĂŞtre utilisĂ©e en remplacement des laines minĂ©rales.
Sensible au feu (c’est du vĂ©gĂ©tal), il peut recevoir un traitement ignifuge pour son usage dans le bâtiment.
Sous forme de panneaux ou rouleaux, le liant peut ĂŞtre en fibres de polyester (jusqu’Ă  25%) ou en laine de mouton (nĂ©cessite alors un traitement insecticide).

Conditionnement

En vrac, sous forme de :
granules non traités laine de chanvre Entre pannes
aux semi-rigides de laine de chanvre (panneaux, rouleaux).

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Origines et utilisation du chanvre bio

Le Chanvre est une très ancienne culture française, antĂ©rieure au Moyen Age. Chaque ferme possĂ©dait sa chènevière, situĂ©e sur les meilleures terres qui bĂ©nĂ©ficiaient d’une partie des engrais organiques, pour les besoins personnels des exploitants. Tout Ă©tait utilisĂ© dans cette plante, cultivĂ©e dans toutes les rĂ©gions : la graine (chènevis)pressĂ©e donnait de l’huile pour l’éclairage, la fabrication de glu, de savon et plus tard de peinture (son utilisation alimentaire a toujours Ă©tĂ© très localisĂ©e) ; le tourteau rĂ©siduel servait Ă  l’alimentation animale ; la tige, dĂ©fibrĂ©e, produisait de la filasse permettant la fabrication de ficelles et cordages ou, après filage et tissage, la confection de toiles plus ou moins fines ; la marine Ă  voile et les armĂ©es furent les plus importantes consommatrices du chanvre (cordes, Ă©lingues, voiles, sacs, tentes, vĂŞtements, colmatage des coques, filets de pĂŞche, sellerie, etc…). La chènevotte, cellulose Ă  pouvoir calorifique, situĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de la tige, servait Ă  aviver le feu de l’âtre des domiciles ou des ateliers ; elle permit la fabrication d’allumettes soufrĂ©es.”
extrait de : “Le Chanvre en France” – Auteur : Henri Alain SĂ©galen – Editions du Rouergue

Le chanvre bio : culture Ă©cologique et durable

Le chanvre bio : culture Ă©cologique et durable

Le chanvre est une culture annuelle cultivĂ©e en Europe depuis l’arrivĂ©e des Celtes. Il se sème entre mars et avril pour une rĂ©colte entre septembre et octobre. Il suffit d’un semoir Ă  blĂ© pour le semis, dans une terre profonde (semi 50 – 55 kg/ha). Contrairement Ă  ce que l’on peut entendre la plante a besoin d’un minimum d’eau pour ses phases de croissance (juin) et de floraison (AoĂ»t). La racine fasciculĂ©e plonge jusqu’à 2 m de profondeur pour chercher ses nutriments. Les hauteurs de plantes sont variables en fonction des variĂ©tĂ©s ; elles peuvent atteindre 3 m… Le chanvre industriel est aussi une culture très règlementĂ©e, et l’Europe ne permet la culture d’une trentaine de variĂ©tĂ©s, toutes homologuĂ©es au catalogue europĂ©en, avec un taux de THC < 0.2 %. En règle gĂ©nĂ©rale, l’agriculteur passe un contrat de culture avec un transformateur agrĂ©Ă©, qui lui achètera les produits de rĂ©colte.
Avec un cycle court de 100 jours, cette culture reste très intéressante pour les agriculteurs car paille et graines (chènevis) sont valorisables.
La plus grande contrainte vient de la rĂ©colte… Le fauchage ou le moissonnage sont mĂ©canisĂ©s, mais si les fibres très solides du chanvre se prennent dans les roulements des machines, la casse peut ĂŞtre sĂ©rieuse… Aujourd’hui les machines sont plus adaptĂ©es, mais surtout dans les grandes zones de productions. Une fois fauchĂ©e la paille est sĂ©chĂ©e sur champs avant d’être conditionnĂ©e en balles ou en bottes.
La plante sèche contient deux parties :
L’ÉCORCE qui contient la fibre et qui nous sert à fabriquer la laine de chanvre. Cette partie représente 30 à 35% du volume de la paille.
L’INTÉRIEUR DE LA TIGE est le bois de la plante que l’on appelle la chènevotte. Cette partie représente 65 à 70% du volume de la paille.

Les intérêts de la culture

– une culture Ă  cycle court
– pas de traitement en cours de culture
– supprime seul les adventices
– des produits de rĂ©colte valorisables (fibres, chènevotte, graines)
– une excellente tĂŞte d’assolement
– amĂ©lioration des sols en rotation de culture
– moyenne de rendement Ă  l’hectare de : 7 Ă  8T en paille – 500kg Ă  1.5T de graines
– une multitudes d’applications pour l’avenir

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Préhistoire et antiquité

Chine (– 8000 ) et Kazakhstan (vers – 4000) : des archĂ©ologues du textile recensent les toutes premières traces de chanvre tissĂ©. Vers – 500, HĂ©rodote dĂ©crit le linge fin des Scythes et leurs bains de vapeur, du chanvre jetĂ© sur pierres brĂ»lantes. Des textes font mention de cordes de chanvre mĂ©langĂ©es Ă  un mastic vĂ©gĂ©tal Ă  l’époque Gallo-romaine (50 ap. J.-C.) : importĂ© de Grèce vers Massilia, il y Ă©tait transformĂ© près du Vieux Port sur la Canebière (canebe = chanvre en occitan).

La corde, une des multiples utilisations du chanvre bio

La corde, une des multiples utilisations du chanvre bio

Chanvre et pharmacopée

Si la plante est dĂ©jĂ  citĂ©e vers – 2727 dans un texte sur la pharmacopĂ©e chinoise contre le paludisme, les rhumatismes et comme sĂ©datif, la lĂ©gende raconte que Bouddha sur la route de l’Illumination aurait survĂ©cu d’une graine de chanvre par jour (vers – 544). Pour Hildegarde von Bingen (1098-1179), le chanvre soulage phlĂ©bite et douleurs d’estomac. UtilisĂ© au XVIIIè contre les tâches de petite vĂ©role, brĂ»lures, gonorrhĂ©es ou fluxions, il fut prescrit Ă  la reine Victoria pour soulager ses douleurs menstruelles. Après plusieurs annĂ©es de prohibition, il entre aujourd’hui dans les soins prĂ©conisĂ©s lors de chimiothĂ©rapie et d’atteinte par le virus HIV.
Depuis la nuit des temps, son huile est extraite pour un usage domestique: huile de lampe, peinture, vernis, savon, industrie du cuir.

Chanvre et papier :une histoire liée

Mise au point par Tsai Lung pour l’empereur de Chine entre 62 et 117 ap. J.-C., la technique du papier à base de chanvre livrera ses secrets à l’occident à l’issue de la bataille de Samarcande (751). En 1456, Gutenberg édite la première Bible imprimée, sur papier de chanvre tout comme la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique en 1776.
1807: Canson dépose le brevet du papier calque fabriqué à base de filasse de chanvre.
En 1850, l’ère pétrochimique commence et le bois remplace le chanvre pour le papier sous l’influence du Canada et des Etats-Unis qui ne manquent pas de forêts.
Aujourd’hui, il se maintient surtout dans la fabrication de papiers spéciaux (papier Bible, cigarette), de sacs et de cordes.

Un bon p’tit gars de la marine

Les tout premiers cordages de chanvre connus, trouvés en Tchécoslovaquie en 1997, seraient datés de 26 900 av. J.-C.!
1492: 80 tonnes de voiles et de cordages de chanvre amènent les caravelles de Christophe Colomb en Amérique : la plante servira de monnaie d’échange dans toutes les colonies d’Amérique. Un intérêt dicté par les besoins de la Marine !

XVIIè et XVIIIè siècle : les puissances européennes se disputent la suprématie navale. Le chanvre est indispensable pour les voiles, les gréements (cordages, câbles, échelles, haubans) et les filets de pêche. Officiellement créée par Henri II en 1547, la Marine Royale Française s’élève au rang des flottes danoises, anglaises, espagnoles sous le règne de Louis XIV (1653). Richelieu puis Colbert hisseront la culture du chanvre au stade industriel en créant la Corderie de Rochefort sur Mer: un navire de taille moyenne nécessite alors 80 tonnes de chanvre pour les gréements et 9 tonnes pour les voiles.

Napoléon. Le blocus continental (1806) met l’Angleterre en péril. Pour s’approvisionner en chanvre, elle ouvre les ports de la Baltique (incendie de Copenhague) et pousse le Tsar à se détourner de Napoléon moyennant quelques subsides. La guerre du chanvre conduira à la désastreuse campagne de Russie.

Le chanvre à l’époque contemporaine

Même si la fameuse toile « de Nîmes », origine du jean, était filée de chanvre, l’arrivée du coton, du charbon et du pétrole conduit à l’abandon progressif de la culture du chanvre en Europe. Aux USA, les progrès de la chimie introduisent les fibres synthétiques (Brevet du nylon en 1938) en alternative aux fibres naturelles. Il faut donc combattre le chanvre ! En 1937, Le “Marijuana Tax Act” bannit le chanvre des cultures. Et de la pharmacopée américaine où il figurait pourtant en bonne place.

En 1942, l’armée américaine a besoin de ses qualités pour tisser toiles de tentes et cordages. Le gouvernement US produit alors le film de propagande “Hemp for Victory” destiné à promouvoir la culture de la fibre honnie.

Mais dès 1945, le nylon est lĂ  et la culture du chanvre dĂ©finitivement bannie – via l’ONU – dans tous les pays du monde… Seules, la France et l’URSS rĂ©sisteront.

Aujourd’hui, l’heure de la revanche a sonné !

La France est aujourd’hui le premier producteur européen. Plébiscité dans le monde entier pour ses qualités environnementales (puits de carbone, capteur de métaux lourds, digesteur d’effluents d’égouts, expert de l’éco-construction), le chanvre s’inscrit dans la modernité. A la pointe de l’innovation, le chanvre entre dans la composition des nouveaux matériaux bio-sourcés.

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